L’abs­ten­tion aux élec­tions euro­péennes sert-elle à quelque chose ?

   Quelques (micro) orga­ni­sa­tions françaises prônent l’abs­ten­tion aux prochaines élec­tions euro­péennes.

   Depuis le premier scru­tin en 1979 jusqu’au dernier en 2009, soit sept scru­tins en 30 ans, le taux d’abs­ten­tion a progressé régu­liè­re­ment, passant de 40% à 60 %.

   Tant que la France fait partie de l’Union euro­péenne, 80% de ses lois doivent être en accord avec les direc­tives et règle­ments qui DOIVENT avoir été accep­tés par le parle­ment euro­péen à la majo­rité simple.

   Qu’ad­vient-il si n’y siège aucun député défen­dant au mieux – ou au moins mal – nos valeurs et idées ? Voyons voir !

   Absten­tion, état des lieux et effets

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   Partant de 40%, les 50 % ont été fran­chis dès la 3e élec­tion (1989). Durant les trois derniers scru­tins elle a progressé régu­liè­re­ment pour atteindre 60% en 2009. Autre­ment dit, en moyenne, les dépu­tés euro­péens français sont élus avec une mino­rité de voix, de plus en plus faible, du corps élec­to­ral : les élus se partagent, à la propor­tion­nelle, les voix de moins de 40% des votants si l’on tient compte égale­ment des bulle­tins non expri­més (blancs et nuls).

La progres­sion de ce taux impor­tant de suffrages non expri­més a-t-il influé d’une manière ou d’une autre le vote des projets de lois (règle­ments et direc­tives) soumis par la Commis­sion Euro­péenne ?

   Si les dépu­tés aujourd’­hui ne repré­sentent pas le peuple, pourquoi se soucie­raient-ils de la légi­ti­mité de leur repré­sen­ta­ti­vité ? Que feraient-ils si ils étaient élus avec un taux d’abs­ten­tion de 99% ? Démis­sion­ne­raient-ils ? Leur souci ne reste­rait-il pas d’ob­te­nir la plus large part possible des 1% expri­més afin de dispo­ser d’un maxi­mum de dépu­tés ?

   Je vous laisse le soin de répondre à ces inter­ro­ga­tions auxquelles il m’est impos­sible de répondre de manière factuelle.

 Ces 9 dépu­tés qui auraient pu faire la diffé­rence le 10 décembre 2013 !

   Vous trou­ve­rez ICI, une liste de projets de lois euro­péennes régres­sives qui auraient été reje­tés si il y avait eu quelques dépu­tés de gauche de plus (= à gauche du PS, soit EELV, FdG, NPA, …) au parle­ment euro­péen. Vous y trou­ve­rez égale­ment une sélec­tion de projets de lois progres­sistes qui auraient pu être adop­tés avec quelques « bons » dépu­tés en plus. C’est parti­cu­liè­re­ment le cas sur les ques­tions envi­ron­ne­men­tales. Et l’en­vi­ron­ne­ment, tel l’épui­se­ment des ressources halieu­tiques, ne saurait attendre un bien hypo­thé­tique Grand Soir social et envi­ron­ne­men­tal.

   Ainsi, le 10 décembre 2013, le Parle­ment a fini par reje­ter, après un vote serré où 9 voix auraient pu faire la diffé­rence, l’in­ter­dic­tion totale du chalu­tage profond. A neuf voix près on a ainsi loupé la chance de proté­ger VRAIMENT les fonds marins (lire l’ar­ticle : 10 décembre 2013 : une jour­née déci­sive pour le chalu­tage en eaux profondes).

   L’ONG VoteWat­chEu­rope recense tout cela, ainsi que le site offi­ciel du Parle­ment Euro­péen.

    Voter, c’est certes parfois dur ! Cela reste cepen­dant un moindre mal en atten­dant le Grand Soir que nous promettent certains.

     Malgré tous les griefs – et ils sont nombreux – que l’on peut faire à la manière dont fonc­tionne la démo­cra­tie au niveau euro­péen, malgré tous les griefs que l’on peut faire aux Trai­tés Euro­péens qui donnent un cadre néoli­bé­ral aux projet de lois, faut-il aban­don­ner TOUS les pouvoirs à ceux qui soutiennent ce projet néoli­bé­ral ?

    En France, ceux qui soutiennent ce projet néoli­bé­ral sont essen­tiel­le­ment l’UMP et le PS, ces deux partis ayant soutenu le projet de consti­tu­tion euro­péenne que le peuple français à rejeté en 2005 à 54,68 % des suffrages expri­més, mais qu’ils ont « revoté » à quelques détails près (Traité de Lisbonne) par voie parle­men­taire en 2009. Le Front de Gauche et d’autres partis à la gauche du PS (encore quali­fié de parti de « gauche » pour nous donner l’illu­sion d’une véri­table alter­nance) s’y sont oppo­sés.

     Au sujet de la démo­cra­tie, consta­tant la dérive, peu ou prou, de toutes les démo­cra­ties repré­sen­ta­tives vers l’oli­gar­chie ou la plou­to­cra­tie, je vous invite, à écou­ter Etienne Chouard évoquer la démo­cra­tie athé­nienne : fondée sur la stocho­cra­tie, c’est à dire sur un prin­cipe de tirage au sort, celle-ci a survécu 200 ans et à la fin les « pauvres » (= le peuple)  étaient encore aux manettes. Un espoir ?

Etienne Chouard confé­rence sur la Démo­cra­tie

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