Trou de la sécu : 83% des dépenses sont liées aux mala­dies chro­niques dont le nombre explose

Le « trou » de la sécu on en parle depuis long­temps. Chaque année ou presque des rustines permettent de limi­ter ce trou. Mais, hélas, cela ne conduira qu’à réduire les soins pour un nombre de personnes modestes de plus en plus impor­tant. Le 1 € de parti­ci­pa­tion forfai­taire lors d’une consul­ta­tion chez un méde­cin fait partie de cet arse­nal de rustines visant les plus modestes d’entre-nous.

Or 83% des dépenses de la sécu sont desti­nées à des soins liées au mala­dies chro­niques dont le nombre explose : depuis 1990, les mala­dies cardio­vas­cu­laires ont progressé 5 fois plus vite que la popu­la­tion, le cancer 4 fois plus, les affec­tions psychia­triques 3 fois plus, le diabète 6 fois plus (depuis 2000), …

Il s’agit là des affec­tions de longue durée (ALD) que la Sécu prend en charge à 100%. C’est pourquoi leur nombre est bien connu. (source : Données de cadrage : les Affec­tions de Longue Durée, IRDES, 2013).

La figure suivante illustre cette progres­sion de l’en­semble des ALD depuis 1990 (base 100) avec un taux annuel moyen de +3,9%.

evolution-de-l-incidence-des-ald-par-sexeC’est d’ailleurs pourquoi l’es­pé­rance de vie en 2015 a reculé depuis la première fois en France depuis 1969. En effet, la morta­lité des personnes en ALD, à âge et sexe iden­tiques, est 2,9 fois supé­rieure à celle des personnes non ALD et 5,8 fois plus avant 70 ans. Pour en savoir plus sur la réduc­tion de « l’es­pé­rance de vie « en 2015, lire La vraie raison de la dimi­nu­tion de la durée de vieAndré Cico­lella, janvier 2016.

On lira en parti­cu­lier ceci : « En 2012, l’In­see faisait en effet le constat que «  ces dix dernières années, la contri­bu­tion la plus forte se fait entre 80 et 89 ans pour les femmes et entre 70 et 79 ans chez les hommes, soit dix années plus tôt  ». Cela signi­fiait que c’était «  l’es­pé­rance de vie  » des géné­ra­tions nées avant-guerre qui tirait «  l’es­pé­rance de vie  » vers le haut. Logique­ment cela ne devait donc pas durer car les géné­ra­tions d’après-guerre sont nées et ont vécu dans un envi­ron­ne­ment très diffé­rent de celui de l’avant-guerre. Chan­ge­ment de l’ali­men­ta­tion, pollu­tion chimique géné­ra­li­sée, séden­ta­rité mais aussi préca­ri­té… les facteurs de risque ont changé radi­ca­le­ment. » Fin de l’ex­trait.

Une autre cause du trou de la Sécu est les tarifs pratiqués par les big phar­mas et leurs pratiques pour faire rembour­ser des médi­ca­ments dont le rapport coût béné­fice est plus que discu­table, le Media­tor en étant un exemple parmi bien d’autres. A ce sujet cet article très inté­res­sant : Les cinq méthodes de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique pour nous bour­rer de médi­ca­ments inutiles (2016) avec en parti­cu­lier citée cette étude Les 100 médi­ca­ments essen­tiels (Revue de méde­cine interne, 2013) qui comme son titre l’in­dique estime que seuls 100 des 2.000 médi­ca­ments commer­cia­li­sés sont utiles.
Sur ces aspects, voir un des derniers Cash Inves­ti­ga­tion d’Elise Lucet de France Télé­vi­sion : Santé: la loi du marché,  France 2, septembre 2015.

Sinon, au café du commerce du coin, j’ai récem­ment entendu dire que l’abus de consul­ta­tions chez le géné­ra­liste était aussi une des causes du trou de la Sécu. Vrai­ment ? Ma réponse : « Brève de comp­toir : les hypo­con­driaques creusent le trou de la sécu ! VRAi ou FAUX ? », C. Vieren, janvier 2016.

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