Quel rapport entre la tran­si­tion éner­gé­tique et le chan­ce­lier alle­mand Brüning (1930–1932)

Le 17 mars 2015 dans une inter­view de 25′ sur Media­part,  l’éco­no­miste Gaël Giraud fait un lien entre les mesures qu’au­rait dû prendre le chan­ce­lier Brüning pour éviter l’as­cen­sion d’Hit­ler sur fond de chômage lié à la défla­tion que sa poli­tique budgé­taire et moné­taire a induite et les mesures qu’il faudrait prendre dans la zone euro afin d’évi­ter une histoire simi­laire en France (très ?) prochai­ne­ment, et peut-être ailleurs dans cette euro­zone.

Pour les abon­nés à Media­part c’est Là : Gaël Giraud: « La tran­si­tion éner­gé­tique est un idéal de société »

Sinon direct sur Youtube , c’est ICI. 
Et si vous n’avez qu’une minute ou deux, extraits verba­tim ci-dessous

G. Giraud (ICI préci­sé­ment) : « Il y a un certain nombre d’idée ancrées qui sont : la planche à billet c’est toujours infla­tion­niste, l’in­fla­tion c’est toujours l’hy­per infla­tion de demain, c’est Adolf Hitler au pouvoir. … [c’est regar­der l’Al­le­magne en 1920] . . . tout ceci est complè­te­ment faux :

  • Premiè­re­ment : on crée de la monnaie tous les jours. Si créer de la monnaie était ipso facto infla­tion­niste il faudrait fermer toutes les banques demain matin. Une banque ne fonc­tionne que parce qu’elle a le droit de créer de la monnaie.
  • Deuxiè­me­ment : on peut avoir des périodes d’in­fla­tion forte – on en a eu durant les trente glorieuses – qui ne dégé­nère pas en hyper­in­fla­tion. L’in­fla­tion d’aujourd’­hui n’est pas néces­sai­re­ment l’in­fla­tion de demain.
  • Troi­siè­me­ment : l’hy­per infla­tion en l’Al­le­magne c’est 1923. L’ar­ri­vée d’Hit­ler au pouvoir c’est 1933. 10 ans après. Ça n’a donc juste rien à voir. Qu’est-ce qui s’est passé ente 1923 et 1933 ? Ce que exac­te­ment nous faisons en Europe des poli­tiques d’aus­té­rité budgé­taire dans un contexte de défla­tion. C’est le chan­ce­lier Hein­rich Brüning – que l’his­toire s’est dépê­ché  d’ou­blier qui, entre 30 et 33 avec un entê­te­ment complè­te­ment aveugle, conti­nue de faire de l’aus­té­rité budgé­taire alors que l’Al­le­magne s’en­fonce dans la défla­tion et c’est ça qui fait qu’au bout de trois ans les classes moyennes déses­pé­rées votent Hitler. Et c’est exac­te­ment ce scéna­rio que nous sommes en train de repro­duire en Europe aujourd’­hui à travers notre entê­te­ment à faire de l’aus­té­rité budgé­taire alors que cela ne marche pas. Et c’est ça qui fait que vous avez Aube dorée en Grèce et le Front Natio­nal en France. »

Si vous voulez pour­suivre la vidéo à partir de là, cliquez ICI.

Ce petit paral­lèle histo­rique rame­nant à la propo­si­tion de G. Giraud dans le cadre des travaux qu’il a mené en tant que chef écono­miste à l’Agence française de déve­lop­pe­ment, à savoir un inves­tis­se­ment de 100 milliards d’€ pour réali­ser la tran­si­tion éner­gé­tique.

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