Préju­gés sur la pauvreté, les reve­nus et les patri­moines

Premier article d’une série démon­tant les préju­gés sur la pauvreté, l’as­sis­ta­nat, l’im­mi­gra­tion, les Roms, . . .

1) Sur la pauvreté, les reve­nus et les patri­moines

1–1) « La pauvreté a dimi­nué en France entre 2006 et 2009 »

FAUX !   Tous les indi­ca­teurs de l’INSEE montrent au contraire que la pauvreté et son inten­sité se sont aggra­vées entre 2006 et 2009 (on n’a pas d’in­di­ca­teurs plus récents) :

  • le taux de pauvreté à 60 % du revenu médian est passé de 13,1 % en 2006 à 13,5 % en 2009 (8,2 millions de personnes) ;
  • entre 2000 et 2008, le nombre de personnes sous le seuil de 40 % du revenu médian est passé de 2,7 à 3,2 millions (et pas de chiffre en 2009 ! Pourquoi ?).

Source : Les niveaux de vie en 2009, INSEE.

À savoir : on parle souvent des inéga­li­tés de reve­nus, mais c’est surtout au niveau des patri­moines et donc au moment des héri­tages que les inéga­li­tés se creusent : les 10 % des ménages les moins aisés détiennent moins de 2.700 euros de patri­moine brut (avant rembour­se­ment des emprunts). Les 10 % les mieux dotés disposent d’un patri­moine supé­rieur à 552.300 €. Soit un rapport de 1 à 205, qui a crû de près d’un tiers depuis 2004. Un écart bien plus impor­tant que celui rela­tif aux reve­nus, qui était en 2009 de 4,2 entre les 10 % les plus modestes et les 10 % les plus riches.

Source : Les inéga­li­tés de patri­moine s’ac­croissent entre 2004 et 2010

Nota bene : Le gouver­ne­ment a publié le 19 octobre 2011 son rapport sur l’évo­lu­tion de la pauvreté en France, qui conclut effec­ti­ve­ment à une baisse de 5 % du nombre de personnes sous le seuil de pauvreté entre 2007 et 2009. Cette dimi­nu­tion de 5 % concerne en réalité le taux de pauvreté « ancré dans le temps », contesté par de nombreux experts et asso­cia­tions de lutte contre la pauvreté (source : Pourquoi l’in­di­ca­teur du taux de pauvreté « ancré dans le temps » est trom­peur , un citoyen en campagne, 2011).

Les idées fausses qui stig­ma­tisent : inven­taire !

Pour avoir l’ar­gu­men­taire de la réponse, cliquez sur la cita­tion

1) Sur la pauvreté, les reve­nus et les patri­moines

« La pauvreté a dimi­nué en France entre 2006 et 2009 » : FAUX !

2) Sur les minima sociaux

2–1) « La France distri­bue des minima sociaux élevés » : FAUX !

2–2) « Il n’y a pas assez d’argent dans les caisses pour augmen­ter les minima sociaux » : FAUX ! 

2–3)  « Les pauvres font des enfants pour toucher des aides et des allo­ca­tions » : FAUX !

2–4)  « Les gens font tout pour toucher le maxi­mum d’aides » : FAUX !

2–5)  « Les pauvres demandent tous des droits, mais ça va avec des devoirs » : VRAI !

2–6)  « On peut s’en sortir mieux au RSA qu’a­vec le SMIC » FAUX !

3) Sur le budget des familles

3–1) « Le pouvoir d’achat moyen des Français a augmenté entre 2007 et 2010 » : VRAI et FAUX !

4) Sur le travail, le chômage et la retraite

4–1) « Les pauvres ne veulent pas travailler » : FAUX !

4–2) « Il y a des pauvres qui veulent s’en sortir et d’autres qui ne veulent pas » : FAUX !

4–3) « Les béné­fi­ciaires du RSA ne font pas d’ef­forts réels pour cher­cher du travail » : FAUX !

4–4) « Si on veut vrai­ment travailler, on trouve » : FAUX !

5) Sur le loge­ment

5–1) « La construc­tion de loge­ments sociaux se déve­loppe à un rythme suffi­sant en France » : FAUX !

5–2) « Les loge­ments sociaux devraient être attri­bués en prio­rité aux gens qui travaillent » : FAUX !

5–3) « En période de restric­tion budgé­taire, il est normal que l’État réduise l’aide au loge­ment social » : FAUX !

6) Sur la sécu­rité sociale et la santé

6–1) « Les pauvres sont des frau­deurs » :  FAUX !

6–2) « Les béné­fi­ciaires de la CMU en profitent pour faire des soins de confort dont ils n’ont pas vrai­ment besoin » : FAUX !

6–3) « Grâce aux bons CAF, les enfants des familles défa­vo­ri­sées ont un accès normal à la culture, au sport, etc. » : OUI et NON !

6–4) « Grâce à la CMU, la CMUC et l’ACS, tout le monde béné­fi­cie d’une protec­tion santé satis­fai­sante. » : FAUX !

6–5) « Pour ce qui est de l’es­pé­rance de vie en France aujourd’­hui, nous sommes rela­ti­ve­ment égaux. » : FAUX ! 

7) Sur le place­ment des enfants

7–1) « Les enfants placés ont la chance de connaitre une vie meilleure et de décou­vrir un autre milieu que le leur. » : FAUX !

7–2) « Si on place les enfants, c’est à cause de la maltrai­tance. » : FAUX !

8) Sur la fisca­lité et les impôts

8–1) « Les pauvres ne paient pas d’im­pôts » : FAUX !

8–2) « Les plus pauvres peuvent se faire exoné­rer de charges et d’im­pôts » : OUI MAIS . . .

9) Sur l’im­mi­gra­tion

9–1) « L’im­mi­gra­tion augmente d’an­née en année en France » : FAUX !

9–2) « Si on renvoyait les étran­gers1 dans leur pays, il y aurait moins de chômage en France »

 ou
« Les étran­gers prennent des emplois aux Français »
ou
« Les étran­gers qui creusent le trou de la Sécu­rité sociale »

FAUX, trois fois FAUX !

9–3) « La France est un des pays d’Eu­rope qui accueille le plus d’im­mi­grés » : FAUX !

9–4) « Les familles immi­grées font beau­coup plus d’en­fants que les familles françaises natives » : FAUX !

9–5) « La France accueille toute la misère du monde », sous-entendu :« Ce sont les popu­la­tions les plus pauvres qui immigrent en France » : FAUX !

9–6) « L’im­mi­gra­tion coûte 48 milliards d’eu­ros à la France en pres­ta­tions sociales » : VRAI !

 

9–7) « Les étran­gers peuvent profi­ter faci­le­ment des minima sociaux » : FAUX !

9–8) « Les étran­gers augmentent la délinquance » : FAUX !

10) Sur l’école

10–1) « Ce n’est pas à l’école de régler tous les problèmes de la société » : VRAI et FAUX !

10–2) « Dans les familles pauvres, les parents sont démis­sion­naires et se désin­té­ressent de l’école » : FAUX !

10–3) « Heureu­se­ment que l’école est là pour corri­ger certaines inéga­li­tés sociales ! » : FAUX !

10–4) « Si les enfants pauvres réus­sissent moins bien à l’école, c’est qu’ils ne travaillent pas » : FAUX !

10–5) « Les enfants d’im­mi­grés sont plus en échec scolaire que les autres » : FAUX !

10–6) « La mixité sociale dans les écoles nuit à la réus­site scolaire » : FAUX !

11) Sur les Roms

11–1) « Les Roms ne veulent pas travailler » : FAUX !

______________________________
Article repre­nant très large­ment le travail réalisé par ATD Quart Monde et la MRIE, Mission Régio­nale d’In­for­ma­tion sur l’Ex­clu­sion en Rhône-Alpes et publié ICI.

vous y  trou­ve­rez en bas de cette (longue) page, ce docu­ment de synthèse :

* Une sélec­tion d’idées reçues en 4 pages (http://www.atd-quart­monde.fr/IMG/pdf/4pagesI­dees­re­cues.pdf)

La stig­ma­ti­sa­tion, ça suffit !

Pauvreté, immi­gra­tion, délinquance, assis­ta­nat, fraude, … : cassons les idées reçues !

 » Quelle triste époque vivons-nous, où il est plus diffi­cile de briser un préjugé qu’un atome »,
Albert Einstein
.

    Je vous invite à décons­truire des préju­gés et des stéréo­types répan­dus sur la pauvreté et les pauvres afin qu’ils cessent d’être les boucs émis­saires des maux de nos socié­tés et qu’ils deviennent au contraire des parte­naires à part entière dans la construc­tion d’un monde plus juste. Nombre de ces préju­gés alimente les discours d’ex­trême droite, laquelle consti­tue un danger pour notre démo­cra­tie.

Et quand j’en­tends une Clelia ou un Etienne, étudiants en grandes écoles, reprendre ces prégu­gés dans un débat sur France 4 : La France, un pays d’as­sis­tés ? (video 14’50 »), je me dis que la désin­for­ma­tion est la raison prin­ci­pale du malaise.

Voici nombre de ces idées reçues (sommaire ICI). Diffu­sez-les autour de vous, réagis­sez, parti­ci­pez au débat !

Nota bene : article repre­nant large­ment le docu­ment précieux d’ATD Quart-Monde. Je n’ai fait qu’une remise en forme et une préci­sion de certaines sources.

 

1) Sur la pauvreté, les reve­nus et les patri­moines

1–1) « La pauvreté a dimi­nué en France entre 2006 et 2009 »

FAUX !   Tous les indi­ca­teurs de l’INSEE montrent au contraire que la pauvreté et son inten­sité se sont aggra­vées entre 2006 et 2009 (on n’a pas d’in­di­ca­teurs plus récents) :

  • le taux de pauvreté à 60 % du revenu médian est passé de 13,1 % en 2006 à 13,5 % en 2009 (8,2 millions de personnes) ;
  • entre 2000 et 2008, le nombre de personnes sous le seuil de 40 % du revenu médian est passé de 2,7 à 3,2 millions (et pas de chiffre en 2009 ! Pourquoi ?).

Source : Les niveaux de vie en 2009, INSEE.

À savoir : on parle souvent des inéga­li­tés de reve­nus, mais c’est surtout au niveau des patri­moines et donc au moment des héri­tages que les inéga­li­tés se creusent : les 10 % des ménages les moins aisés détiennent moins de 2.700 euros de patri­moine brut (avant rembour­se­ment des emprunts). Les 10 % les mieux dotés disposent d’un patri­moine supé­rieur à 552.300 €. Soit un rapport de 1 à 205, qui a crû de près d’un tiers depuis 2004. Un écart bien plus impor­tant que celui rela­tif aux reve­nus, qui était en 2009 de 4,2 entre les 10 % les plus modestes et les 10 % les plus riches.

Source : Les inéga­li­tés de patri­moine s’ac­croissent entre 2004 et 2010

Nota bene : Le gouver­ne­ment a publié le 19 octobre 2011 son rapport sur l’évo­lu­tion de la pauvreté en France, qui conclut effec­ti­ve­ment à une baisse de 5 % du nombre de personnes sous le seuil de pauvreté entre 2007 et 2009. Cette dimi­nu­tion de 5 % concerne en réalité le taux de pauvreté « ancré dans le temps », contesté par de nombreux experts et asso­cia­tions de lutte contre la pauvreté (source : Pourquoi l’in­di­ca­teur du taux de pauvreté « ancré dans le temps » est trom­peur , un citoyen en campagne, 2011).

2) Sur les minima sociaux

2–1) « La France distri­bue des minima sociaux élevés »

FAUX ! La France est légè­re­ment sous la moyenne euro­péenne : le montant des minima sociaux s’y élève à 72 % du seuil de pauvreté contre 76 % en moyenne dans l’Union Euro­péenne (base : famille de 2 enfants, seuil à 60 % du revenu médian). 

Source : « Un pano­rama des minima sociaux en Europe », p. 8, revue « études et résul­tats », N° 464, février 2006, DREES, Minis­tère de la Santé et de la Protec­tion sociale.

En 1988, le RMI équi­va­lait à 50 % du SMIC et, en 2012, le RSA socle équi­vaut à 42 % (474,93 € pour une personne seule). Le montant des minima sociaux (RSA, AAH) n’a pas connu la même progres­sion que l’en­semble des reve­nus.

2–2) « Il n’y a pas assez d’argent dans les caisses pour augmen­ter les minima sociaux »

FAUX ! D’une part, seule la moitié des 7,5 milliards d’€ prévus pour le RSA sont effec­ti­ve­ment dépen­sés, à cause des non-recours (cf. 2–4.). D’autre part, il est possible de prendre des mesures – en parti­cu­lier de plus grande justice fiscale afin d’ac­croître les recettes de l’état et des collec­ti­vi­tés terri­to­riales.

2–3) « Les pauvres font des enfants pour toucher des aides et des allo­ca­tions. »

FAUX ! Ce n’est pas avec les allo­ca­tions qu’on peut vivre digne­ment en famille ; une famille proche du seuil de pauvreté s’ap­pau­vrit encore plus lorsqu’elle s’agran­dit.

Exemple : une famille au seuil de pauvreté, en passant de deux enfants à trois enfants, passe en dessous de ce seuil ! En effet pour tout nouvel enfant, le revenu de la famille s’élè­vera de 161 € d’al­lo­ca­tions fami­liales tandis que son seuil de pauvreté s’élè­vera de 0,3 × 954 € soit 286 €. C’est ainsi que l’on dissuade les pauvres d’avoir des enfants !

Démons­tra­tion : le seuil de pauvreté (à 60% du revenu median) pour une personne seule est de 954 €. Le seuil de pauvreté pour cette famille est de 2003 € mensuels ( (1+0,5+0,3+0,3) x 954 € ). Disons 2.100 € de reve­nus (y compris allo­ca­tions fami­liales), juste au-dessus du seuil de pauvreté. Lorsque le nouvel enfant survient, son seuil de pauvreté devien­dra 2.290 € ( (1+0,5+0,3+0,3+0,3) x 954 € ). Ses reve­nus, augmen­tés de 161 € (allo­ca­tions fami­liales) seront alors de 2.261 €, infé­rieur au seuil de pauvreté !

2–4) « Les gens font tout pour toucher le maxi­mum d’aides »

FAUX ! La moitié des personnes éligibles au RSA n’en fait pas la demande (source : « La moitié des personnes éligibles au RSA n’en fait pas la demande », Actua­li­tés Sociales Hebdo­ma­daires, N° 2737, 2011, Odenore).

Les raisons : la volonté de ne pas dépendre de l’aide publique, la complexité des démarches, le manque d’in­for­ma­tion, le souhait de ne pas être contrôlé.

Pour les taux de non-recours aux pres­ta­tions sociales, voir aussi 6–4. .

2–5) « Les pauvres demandent tous des droits, mais ça va avec des devoirs »

VRAI ! Mais la société doit aussi enga­ger des moyens suffi­sants pour que son devoir de soute­nir les personnes en diffi­culté se traduise en un accom­pa­gne­ment réel et ne consiste pas unique­ment en du contrôle. Or « Le suivi des allo­ca­taires du RSA parait s’être dégradé, puisque, pour les seuls allo­ca­taires du RSA socle, ils sont un tiers à avoir signé un CER (contrat d’en­ga­ge­ment réci­proque) alors que près de la moitié de ceux qui touchaient le RMI avaient à l’époque un contrat d’in­ser­tion. » commentent les auteurs (source : « La moitié des personnes éligibles au RSA n’en fait pas la demande », Actua­li­tés Sociales Hebdo­ma­daires, N° 2737, 2011, Odenore).

Pour ce qui est de l’ac­com­pa­gne­ment des cher­cheurs d’em­ploi, il n’est pas à la mesure des besoins. Le nombre moyen de deman­deurs d’em­ploi suivis par conseiller de Pôle Emploi était de 85 fin 2008, 95 en 2009, puis 105,8 fin décembre 2010. Le Sénat et le Conseil Écono­mique Social et Envi­ron­ne­men­tal estiment qu’il faudrait se rappro­cher de la cible de 60 deman­deurs d’em­ploi par conseiller (source : rapport du Sénat sur Pôle emploi, juillet 2011)

2–6) « On peut s’en sortir mieux au RSA qu’a­vec le SMIC »

FAUX ! C’est TOTALEMENT IMPOSSIBLE.

Et pour­tant Laurent Wauquier décla­rait : « Un couple qui est au RSA, en cumu­lant les diffé­rents systèmes de minima sociaux, peut gagner plus qu’un couple dans lequel il y a une personne qui travaille au SMIC » le 8 mai 2011.

    Exemple d’un couple loca­taire en Île-de-France :

  Ressources mensuelles (y compris APL) pour un couple sans emploi ni allo­ca­tions chômage (RSA Socle) Ressources mensuelles (y compris APL) pour un couple avec un SMIC à 1000 € mensuel net (+ RSA acti­vité)
Sans enfant avec aide au loge­ment (APL)

598(RSA)+360(APL) =
958 €

+ droit à la CMUC

1000+200(APL)+218(RSA acti­vité) =
1418 €

pas de droit à la CMUC

Sans enfant et sans APL

712 €

+ droit à la CMUC

1000+332(RSA acti­vité) =
1332 €

pas de droit à la CMUC

Avec deux enfants et APL et Allo­ca­tions fami­liales (126 €)

859+470(APL) =
1329 €

+ droit à la CMUC

1000+390(APL)+126(AF)+350(RSA acti­vité) =
1866 €

+ droit à la CMUC

Avec deux enfants et sans APL. AF=126 €

997 €

+ droit à la CMUC

1000+126+491(RSA acti­vité) =
1617 €

+ droit à la CMUC

Nota bene :

  •   Les simu­la­tions d’APL ont été effec­tuées sur le site de la CAF pour un loyer de 700 € à Paris.
  •   RSA acti­vité = Montant forfai­taire RSA + 62 % des reve­nus d’ac­ti­vité du foyer – Ressources du foyer – Forfait d’aide au loge­ment (voir http://bit.ly/yB2UJy). Pour notre premier calcul, cela donne 712+(1000×62 %)-1000–114=218 € . Note : 114 € est le forfait à déduire en 2012 pour une famille de deux personnes béné­fi­ciant d’une aide au loge­ment. Pour la situa­tion avec deux enfants, cela donne 997+(1000 x 62 %) – 1000 – 126 – 141=350 €.

Note : 141 € est le forfait à déduire en 2012 pour une famille de 3 personnes et plus béné­fi­ciant d’une aide au loge­ment.

Deux commen­taires :

  •   Effec­tuer ces calculs est un véri­table parcours du combat­tant : plusieurs témoi­gnages nous montrent qu’il y a parfois des écarts entre la théo­rie et la réalité. Comment une famille aux reve­nus modestes peut-elle prévoir ses reve­nus sur les mois à venir ?
  •   Nous n’avons pas pris en compte des dépenses de garde d’en­fant ou de services essen­tiels (trans­port, gaz, élec­tri­cité) qui peuvent être diffé­rentes entre une famille perce­vant un SMIC et une famille perce­vant le RSA socle.

3) Sur le budget des familles

3–1)« Le pouvoir d’achat moyen des Français a augmenté entre 2007 et 2010 »

VRAI et FAUX ! Le pouvoir d’achat global au niveau de la France a légè­re­ment augmenté. Mais, compte tenu de l’aug­men­ta­tion de la popu­la­tion, le « pouvoir d’achat du revenu arbi­trable » (une fois que les dépenses obli­gées – loyer, assu­rance, élec­tri­cité – ont été payées) par personne a baissé de 0,1 % entre 2008 et 2010 (source : Revenu « arbi­trable » des ménages et évolu­tion du pouvoir d’achat « arbi­trable » par personne, par ménage et par unité de consom­ma­tion, INSEE, 2012).

Par ailleurs, pour les reve­nus les plus modestes, la situa­tion est plus grave. Par exemple, de 1992 à 2006, les dépenses incom­pres­sibles dans leur budget sont passées de 52 à 74 %. Selon le Secours catho­lique (Message, février 2011) : « se chauf­fer devient un luxe pour des millions de personnes  », 3,4 millions de personnes subissent la préca­rité éner­gé­tique, les demandes d’aide au chauf­fage ont augmenté de 50 % entre 2008 et 2009 au Secours Catho­lique.

Le prix du gaz a augmenté de 50 % en 5 ans ; les loyers depuis 2000 : +30 % ; élec­tri­cité : +6 % en un an ; carbu­rants : +15 % en un an (source : rapport de la CLCV, octobre 2011).

Voir aussi le dossier annuel 2011 de la MRIE Rhônes-Alpes : ICI sur http://bit.ly/wjG2to

4) Sur le travail, le chômage et la retraite

4–1) « Les pauvres ne veulent pas travailler » 

FAUX ! Les études convergent : 64 % des chômeurs inter­ro­gés dans huit pays euro­péens déclarent qu’ils veulent retrou­ver un emploi, même si cela ne leur procure pas un gain finan­cier, alors que seuls 48 % des personnes déjà en emploi déclarent vouloir conser­ver leur travail dans une telle situa­tion (source : étude coor­don­née par Duncan Gallie en 1999, citée par Jean Gadrey).

L’enquête « L’in­fluence des inci­ta­tions finan­cières sur le retour à l’em­ploi des béné­fi­ciaires de minima sociaux » (pdf) (Direc­tion Géné­rale du Trésor, 2009) montre bien que la valeur accor­dée au travail et la volonté d’as­su­rer le meilleur avenir possible aux siens conduisent la plupart des béné­fi­ciaires à accep­ter la reprise d’un emploi, même sans gain finan­cier immé­diat. Les prin­ci­paux freins évoqués pour la reprise d’un travail sont le manque d’em­plois, de moyens de trans­port, de forma­tions adap­tées, de modes de garde acces­sibles, etc.

4–2) « Il y a des pauvres qui veulent s’en sortir et d’autres qui ne veulent pas »

FAUX ! Personne n’ac­cepte de vivre dans la misère. La distinc­tion entre « bons pauvres » et « mauvais pauvres » traverse toute l’his­toire de la pauvreté ( lire Paul Chris­tophe). Cette distinc­tion est surtout le reflet de l’im­puis­sance de l’ac­tion publique ou de son manque de volonté de s’at­taquer vrai­ment à la pauvreté. Faute de quoi, on s’at­taque aux pauvres : c’est plus facile !

4–3) « Les béné­fi­ciaires du RSA ne font pas d’ef­forts réels pour cher­cher du travail »

FAUX ! La plupart des béné­fi­ciaires du RSA ont l’obli­ga­tion de cher­cher un emploi, sous peine de dimi­nu­tion ou suspen­sion de l’al­lo­ca­tion.

4–4) « Si on veut vrai­ment travailler, on trouve »

FAUX ! Dans l’état actuel du marché de l’em­ploi (entre 3 et 5 millions de chômeurs en 2012, selon la caté­go­rie consi­dé­rée), tout le monde ne PEUT­pas trou­ver du travail : le nombre d’em­plois vacants (offres) est très infé­rieur au nombre de chômeurs (demandes). En outre, certaines personnes restées depuis long­temps sans travail ont besoin d’être parti­cu­liè­re­ment soute­nues pour reve­nir à l’em­ploi. 

Quelques chiffres :

  •   Le chômage coûte, chaque mois, 2,2 milliards d’eu­ros à l’Une­dic (source : rapport du Sénat, 2011) ;
  •   Les plus pauvres cotisent comme les autres pour leur retraite, mais perçoivent moins de retraite dans la mesure où leur espé­rance de vie est moins impor­tante (cf. 6) ;
  •   Taux de chômage chez les 16–25 ans : 8,7 % chez les bac+2, et 35 % chez les non-diplô­més (source : « L’in­ser­tion des jeunes sans emploi », pp. 36–37, CERC). Le taux de chômage des 15–29 ans était, en 2009, de 29,5 % en zone urbaine sensible et de 16,9 % en moyenne natio­nale (source : « Emploi et chômage des 15–29 en 2009 », Analyses, oct. 2010, N°72, p. 1, DARES).

5) Sur le loge­ment

5–1) « La construc­tion de loge­ments sociaux se déve­loppe à un rythme suffi­sant en France »

FAUX ! Le niveau de la construc­tion en progrès régu­lier jusqu’en 2007 s’est effon­dré depuis : seule­ment 333.000 loge­ments ont été commen­cés en 2009 contre 435.000 en 2007, ce qui met à mal les objec­tifs du DALO.

 

On estime que le niveau de défi­cit va atteindre le million de loge­ments. De plus, la progres­sion des loge­ments sociaux tient surtout à l’aug­men­ta­tion de loge­ments acces­sibles seule­ment aux classes moyennes (nombre de loge­ments PLS multi­plié par 10 entre 2000 et 2010) alors que les loge­ments acces­sibles aux familles les plus modestes augmentent bien plus faible­ment : le nombre de PLAI a été multi­plié par 2 sur la même période (source : rapport Mal loge­ment, 2011, Fonda­tion Abbé Pierre).

5–2) « Les loge­ments sociaux devraient être attri­bués en prio­rité aux gens qui travaillent »

FAUX ! L’im­pé­ra­tif de soli­da­rité natio­nale exige que chacun, qu’il ait ou non un emploi, puisse dispo­ser d’un loge­ment adapté à ses ressources. Le droit à un loge­ment digne est reconnu pour tous les citoyens en France.

De fait, on constate malheu­reu­se­ment aujourd’­hui que les personnes possé­dant un emploi accèdent en prio­rité aux loge­ments sociaux.

5–3) « En période de restric­tion budgé­taire, il est normal que l’État réduise l’aide au loge­ment social »

FAUX ! C’est la réalité mais c’est un mauvais calcul. Tout d’abord parce que, en contre­par­tie, « l’en­semble des crédits que l’état consacre à la poli­tique d’hé­ber­ge­ment peut être estimé à 1,5 milliard d’eu­ros » chaque année (source : D. Migaud, prsident de la Cour des comptes, en Audi­tion parle­men­taire, déc. 2011).

Par ailleurs, l’ab­sence de loge­ment stable provoque pour une famille des ruptures durables dans l’em­ploi, la santé, la scola­rité, . . . qui auront des consé­quences et des coûts élevés pour la collec­ti­vité.

6) Sur la Sécu­rité sociale et la santé

6–1) « Les pauvres sont des frau­deurs »

FAUX ! La fraude aux pres­ta­tions sociales est évaluée à envi­ron 3 Milliards d’€ dont 90% sont récu­pé­rés. Elle concer­ne­rait 1 % des parti­cu­liers.
Pour la branche famille :  » Une  part  impor­tante  de  ces  montants,  selon  ces  mêmes esti­ma­tions,  aurait  cepen­dant  été  détec­tée  et  les  indus  corres­pon­dants récu­pé­rés pour la plus grande part : le préju­dice finan­cier final lié aux  fraudes  serait  donc  plus  limité,  de  l’ordre  de  170 M€  selon  les esti­ma­tions de la Cour, à partir des données de la CNAF ».
Source: rapport Cour des comptes 2010 sur la sécu­rité sociale : la lutte contre la fraude aux pres­ta­tions sociales dans le régime géné­ral).

La CNAF estime le taux de fraude à 0,46 % pour les pres­ta­tions fami­liales, 3,1 % pour l’API (Allo­ca­tion Parent Isolé), 3,6 % pour le RMI-RSA (source : AFP, 29 avril 2010).

Peut-être mais n’est-ce pas l’arbre qui cache le forêt :

6–2) « Les béné­fi­ciaires de la CMU en profitent pour faire des soins de confort dont ils n’ont pas vrai­ment besoin »

FAUX ! La CMU est très restric­tive. 

En vidéo (3’30 ») : Jean-François Chade­lat, direc­teur du Fonds CMU, démonte des idées fausses sur la CMU

6–3) « Grâce aux bons CAF, les enfants des familles défa­vo­ri­sées ont un accès normal à la culture, au sport, etc. »

OUI et NON ! Ces aides sont appré­ciables, mais elles néces­sitent un finan­ce­ment complé­men­taire plus ou moins impor­tant par les familles. Et il faut anti­ci­per les besoins pour faire les demandes à temps.

6–4) « Grâce à la CMU, à la CMUC et à l’ACS, tout le monde béné­fi­cie d’une protec­tion santé satis­fai­sante. »

FAUX ! En 2008, 1,5 million de personnes sur les 6 millions de béné­fi­ciaires poten­tiels ne dispo­saient pas de la CMU. Au 31 décembre 2010, une étude du Fonds CMU esti­mait que le nombre de personnes n’ayant pas recours à la CMU-C (CMU complé­men­taire) était de plus de 20 %.

Pour l’aide à l’ac­qui­si­tion d’une complé­men­taire santé (ACS), le taux de non-recours est de 80 %. Par ailleurs, en 2008, 22 % des béné­fi­ciaires de la CMU-C décla­raient avoir renoncé à certains soins pour des raisons finan­cières au cours des 12 derniers mois (source : « Étudier l’ac­cès aux soins des assu­rés CMU-C, une approche par le renon­ce­ment aux soins« , Bois­gué­rin et coll., Santé, Soins et protec­tion sociale en 2008. Paris : IRDES, 2010/06, 31–40).

6–5) « Pour ce qui est de l’es­pé­rance de vie en France aujourd’­hui, nous sommes rela­ti­ve­ment égaux. »

FAUX ! A la fin des années 1990, un ouvrier ayant 35 ans vivra encore en moyenne 39 ans, un cadre 46 ans et un chômeur 28 ans.

Ces inéga­li­tés d’es­pé­rance de vie sont crois­santes en France (source : « Les diffé­rences sociales de morta­lité : en augmen­ta­tion chez les hommes, stables chez les femmes », Monteil C., Robert-Bobée I., 2005, INSEE Première, 1025).

7) Sur le place­ment des enfants

7–1) « Les enfants placés ont la chance de connaître une vie meilleure et de décou­vrir un autre milieu que le leur. »

FAUX ! Pour un grand nombre d’en­fants et de parents, le place­ment est une solu­tion qui crée des ruptures profondes alors qu’il pour­rait souvent être évité.  » Une personne sans domi­cile sur cinq a dû quit­ter le domi­cile de ses parents avant l’âge de 16 ans – propor­tion six fois plus élevée que dans le reste de la popu­la­tion «  (source : Deve­nir sans-domi­cile, le rester : rupture des liens sociaux ou diffi­cul­tés d’ac­cès au loge­ment ? », Écono­mie et Statis­tique, N° 391–392, 2006, INSEE).

7–2) « Si on place les enfants, c’est à cause de la maltrai­tance. »

FAUX ! Les causes du place­ment d’un enfant d’une famille pauvre tiennent souvent aux condi­tions d’ac­cès de la famille au loge­ment, à la santé, etc. Des diffi­cul­tés pour­raient dans de nombreux cas être réso­lues par un soutien à la famille qui coûte­rait par ailleurs moins cher que la solu­tion du place­ment. « Six milliards d’eu­ros sont dépen­sés chaque année de façon empi­rique, sans que l’on cherche à contrô­ler les acteurs de la protec­tion de l’en­fance, ni à connaître l’ef­fi­ca­cité de ces inter­ven­tions » (source : rapport « La protec­tion de l’en­fance », Cour des comptes, octobre 2009).

8) Sur la fisca­lité et les impôts

8–1) « Les pauvres ne paient pas d’im­pôts »

FAUX ! Le taux moyen d’im­po­si­tion (impôts directs et indi­rects) des 10 % les moins riches est d’en­vi­ron 40 %, celui des 0,1 % les plus riches d’en­vi­ron 37 %, et celui des reve­nus moyens de 45 à 48 % (source : calculs effec­tués par les écono­mistes Saez, Landais et Piketty à partir des données INSEE).

Nota bene : pour les plus hauts reve­nus, les taux réels d’im­po­si­tion sont souvent très infé­rieurs aux taux affi­chés : grâce aux niches fiscales, une partie des plus hauts reve­nus échappe à une part de l’im­po­si­tion.

8–2) « Les plus pauvres peuvent se faire exoné­rer de charges et d’im­pôts »

Oui, mais il faut effec­tuer beau­coup de démarches avant d’ob­te­nir ces exoné­ra­tions et il faut les renou­ve­ler régu­liè­re­ment.

9) Sur l’im­mi­gra­tion

immigration je veux pas savoir9–1) « L’im­mi­gra­tion augmente d’an­née en année en France »

VRAI et FAUX ! Depuis 1975, le taux d’immi­grés est quasi constant : 8,4 % en 2008  contre 7,4 % en 1975  . (source: Évolu­tion de la part des popu­la­tions étran­gères et immi­grées en 2008,  INSEE).

9–2) « Si on renvoyait les étran­gers1 dans leur pays, il y aurait moins de chômage en France »
ou
« Les étran­gers prennent des emplois aux Français »
ou
« Les étran­gers creusent le trou de la Sécu­rité sociale »

FAUX ! Globa­le­ment, la présence des popu­la­tions de natio­na­lité étran­gère en France crée de la richesse et donc de l’em­ploi, grâce à l’ap­port de consom­ma­tion, d’im­pôts et de coti­sa­tions (cf. 9–6.). Les étran­gers sont aussi consom­ma­teurs, ils créent une demande supplé­men­taire et des emplois. Les études montrent que les migrants arri­vants créent leurs propres emplois.

« En imagi­nant une augmen­ta­tion de 10 % du flux d’im­mi­gra­tion au Royaume-Uni en 2007, le taux de chômage n’aug­men­te­rait alors que de 0,01 point au bout de 13 ans. » (source : Immi­grés: une boîte à outils pour répondre à Marine Le Pen et Nico­las Sarkozy, Caro­line Four­teau, mai 2011).

9–3) « La France est un des pays d’Eu­rope qui accueille le plus d’im­mi­grés »

FAUX ! « Avec un taux d’ac­crois­se­ment natu­rel de 4 pour 1000 et un taux d’ac­crois­se­ment migra­toire de 1 pour 1000, la France est le pays d’Eu­rope dont la crois­sance démo­gra­phique annuelle dépend le moins de l’im­mi­gra­tion » (source : « Cinq idées reçues sur l’im­mi­gra­tion », tableau 2, page 2, INED, 2004). Autre­ment dit le solde migra­toire (entrées-sorties) repré­sente 20 % de l’ac­crois­se­ment natu­rel de la popu­la­tion française. En Alle­magne, la tota­lité de l’ac­crois­se­ment de la popu­la­tion est dû au solde migra­toire, le solde natu­rel étant néga­tif !

En 2010, la part des personnes immi­grées sur la popu­la­tion totale s’éle­vait à : Autriche : 16 %, Suède 14 %, Espagne :14 %, États-Unis : 13 %, Alle­magne : 13 %, France : 11 %2, Pays-Bas : 10 %, Royaume-Uni : 10 %, Belgique : 9 %, Italie : 7 % (source : Le nombre et la part des immi­grés dans la popu­la­tion : compa­rai­sons inter­na­tio­nales, Gilles Pison, INED, 2010).

9–4) « Les familles immi­grées font beau­coup plus d’en­fants que les familles françaises natives »

Pas tant que cela ! « Dans la période 1991–1998, le nombre moyen d’en­fants par femme était de 1,65 pour les seules françaises natives. Les femmes immi­grées avaient en moyenne 2,2 enfants » (source : « Cinq idées reçues sur l’im­mi­gra­tion », Popu­la­tion et socié­tés, INED, 2004).

9–5) « La France accueille toute la misère du monde », sous-entendu : « Ce sont les popu­la­tions les plus pauvres qui immigrent en France »

FAUX ! « Dans l’en­semble, les migrants repré­sentent par rapport aux non-migrants de la société d’ori­gine une popu­la­tion sélec­tion­née : en meilleure santé, plus instruite, plus entre­pre­nante, dotée d’un mini­mum de ressources »  Source : « Cinq idées reçues sur l’im­mi­gra­tion », Popu­la­tion et socié­tés, INED, 2004.

La part des immi­grés diplô­més de l’en­sei­gne­ment supé­rieur est passée de 12 à 25 % entre 1990 et 2007. La moyenne natio­nale est de 29 %.
Sources : « L’ac­ti­vité des immi­grés en 2007 », INSEE et Immi­grés: une boîte à outils pour répondre à Marine Le Pen et Nico­las Sarkozy, Caro­line Four­teau, mai 2011.

9–6) « L’im­mi­gra­tion coûte, en pres­ta­tions sociales, 48 milliards d’eu­ros »

VRAI ! Mais elle rapporte 60 milliards d’€ en impôts et coti­sa­tions sociales chaque année

Sources : minis­tère de la Santé et des Affaires Sociales et étude de l’uni­ver­sité de Lille-II de juillet 2010, voir « Immi­grés: une boîte à outils pour répondre à Marine Le Pen et Nico­las Sarkozy« , Caro­line Four­teau, mai 2011.

La popu­la­tion immi­grée est en moyenne plus jeune et en meilleure santé que les autres habi­tants de la France. Or, dans les pres­ta­tions sociales, la mala­die pèse 47 % et la retraite 31 % (les autres dépenses étant allo­ca­tions chômage, RSA, allo­ca­tions loge­ment et allo­ca­tions fami­liales). La popu­la­tion immi­grée est donc une chance pour aider au paie­ment des retraites.

En moyenne, la contri­bu­tion nette de chaque immi­gré (diffé­rence entre ce qu’il verse et ce qu’il reçoit en trans­fert sociaux) est de l’ordre de 1500 € par an.

Source : « Migra­tions et protec­tion sociale : étude sur les liens et les impacts de court et long terme » , rapport pour la DREES-MIRe, auprès des Minis­tères du travail, du budget et de la Santé.

   « En l’ab­sence de l’im­mi­gra­tion, le besoin de finan­ce­ment de la protec­tion sociale en France augmen­te­rait de 2 points de Produit Inté­rieur Brut (PIB). » (source : Immi­gra­tion : combien ça coûte, Xavier Choj­ni­cki, Lille 2, labo­ra­toires EQUIPPE et CEPII). 

Bien sûr, l’ap­port de l’im­mi­gra­tion à notre pays ne saurait se limi­ter à cet aspect comp­table : il est aussi et surtout humain, cultu­rel, scien­ti­fique, artis­tique, etc.

9–7) « Les étran­gers peuvent profi­ter faci­le­ment des minima sociaux »

FAUX ! Il faut être en posses­sion d’un titre de séjour et d’une carte de travail depuis au moins cinq ans pour béné­fi­cier du RSA si on est natif d’un pays exté­rieur à l’Union euro­péenne.

9–8) « Les étran­gers augmentent la délinquance »

FAUX ! 12,7 % du nombre de condam­nés sont étran­gers (source : minis­tère de la Justice), alors qu’ils repré­sentent envi­ron 8 % de la popu­la­tion française (cf. 9–3.). L’écart n’est pas si impor­tant que veulent le faire croire certains hommes poli­tiques.

10) Sur l’école

10–1) « Ce n’est pas à l’école de régler tous les problèmes de la société »

VRAI et FAUX ! La loi d’orien­ta­tion sur l’école de 2005 dit : « La scola­rité obli­ga­toire doit au moins garan­tir à chaque élève les moyens néces­saires à l’ac­qui­si­tion d’un socle commun consti­tué d’un ensemble de connais­sances et de compé­tences qu’il est indis­pen­sable de maîtri­ser pour accom­plir avec succès sa scola­rité, pour­suivre sa forma­tion, construire son avenir person­nel et profes­sion­nel et réus­sir sa vie en société. ». Cela dit bien que le rôle de l’école n’est pas seule­ment de trans­mettre des connais­sances, mais aussi de permettre aux élèves de se construire des compé­tences, dont celle de pouvoir vivre avec d’autres diffé­rents de soi.

Elle doit aussi permettre à tous d’ac­qué­rir ces connais­sances et compé­tences. Mais on constate qu’elle peine à atteindre ces objec­tifs et à réduire les inéga­li­tés sociales, dans la mesure où l’échec et la réus­site scolaire sont de plus en plus liés à l’ori­gine sociale. En réalité, le fonc­tion­ne­ment actuel de l’école en France vise aussi un objec­tif non déclaré : sélec­tion­ner les meilleurs élèves qui s’orien­te­ront ensuite vers des études supé­rieures et les postes de respon­sa­bi­lité.

10–2) « Dans les familles pauvres, les parents sont démis­sion­naires et se désin­té­ressent de l’école »

FAUX ! Les parents défa­vo­ri­sés ont souvent peur de l’école car ils sont marqués par leur échec d’en­fant. Par ailleurs, 80 % des mères non-diplô­mées s’es­timent dépas­sées pour aider leurs enfants dans leurs études au collège, contre 26 % seule­ment des mères diplô­mées de l’en­sei­gne­ment supé­rieur (source :  « L’aide aux devoirs appor­tée par les parents », INSEE, 2004).

Mais le lien entre pauvreté et échec scolaire n’est pas fatal : il est moins élevé dans la plupart des autres pays déve­lop­pés qu’en France, et très faible dans des pays comme le Canada, la Finlande, le Japon ou la Chine (source : étude PISA).

10–3) « Heureu­se­ment que l’école est là pour corri­ger certaines inéga­li­tés sociales ! »

FAUX ! L’im­pact du milieu social sur la réus­site ou l’échec scolaire est plus grand en France que dans beau­coup d’autres pays, et il gran­dit au fil des années. En 2009, plus de 75 % des élèves dont les parents sont cadres ou profes­sions intel­lec­tuelles ont obtenu le bac géné­ral, contre 33 % pour les enfants d’ou­vriers et 41 % des enfants d’inac­tifs ; le pour­cen­tage de varia­tion de perfor­mance des élèves en lecture, expliqué par le milieu socio écono­mique est de 17 % pour la France bien au dessus de la moyenne de l’OCDE (14 %), le double de la Finlande du Canada ou du Japon.

Source : « Les inéga­li­tés à l’école », CESE, sept. 2011.

10–4) « Si les enfants pauvres réus­sissent moins bien à l’école, c’est qu’ils ne travaillent pas »

FAUX ! Les causes sont plus complexes que cela. Par exemple, « le niveau de diplôme des parents (parti­cu­liè­re­ment celui de la mère) et, de manière plus globale, les possi­bi­li­tés d’en­ca­dre­ment de la scola­rité par les familles revêtent une impor­tance au moins aussi grande que leur situa­tion socio-écono­mique » (Source : « Les inéga­li­tés à l’école », CESE, sept. 2011).

10–5) « Les enfants d’im­mi­grés sont plus en échec scolaire que les autres »

FAUX ! C’est la pauvreté qui la plus grande cause d’échec scolaire et non pas l’im­mi­gra­tion. Aniveau social égal, les descen­dants d’im­mi­grés ne sont pas en moyennes plus touchés par l’échec scolaire que le reste de la popu­la­tion (source : « Les inéga­li­tés à l’école », CESE, sept. 2011).

10–6) « La mixité sociale dans les écoles nuit à la réus­site scolaire »

FAUX ! Lorsque l’on met en oeuvre une péda­go­gie adap­tée, les résul­tats scolaires de tous s’amé­liorent, comme le montrent les expé­riences de plusieurs établis­se­ments scolaires (voir l’exemple des écoles Anne Frank et Hélène Boucher à Mons-en-Baroeul, celui du collège La Duran­tière à Nantes – Feuille de route sept/oct. 2011 -, celui du collège Évariste-Galois à Nanterre – Feuille de route novembre 2011 -, etc.). Par ailleurs, l’école ne doit-elle pas prépa­rer les enfants et les jeunes à vivre ensemble dans le respect des diffé­rences ?

11) Sur les Roms

11–1) « Les Roms ne veulent pas travailler »

FAUX ! C’est le contraire : tout est fait en France pour que les Roms de Rouma­nie et de Bulga­rie n’aient pas le droit de travailler : une « période tran­si­toire » les empêche d’avoir les mêmes droits que les autres euro­péens avant fin 2013. Pour travailler, ils doivent dispo­ser d’une auto­ri­sa­tion de travail. Les délais d’ob­ten­tion sont de 3 à 6 mois à partir d’une promesse d’em­bauche à temps plein. Le plus souvent, l’em­ployeur (qui doit en plus payer la taxe dûe à l’Of­fice Français pour l’Im­mi­gra­tion et l’In­té­gra­tion pour l’em­bauche d’un étran­ger) ne peut attendre la réponse et embauche quelqu’un d’autre.

Le 26 octobre 2009, la Haute auto­rité de lutte contre les discri­mi­na­tions et pour l’éga­lité (HALDE) a demandé au gouver­ne­ment qu’il mette fin à cette période tran­si­toire, ainsi que la Commis­sion Natio­nale Consul­ta­tive des Droits de l’Homme (CNCDH), dans l’avis du 22 mars 2012 (article 33, p.9).

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Article très large­ment inspiré de cet article d’ATD Quart Monde sur la base d’un travail réalisé avec la Mission Régio­nale d’In­for­ma­tion sur l’Ex­clu­sion en Rhône-Alpes.

* Une sélec­tion d’idées reçues en 4 pages

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1. Dans la défi­ni­tion de l’ONU, un immi­gré est une personne née en dehors du terri­toire concerné. Cela inclut donc les Français nés à l’étran­ger. Dans le sens commun adopté par l’INSEE, un immi­gré est une personne née étran­gère à l’étran­ger.

2. En incluant les Français nés à l’étran­ger, comme l’ONU le préco­nise dans ses calculs. La part des immi­grés de natio­na­lité étran­gère s’élève à 8 % (chiffre présenté par l’INSEE).

Deux Prix Nobel d’éco­no­mie état­su­niens parlent de l’Eu­rope et de sa poli­tique d’aus­té­rité.

 Paul Krug­man fait le bilan de la crise en zone euro dans le New-York Times : Le suicide écono­mique de l’Eu­rope, (Euro­pe’s Econo­mic Suicide), 15 avril 2012.

« Il est donc diffi­cile d’évi­ter un senti­ment de déses­poir. Plutôt que d’ad­mettre qu’ils ont eu tort, les diri­geants euro­péens semblent déter­mi­nés à conduire leur écono­mie – et leur société – au bas de la falaise. Et le monde entier en paiera le prix. »

(de l’an­glais : « So it’s hard to avoid a sense of despair. Rather than admit that they’ve been wrong, Euro­pean leaders seem deter­mi­ned to drive their economy — and their society — off a cliff. And the whole world will pay the price. »)

Joseph Stiglitz, « l’Eu­rope va droit dans le mur » dans une inter­view dans la Tribune de Genève, 16 avril 2012

« La seule bonne chose de l’an­née 2011, c’est qu’elle a été meilleure que ne le sera 2012 », estime le prix Nobel d’éco­no­mie.

Si l’Eu­rope pour­suit ses programmes de restric­tion, « les années à venir seront vrai­ment dures ».

« La situa­tion en Europe préoc­cupe Joseph Stiglitz : « Les chances de résoudre le problème par de nouvelles écono­mies sont proches de zéro », relève-t-il dans une inter­view donnée au Tages-Anzei­ger. L’Eu­rope est même « mena­cée à court terme d’une deuxième réces­sion ».

 « La plupart des gouver­ne­ments euro­péens épargnent, ce qui accen­tue le ralen­tis­se­ment écono­mique » constate le cher­cheur et écono­miste améri­cain.

Et contrai­re­ment aux promesses faites, « on ne voit toujours pas poindre la lumière au bout du tunnel ».

 « Il n’y a au monde pas un seul exemple qui montre qu’il est possible d’as­sai­nir un État malade en rédui­sant les salaires, les rentes et les pres­ta­tions sociales », pour­suit l’an­cien prix Nobel.

« La crois­sance ralen­tit, les recettes fiscales baissent et la ques­tion de l’en­det­te­ment n’est pas réso­lue » ajoute-t-il en substance.

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Post scrip­tum : ces cita­tions ne signi­fient pas que je consi­dère les paroles de ces prix (de la Banque centrale de Suède en sciences écono­miques en mémoire d’Al­fred) Nobel, comme véri­tés incon­tes­tables. Sur ce prix : Le « prix Nobel d’éco­no­mie » : une habile mysti­fi­ca­tion.

Qu’est ce que la partie illé­gi­time de la dette ?

  France : qui paye la dette et à qui profite le crime ?

  Envi­ron 70 % des créances sur les dettes publiques sont possé­dées par les 10 % les plus riches de la popu­la­tion, qui touchent donc 70 % des inté­rêts.

Le budget 2011 de la France c’est en gros 200 Md€ de recettes, 290 Md€ de dépenses dont près de 60 Md€ d’in­té­rêts (Merci Giscard et ta loi « Roth­schild de 1973 !)

  L’im­pôt étant assez peu redis­tri­bu­tif (nette­ment moins que l’écart de patri­moine), on comprend donc, que le système de la dette publique enri­chit les plus riches au détri­ment des plus pauvres, lesquels payent des impôts sans avoir de patri­moine finan­cier rému­néré.

  Ce premier graphique, illustre le fait que ce sont les neuf premiers déciles (barres rouges) qui globa­le­ment remboursent la dette au dernier décile (les trois barres vertes)

charge-nette-dette-par-decile-france-2010-O-Berruyer-perte.jpg

Selon que l’on est dans une des trois parties de ce dernier décile (90–95%, 95–99% et 99–100%), bien évidem­ment l’on y gagne plus ou moins.

Dans ce deuxième graphique, est estimé le pour­cen­tage des reve­nus consa­crés au rembour­se­ment de la dette.

charge-nette-dette-en---revenus-par-decile-france-2010-O-B.jpg

Comme indiqué, les 90% les plus pauvres perdent 2,5% de leur reve­nus (de-3,9% à –1,5%) pour amélio­rer de 3,5% les reve­nus des 5% les plus riches !

En résumé : baisse des impôts des plus riches depuis 30 ans => plus d’épargne pour les plus riches => plus de reve­nus finan­ciers pour ces derniers qui s’en­ri­chissent = > encore plus d’épargne pour ces encore plus riches => encore plus de reve­nus finan­ciers ….

Durant ce temps là les pauvres sont toujours plus pauvres, et comme crise et inéga­li­tés sont indu­bi­ta­ble­ment liées.

Cela risque donc de durer, un moment je vous le dis ! Au moins tant que la loi Roth­schild ne sera pas abro­gée, c’est à dire le Traité de Maas­tricht et de Lisbonne.

Mais cela ne saurait être suffi­sant : il faut mettre en oeuvre d’autres solu­tions . Et chaque jour qui passe, c’est notre argent qui dispa­raît au profit de qui vous savez main­te­nant.

Pour en savoir plus lire l’ar­ticle d’Oli­vier Berruyer : Perte du Triple A : origine et consé­quences

crisenuls

DETTE PUBLIQUE : L’ad­di­tion, service non compris, s.v.p. !

Que serait notre dette publique si nous avions pu conti­nuer à emprun­ter à la Banque de France ?

Outre l’ef­fet de la crise finan­cière débu­tée en septembre 2008, la crois­sance de la dette publique de la France entre 1973 et 2012 a deux causes prin­ci­pales :

  • L’ac­crois­se­ment des inéga­li­tés : sur ce point voir Crise et inéga­li­tés, y a-t-il un rapport ?
  • La loi de dite « Roth­schild » de 1973 en France, géné­ra­li­sée au pays de l’Eu­ro­zone depuis le Traité de Maas­tricht ;

En vertu de cette loi, le Trésor public ne peut plus emprun­ter à la Banque de France à faible taux, voire à taux zéro, ce qu’il faisait depuis toujours.

De quel montant serait la dette publique aujourd’­hui si cette loi n’exis­tait pas ?

Dans un billet impor­tant de André-Jacques Holbecq* sur la dette publique , ce dernier nous a produit ce graphique (cliquez pour agran­dir) :Evolution-Dette-constatee-et-sans-interets-1979-2009_Holbec
   L’on constate que malgré le rebond depuis 2008, début de la crise finan­cière, la dette publique reste très faible. Infé­rieure même à ce qu’elle était en 1979, 5 ans après la loi « Roth­schild » de VGE (1973). Soit 9% du PIB !

Autre­ment dit, sans ces inté­rêts – qui repré­sentent chaque année la tota­lité de l’im­pôt sur le revenu, 25% du budget de l’état – il n’y aurait pas de défi­cit public ! L’ac­crois­se­ment des dépenses publiques hors rembour­se­ment des inté­rêts de la dette n’y est donc pour rien dans notre endet­te­ment crois­sant puisque ces dépenses publiques ne s’ac­croissent pas depuis 30 ans. Seules les recettes baissent !

Rappel au sujet de la crise débu­tée en 2008 qui a accru la dette publique : la sépa­ra­tion des acti­vi­tés bancaires de dépôt et d’in­ves­tis­se­ment, l’équi­valent du Glass-Stea­gall Act étasu­nien de 1932 (voir mon billet : Le Glass-Stea­gall Act français) est votée en décembre 1945 et sera abrogé par le gouver­ne­ment Mitter­rand-Mauroy, sous l’im­pul­sion de J. Delors en 1984 ! Bien avant les USA qui ne l’abo­li­ront que 15 ans plus tard, en 1999. Huit ans après, la crise des Subprimes faisait entrer le monde dans une crise mondiale.

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* A.-J Holbecq , écono­miste travaillant plus parti­cu­liè­re­ment sur la monnaie et la dette publique, a écrit plusieurs ouvrages dont en 2002 Un regard citoyen sur l’éco­no­mie.

Y a-t-il un rapport entre la crise et les inéga­li­tés ?

 

Je vous invite à lire, en fonc­tion de votre sensi­bi­lité et selon le crédit que vous accor­dez à ces auteurs :

Et comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, voici ce graphique reliant l’in­di­ca­teur d’iné­ga­li­tés GINI et le taux dette publique/PIB (réalisé par J. Gadrey selon Euro­stat et commenté dans son article Les pays les plus endet­tés sont les plus inéga­li­taires.

  Correlation GINI Dettes publiques 2010

  Cliquez ICI pour zoomer l’image

Évolu­tion de la dette publique hors service de 1979 à 2009 : sans les inté­rêts, elle repré­sen­te­rait 9 % du PIB en 2009

   Sur ce graphique, établi par l’éco­no­miste A.-J. Holbecq*, l’on visua­lise :

  • En trait noir gras continu : la dette publique réelle. 
  • En rouge, l’évo­lu­tion de la dette publique hors service, c’est à dire en consi­dé­rant un taux d’in­té­rêt des emprunts à taux nul !
  • En poin­tillé mauve, la partie de la dette corres­pon­dant aux inté­rêts.

Autre­ment dit l’aug­men­ta­tion de la dette entre 1979 et 2009 est unique­ment lié aux taux d’in­té­rêt.Sans ces inté­rêts, elle serait de 9% du PIB !!!!

Le rebond qui appa­rait à partir de mi 2008 est l’ef­fet de la crise finan­cière.

Evolution Dette constatee et sans interets 1979-2009 Holbec

Ce graphique est paru dans l’ar­ticle : Un billet impor­tant de André-Jacques Holbecq sur la dette publique

sur le blog de Jean Gadrey, Profes­seur émérite d’éco­no­mie.

* A.J. Holbecq est l’au­teur avec  Étienne Chouard et Philippe Derru­der de l’ou­vrage : La dette publique, une affaire rentable : A qui profite le système ?

Étienne Chouard explique bien tout ceci dans une courte video de 6’15 »

Les écono­mistes multi­cartes !

      Jean Gadrey, profes­seur émérite d’éco­no­mie de l’Uni­ver­sité Lille1, juge leurs liai­sons dange­reuses.
Laurent Mauduit
, jour­na­liste à Média­part, les appelle les impos­teurs de l’éco­no­mie.
    Gilles Balbastre
, réali­sa­teur, les appelle Les nouveaux chiens de garde (dispo en DVD mais aussi visible ICI).
     Daniel Mermet, jour­na­liste à France-Inter, les appelle Les écono­mistes de garde.
En fait, ils sont nos sauveurs !

    On convien­dra qu’au­cun des candi­dats à la Prési­dence française 2012 n’est satis­fai­sant. C’est pourquoi je fais appel à vous pour soute­nir la candi­da­ture de Marc Ladreit de Lachar­rière.
    Vous savez sûre­ment que Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papa­dé­mos, respec­ti­ve­ment Président de la BCE, Président du Conseil italien et Premier Ministre grec, sont tous trois d’an­ciens de la banque Gold­man Sachs. Rien de plus normal puisque, outre-atlan­tique, M. Paul­son, secré­taire aux Finances US de 2006 à 2009, diri­geait anté­rieu­re­ment Gold­man Sachs. Rappe­lons qu’en 2008, et à la diffé­rence de Lehman brothers, Gold­man Sachs avait était jugée par ce M. Paul­son too big to fail et il l’avait donc sauvée.

Mais quel rapport avec M. Ladreit de Lachar­rière ?

      Bon, avec un nom pareil, nous trou­ve­rions surpre­nant qu’il s’agisse d’un ouvrier licen­cié d’Arce­lorMit­tal ou de Conti. En effet : M. Ladreit De Lachar­rière est Président de l’agence de nota­tion FitchRi­ting, admi­nis­tra­teur du groupe Casino, de l’Oréal, de Renault, membre du Conseil consul­ta­tif de la Banque de France, . . . . Il est entré en 2007 dans le cercle des milliar­daires en Euros. Reste juste à s’as­su­rer qu’il avait bien une Rolex à 50 ans ! Sinon il semble avoir toutes les quali­tés pour être notre Président, n’est-ce pas ?

      D’ailleurs François Baroin, Ministre de l’Éco­no­mie du gouver­ne­ment Fillon/Sarkozy, ne s’y trom­pait pas puisque mi-décembre il a remis, en les locaux du Minis­tère, le Prix du livre de l’éco­no­mie dont notre M. Ladreit de Lachar­rière en est le Président de jury ! Ce prix est une initia­tive du think tank le Cercle des écono­mistes, lequel compte, parmi ses 30 membres, nombre de repré­sen­tants de banques et insti­tu­tions finan­cières.

      Et, heureux hasard, les trois nomi­nés étaient Alain Minc, Jean-Marie Messier et le très média­tique Daniel Cohen, lauréat. Autre­ment dit trois écono­mistes chantres de la promo­tion de la « main invi­sible des marchés ». Inutile de dire qu’au­cun de ces nomi­nés , contrai­re­ment à Frédé­ric Lordon et Jean Gadrey, entre autres écono­mistes atter­rés, ne propose la mise en place d’un pôle public bancaire. Il faut dire que le lauréat, D. Cohen donc, est infi­ni­ment plus « talen­tueux » que ces deux derniers. La preuve ? En 2011, il a eu droit à 52 passages dans Le Monde tandis que les seconds n’en ont eu droit qu’à 2 ! Démons­tra­tion de leur incom­men­su­rable compé­tence en 2’52 » (extrait du film Les nouveaux chiens de garde) :

Alain Minc et Hervé De Bois­sieu, deux écono­mistes multi­cartes se plantent lamen­ta­ble­ment !

      Pour info, Daniel Cohen et Alain Minc sont membres du Conseil de surveillance de ce même jour­nal. Ce dernier en fût même le président jusqu’en 2008. Pure coïn­ci­dence ! Circu­lez, y a rien à voir ! En 2015, dans ce jour­nal, rien n’a changé : Europe : quels écono­mistes s’ex­priment dans Le Monde (suite) ? Toujours les banquiers !, Acri­med, juin 2015.

      Pour en savoir plus sur ces conni­vences et dépen­dances dans le petit monde des experts média­tiques et des oracles multi­cartes, je vous suggère le sujet « Les écono­mistes de garde » de l’émis­sion « Là-bas si j’y suis » qui fût diffusé sur France-Inter jusqu’en 2014 (cf. lien infra).

      Si vous êtes lecteur du Monde, un conseil, arrê­tez. À moins qu’à 50 ans vous n’au­rez ou n’aviez une Rolex !

En tous les cas « NOUS ne paie­rons pas LEUR dette » !


Aller plus loin :

* L’émis­sion Là-bas si j’y suis, émis­sion poil à grat­ter, désor­mais disparu de France-Inter. Elle avait déjà failli dispa­raître en 2006 avant d’être avan­cée de 17h à 15h, heure de moindre écoute. Elle n’existe plus désor­mais qu’en média web indé­pen­dant ;

 * L’ana­lyse du prix Nobel d’éco­no­mie P. Krug­man dans Alter­na­tives écono­miques (janvier 2012) : Crise : pourquoi les écono­mistes ont failli

 * Quelques docu­ments sur Gold­man Sachs :
+ La pieuvre Gold­man sacKs (article, 1 page) ;
+ Le putsch de Gold­man Sachs sur l’Euro (vidéo, 1 mn) ;
+ Gold­man Sachs, analyse d’une pieuvre finan­cière mondiale (vidéo 53′)
+ La banque, Marc Roche, jour­na­liste du monde, Albin Michel, 2011 ;
+ Comment Gold­man Sachs dirige le monde, 53′, Arte, 2013 ;

* Sur Alain Minc : conseiller de N. Sarkozy, admi­nis­tra­teur de nombreuses grandes entre­prises et PDG de sa société de commu­ni­ca­tion AM Conseil. Quelques mois avant la crise des subprimes,  il vantait encore  » l’in­croyable plas­ti­cité de l’auto-régu­la­tion des marchés « .

* Le docu­men­taire Inside Job : Inside Job est le premier film qui s’es­saye à une analyse exhaus­tive de la crise finan­cière mondiale qui a émergé en 2008, et qui, selon le réali­sa­teur, était évitable.

Le film éclaire en parti­cu­lier le lien inces­tueux d’uni­ver­si­taires pres­ti­gieux qui, du fait de la répu­ta­tion de sérieux scien­ti­fique, ont fourni une garan­tie mais ont été rému­né­rés (gras­se­ment) et on fait, ou font encore, partie des conseils d’ad­mi­nis­tra­tion de grandes entre­prises finan­cières mises en cause : banques d’af­faires (Merrill Lynch, Morgan Stan­ley, Lehman Brothers), assu­rances (AIG), agences de crédit immo­bi­lier (y compris gouver­ne­men­tales: Fred­die Mac & Fannie Mae) et agences de nota­tion finan­cière (Stan­dard & Poor’s, Fitch Ratings, Moody’s).

La mainmise du complexe militaro-industriel 2009

Y a trop de fonc­tion­naires en France ! Vrai­ment ?

La France souf­fri­rait de son obésité admi­nis­tra­tive qui serait une des causes de l’am­pleur de ses dépenses publiques. Voyons voir !

     Certes, si l’on peut réduire la bureau­cra­tie, faisons-le. Mais ne lui prêtons pas non plus des vertus excep­tion­nelles, une solu­tion à tous nos problèmes !

     Qui dit bureau­cra­tie pense, à tort, fonc­tion­naires.

     D’où la première préci­sion utile : il ne faut pas confondre « fonc­tion­naires » et « emplois publics ». Les premiers sont des agents d’une des 3 fonc­tions publiques (d’état,  terri­to­riale ou hospi­ta­lière). Si ils ont la chance d’être titu­laire de leur  poste, ils ont alors le statut de fonc­tion­naire, et le privi­lège de la sécu­rité de l’em­ploi. En effet, comme le privé, la fonc­tion publique est grande pour­voyeuse de CDD et emplois précaires (près de 20%).

     Cela dit, compa­rons le taux d’em­plois publics et leur coût dans les pays de l’OCDE.

     En 2008, l’Al­le­magne avec 55 emplois publics pour 1.000 habi­tants, se situe avec le Japon, dans le bas de la four­chette des pays de l’OCDE, avec 6 points de PIB sous la moyenne.

      En 2008, la France, avec un point au dessus de la moyenne des pays de l’OCDE, se situe avec 88 emplois publics pour 1.000 habi­tants, dans le haut du tableau, au même niveau que le Royaume-Uni. Loin derrière les quatres pays scan­di­naves dont les trois premiers sont entre 140 et 160, le 4e à 115.

Taux d administration pays OCDE-1993-2008 CAS-2010-copie-1
L’écart entre ces deux pays “extrèmes” repré­sente 7 points de PIB, soit 2.100 € par français et par an. Certains juge­ront que c’est trop, certains que c’est accep­table. Tout dépend de la manière dont chacun estime le service rendu par ces employés.

Part remuneration publique dans PIB-pays OCDE-2008 CAS-2010

     Pour mémo : en 2010, le revenu moyen avant impôt des Français était  de 33.000€ par adulte et par an (2.800€ par mois).

     Et bien sûr, tous ces emplois sont loin d’être des emplois « bureau­cra­tiques » :  les ensei­gnants, des bureau­crates ? Les person­nels soignants des hopi­taux publics, des bureau­crates ? Et les conseillers de pôle emploi ? Et les cher­cheurs du CNRS ? ….

     Quoiqu’il en soit  » En France, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, les dépenses de rému­né­ra­tion du person­nel repré­sentent entre 10 % et 12 % du PIB « , précise le Conseil d’Ana­lyse Stra­té­gique.

     Bonus : La vérité sur les fonc­tion­naires et les ensei­gnants en 5 points et 10 lignes !

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Note : En 2008, 5,2 millions d’em­plois publics dont 2 millions de fonc­tion­naires d’Etat  et 1,4 millions de fonc­tion­naires terri­to­riaux (conseil régio­naux, géné­raux, muni­ci­pa­lité, …). Le reste, 1,8 millions, se ventile sur les Etablis­se­ments publics admi­nis­tra­tifs (EPA) non marchands ou de droit parti­cu­lier : hôpi­taux publics, ANPE, CNRS, Caisses natio­nales de Sécu, … 4,4 millions, soit 80% sont titu­laires et disposent donc de la sécu­rité de l’em­ploi.

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Sources :

* Les dépenses publiques en Alle­magne : d’où proviennent les écarts avec la France ? (VI et fin). Eléments de synthèse, Arnaud le Cheva­lier, Alter­na­tives Econo­miques, 2011.

* Tableau de bord de l’em­ploi public : situa­tion de la France et compa­rai­sons inter­na­tio­nales, Synthèse, CAS, 2010.

Pourquoi j’ai lâché EelVA !

Ils sont rares ceux qui remarquent que l’éco­lo­gie est la grande absente de cette campagne élec­to­rale. Tout le monde semble s’en foutre, en fait !

Corinne Lepage, écolo­giste de droite, n’a pas pu se présen­ter et la pauvre Eva Joly a été aban­don­née à son triste sort, errant à la dérive au milieu de sujets de campagne surréa­listes. Jamais on ne lui parle d’éco­lo­gie.

Mais soyons rassu­rés, l’éco­lo­gie est sauvée : EELV a paraît-il assuré 3 minis­tères dans le futur gouver­ne­ment de l’ami Molette !!!!!! Enfin si Molette ne revient pas sur ses enga­ge­ments eu égard au score probable d’Eva.

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"Bien informés, les hommes sont des citoyens, mal informés ils deviennent des sujets.", Alfred Sauvy.