Qu’est ce que la partie illégitime de la dette ?

  France : qui paye la dette et à qui profite le crime ?

  Environ 70 % des créances sur les dettes publiques sont possédées par les 10 % les plus riches de la population, qui touchent donc 70 % des intérêts.

Le budget 2011 de la France c’est en gros 200 Md€ de recettes, 290 Md€ de dépenses dont près de 60 Md€ d’intérêts (Merci Giscard et ta loi « Rothschild de 1973 !)

  L’impôt étant assez peu redistributif (nettement moins que l’écart de patrimoine), on comprend donc, que le système de la dette publique enrichit les plus riches au détriment des plus pauvres, lesquels payent des impôts sans avoir de patrimoine financier rémunéré.

  Ce premier graphique, illustre le fait que ce sont les neuf premiers déciles (barres rouges) qui globalement remboursent la dette au dernier décile (les trois barres vertes)

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Selon que l’on est dans une des trois parties de ce dernier décile (90-95%, 95-99% et 99-100%), bien évidemment l’on y gagne plus ou moins.

Dans ce deuxième graphique, est estimé le pourcentage des revenus consacrés au remboursement de la dette.

charge-nette-dette-en---revenus-par-decile-france-2010-O-B.jpg

Comme indiqué, les 90% les plus pauvres perdent 2,5% de leur revenus (de-3,9% à -1,5%) pour améliorer de 3,5% les revenus des 5% les plus riches !

En résumé : baisse des impôts des plus riches depuis 30 ans => plus d’épargne pour les plus riches => plus de revenus financiers pour ces derniers qui s’enrichissent = > encore plus d’épargne pour ces encore plus riches => encore plus de revenus financiers ….

Durant ce temps là les pauvres sont toujours plus pauvres, et comme crise et inégalités sont indubitablement liées.

Cela risque donc de durer, un moment je vous le dis ! Au moins tant que la loi Rothschild ne sera pas abrogée, c’est à dire le Traité de Maastricht et de Lisbonne.

Mais cela ne saurait être suffisant : il faut mettre en oeuvre d’autres solutions . Et chaque jour qui passe, c’est notre argent qui disparaît au profit de qui vous savez maintenant.

Pour en savoir plus lire l’article d’Olivier Berruyer : Perte du Triple A : origine et conséquences

crisenuls

DETTE PUBLIQUE : L’addition, service non compris, s.v.p. !

Que serait notre dette publique si nous avions pu continuer à emprunter à la Banque de France ?

Outre l’effet de la crise financière débutée en septembre 2008, la croissance de la dette publique de la France entre 1973 et 2012 a deux causes principales :

  • L’accroissement des inégalités : sur ce point voir Crise et inégalités, y a-t-il un rapport ?
  • La loi de dite « Rothschild » de 1973 en France, généralisée au pays de l’Eurozone depuis le Traité de Maastricht ;

En vertu de cette loi, le Trésor public ne peut plus emprunter à la Banque de France à faible taux, voire à taux zéro, ce qu’il faisait depuis toujours.

De quel montant serait la dette publique aujourd’hui si cette loi n’existait pas ?

Dans un billet important de André-Jacques Holbecq* sur la dette publique , ce dernier nous a produit ce graphique (cliquez pour agrandir) :Evolution-Dette-constatee-et-sans-interets-1979-2009_Holbec
   L’on constate que malgré le rebond depuis 2008, début de la crise financière, la dette publique reste très faible. Inférieure même à ce qu’elle était en 1979, 5 ans après la loi « Rothschild » de VGE (1973). Soit 9% du PIB !

Autrement dit, sans ces intérêts – qui représentent chaque année la totalité de l’impôt sur le revenu, 25% du budget de l’état – il n’y aurait pas de déficit public ! L’accroissement des dépenses publiques hors remboursement des intérêts de la dette n’y est donc pour rien dans notre endettement croissant puisque ces dépenses publiques ne s’accroissent pas depuis 30 ans. Seules les recettes baissent !

Rappel au sujet de la crise débutée en 2008 qui a accru la dette publique : la séparation des activités bancaires de dépôt et d’investissement, l’équivalent du Glass-Steagall Act étasunien de 1932 (voir mon billet : Le Glass-Steagall Act français) est votée en décembre 1945 et sera abrogé par le gouvernement Mitterrand-Mauroy, sous l’impulsion de J. Delors en 1984 ! Bien avant les USA qui ne l’aboliront que 15 ans plus tard, en 1999. Huit ans après, la crise des Subprimes faisait entrer le monde dans une crise mondiale.

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* A.-J Holbecq , économiste travaillant plus particulièrement sur la monnaie et la dette publique, a écrit plusieurs ouvrages dont en 2002 Un regard citoyen sur l’économie.

Y a-t-il un rapport entre la crise et les inégalités ?

 

Je vous invite à lire, en fonction de votre sensibilité et selon le crédit que vous accordez à ces auteurs :

Et comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, voici ce graphique reliant l’indicateur d’inégalités GINI et le taux dette publique/PIB (réalisé par J. Gadrey selon Eurostat et commenté dans son article Les pays les plus endettés sont les plus inégalitaires.

  Correlation GINI Dettes publiques 2010

  Cliquez ICI pour zoomer l’image

Évolution de la dette publique hors service de 1979 à 2009 : sans les intérêts, elle représenterait 9 % du PIB en 2009

   Sur ce graphique, établi par l’économiste A.-J. Holbecq*, l’on visualise :

  • En trait noir gras continu : la dette publique réelle. 
  • En rouge, l’évolution de la dette publique hors service, c’est à dire en considérant un taux d’intérêt des emprunts à taux nul !
  • En pointillé mauve, la partie de la dette correspondant aux intérêts.

Autrement dit l’augmentation de la dette entre 1979 et 2009 est uniquement lié aux taux d’intérêt.Sans ces intérêts, elle serait de 9% du PIB !!!!

Le rebond qui apparait à partir de mi 2008 est l’effet de la crise financière.

Evolution Dette constatee et sans interets 1979-2009 Holbec

Ce graphique est paru dans l’article : Un billet important de André-Jacques Holbecq sur la dette publique

sur le blog de Jean Gadrey, Professeur émérite d’économie.

* A.J. Holbecq est l’auteur avec  Étienne Chouard et Philippe Derruder de l’ouvrage : La dette publique, une affaire rentable : A qui profite le système ?

Étienne Chouard explique bien tout ceci dans une courte video de 6’15 »

Les économistes multicartes !

      Jean Gadrey, professeur émérite d’économie de l’Université Lille1, juge leurs liaisons dangereuses.
Laurent Mauduit
, journaliste à Médiapart, les appelle les imposteurs de l’économie.
    Gilles Balbastre
, réalisateur, les appelle Les nouveaux chiens de garde (dispo en DVD mais aussi visible ICI).
     Daniel Mermet, journaliste à France-Inter, les appelle Les économistes de garde.
En fait, ils sont nos sauveurs !

    On conviendra qu’aucun des candidats à la Présidence française 2012 n’est satisfaisant. C’est pourquoi je fais appel à vous pour soutenir la candidature de Marc Ladreit de Lacharrière.
    Vous savez sûrement que Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos, respectivement Président de la BCE, Président du Conseil italien et Premier Ministre grec, sont tous trois d’anciens de la banque Goldman Sachs. Rien de plus normal puisque, outre-atlantique, M. Paulson, secrétaire aux Finances US de 2006 à 2009, dirigeait antérieurement Goldman Sachs. Rappelons qu’en 2008, et à la différence de Lehman brothers, Goldman Sachs avait était jugée par ce M. Paulson too big to fail et il l’avait donc sauvée.

Mais quel rapport avec M. Ladreit de Lacharrière ?

      Bon, avec un nom pareil, nous trouverions surprenant qu’il s’agisse d’un ouvrier licencié d’ArcelorMittal ou de Conti. En effet : M. Ladreit De Lacharrière est Président de l’agence de notation FitchRiting, administrateur du groupe Casino, de l’Oréal, de Renault, membre du Conseil consultatif de la Banque de France, . . . . Il est entré en 2007 dans le cercle des milliardaires en Euros. Reste juste à s’assurer qu’il avait bien une Rolex à 50 ans ! Sinon il semble avoir toutes les qualités pour être notre Président, n’est-ce pas ?

      D’ailleurs François Baroin, Ministre de l’Économie du gouvernement Fillon/Sarkozy, ne s’y trompait pas puisque mi-décembre il a remis, en les locaux du Ministère, le Prix du livre de l’économie dont notre M. Ladreit de Lacharrière en est le Président de jury ! Ce prix est une initiative du think tank le Cercle des économistes, lequel compte, parmi ses 30 membres, nombre de représentants de banques et institutions financières.

      Et, heureux hasard, les trois nominés étaient Alain Minc, Jean-Marie Messier et le très médiatique Daniel Cohen, lauréat. Autrement dit trois économistes chantres de la promotion de la « main invisible des marchés ». Inutile de dire qu’aucun de ces nominés , contrairement à Frédéric Lordon et Jean Gadrey, entre autres économistes atterrés, ne propose la mise en place d’un pôle public bancaire. Il faut dire que le lauréat, D. Cohen donc, est infiniment plus « talentueux » que ces deux derniers. La preuve ? En 2011, il a eu droit à 52 passages dans Le Monde tandis que les seconds n’en ont eu droit qu’à 2 ! Démonstration de leur incommensurable compétence en 2’52 » (extrait du film Les nouveaux chiens de garde) :

Alain Minc et Hervé De Boissieu, deux économistes multicartes se plantent lamentablement !

      Pour info, Daniel Cohen et Alain Minc sont membres du Conseil de surveillance de ce même journal. Ce dernier en fût même le président jusqu’en 2008. Pure coïncidence ! Circulez, y a rien à voir ! En 2015, dans ce journal, rien n’a changé : Europe : quels économistes s’expriment dans Le Monde (suite) ? Toujours les banquiers !, Acrimed, juin 2015.

      Pour en savoir plus sur ces connivences et dépendances dans le petit monde des experts médiatiques et des oracles multicartes, je vous suggère le sujet « Les économistes de garde » de l’émission « Là-bas si j’y suis » qui fût diffusé sur France-Inter jusqu’en 2014 (cf. lien infra).

      Si vous êtes lecteur du Monde, un conseil, arrêtez. À moins qu’à 50 ans vous n’aurez ou n’aviez une Rolex !

En tous les cas « NOUS ne paierons pas LEUR dette » !


Aller plus loin :

* L’émission Là-bas si j’y suis, émission poil à gratter, désormais disparu de France-Inter. Elle avait déjà failli disparaître en 2006 avant d’être avancée de 17h à 15h, heure de moindre écoute. Elle n’existe plus désormais qu’en média web indépendant ;

 * L’analyse du prix Nobel d’économie P. Krugman dans Alternatives économiques (janvier 2012) : Crise : pourquoi les économistes ont failli

 * Quelques documents sur Goldman Sachs :
+ La pieuvre Goldman sacKs (article, 1 page) ;
+ Le putsch de Goldman Sachs sur l’Euro (vidéo, 1 mn) ;
+ Goldman Sachs, analyse d’une pieuvre financière mondiale (vidéo 53′)
+ La banque, Marc Roche, journaliste du monde, Albin Michel, 2011 ;
+ Comment Goldman Sachs dirige le monde, 53′, Arte, 2013 ;

* Sur Alain Minc : conseiller de N. Sarkozy, administrateur de nombreuses grandes entreprises et PDG de sa société de communication AM Conseil. Quelques mois avant la crise des subprimes,  il vantait encore  » l’incroyable plasticité de l’auto-régulation des marchés « .

* Le documentaire Inside Job : Inside Job est le premier film qui s’essaye à une analyse exhaustive de la crise financière mondiale qui a émergé en 2008, et qui, selon le réalisateur, était évitable.

Le film éclaire en particulier le lien incestueux d’universitaires prestigieux qui, du fait de la réputation de sérieux scientifique, ont fourni une garantie mais ont été rémunérés (grassement) et on fait, ou font encore, partie des conseils d’administration de grandes entreprises financières mises en cause : banques d’affaires (Merrill Lynch, Morgan Stanley, Lehman Brothers), assurances (AIG), agences de crédit immobilier (y compris gouvernementales: Freddie Mac & Fannie Mae) et agences de notation financière (Standard & Poor’s, Fitch Ratings, Moody’s).

La mainmise du complexe militaro-industriel 2009

Y a trop de fonctionnaires en France ! Vraiment ?

La France souffrirait de son obésité administrative qui serait une des causes de l’ampleur de ses dépenses publiques. Voyons voir !

     Certes, si l’on peut réduire la bureaucratie, faisons-le. Mais ne lui prêtons pas non plus des vertus exceptionnelles, une solution à tous nos problèmes !

     Qui dit bureaucratie pense, à tort, fonctionnaires.

     D’où la première précision utile : il ne faut pas confondre « fonctionnaires » et « emplois publics ». Les premiers sont des agents d’une des 3 fonctions publiques (d’état,  territoriale ou hospitalière). Si ils ont la chance d’être titulaire de leur  poste, ils ont alors le statut de fonctionnaire, et le privilège de la sécurité de l’emploi. En effet, comme le privé, la fonction publique est grande pourvoyeuse de CDD et emplois précaires (près de 20%).

     Cela dit, comparons le taux d’emplois publics et leur coût dans les pays de l’OCDE.

     En 2008, l’Allemagne avec 55 emplois publics pour 1.000 habitants, se situe avec le Japon, dans le bas de la fourchette des pays de l’OCDE, avec 6 points de PIB sous la moyenne.

      En 2008, la France, avec un point au dessus de la moyenne des pays de l’OCDE, se situe avec 88 emplois publics pour 1.000 habitants, dans le haut du tableau, au même niveau que le Royaume-Uni. Loin derrière les quatres pays scandinaves dont les trois premiers sont entre 140 et 160, le 4e à 115.

Taux d administration pays OCDE-1993-2008 CAS-2010-copie-1
L’écart entre ces deux pays “extrèmes” représente 7 points de PIB, soit 2.100 € par français et par an. Certains jugeront que c’est trop, certains que c’est acceptable. Tout dépend de la manière dont chacun estime le service rendu par ces employés.

Part remuneration publique dans PIB-pays OCDE-2008 CAS-2010

     Pour mémo : en 2010, le revenu moyen avant impôt des Français était  de 33.000€ par adulte et par an (2.800€ par mois).

     Et bien sûr, tous ces emplois sont loin d’être des emplois « bureaucratiques » :  les enseignants, des bureaucrates ? Les personnels soignants des hopitaux publics, des bureaucrates ? Et les conseillers de pôle emploi ? Et les chercheurs du CNRS ? ….

     Quoiqu’il en soit  » En France, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, les dépenses de rémunération du personnel représentent entre 10 % et 12 % du PIB « , précise le Conseil d’Analyse Stratégique.

     Bonus : La vérité sur les fonctionnaires et les enseignants en 5 points et 10 lignes !

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Note : En 2008, 5,2 millions d’emplois publics dont 2 millions de fonctionnaires d’Etat  et 1,4 millions de fonctionnaires territoriaux (conseil régionaux, généraux, municipalité, …). Le reste, 1,8 millions, se ventile sur les Etablissements publics administratifs (EPA) non marchands ou de droit particulier : hôpitaux publics, ANPE, CNRS, Caisses nationales de Sécu, … 4,4 millions, soit 80% sont titulaires et disposent donc de la sécurité de l’emploi.

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Sources :

* Les dépenses publiques en Allemagne : d’où proviennent les écarts avec la France ? (VI et fin). Eléments de synthèse, Arnaud le Chevalier, Alternatives Economiques, 2011.

* Tableau de bord de l’emploi public : situation de la France et comparaisons internationales, Synthèse, CAS, 2010.

Pourquoi j’ai lâché EelVA !

Ils sont rares ceux qui remarquent que l’écologie est la grande absente de cette campagne électorale. Tout le monde semble s’en foutre, en fait !

Corinne Lepage, écologiste de droite, n’a pas pu se présenter et la pauvre Eva Joly a été abandonnée à son triste sort, errant à la dérive au milieu de sujets de campagne surréalistes. Jamais on ne lui parle d’écologie.

Mais soyons rassurés, l’écologie est sauvée : EELV a paraît-il assuré 3 ministères dans le futur gouvernement de l’ami Molette !!!!!! Enfin si Molette ne revient pas sur ses engagements eu égard au score probable d’Eva.

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"Bien informés, les hommes sont des citoyens, mal informés ils deviennent des sujets.", Alfred Sauvy.