La taxe carbone en Suède : pour ou contre un prix du carbone ?

Le débat autour de la pertinence d’une taxe carbone s’est ravivé à l’approche de la COP21. Ainsi notre prix « Nobel », Jean Tirole en est un ardent promoteur. Dans sa tribune « Pour un accord efficace sur le climat »  (5 juin 2015, Le Monde) il la défend bec et ongles : « La stratégie d’engagements volontaires est largement insuffisante [et] n’a pas l’efficacité économique que procure la fixation d’un prix unique du carbone. ».

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LA TÉLÉ EN TOUS LIEUX ET À TOUTE HEURE

La Télé et les écrans en général : des faits , rien que des faits !

Extraits du livre TV lobotomie
CHAPITRE I
LA TÉLÉ EN TOUS LIEUX ET À TOUTE HEURE

« La télévision n’exige du spectateur qu’un acte de courage – mais il est
surhumain -, c’est de l’éteindre. »
, Pascal Bruckner, philosophe [161].

« La décision importante consiste à savoir si l’on a une télévision ou pas,
si l’on expose les enfants à presque tout ce que la télévision offre, ou à rien du tout. »,
Qoshua Meyrowitz, professeur de communication à l’université du New Hampshire [162]

« Alors que jusqu’à maintenant, la télévision enchaînait son spectateur [… ]. elle l’accompagnera demain partout où il ira », François Lost, spécialiste des médias, professeur à l’Université de Paris 3-Sorbonne [60]

Cet article est à relier à mon article chapeau TV LOBOTOMIE qui présente le livre éponyme de Pascal Desmurget. Le chapitre II, « LA TÉLÉ ÉTOUFFE L’INTELLIGENCE « , est résumé dans cet autre article.

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Collecter les déchets grâce aux corvidés sauvages

Une vidéo avant de lire ? Cliquez ICI !

.   Ce bref billet a pour objet de soumettre à l’évaluation citoyenne le projet suivant : faire réaliser par des corvidés (pies, corneilles, corbeaux) sauvages la collecte des déchets domestiques laissées dans la nature, telles les canettes qui jonchent les bords de route. Par cette collaboration pour laquelle ces corvidés seront récompensés, nous espérons redorer l’image des corvidés encore considérés comme nuisibles par nos institutions et nombre de nos congénères. Bien à tort !
Notons que, contrairement à une opinion commune, la population des pies est globalement en régression comme l’atteste ces résultats du programme STOC du Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (CRBPO). 

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Depuis la crise de 2007-2008, la croissance est sur une tendance bien plus faible qu’avant !

   Le graphique ci-dessous illustre le propos du directeur de la recherche économique chez Natixis, filiale de BPCE, lequel écrit dans son article « Le FMI s’interroge sur la croissance à moyen terme » :  » Dans son rapport d’avril 2015, le FMI s’interroge sur la possibilité de converger vers la trajectoire de croissance d’avant crise. Sa réponse est clairement négative : la croissance potentielle, celle qui ne crée pas de tensions inflationnistes, sera durablement plus réduite que celle constatée avant la crise. [..] On ne retournera pas vers la tendance passée mais pire on s’en éloignera de plus en plus. « .

Depuis la crise de 2007-2008, la croissance est sur une tendance bien plus faible qu'avant !

   Cette tendance ne fait donc que confirmer la baisse tendancielle inéluctable du taux de croissance que Jean Gadrey mettait en évidence en 2009 dans son livre « Adieu à la croissance ».

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L’abstention ou le vote blanc contre le FN et la pédagogie de la catastrophe

Petite analyse des scores du FN au 1er tour des départementales 2015 dans les cantons de municipalités FN ou ex-FN par comparaison avec son score au niveau national.

L'abstention ou le vote blanc contre le FN et la pédagogie de la catastrophe

Un ami ayant le choix entre un FN (la peste ?) et un UMP (le choléra ?) au 2cd tour des départementales 2015 me dit avoir voté blanc. Je lui fais tout d’abord remarquer qu’il subsiste tout de même une différence de gravité dans ces deux maladies.

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En 2016, les 1 % les plus riches du monde possèderont plus que les 99% restant

Je publie ici l’article du même nom posté par Jean Gadrey sur son blog ce mardi 20 janvier 2015. N’hésitez pas à commenter ci-dessous.

En 2016, les 1 % les plus riches du monde possèderont plus que les 99% restant puisqu’il possèderont plus de la moitié de la richesse mondiale !

C’est l’un des résultats d’une étude d’Oxfam, « Insatiable richesse », qui vient d’être mise en ligne. La part du patrimoine mondial détenue par les 1 % les plus riches est passée de 44 % en 2009 à 48 % en 2014, et dépassera selon toute probabilité les 50 % en 2016. En 2014, les membres de cette élite internationale possédaient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte. Vive la crise !

Les estimations utilisent les meilleures sources mondiales disponibles sur les patrimoines, dont celles du Crédit Suisse. D’autres chiffres renforcent le vertige devant la démesure, dont ce graphique, qui montre que si, en 2010, 388 milliardaires (le haut du classement Forbes) étaient aussi riches que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, en 2014, il « n’en faut plus » que 80.

La concentration de la richesse vers le haut produit le dénuement « en bas » et même aux étages intermédiaires de la hiérarchie. C’est ainsi que les 80 % les moins riches ne détiennent que 5,5 % de la richesse mondiale totale des ménages.

Cette étude consacre d’importants développements aux mécanismes économiques, politiques, fiscaux, etc. de cet insatiable enrichissement, et en particulier à l’intense et très coûteux (mais hyper rentable) lobbying de cette oligarchie de taille infime mais au pouvoir immense… tant que les pouvoirs politiques s’en rendent complices ou, dans « le meilleur des cas », ne font rien de sérieux.

Extrait :
« En 2013, le secteur de la finance a dépensé plus de 400 millions de dollars dans des activités de lobbying aux États-Unis, soit 12% du montant total consacré aux activités de lobbying dans le pays cette même année, tous secteurs confondus. Par ailleurs, dans le cadre des élections de 2012, les entreprises de ce secteur ont dépensé 571 millions de dollars pour financer certaines campagnes électorales. D’après le Centre for Responsive Politics, c’est le secteur de la finance qui a apporté la plus grande contribution aux partis et aux candidats fédéraux. Les milliardaires américains représentent environ la moitié des milliardaires de la liste Forbes ayant des intérêts dans le secteur financier. Ce nombre est passé de 141 à 150 aux États-Unis, et leur fortune cumulée de 535 à 629 milliards de dollars, soit une augmentation de 94 milliards de dollars (17%) en l’espace d’un an. »

L’ensemble du patrimoine net des milliardaires ayant des intérêts dans le secteur pharmaceutique et de la santé a augmenté de 47 %. Eux aussi avaient dépensé 500 millions de dollars pour faire pression sur les responsables politiques à Washington et à Bruxelles, en 2013.

Oxfam craint que la force de lobbying de ces secteurs ne soit un obstacle majeur à la réforme du système fiscal international et n’impose des règles de propriété intellectuelle qui empêchent les plus pauvres d’accéder à des médicaments vitaux.

Oxfam appelle les États à adopter un plan en sept points pour lutter contre les inégalités :

– Mettre un frein à l’évasion fiscale des entreprises et des grandes fortunes
– Investir en faveur de la gratuité et de l’universalité de services publics comme la santé et l’éducation
– Répartir équitablement la charge fiscale, l’allégeant du côté du travail et de la consommation tout en taxant davantage le capital et les richesses
– Instaurer un salaire minimum et oeuvrer à un salaire décent pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs
– Instaurer une législation en faveur de l’égalité salariale et promouvoir des politiques économiques assurant le traitement équitable des femmes
– Mettre en place une protection sociale suffisante pour les plus pauvres, notamment la garantie d’un revenu minimum
– Adopter l’objectif commun de lutter contre les inégalités à l’échelle internationale

Charlie à tout prix ? par Frédéric Lordon, 13 janvier 2015

Article repris du blog de Frédéric Lordon sur le site du Monde Diplomatique et publié ici pour d’éventuels commentaires et débat.
Que vous ayez été Charlie ou non, si vous êtes un défenseur de la liberté d’expression, alors je vous invite à vous détourner des médias du complexe militaroindustriel (Bouygues, Lagardère, Dassault, Bolloré, Rothschild, ….) et de soutenir des médias indépendants tel Le monde Diplomatique.
Bonne lecture et au plaisir d’échanger via les commentaires
Christophe

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Ce texte est tiré d’une intervention à la soirée « La dissidence, pas le silence ! », organisée par le journal Fakir à la Bourse du travail à Paris le 12 janvier 2015.
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Charlie à tout prix ? par Frédéric Lordon.

Lorsque le pouvoir de transfiguration de la mort, ce rituel social qui commande l’éloge des disparus, se joint à la puissance d’une émotion commune à l’échelle de la société tout entière, il est à craindre que ce soit la clarté des idées qui passe un mauvais moment. Il faut sans doute en prendre son parti, car il y a un temps social pour chaque chose, et chaque chose a son heure sociale sous le ciel : un temps pour se recueillir, un temps pour tout dire à nouveau.

Mais qu’on se doive d’abord à la mémoire de ceux qui sont morts n’implique pas, même au plus fort du traumatisme, que toute parole nous soit interdite. Et notamment pour tenter de mettre quelque clarification dans l’inextricable confusion intellectuelle et politique qu’un événement si extrême ne pouvait manquer, en soi, de produire, à plus forte raison sous la direction éclairée de médias qui ne louperont pas une occasion de se refaire la cerise sur le dos de la « liberté d’expression », et de politiques experts en l’art de la récupération.

Disons tout de suite que l’essentiel de cette confusion se sera concentré en une seule phrase, « Je suis Charlie », qui semble avoir tout d’une limpide évidence, quand tant d’implicites à problème s’y trouvent repliés.

« Je suis Charlie ». Que peut bien vouloir dire une phrase pareille, même si elle est en apparence d’une parfaite simplicité ? On appelle métonymie la figure de rhétorique qui consiste à donner une chose pour une autre, avec laquelle elle est dans un certain rapport : l’effet pour la cause, le contenu pour le contenant, ou la partie pour le tout. Dans « Je suis Charlie », le problème du mot « Charlie » vient du fait qu’il renvoie à une multitude de choses différentes, mais liées entre elles sous un rapport de métonymie. Or ces choses différentes appellent de notre part des devoirs différents, là où, précisément, leurs rapports de métonymie tendent à les confondre et à tout plonger dans l’indistinction.

Charlie, ce sont d’abord des personnes humaines, privées – par bonheur, on s’est aperçu rapidement que dire simplement « Charlie » pour les rassembler faisait bon marché de deux policiers, un agent de maintenance, un malheureux visiteur de ce jour là, et puis aussi de cinq autres personnes, dont quatre juives, tuées les deux jours d’après. Sauf à avoir rompu avec toute humanité en soi, on ne pouvait qu’être frappé de stupeur et d’effroi à la nouvelle de ces assassinats.

Mais l’émotion n’a été si considérable que parce qu’il était perceptible à tous que ce qui venait d’être attaqué excédait évidemment les personnes privées. Et voici donc le deuxième sens possible de « Charlie » : Charlie comme métonymie des principes de liberté d’expression, des droits à exprimer sans craindre pour sa sécurité, tels qu’ils sont au cœur de notre forme de vie.

On pouvait donc sans doute se sentir Charlie pour l’hommage aux personnes tuées – à la condition toutefois de se souvenir que, des personnes tuées, il y en a régulièrement, Zied et Bouna il y a quelque temps, Rémi Fraisse il y a peu, et que la compassion publique se distribue parfois d’une manière étrange, je veux dire étrangement inégale.

On pouvait aussi se sentir Charlie au nom de l’idée générale, sinon d’une certaine manière de vivre en société, du moins d’y organiser la parole, c’est-à-dire au nom du désir de ne pas s’en laisser conter par les agressions qui entreprennent de la nier radicalement. Et l’on pouvait trouver qu’une communauté, qui sait retourner ainsi à l’un de ses dénominateurs communs les plus puissants, fait une démonstration de sa vitalité.

Mais les choses deviennent moins simples quand « Charlie » désigne – et c’est bien sûr cette lecture immédiate qui avait tout chance d’imposer sa force d’évidence – quand « Charlie », donc, désigne non plus des personnes privées, ni des principes généraux, mais des personnes publiques rassemblées dans un journal. On peut sans la moindre contradiction avoir été accablé par la tragédie humaine et n’avoir pas varié quant à l’avis que ce journal nous inspirait – pour ma part il était un objet de violent désaccord politique. Si, comme il était assez logique de l’entendre, « Je suis Charlie » était une injonction à s’assimiler au journal Charlie, cette injonction-là m’était impossible. Je ne suis pas Charlie, et je ne pouvais pas l’être, à aucun moment.

Je le pouvais d’autant moins que cette formule a aussi fonctionné comme une sommation. Et nous avons en quelques heures basculé dans un régime de commandement inséparablement émotionnel et politique. Dès ses premiers moments, la diffusion comme traînée de poudre du « Je suis Charlie » a fait irrésistiblement penser au « Nous sommes tous américains » du journal Le Monde du 12 septembre 2001. Il n’a pas fallu une demi-journée pour que cette réminiscence se confirme, et c’est Libération qui s’est chargé de faire passer le mot d’ordre à la première personne du pluriel : « Nous sommes tous Charlie » — bienvenue dans le monde de l’unanimité décrétée, et malheur aux réfractaires. Et puis surtout célébrons la liberté de penser sous l’écrasement de tout dissensus, en mélangeant subrepticement l’émotion de la tragédie et l’adhésion politique implicite à une ligne éditoriale. Ceci d’ailleurs au point de faire à la presse anglo-saxonne le procès de se montrer hypocrite et insuffisamment solidaire (obéissante) quand elle refuse de republier les caricatures. Il fallait donc traverser au moins une mer pour avoir quelque chance de retrouver des têtes froides, et entendre cet argument normalement élémentaire que défendre la liberté d’expression n’implique pas d’endosser les expressions de ceux dont on défend la liberté.

Mais cette unanimité sous injonction était surtout bien faite pour que s’y engouffrent toutes sortes de récupérateurs. Les médias d’abord, dont on pouvait être sûr que, dans un réflexe opportuniste somme toute très semblable à celui des pouvoirs politiques dont ils partagent le discrédit, ils ne manqueraient pas pareille occasion de s’envelopper dans la « liberté de la presse », cet asile de leur turpitude. A l’image par exemple de Libération, qui organise avec une publicité aussi ostentatoire que possible l’hébergement de Charlie Hebdo. Libération, ce rafiot, vendu à tous les pouvoirs temporels, auto-institué dernière demeure de la liberté d’expression ! — peut-être en tous les sens du terme d’ailleurs. Et combien de la même farine derrière Libé pour faire de la surenchère dans le Charlisme ?

« Si cet homme qui, dit-on, riait de tout revenait en ce siècle, il mourrait de rire assurément », écrit Spinoza dans une de ses lettres. Et c’est vrai qu’il y a de quoi rire longtemps à voir ainsi les organes de la soumission à l’ordre social entonner avec autant de sincérité l’air de l’anticonformisme et de la subversion radicale. Rire longtemps… enfin pas trop quand même, car il faudra bien songer un jour à sortir de cette imposture.

Ce sera sans l’aide du pouvoir politique, qui n’a jamais intérêt au dessillement, et à qui l’union nationale a toujours été la plus fidèle des ressources. Union nationale, et même internationale en l’occurrence, dont une version carabinée nous aura été administrée. Fallait-il qu’elle soit incoercible la pulsion récupératrice de François Hollande de se faire reluire à la tête de Paris « capitale du monde » pour convier, de proche en proche, jusqu’à Orban, Porochenko, et puis Netanyahu, Lieberman, etc. de hautes figures morales, connues pour se partager entre défenseurs de la liberté de la presse et amis du dialogue interconfessionnel [1].

Par bonheur, il s’est déjà trouvé suffisamment de voix pour s’inquiéter des usages, ou plutôt des mésusages, que ce pouvoir ne manquera pas de faire d’une mobilisation de masse qu’il s’empressera de considérer comme un mandat.

Espérons qu’il s’en trouvera également pour recommander à quelques éditorialistes un court séjour en cellule de dégrisement, et pour leur apporter le café salé. Dans la concurrence pour être à la hauteur de l’Histoire, et même – pente aussi fatale que grotesque de l’information en continu – pour être les premiers à « annoncer » l’Histoire, il était logique que tous criassent à l’Histoire et à l’Historique à propos de la manifestation d’hier. S’il est permis d’en rire, on dira que, historique, elle l’a sans doute été sous quelque rapport, au moins pour être la première du genre où le comptage de la police avait une chance d’être supérieur à celui des organisateurs. On ne sache pas cependant qu’il soit resté grand-chose des manifestations monstres de Carpentras et du 1er mai 2002, effusions collectives qui avaient déjà hystérisé le commentariat, mais dont on doit bien reconnaître que la productivité politique aura été rigoureusement nulle.

On aimerait beaucoup qu’il en aille autrement cette fois-ci, mais on ne peut pas s’empêcher de poser en toute généralité la question de savoir s’il n’y a pas un effet de substitution entre le degré de l’unanimité et sa teneur politique possible. Par construction, arasant toute la conflictualité qui est la matière même de la politique, la masse unie est tendanciellement a-politique. Ou alors, c’est que c’est la Révolution – mais il n’est pas certain que nous soyons dans ce cas de figure…

Il y aurait enfin matière à questionner la réalité de l’« union nationale » qu’on célèbre en tous sens. Tout porte à croire que le cortège parisien, si immense qu’il ait été, s’est montré d’une remarquable homogénéité sociologique : blanc, urbain, éduqué. C’est que le nombre brut n’est pas en soi un indicateur de représentativité : il suffit que soit exceptionnellement élevé le taux de mobilisation d’un certain sous-ensemble de la population pour produire un résultat pareil.

Alors « union nationale » ? « Peuple en marche » ? « France debout » ? Il s’agirait peut-être d’y regarder à deux fois, et notamment pour savoir si cette manière de clamer la résolution du problème par la levée en masse n’est pas une manière spécialement insidieuse de reconduire le problème, ou d’en faire la dénégation. A l’image des dominants, toujours portés à prendre leur particularité pour de l’universel, et à croire que leur être au monde social épuise tout ce qu’il y a à dire sur le monde social, il se pourrait que les cortèges d’hier aient surtout vu la bourgeoisie éduquée contempler ses propres puissances et s’abandonner au ravissement d’elle-même. Il n’est pas certain cependant que ceci fasse un « pays », ou même un « peuple », comme nous pourrions avoir bientôt l’occasion de nous en ressouvenir.

Il y a une façon aveuglée de s’extasier de l’histoire imaginaire qui est le plus sûr moyen de laisser échapper l’histoire réelle — celle qui s’accomplit hors de toute fantasmagorie, et le plus souvent dans notre dos. Or, l’histoire réelle qui s’annonce a vraiment une sale gueule. Si nous voulons avoir quelque chance de nous la réapproprier, passé le temps du deuil, il faudra songer à sortir de l’hébétude et à refaire de la politique. Mais pour de bon.

Notes

[1] Lire Alain Gresh, « D’étranges défenseurs de la liberté de la presse à la manifestation pour “Charlie Hebdo” », Nouvelles d’Orient, 12 janvier 2015.

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[Reprise] Répartition des revenus et croissance, par Philippe Waechter, Directeur de recherche économique chez Natixis

   Selon une étude de l'OCDE de 2014 : " Une augmentation des inégalités dans la distribution des revenus a un impact négatif durable sur la croissance. "

   Dans son article du 10 décembre 2014, Philippe Waechter, Directeur de recherche économique de la banque Natixis, met en exergue le principal enseignement d'une étude de l'OCDE de décembre 2014. Je le reproduis ici : " Dans un travail récent l'OCDE apporte des éléments de réponse à cette question qui taraude les économistes de longue date: faut il des inégalités afin de créer des incitations favorables à la croissance ? Ou bien est ce qu’une distribution resserrée des revenus n’est elle pas finalement favorable à la croissance moyenne ?
La réponse de l’OCDE est sans ambiguïté : une augmentation des inégalités dans la distribution des revenus a un impact négatif durable sur la croissanc
e. "

   Retrouvez ce passage dans l'article de l'auteur reproduit intégralement ci-dessous.

Répartition des revenus et croissance

Publié le 10 décembre 2014 par Philippe WAECHTER

Verbatim de ce podcast.

   La répartition des revenus est devenu un sujet majeur en raison de la persistance des effets de la crise.

   On se souvient à l’automne 2011 du mouvement " Occupy Wall Street ". De manière plus récente le livre de Thomas Piketty donnait un cadre de réflexion pour comprendre et analyser les déformations dans la répartition des revenus.Piketty indiquait aussi que la dynamique de l’économie n’était pas spontanément équitable et que des mécanismes de correction étaient nécessaires.

   Cependant, on ne disposait pas d’une analyse formelle reliant l’évolution de la distribution des revenus à la croissance.

   Dans un travail récent (déc. 2014) l’OCDE apporte des éléments de réponse à cette question qui taraude les économistes de longue date : faut-il des inégalités afin de créer des incitations favorables à la croissance ? Ou bien est ce qu’une distribution resserrée des revenus n’est elle pas finalement favorable à la croissance moyenne ?

   Cette question est essentielle pour comprendre la dynamique des économies à moyen terme.

   La réponse de l’OCDE est sans ambiguïté : une augmentation des inégalités dans la distribution des revenus a un impact négatif durable sur la croissance.

   Une mesure simple et immédiate des inégalités est le rapport entre les 10 % des revenus les plus élevés et les 10 % des revenus les plus faibles. Du milieu des années 80 à maintenant ce rapport est passé de 7.5 à 9. La distribution des revenus est devenue plus inégalitaire sur cette courte période de temps.

   Des mesures par pays de la déformation dans la distribution des revenus, le coefficient de Gini, montrent que les inégalités se sont accrues dans 16 des 21 pays analysés (du milieu des années 80 jusqu’en 2011/2012). Elle ne se réduisent que dans deux pays: la Grèce et la Turquie. Elles sont stables pour trois pays: la Belgique, les Pays-Bas et La France.
L’impact sur la croissance de ces changements dans les inégalités de revenus est significatif. L’étude suggère que l’impact a été d’environ 10 % au Mexique et en Nouvelle Zélande, de 9 points au Royaume Uni et de 6 à 7 points aux USA, en Italie et en Suède.

   En d’autres termes, la hausse des inégalités a pénalisé la croissance au Royaume Uni en lui ôtant 9 points de croissance sur la période. A inégalités inchangées sur la période 1990-2010 le PIB britannique aurait été 9 % plus élevés en fin de période. C’est loin d’être négligeable.

   Pour la France, l’OCDE indique que l’impact des inégalités sur la croissance n’est pas significative car pour le Think Tank du Château de la Muette il n’y a pas eu de déformation significative dans la distribution des revenus.

   L’OCDE explique que le lien entre distribution des revenus et croissance passe notamment par l’accès à l’éducation. Les plus défavorisés ont un accès plus limité à l’éducation et donc une possibilité moindre d’améliorer leur capital humain.

   L’OCDE indique aussi que l’effet de l’éducation n’est pas limité aux 10 % les plus pauvres mais aux 40 % les plus défavorisés dans la distribution des revenus.

   L’accès à l’éducation est donc l’élément clé dans l’amélioration de la dynamique de croissance. Cela doit donner un rôle majeur à l’Etat pour favoriser la mise en place de ces conditions.

   L’innovation qui est au coeur des processus de croissance passe d’abord par les hommes avant de passer par les process. C’est pour cela que l’éducation et la formation sont les éléments clé de la croissance et de l’amélioration des conditions de vie.

Préjugé sur le lien entre chômage et minima sociaux

   L’on entend parfois dire, jusque dans les hautes sphères politiques, que les minima sociaux (RSA, . . . ) contribueraient au chômage, certains bénéficiaires préférant s’en contenter plutôt que de rechercher un emploi.

Mais alors, cela doit se constater au niveau du taux de chômage, non ?

Voyons voir ce que dit ce premier graphique qui met en relation le montant des minima sociaux (relativement au seuil de pauvreté à 60 % de chacun des pays) et le taux de chômage pour 14 pays de l’Union Européenne en 2003.

Corrélation chomage minima sociaux en 2003 pour 14 pays U

Légende : les montants de prestations-types d’assistance sociale nettes sont rapportés aux seuils de pauvreté à 60 % du niveau de vie des ménages en 2003. Il s’agit ici du cas d’un couple avec deux enfants. Pour d’autres cas voir tableau en fin de page.

Lecture : en France, les minima sociaux pour un couple avec deux enfants représentaient en 2003 72% du seuil de pauvreté à 60% et le taux de chomage était de 8,9%.

Sources : pour les minima sociaux, OCDE repris dans le rapport « Un panorama des minima sociaux en Europe », p. 8, revue « Etudes et résultats », DREES, N° 464, février 2006. Pour le chômage : base de données en ligne d’Eurostat.

   Si corrélation il y a, il semblerait plutôt qu’elle soit négative : plus les minima sont élevés, plus le taux de chômage est faible.

Il est à noter qu’en France, le pouvoir d’achat du RMI/RSA-socle n’a augmenté que de + 3 % entre 1990 et 2010, tandis que celui du Smic horaire progressait de 29 % et le niveau de vie médian de 27 % (source : Contre la pauvreté, l’emploi ne suffit pas , Alternatives Economiques n° 319 – décembre 2012).

   Cette étude comparative sur les minima sociaux est la plus récente (cf. tableau ci-dessous). Si vous trouvez des données plus récentes que ce tableau de la p.8 du rapport « un panorama des minima sociaux en Europe », je suis preneur.

Tableau_minima_sociaux_Europe-2003_DREES-2006.jpg

   Ci-dessous, le classement de ces quatorze pays selon les trois situations familiales du tableau : personne seule, parents avec deux enfants, parent isolé avec deux enfants.

Minima sociaux pour personne seule - 14 pays UE - 2003 DRE

  • La France se situe en 6e position, juste au dessus de la moyenne européenne, pour une personne seule.

Minima sociaux pour un couple avec deux enfants-14 pays UE-

  • La France se situe en 5e position, sous la moyenne européenne, pour un couple avec deux enfants.

Minima sociaux pour un parent isolé avec deux enfants-14 p

  • Et enfin, la France se situe en 7e position, sous la moyenne de l’UE-14, pour un parent seul avec deux enfants.

Relativement au SMIC, le RMI-RSA a perdu 23% de sa valeur entre 1990 et  2013, soit de 66,5 à 51,2 heures de travail au Smic brut. Pour en savoir plus : lire cet article de Jean Gadrey : Le grand retour de « l’assistanat » : sur quelques idées fausses

Sur les minima sociaux, montant et modalités d’attributions, nombre de bénéficiaires, voir aussi : Préjugés sur les minima sociaux.

Sur d’autres idées reçues sur les raisons du chômage :

accessibles à partir de l’article général : Préjugés sur les raisons du chômage

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Mots clés : chômage – emploi – habitant – actif – volume de travail – heures travaillées – ouvrées – classement – comparaison internationale – OCDE – Union europeenne – 35 heures – préjugé – idée reçue – minima sociaux – indemnisation – SMIC – RSA.

Liste des idées reçues au sujet des causes du chômage

Préjugé sur le lien entre chômage et durée annuelle du travail

   La relation entre quantité de travail annuelle des travailleurs et taux de chômage, établie sur 34 pays de l’OCDE (année 2012), montrent plutôt que plus les actifs travaillent durant l’année, plus le taux de chômage est important.
Quoique la corrélation ne soit pas très significative, le graphique ci-dessous illustre cela. Donc jusqu’à preuve du contraire, augmenter la durée du travail annuel, ne réduit pas le chômage.

   Et pourtant, le 24 septembre 2009, le Medef proposait un plan choc pour créer un million d’emplois. Parmi les mesures : revenir sur les 35h, supprimer deux jours fériés sur 11. Autrement dit : « travailler plus ».
Et pourtant, peu après le gouvernement Hollande-Valls par la voix de son Ministre de l’économie, E. Macron, ex-banquier d’affaireassouplissait la législation sur le travail du Dimanche. Autrement dit : « travailler plus » également.

Taux_de_chomage_vs_volume_travail_par_actif_employe_avec_no.jpg   Pour l’accés aux sources de données OCDE, voir liens en fin d’article. L’année est 2012

   Commentaire du graphique :
La durée annuelle de travail des actifs en Allemagne, Danemark, Norvège et au Pays Bas est moindre qu’en France. Le taux de chômage aussi. A l’opposé, la Grèce, l’Espagne et le Portugal, où les actifs en emploi travaillent plus, connaissent des taux de chômage importants. Bien sûr il y a des exceptions telles que la Corée et le Mexique.
Maintenant, ceci est pour l’année 2012. Je tâcherais prochainement d’approfondir la question en étudiant cette relation pour différentes années et différentes périodes, si les données sont disponibles.

Sur d’autres idées recues sur des causes de chômage, lire mes billets :

accessibles à partir de l’article général : Préjugés sur les raisons du chômage
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Les sources des données OCDE ayant permis l’établissement du graphique sont en accès libre ici :
* Taux de chômage harmonisé
* Heures moyennes annuelles ouvrées par travailleur

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Mots clés : chômage – emploi – habitant – actif – volume de travail – heures travaillées – ouvrées – classement – comparaison internationale – OCDE – Union europeenne – 35 heures – préjugé – idée reçue – minima sociaux – indemnisation – SMIC – RSA.

La France, cancre de l’emploi ! Vraiment ?

Selon le Xerfi, ce constat est FAUX : pour la période 2000-2013, la France, depuis l’année 2000 fait mieux que les Pays-Bas, l’Italie, et le Royaume-Uni, beaucoup mieux que les États-Unis et le Danemark, comme l’atteste le graphique ci-dessous relativement à sept pays souvent cités en modèle (Allemagne, Suède, Pays-Bas, Italie, Royaume-Uni, Danemark, États-Unis).

Volume_travai_par_pop_age_travail_8_pays_base2000-2012_Xerf.png

Lecture du graphique :  Le volume de travail représente le nombre d’heures de travail effectuées dans l’année par la population en âge de travailler. En effet, ces huit pays présentant des dynamiques démographiques différentes, ne pas en tenir compte serait non pertinent en terme de comparaison.

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Notons que le Danemark a été longtemps vanté pour sa « flexisécurité », flexisécurité vers laquelle nous avons fait un pas. À raison ?

L’Allemagne, le nouveau « bon élève », fait certes mieux que la France. Mais à quel prix ? Tout le monde a en mémoire les emplois à 1 € par exemple !

Il n’en reste pas moins qu’en France, le taux de chômage actuel, et en particulier celui des jeunes, et la qualité des emplois créés sont loin d’être satisfaisants. Cependant, quoiqu’il en soit, il est des causes à ce chômage que l’on ne peut pas retenir : indemnités chômage trop généreuses, minima sociaux trop élevés, rigidité du code de travail, … Je vous invite à lire cet article et ceux qui y sont reliés sur ces non-causes du chômage.

   Un prochain billet tentera d’identifier les causes potentielles du chômage et de proposer d’autres pistes que la précarisation de l’emploi et l’austérité pour les plus pauvres.

Le graphique ci-dessus est extrait de la vidéo La France cancre de l’emploi ? C’EST FAUXdu Xerfi que je vous suggère de visionner. J‘en propose cependant une synthèse à partir des principaux graphiques qui y sont présentés et commentés.

Résumé de la vidéo La France cancre de l’emploi ? C’EST FAUX (3’41 », Nov. 2014)

Au vu des taux de chômage harmonisé (graphique ci-dessous), on pourrait penser la France incapable de créer du travail.

Taux_chomage_harmonise_UE_T3_2014_Xerfi.png

Or, en terme de création d’emplois totale, la France fait aussi bien que nombre de « bons élèves » (Allemagne, États-Unis, Pays-Bas), le Royaume-Uni et la Suède restant de loin meilleurs.

Emploi_total_base_2000-2014_8_pays_Xerfi.png
Mais il y a emploi et emploi. Ainsi par exemple, au Royaume-Uni existent des contrats de travail qui ne garantissent aucun volume hebdomadaire minimal de travail : celui qui en bénéficie peut très bien ne pas travailler du tout durant des périodes égales ou supérieures à une semaine, durée de référence pour différencier un chômeur d’un employé. On les appelle les contrats zéro heure (lire :Royaume-Uni : 1,4 million de « zéro heure », Alternatives économiques, juin 2014).

.

C’est pourquoi il est plus pertinent de mesurer le volume de travail créé, celui-ci pouvant se répartir en plus ou moins d’emplois à temps partiels ou à temps complets. C’est ce volume que représente le graphique ci-dessous.
Volume_horaire_de_travail_total_8_pays_base2000-2012_Xerfi.png
Et comme les dynamiques démographiques ne sont pas les mêmes, il est nécessaire de rapporter à la population en âge de travailler :

Volume travai par pop age travail 8 pays base2000-2012 Xerf

Conclusion : la France n’est pas le cancre de l’emploi a minima depuis l’an 2000.  Si les contrats 0 heures en GB, la lexisécurité au Danemark ou les contrats à un € en Allemagne ont peut-être (j’en doute) été des solution optimales pour ces pays, les 35h n’auraient-elles pas été la solution optimale, au moins pour notre pays ?

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Mots clés : chômage – emploi – habitant – volume de travail – heures – travaillées -ouvrées – classement – comparaison -OCDE – Union européenne – 35 heures  préjugé – idée reçue.

Préjugés sur les raisons du chômage

   Si les facteurs tels que générosité des minima sociaux et/ou des indemnités chômage, rigidité des contrats de travail, recherche d’emploi insuffisante de la part des chômeurs, … avaient une influence majeure sur les taux de chômage, comment s’expliqueraient les disparités importantes de ces taux à l’intérieur d’un même pays. En effet, ces dispositifs sont uniformes sur l’ensemble des territoires nationaux.

   Démonstration en trois cartes concernant la France, l’Allemagne et la Belgique !

Si des minima sociaux et/ou des indemnités chômage trop généreux, des contrats de travail trop rigides, des chômeurs trop fainéants, impactent le chômage alors . . .

   Dans quatre articles sur le chômage, je tente de démontrer – chiffres et comparaisons internationales à l’appui – que l’on ne saurait expliquer le chômage de masse français par la « fainéantise » de nos chômeurs et/ou par la difficulté à licencier.

   En effet, ces dernières années nous avons entendu diverses déclarations de ministres, tant du gouvernement Sarkozy-FIllon que celui de Hollande-Valls qui laissent sous entendre que le chômage de masse est  dû :

 . . . comment expliquer des disparités de taux de chômage aussi importantes à l’intérieur d’un même pays ?

  Les trois cartes ci-dessous suffisent à justifier la question suivante : si les prestations sociales, les  assurances chômage et la protection de salariés, uniformes sur ces territoires nationaux, sont les causes principales du chômage, alors comment expliquer qu’elles ne produisent pas les mêmes effets selon les régions de ces pays .

  Ci-dessous les cartes du taux de chômage en France, en Allemagne et en Belgique mettent en évidence ces importantes disparités :

  • France : de 6,5 à plus de 11% selon les départements
  • Allemagne (2012) : de 3,6 à 10,9% selon les régions ;
  • Belgique (2013) : de 4 à 20% selon les communes ;

Carte_chomage_en_France_2013.jpg

Carte_chomage_en_Allemagne_2012.jpg

 

Carte_Chomage_Belgique_2010.jpg

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Mots clés : chômage – emploi – habitant – actif – volume de travail – heures travaillées – ouvrées – classement – comparaison internationale – OCDE – Union europeenne – 35 heures – préjugé – idée reçue – minima sociaux – indemnisation – SMIC – RSA.

Préjugé sur le lien entre chômage et « faux-chômeurs »

    M. Rebsamen, ministre du travail du gouvernement Hollande-Valls, a déclaré en septembre 2014 :

« 350.000 offres d’emploi ne trouvent pas preneur dans un pays qui compte 3,4 millions de chômeurs. C’est insupportable ! »

    Insupportable ? Vraiment ? Spécificité française ? Bien au contraire !

L’Allemagne a un taux d’emplois vacants près de CINQ fois supérieur à celui de la France !!!!!

   Ci-dessous les taux d’emplois vacants de 30 pays européens en 2014 (UE28, Suisse, Norvège, source : Eurostat, pour 2015 ICI).

    Cerclé de vert, ce bon élève – l’Allemagne – que l’on devrait imiter.
    Cerclé de rouge, la vilaine France !

Taux_d_emplois_vacants_2014_Eurostat.jpg

En terme de taux d’emplois vacants, la France est donc très bien placée, n’en déplaise à M. Rebsamen.
Si tant est que ce soit réalisable, supprimer ces 0,6% d’emplois vacants réduirait le taux de chômage de 0,6% mais le coup n’est pas rejouable. On passerait donc de 10,8 à 10,2%. Géniaaallllll !!!
Rappelons que Pôle Emploi peut radier les chômeurs pour une dizaine de motifs différents dont le refus de deux « offres raisonnables d’emploi » consécutives.

Pour en savoir plus sur la mesure et les raisons de ces emplois vacants : Offres d’emploi non pourvues : la machine à fantasme.

Y a-t-il une corrélation entre taux de chômage et taux d’emplois vacants?

Voyons voir : le graphe ci-dessous met en relation le taux d’emplois vacants (abscisses) et le taux de chômage (ordonnée).

Chomage_correlation_Taux_vs_taux_emplois_vacants_UE_2012.jpg

Comme on pouvait s’y attendre: plus le taux de chômage est élevé, plus le taux d’emplois vacants est faible.

En effet, un taux de chômage faible signifie un taux important d’offres d’emplois et donc un taux d’emplois vacants également important : il y a toujours un délai entre la parution d’une offre d’emploi et son pourvoi.

Encore une rengaine néolibérale visant à stigmatiser les chômeurs servie cette fois, et c’est un comble, par un gouvernement «  » » » » de gauche «  » » » » !

Épilogue !

Et moi qui croyais que la stigmatisation des faibles et des minorités était l’apanage des gouvernements de droite, décomplexée ou non !

  On se souvient par exemple de cette déclaration de L. Wauquiez, ministre du gouvernement Sarkozy-Fillon :  « Un couple qui est au RSA, en cumulant les différents systèmes de minima sociaux, peut  gagner plus qu’un couple dans lequel il y a une personne qui travaille  au SMIC » (8 mai 2011). Une contrevérité démentie ICI .

Sur d’autres idées reçues sur les raisons du chômage :

accessibles à partir de l’article général : Préjugés sur les raisons du chômage

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* Fichier source Eurostat : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/statistics_explained/index.php/File:Job_Vacancy_Rate_by_country_2014Q1.PNG

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Mots clés : chômage – emploi – habitant – actif – volume de travail – heures travaillées – ouvrées – classement – comparaison internationale – OCDE – Union europeenne – 35 heures – préjugé – idée reçue – minima sociaux – indemnisation – SMIC – RSA.

Préjugé sur le lien entre chômage et rigidité du contrat de travail

    Manuel 1er a dit : « Le fonctionnement du marché du travail n’est pas satisfaisant, car il ne crée pas assez d’emplois, il génère des inégalités importantes entre d’une part des salariés très protégés en CDI et d’autre part des salariés très précaires en CDD et en intérim. C’est là-dessus qu’il faut agir » (Manuel Valls, l’Obs, 22 octobre 2014).

    Et pourtant, selon l’OCDE difficilement soupçonnable d’être noyautée par les syndicats, en terme de protection des salariés en CDI, la France, quoiqu’un peu plus protectrice que trois des quatre pays scandinaves, est moins protectrice que  la Suède, l’Allemagne, les Pays-Bas qui connaissent pourtant des taux de chômage plus faibles.

La preuve par l’image :
Protection_emploi_pays_OCDE_2012.png
En outre, l’on ne décèle aucune corrélation significative entre l’indice de protection de l’emploi et le taux de chômage comme l’atteste le graphique ci-dessous :Taux_de_chomage_vs_protection_emploi_34_pays_OCDE--copie-1.pngSource des données OCDE : http://stats.oecd.org/Index.aspx?lang=fr , onglets Marché du travail puis Protection d’emploi (ou direct ICI).

Cette protection « excessive » des CDI ne saurait donc être une explication satisfaisante au taux de chômage français.
Mais bon, si Jean Tirole, notre prix d’économie de la banque de Suède en l’honneur d’Alfred Nobel*, dit le contraire !!!

En outre, les CDD français comptent parmi les plus protecteurs des pays de l’OCDE. Les inégalités entre CDI et CDD n’est donc, une fois de plus qu’un fantasme destiné à un nivellement vers le bas.

En savoir plus sur la question du chômage, des CDD et des CDI : Marché du travail : Manuel Valls devrait se renseigner davantage !(G. Duval, Alternatives Économiques, oct 2014).

Sur d’autres idées reçues au sujet des raisons du chômage :

accessibles à partir de l’article général : Préjugés sur les raisons du chômage

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* Le (vrai) prix Nobel d’économie n’existe pas ! Je répète : le prix Nobel d’économie n’existe pas.

Bonus à l’attention des fainéants de fonctionnaires, enseignants ou pas, et des chômeurs : pour vous distraire, un site qui recense 140 AlterDocus : La preuve par l’image

En un clic, vous accéderez librement à chacun de ces alterdocus : Le Traité de libre échange TAFTA, La fabrication du consentement (Noam Chomsky), La stratégie du choc (Naomi Klein), Le Monde selon Monsanto (Marie-Monique Robin), La société du spectacle (Guy Debord), TV-Lobotomie (Pascal Desmurget), Les nouveaux chiens de garde (G. Ballastre), Inside Job, La maffia de l’eau (conférence), …

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Mots clés : chômage – emploi – habitant – actif – volume de travail – heures travaillées – ouvrées – classement – comparaison internationale – OCDE – Union européenne – 35 heures – préjugé – idée reçue – minima sociaux – indemnisation – SMIC – RSA.

Préjugé sur le lien entre chômage et générosité des allocations chômage

   Manuel 1er a taclé récemment le choix hexagonal en matière de chômage :

Berlin, fin septembre 2014: « La France a une préférence pour le chômage de masse bien indemnisé, c’est un fait. »

Londres, 6 octobre 2014 : « Nous, en France, avons fait le choix d’un chômage très important et très bien indemnisé. »

    Sous-entendu : à trop indemniser les chômeurs, l’on favorise le chômage. Rengaine néolibérale classique.

    Voyons si, globalement, le niveau de dépenses consacrées aux chômeurs est corrélé au taux de chômage. Grâce aux données d’Eurostat, c’est assez facile : comme l’indique le graphique ci-dessous, la corrélation est très faible (R2 = 0,11). Et si elle était significative elle serait même plutôt négative : plus les dépenses par chômeur sont importantes et plus le taux de chômage est faible.

    Comme on peut le voir, l’Allemagne est environ 12% plus généreuse que la France (0,19 vs 0,17 points de PIB/point de chômage) et pourtant son taux de chômage est deux fois moindre (en 2013) !

Chomage_correlation_Taux_vs_Depense_indemnisation_chomage_U.jpg

   Voir également barre-graphe ci-dessous.

   Autrement dit, difficile de mettre sur le dos de la générosité globale de l’assurance chômage, le chômage de masse français. Et surtout n’oublions pas que :

  • 52,2 % des chômeurs ne touchent rien ;
  • 23 % touchent moins de 1.000 € brut ;
  • 2,5 % touchent entre 2.000 € et le plafond ;
  • et seuls 0,02 % touchent le plafond (7,084 € brut mensuel).

Pour en savoir plus sur la générosité de l’assurance chômage relativement à nos voisins car, les modalités de mise en oeuvre de l’assurance chômage étant très disparate, c’est un peu plus complexe que cela, lire :

Depense_indemnisation_chomage_17_pays_Europe_2012.jpg

Actualité (décembre 2015) :  » Un rapport de l’Institut de l’entreprise, un think tank financé par les grandes entreprises vient tailler en pièces l’idée en vogue selon laquelle les règles d’indemnisation du chômage en France seraient trop généreuses. Pour son auteur, Bruno Coquet, grand spécialiste du sujet, les déficits et la dette de l’Unedic ont été créés par un jeu de défausse de l’État, qui doit maintenant prendre ses responsabilités. « .

C’est ce que l’on peut lire dans l’article du Point « Déficit public : l’assurance chômage n’est pas coupable«  . Le rapport de l’Institut de l’Entreprise incriminé est lisible sur le site de cette dernière ICI .

Sur d’autres idées reçues sur les raisons du chômage :

accessibles à partir de l’article général : Préjugés sur les raisons du chômage

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Mots clés : chômage – emploi – habitant – actif – volume de travail – heures travaillées – ouvrées – classement – comparaison internationale – OCDE – Union europeenne – 35 heures – préjugé – idée reçue – minima sociaux – indemnisation – SMIC – RSA.

Trop de fonctionnaires en France ! Vraiment ?

La France souffrirait de son obésité administrative, laquelle serait une des causes de l’ampleur de ses dépenses publiques. Voyons voir !

Certes, si l’on peut réduire la bureaucratie, faisons-le. Mais ne prêtons pas à cette réduction des vertus exceptionnelles, n’en faisons pas une solution miracle à tous nos problèmes !

    Qui dit bureaucratie, pense – à tort  – fonctionnaires.

    Tout d’abord, il ne faut pas confondre « fonctionnaires » et « emplois publics » :

  • Les fonctionnaires sont des agents d’une des 3 fonctions publiques (d’état,  territoriale ou hospitalière). Si ils ont la chance d’être titulaires de leur  poste, ils ont alors le statut de fonctionnaire, et le privilège de la sécurité de l’emploi. En effet, comme le privé, la fonction publique est grande pourvoyeuse de CDD et emplois précaires (près de 20%) ;
  • Les seconds sont les emplois « financés » sur ressources publiques, quels que soient leurs statuts juridiques. Ainsi les employés de la sécurité sociale, constituée d’organismes pour la plupart privés, disposent de contrat de travail de droit privé. Ils ne sont donc pas fonctionnaires. Il en est de même pour les enseignants d’établissements scolaires privés sous contrat avec l’état (2 millions d’élèves répartis dans 8.800 établissements, essentiellement catholiques).

Cette précision faite,  comparons le taux d’emplois publics et leurs coûts dans divers pays de l’OCDE.

Emplois publics, comparaison internationale

    En 2008, l’Allemagne avec 55 emplois publics pour 1.000 habitants, se situe avec le Japon, dans le bas de la fourchette des pays de l’OCDE, avec 6 points de PIB sous la moyenne.

     En 2008, la France, avec un point au dessus de la moyenne des pays de l’OCDE et 88 emplois publics pour 1.000 habitants, se situe dans le haut du tableau. Au même niveau que le Royaume-Uni. Loin derrière les quatre pays scandinaves dont les trois premiers sont entre 140 et 160, le 4e à 115.

Taux d administration pays OCDE-1993-2008 CAS-2010-copie-1Source du graphique : Tableau de bord de l’emploi public, Comparaisons internationales, tableau 1, p. 8, déc. 2010.

    L’écart entre ces deux pays “extrêmes” représente 7 points de PIB, soit 2.100 € par français et par an. Certains jugeront que c’est trop, certains que c’est acceptable. Tout dépend de la manière dont chacun estime le service rendu par ces employés.

Part remuneration publique dans PIB-pays OCDE-2008 CAS-2010

Source du graphique : Tableau de bord de l’emploi public, Comparaisons internationales, tableau 3, p. 8, déc. 2010.

    Pour mémo : en 2010, le revenu moyen avant impôt des Français était  de 33.000€ par adulte et par an (2.800€ par mois).

    Et bien sûr, tous ces emplois sont loin d’être des emplois « bureaucratiques » :  les enseignants, des bureaucrates ? Les personnels soignants des hôpitaux publics, des bureaucrates ? Et les conseillers de pôle emploi ? Et les chercheurs du CNRS ? …

    Quoi qu’il en soit  » En France, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, les dépenses de rémunération du personnel représentent entre 10 % et 12 % du PIB « , précise le Conseil d’Analyse Stratégique.

    Bonus : La vérité sur les fonctionnaires et les enseignants en 5 points et 10 lignes !

Actualisation (juin 2014) : le graphique ci-dessous illustre l’évolution de l’emploi dans les trois fonctions publiques,  d’État (FPE), territoriale (FPT) et hospitalière (FPH), entre 2002 et 2012. Les trois confondus, les effectifs ont cru de 7%. L’emploi total a cru de 3%, croissance liée essentiellement à la croissance démographique.

Evolution effectifs fonction publique 2002-2012Source (url du document) : http://www.fonction-publique.gouv.fr/files/files/statistiques/chiffres_cles/pdf/chiffres_cles_2014.pdf

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Note : En 2008, 5,2 millions d’emplois publics dont 2 millions de fonctionnaires d’État  et 1,4 millions de fonctionnaires territoriaux (conseil régionaux, généraux, municipalités, …). Le reste, soit 1,8 million, se ventile sur les Établissements publics administratifs (EPA) non marchands ou de droit particulier : hôpitaux publics, ANPE, CNRS, Caisses nationales de Sécu, … 4,4 millions, dont seuls 80% sont titulaires et disposent donc de la sécurité de l’emploi.

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Sources :
Les dépenses publiques en Allemagne : d’où proviennent les écarts avec la France ? (VI et fin). Éléments de synthèse, Arnaud le Chevalier, Alternatives Economiques, 2011.

* Tableau de bord de l’emploi public : situation de la France et comparaisons internationales, Synthèse, CAS, 2010.

Brève de comptoirs : les pauvres et les écrans plats !

« Les pauvres dépensent l’allocation rentrée scolaire en téléphones portables, écrans plats »,
A. Nonyme à la cafét de mon entreprise, 2014.

Non, les pauvres ne dépensent pas plus que les riches en « futilités » !
Non, les pauvres n’achètent pas des écrans plats avec l’allocation de rentrée scolaire !
Non, les pauvres ne consacrent pas une part moindre de leurs revenus à leurs enfants que les riches !
   L’autre jour, je discutais avec un collègue CSP+ [1]. Celui-ci semblait convaincu que les CSP-  dépensaient plus en communication et écrans divers (TV, jeux vidéos, …) qu’en culture et loisirs pour leurs enfants. Le fameux mythe de l’achat d’écrans plats avec l’allocation de rentrée scolaire.
   Voyons voir. Comparons, à l’aide des données de l’INSEE, la structure des dépenses des ménages en fonction de leurs revenus. Les ménages sont classés selon dix déciles : des 10% aux revenus annuels par unité de consommation les plus bas, noté D1, aux derniers 10% les plus hauts,  noté D10. Les premiers perçoivent, en moyenne 7.857 €, les derniers 22.315 € (2001) [2].

Premier tableau : il représente les dépenses absolues des ménages selon onze postes budgétaires (logement, transport, alimentation, ameublement, loisirs & culture, restaurants & hôtels, habillement, santé, alcool & tabac, communication, autres).

Depenses_annuelles_selon_type_par_decile_2001.jpg

   On constate que, pour TOUS les postes de consommation, les dépenses sont d’autant plus importantes que les revenus le sont. On remarquera particulièrement que les dépenses de transports progressent bien plus vite que les revenus. Cela ne semble pas démontrer que les « pauvres » auraient des voitures trop puissantes relativement à leurs moyens. A moins que ce ne soit parce que plus on est riche plus on travaille loin !

   Voyons maintenant les parts prises par chaque poste budgétaire. Chacun jugera quels postes correspondent le mieux aux « futilités » et lesquels correspondent le mieux aux « nécessités ».

Deuxième tableau : part relative de chacun des 11 postes budgétaires des ménages en fonction des revenus.

Part_depenses_annuelles_selon_type_par_decile_2001.jpg

   Premier constat :
  • Logement (loyers, charges, travaux courants d’entretien, eau, gaz, électricité et autres combustibles), le premier décile y consacre une part de 10 points de pourcentage de plus (28%) que les trois derniers (18%). Autrement dit, les pauvres consacrent à leur logement une part 55% relativement plus importante que celle les riches (28% / 18%) ;
  • Alimentation : le premier décile y consacre 7 points de % de plus (20%) que les riches (13%). Autrement dit les pauvres consacrent à leur alimentation une part  54% relativement plus importante que celle des riches  (20% / 13%).

   Le logement et l’alimentation constituent-ils des dépenses futiles ? Les pauvres occuperaient-ils des logements « au-dessus de leurs moyens » ? Ou les pauvres seraient-ils contraints de louer (cher) leur logement ? Les pauvres achèteraient-ils des denrées « au-dessus de leurs moyens » ?

  Deuxième constat : avec 27 € mensuels, les plus pauvres consacrent 1,3% de plus à leurs dépenses de communication que les plus riches qui y consacrent 53 €, soit le double. Est-ce cela qui fait dire à mon collègue que les pauvres dépensent leur argent en futilités au détriment de leurs enfants ?

  Ci-dessous détail du poste Communication :

Revenus D1 D2 D3 D4 D5 D6 D7 D8 D9 D10
Part
Dépense absolue
4,10% 3,68% 3,42% 3,12% 3,19% 3,03% 2,94% 2,98% 2,98% 2,83%
322 € 322 € 358 € 353 € 391 € 398 € 432 € 463 € 535 € 632 €
 
  Où se cachent donc ces fameuses dépenses en « écrans plats » et autres « futilités » ? Les chiffres 2013 viendraient-ils démentir ceci ? Permettez-moi d’en douter : si les écrans plats n’existaient pas encore en 2001, il ne manquait pas d’autres « futilités » sur le marché.
Et maintenant, étude de cas :

1) Soit une famille de pauvres qui achète un écran plat « trop grand » tous les cinq ans. Quelle part cela représente-t-il dans le budget selon ses revenus ?
2) Considérant que les français passent en moyenne 3h30 quotidiennement devant la télévision, comparez l’heure de distraction télévisuelle à l’heure de distraction culturelle (cinéma, exposition, concert, . . . ) ;
3) Même exercice avec les téléphones portables et autres « futilités » !

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[1] CSP = Catégorie Socio-Professionnelle. Selon les classements de l’INSEE, ce Professeur d’Université fait assurément partie, tant du point de vue de sa qualification professionnelle que de sa position sociale, de la Classe Supérieure de cette nomenclature.

[2] Comme pour les revenus, les consommations des ménages sont normées, dans un but de comparaison, en fonction de la taille et de la composition du foyer, avec des échelles d’équivalences spécifiques à chaque grand poste budgétaire (cf. encadré 1, p. 231 du doc Les structures de consommation des ménages à bas revenus).

La croissance verte est-elle soutenable ?

On nous dit souvent, continuons à nous développer car cela nous permettra d’être économiquement plus riche et technologiquement plus performant, et donc cela nous permettra de résoudre les problèmes écologiques. Parfois, ceux qui disent cela, pour faire sérieux, évoquent la courbe environnementale de Kuznets, dont la validité est, hélas, contestée.

Tentons de poser le problème en deux graphiques montrant les faits, dont ont sait qu’ils sont têtus !

La corrélation Empreinte écologique / PIB par habitant d’un pays est manifeste

correlation_empreinte_ecologique_pib.png

Attention : les échelles sont logarithmiques afin de permettre de visualiser sur un même graphique la plupart des grands pays dont les PIB et les empreintes écologiques par habitant varient d’un facteur 1 à 10 !

  L’Empreinte écologique d’un habitant d’un pays est donc fortement corrélée au PIB/habitant de ce pays (2003). Diffilement contestable !

   Mais ce qui est globalement vrai aujourd’hui peut-il être faux demain et/ou pour certains pays ? Autrement dit peut-on découpler, la croissance du PIB de la croissance de l’empreinte écologique, en particulier pour les pays dont cette dernière est IN-SOU-TE-NABLE ? Ces pays sont tout ceux dont l’empreinte est supérieure à 2 ha environ.

  L ‘ Allemagne, « l’exception » ?

   Prenons le cas de l’Allemagne, un des rares pays qui a vu son empreinte écologique par habitant se réduire depuis 1980 alors que son PIB par habitant croissait. Sur le graphique ci-dessous, sont représentés le PIB (courbe bleue) et l’empreinte écologique (courbe pourpre) d’un Allemand entre 1960 et 2005. L’Allemagne a manifestement réussi à découpler l’empreinte écologique du PIB de ses habitants. Mais est-ce suffisant ?

   Pour statuer, nous avons prolongé la tendance de l’évolution de leur empreinte écologique (droite rouge) jusqu’à ce que qu’elle croise la valeur soutenable (droite verte). Soutenable signifie l’empreinte écologique à laquelle chaque être humain peut prétendre si l’on admet qu’elle doit être égale pour tous, Allemands, Français, Chinois, Brésiliens, …

Projection_evolution_empreinte_ecologique_allemands_WWF-200.png

  Source : Supplément France du Rapport Planète Vivante 2008, WWF.

  Que constatons-nous ?

   L’empreinte écologique d’un allemand devient soutenable à partir de . . . 2067 (environ 1 ha pour chacun des 10 probables milliards d’humains).

  Que pouvons-nous en conclure ?

   Au vu de ces tendances, la DETTE ECOLOGIQUE qui continuera à s’accumuler jusqu’à cette date sera-t-elle remboursable ? Et si la charge de cette DETTE, sur laquelle il ne sera pas possible de faire défaut, augmente ?.

   La charge de cette DETTE, c’est à dire le coût croissant qu’il faudra consentir à payer pour la rembourser, ne conduira-t-il pas à un moment donné à rendre inéluctable le « défaut de paiement », c’est à dire l’effondrement de nos sociétés, incapables de restaurer l’environnement sur lequel s’appuie pourtant leur fameuse croissance ?

   L’avènement du pic de production du pétrole ainsi que celui de bien d’autres ressources ne constituent-ils pas déjà des obstacles à la restauration de notre environnement duquel on prélève des quantités sans cesse croissantes de matières premières nécessaires à notre « PIB » ?

   Vers la fin de cette video Sans lendemain l’on peut voir les courbes de consommation de nombreuses ressources naturelles NON RENOUVELABLES. C’est vers la 24e minute !

   Question sans réponse : pour que l’empreinte écologique décroisse à un rythme suffisamment vite pour que la dette soit remboursable, ne faut-il pas que le PIB croisse moins vite, voire DECROISSE ?

   Mais est-ce la bonne question  ? N’est-elle pas plutôt : étant donné que la décroissance la plus rapide possible de notre empreinte écologique est un impératif, un objectif vital, la question de l’évolution du PIB qui s’ensuivra n’est-elle pas dénuée d’intérêt, ou tout au moins secondaire ?

   Mais si la question du découplage de la croissance et de l’empreinte écologique vous travaille, alors je vous invite à lire cet article de Jean Gadrey : Alain Lipietz et le « découplage » entre croissance du PIB et réduction de l’empreinte écologique.

Le cas de la France et nos voisins Belges et Espagnols

Evolution EE & PIB par habitant France-Belgique-Espagne-All

Ces courbes sont issues du rapport précédemment cité :
Supplément France du Rapport Planète Vivante 2008, WWF.

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La partie illégitime de la dette publique

France : qui paye la dette et à qui profite le crime ?
Environ 70 % des créances sur les dettes publiques sont possédées par les 10 % les plus riches de la population qui perçoivent donc 70 % des intérêts.

   Le budget 2011 de la France c’est en gros 200 Md€ de recettes, 290 Md€ de dépenses dont près de 60 Md€ d’intérêts de la dette publique (Merci Giscard et ta loi dite Rothschild de 1973 !).

   Si vous n’aimez pas lire, je vous propose cette récente video (Marianne, mai 2014). Revenez éventuellement lire la suite de l’article après.

  L’impôt étant assez peu redistributif, on comprend donc que le système de la dette publique enrichit les plus riches au détriment des plus pauvres, lesquels payent des impôts – TVA à 20% en particulier – sans avoir de patrimoine financier rémunéré.

  Ce premier graphique, illustre le fait que ce sont les 90% les plus pauvres (barres rouges) qui globalement remboursent la dette au 10% les plus riches (les trois barres vertes) :

charge-nette-dette-par-decile-france-2010-O-Berruyer-perte.jpg
   Selon que l’on est dans une des trois parties de ce dernier décile (90-95%, 95-99% ou 99-100%), bien évidemment l’on y gagne plus ou moins.

   Dans ce deuxième graphique, est estimé le pourcentage des revenus consacrés par chacun au remboursement de la dette.

charge-nette-dette-en---revenus-par-decile-france-2010-O-B.jpg  Comme indiqué, les 90% les plus pauvres perdent 2,5% de leur revenus (de -3,9% à -1,5%) pour améliorer de 3,5% les revenus des 5% les plus riches !

   En résumé : baisse des impôts des plus riches depuis 30 ans => plus d’épargne pour les plus riches => plus de revenus financiers pour ces derniers qui s’enrichissent => encore plus d’épargne pour ces encore plus riches => encore plus de revenus financiers …. Voir en fin d’article le graphique représentant le taux d’épargne médian en fonction des revenus : -20% (= dette) pour les 20% les moins riches à +40% pour les 20% les plus riches !

   Durant ce temps là les pauvres sont toujours plus pauvres, et comme crise et inégalités sont indubitablement liées cela risque donc de durer, un moment je vous le dis ! Au moins tant que, a minima, la loi Rothschild ne sera pas abrogée, c’est à dire les Traités de Maastricht et de Lisbonne qui la consacre.

   Cela ne saurait évidemment être suffisant : il faut mettre en oeuvre d’autres solutions. Et chaque jour qui passe, c’est notre argent qui disparaît au profit de qui vous savez maintenant.

Pour en savoir plus lire l’article d’Olivier Berruyer : Perte du Triple A : origine et conséquences

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Taux d’épargne médian par quintile de revenu disponible

Taux_epargne_median_selon_quintile_2010Source du graphique : Les hauts revenus épargnent‐ils
davantage ?, p.55, ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 472-473, 2014, Insee.
Note : Le revenu disponible comprend les revenus d’activité et de remplacement, les prestations sociales et les revenus du patrimoine. Il est net des impôts directs (impôt sur le revenu, CSG, CRDS et taxe d’habitation).

En 2003, les 20 % de ménages les plus aisés (soit 5 millions de foyers) disposaient de 40 % du revenu disponible (993,4 milliards d’euros), quand les 20 % les moins aisés n’en recevaient que 8 %. Autrement dit le niveau de vie des 20 % des ménages les plus aisés est en moyenne 5 fois plus élevé que celui des 20% les plus modestes.

Y a-t-il un rapport entre la crise et les inégalités ?

Je vous invite à lire, en fonction de votre sensibilité et selon le crédit que vous accordez à ces auteurs :

   Et comme un dessin vaut mieux qu’un long discours, voici ce graphique reliant l’indicateur d’inégalités GINI et le taux dette publique/PIB (réalisé par J. Gadrey selon Eurostat et commenté dans son article Les pays les plus endettés sont les plus inégalitaires).

Correlation GINI Dettes publiques 2010

Cliquez ICI pour zoomer l’image

Préjugés sur l’immigration

Les plus petits esprits ont les plus gros préjugés. »,
Victor Hugo, Océan, Tas de pierres, 1842.

Neuvième d’une série d’articles démontant les préjugés sur la pauvreté, l’assistanat, l’immigration, les Roms, les dépenses publiques, . . .

9) Sur l’immigration

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9-1) « L’immigration augmente d’année en année en France »

VRAI et FAUX ! Depuis 1975, le taux d’immigrés est quasi constant : 8,4 % en 2008  contre 7,4 % en 1975  (source: Évolution de la part des populations étrangères et immigrées en 2008,  INSEE).

Le solde migratoire (entrées – sorties) annuel est, en taux, le plus faible de l’U.E. (cf. 9.3). Il a varié selon une tendance baissière de 1,7 en 2004 à 0,7 en 2011 (source : 2e et 6e colonnes de ce tableau, INED 2011).

Si l’on ne tient compte que des entrées, la France compte parmi les pays dont le nombre d’entrées d’étrangers relativement à la population totale est le plus bas comme l’atteste le graphique ci-dessous.

Entrees_etrangers_-_pop_20_pays_en-2011_OCDE.jpg

9-2) « Si on renvoyait les étrangers1 dans leur pays, il y aurait moins de chômage en France »
ou
« Les étrangers prennent des emplois aux Français »
ou
« Les étrangers creusent le trou de la Sécurité sociale »

FAUX ! Globalement, la présence des populations de nationalité étrangère en France crée de la richesse et donc de l’emploi, grâce à l’apport de consommation, d’impôts et de cotisations (voir 9-6.). Les étrangers sont aussi consommateurs, ils créent une demande supplémentaire et des emplois. Les études montrent que les migrants arrivants créent leurs propres emplois.

« En imaginant une augmentation de 10 % du flux d’immigration au Royaume-Uni en 2007, le taux de chômage n’augmenterait alors que de 0,01 point au bout de 13 ans. » (source : Immigrés: une boîte à outils pour répondre à Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, Caroline Fourteau, mai 2011).

9-3) « La France est un des pays d’Europe qui accueille le plus d’immigrés »

FAUX ! En 2001, « avec un taux d’accroissement naturel de 4 pour 1000 et un taux d’accroissement migratoire de 1 pour 1000, la France est le pays d’Europe dont la croissance démographique annuelle dépend le moins de l’immigration ». 1 pour 1000 siginifie 0,1% de la population française ! Grosse catastrophe !!!

    Le solde migratoire (entrées – sorties) ne représente que 20 % de l’accroissement naturel de la population française. Il est en outre le PLUS FAIBLE de l’U.E..
En Allemagne, la totalité de l’accroissement de la population est due au solde migratoire, le solde naturel étant négatif !

   Source : « Cinq idées reçues sur l’immigration », tableau 2, p. 2, INED, 2004.

   Comme l’illustre le graphique ci-dessous, les autres pays d’Europe se trouvent entre ces deux extrêmes :

Bilan démographique Europe en 2001 en taux soldes naturel

   En 2009 et 2010, la situation n’avait pas changé pour la France.

   Comme indiqué dans le graphique ci-dessous (colonne de droite), en 2010, la part des personnes immigrées sur la population totale s’élevait à : Autriche : 16 %, Suède : 14 %, Espagne : 14 %, États-Unis : 13 %, Allemagne : 13 %, France : 11 %2, Pays-Bas : 10 %, Royaume-Uni : 10 %, Belgique : 9 %, Italie : 7 % (source : Le nombre et la part des immigrés dans la population : comparaisons internationales, Gilles Pison, INED, 2010).

Taux-immigres-Monde---2000---2010---INED-2010.jpg

9-4) « Les familles immigrées font beaucoup plus d’enfants que les familles françaises natives »

Pas tant que cela ! « Dans la période 1991-1998, le nombre moyen d’enfants par femme était de 1,65 pour les seules françaises natives. Les femmes immigrées avaient en moyenne 2,2 enfants »  

Source : « Cinq idées reçues sur l’immigration », Population et sociétés, INED, 2004).

Voir également :  » Monde : existe-t-il un lien entre religion et nombre d ‘enfants par femme ? « 

9-5) « La France accueille toute la misère du monde », sous-entendu : « Ce sont les populations les plus pauvres qui immigrent en France »

FAUX ! « Dans l’ensemble, les migrants représentent par rapport aux non-migrants de la société d’origine une population sélectionnée : en meilleure santé, plus instruite, plus entreprenante, dotée d’un minimum de ressources »  (source : « Cinq idées reçues sur l’immigration », p. 4, Population et sociétés, N° 397, INED, 2004).

La part des immigrés diplômés de l’enseignement supérieur est passée de 12 à 25 % entre 1990 et 2007. La moyenne nationale est de 29 % (sources : « L’activité des immigrés en 2007 », INSEE et Immigrés: une boîte à outils pour répondre à Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, Caroline Fourteau, mai 2011).

9-6) « L’immigration coûte 48 milliards d’Euros à la France en prestations sociales »

VRAI ! Mais elle rapporte 60 milliards d’€ en impôts et cotisations sociales chaque année.

Sources : ministère de la Santé et des Affaires Sociales et étude de l’université de Lille-II de juillet 2010, et « Immigrés: une boîte à outils pour répondre à Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy« , Caroline Fourteau, mai 2011.

La population immigrée est en moyenne plus jeune et en bonne santé que les autres habitants de la France. Or dans les prestations sociales la maladie pèse 47 % et la retraite 31 % (les autres dépenses étant les allocations chômage, le RSA, les allocations logement et les allocations familiales). La population immigrée est donc une chance pour aider au paiement des retraites.

En moyenne, la contribution nette de chaque immigré (différence entre ce qu’il verse et ce qu’il reçoit en impôts et cotisations sociales) est de l’ordre de 1500 € par an.

Source : « Migrations et protection sociale : étude sur les liens et les impacts de court et long terme » , rapport pour la DREES-MIRe, auprès des Ministères du travail, du budget et de la Santé.

   « En l’absence de l’immigration, le besoin de financement de la protection sociale en France augmenterait de 2 points de Produit Intérieur Brut (PIB). » (source : Immigration : combien ça coûte, Xavier Chojnicki, Lille 2, laboratoires EQUIPPE et CEPII). 

Bien sûr, l’apport de l’immigration à notre pays ne saurait se limiter à cet aspect comptable : il est aussi et surtout humain, culturel, scientifique, artistique, etc.

9-7) « Les étrangers peuvent profiter facilement des minima sociaux »

FAUX ! Il faut être en possession d’un titre de séjour et d’une carte de travail depuis au moins cinq ans pour bénéficier du RSA si on est natif d’un pays extérieur à l’Union européenne.

9-8) « Les étrangers augmentent la délinquance »

FAUX ! 12,7 % du nombre de condamnés sont étrangers (source : ministère de la Justice), alors qu’ils représentent environ 8 % de la population française (cf. 9-3.). Quel écart trouverions-nous en fonction de critères sociaux et non nationaux ?

9-9) « Les immigrés provoquent la baisse des salaires des natifs »

FAUX ! A en croire cette étude de la banque de France, c’est le contraire. Extrait du résumé : «  Pour comprendre cette asymétrie et l’impact positif de l’immigration sur les salaires, nous explorons le lien entre immigration et distribution des natifs entre emplois « .

9-10) « Il y a 10 à 15 millions de musulmans en France »

FAUX !  En 2010, 2,1 millions des adultes de 18 à 50 ans (7,8% de cette tranche d’âges) se déclarait de confession musulmane (source :  » Trajectoires  et Origines Enquête sur la diversité des populations en France« , p124, INED, octobre 2010).  Si l’on extrapole ce taux à toute la population – donc également les enfants de 0 à 18 ans ! – cela fait 5,1 millions d’individus.

Pour les sceptiques envers les statistiques officielles, selon l’IFOP le taux serait de 5,8% de la population des plus de 18 ans soit 3,5 millions (source :  » ANALYSE : 1989-2009, Enquête sur l’implantation et l’évolution de l’Islam de France », p.4, IFOP, aout  2009).

On retrouve ces chiffres dans l’article wikipedia L’islam en France.

  Pour aller lus loin sur la question de l’immigration  :

Trois petits films d’animation de deux minutes !

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1. Dans la définition de l’ONU, un immigré est une personne née en dehors du territoire concerné. Cela inclut donc les Français nés à l’étranger. En réalité, dans le sens commun adopté par l’INSEE, un immigré est une personne née étrangère à l’étranger.

2. En incluant les Français nés à l’étranger, comme l’ONU le préconise dans ses calculs. La part des immigrés de nationalité étrangère s’élève à 8 % (chiffre présenté par l’INSEE).

Parlement européen : quelques bons textes adoptés, quelques mauvais textes rejetés à quelques voix près !

Un parlement européen où la droite est majoritaire et le PS très représenté peut-il voter des lois progressistes ? Retoquer des lois scélérates ?

L’apport de voix de vraie gauche peut-il changer le résultat ?

Pour l’ensemble des projets de directives et règlements soumis au Parlement Européen depuis le début de la mandature 2009-2014 au 1er janvier 2014, les groupes GUE-NGL et Green-EFA, auxquels appartiennent respectivement le Front de Gauche et EELV, ont contribué à l’adoption de 51% et 67% des projets de lois respectivement (source : Votewatch).   Dans le domaine de la protection de l’environnement et de la santé, ces scores étaient respectivement de 64 et 67% des projets de lois.Cette page permet d’obtenir les scores pour tous les autres domaines.Quelques cas concrets où cela s’est joué de peu, peut-être à quelques % d’abstentionnistes de gauche et/ou écolos :

  • Le 5 juillet 2011, grâce aux votes des groupes auxquels appartiennent le Front de Gauche, EELV et le PS, un rapport a été rejeté par une courte majorité de 52% des voix. Le groupe auquel appartient l’UMP a voté favorablement (source : Votewatch). Ce rapport portait sur l’analyse des options envisageables pour aller au-delà de l’objectif de 20 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’évaluation du risque de « fuites de carbone » .
  • Le 6 avril 2011, il a manqué 41 voix, soit 22 bons députés à la place de 22 mauvais, pour adopter une résolution votée par le groupe du Front de Gauche et EELV. Notons que les 3 députés FN ont voté, comme l’UMP contre. (source : VoteWatch).
    Celle-ci était relative à l’autorisation et au refus d’autorisation de certaines allégations de santé portant sur les denrées alimentaires et se rapportant au développement et à la santé infantiles(ICI texte en français) ;
  • . . .
    Autres résultats tendus : ci-dessous l’on considère comme BON, un texte sur lequel FdG et EELV ont voté POUR et sur lequel l’UMP a voté CONTRE. Et réciproquement, comme MAUVAIS, un texte sur lequel l’UMP a voté POUR, et sur lequel FdG et EELV ont voté CONTRE. 
   Bons textes adoptés ou rejetés de justesse :  
   Mauvais textes adoptés ou rejetés de justesse : 
    Pour trouver tous les résultats de vote sur le site de VoteWatch :

   Maintenant, si vous jugez que ces résultats sont insuffisants au regard de l’effort que représente le fait d’aller voter, libre à vous de préférer l’abstention. Je rappelle qu’un taux d’abstention supérieur à 50% depuis 20 ans, ne semble pas avoir motivé les partis majoritaires au parlement européen à développer la démocratie européenne. Alors l’abstention peut bien aller jusqu’à 99,9% que cela n’empèchera pas des députés ripoux de siéger et de voter. Je rappelle que comme il n’y a aucun quorum à atteindre, un député peut être élu avec deux voix , UNE seule voix de plus que ses concurrents étant suffisant !!! Qu’on se le dise.

Baisser ou couper le chauffage ?

   L’autre jour, un collègue me dit : « Il vaut mieux baisser le chauffage que le couper lorsqu’on n’est pas là car l’on dépensera plus d’énergie pour rechauffer la maison au retour ». Me voyant sceptique, pour renforcer sa conviction il rajoute :  » C’est un ami, ingénieur chez Dalkia, qui me l’a dit ! ». Et pourtant, c’est évidemment faux. Pourquoi ? La démonstration est très, très, très simple.

Un fait : l’énergie à apporter par le système de chauffage doit être égale aux pertes d’énergie vers l’extérieur de la maison. Or, on sait que l’énergie dissipée entre l’intérieur de la maison et l’extérieur est proportionnelle à la différence de température entre ces deux milieux. Certains autres facteurs peuvent influer (vent, soleil, humidité, aération, …) mais puisqu’il s’agit ici de faire une comparaison sur le même logement et sur le long terme, l’on considérera que ces facteurs sont les mêmes pour les deux méthodes. Il s’agit par conséquent d’évauer l’énergie dissipée dans les deux cas sur une période représentative des périodes de présence et d’absence des occupants du logement.

Considérons que, , la température extérieure est de 10°C, que lors de leur présence les occupants souhaitent avoir 19°C et, lorsqu’ils sont absents ou qu’ils dorment, n’importe quelle température. Supposons qu’ils sont présents de 6h30 à 8h40 puis de 16h30 à 22h30. Considérons maintenant deux attitudes : la première consistant à couper totalement le chauffage lors des périodes d’absence (graphique du haut), et la deuxième consistant à ne baisser le chauffage que de 3°C (graphique du bas).

Dans les deux cas, l’énergie qui a été dissipée vers l’extérieur est celle que la chaudière devra fournir pour obtenir la température souhaitée. Pas conséquent, il suffit d’estimer, pour chacun des deux cas, la surface délimitée par la courbe représentant la température extérieure et celle représentant la température intérieure durant ces 24h puisque l’énergie perdue est proportionnelle dans les deux cas à cette surface. La courbe en pointillée rouge représente la consigne, c’est à dire la température démandée au niveau du thermostat d’ambiance

Le premier graphique correspond au cas où le chauffage est complètement coupé (Tconsigne = Textérieur), le second correspond au cas où l’on se contente de baisser (ici de 3°) la consigne.

Couper_ou_baisser_le_chauffage_rempli.png

On constate que la différence est nettement en faveur de la première solution, à savoir ne pas chauffer du tout lorsque l’on en a pas besoin. Sur le graphique suivant, l’énergie économisée est représentée par les zones vert pomme auxquelles il convient de soustraire l’énergie supplémentaire fournie lors  des dépassements (zones rouges dans le cas de la coupure totale du chauffage et mauvais régulateur).

   La totalité des zones vert sombre et vert pomme représente l’énergie à fournir dans le cas d’une simple baisse de 3°C lors des absences, les zones vert sombre et rouges représente l’énergie à fournir dans le cas d’un coupure totale lors de ces absences.

Couper_ou_baisser_le_chauffage_difference.png

Et cela restera vrai quelle que soit l’inertie de la maison et autres paramètres. Et ce, même avec des  dépassements de températures importants lors de la phase de remontée (phénomène d’oscillations amorties dans le cas d’un régulateur ancien). On voit bien qu’il faudrait envisager des dépassements très importants et nombreux pour que ceux-ci présentent une surface (en rouge) équivalente aux surfaces vert pomme.

   La seule question qui se pose reste : comment faire en sorte que lorsque je rentre chez moi ou que je me lève, je ne me les caille pas durant la phase de remontée de la température extérieure (ou presque) à la température ambiante. Il va en effet de soit que l’on plus on laisse la température descendre, plus le temps pour retrouver la température souhaitée sera long. En outre, si l’on veut une remontée en température rapide on risque de réduire le rendement de la chaudière, surtout si elle est à condensation durant ce temps.

Ce problème peut être aisément résolu si vous connaissez vos heures de rentrée ou de levée. Dans ce cas, un thermostat programmable (j’en ai trouvé un très bon pour 11 € livré sur le bon coin) bien réglé vous permettra d’éviter ce fâcheux inconvénient. Et d’autant plus facilement qu’une sonde extérieure fournira au régulateur l’information permettant d’estimer la quantité d’énergie devant être fournie pour avoir une remontée de température suffisamment rapide : la sonde extérieure permet en effet de connaître l’écart de température entre l’extérieur et l’intérieur et donc l’énergie à fournir en un temps t, la température de l’eau de sortie chaudière étant alors la variable d’ajustement dont les chaudières actuelles disposent toutes ou presque.

L’abstention aux élections européennes sert-elle à quelque chose ?

   Quelques (micro) organisations françaises prônent l’abstention aux prochaines élections européennes.

   Depuis le premier scrutin en 1979 jusqu’au dernier en 2009, soit sept scrutins en 30 ans, le taux d’abstention a progressé régulièrement, passant de 40% à 60 %.

   Tant que la France fait partie de l’Union européenne, 80% de ses lois doivent être en accord avec les directives et règlements qui DOIVENT avoir été acceptés par le parlement européen à la majorité simple.

   Qu’advient-il si n’y siège aucun député défendant au mieux – ou au moins mal – nos valeurs et idées ? Voyons voir !

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Instabilité financière, crises & conflits

   Au vu de l’instabilité financière depuis 1900, mesurée selon un indice proposé par deux chercheurs du FMI, on peut légitimement se poser la question de l’impact de cette instabilité financière mondiale sur les crises économiques et conflits armés qu’a connu le monde depuis cette date.
   Concernant l’Europe, à feu entre 1914 et 1945, on peut aussi se poser la question : la paix qu’elle connait depuis depuis est-elle à porter au crédit de la construction européenne ou au crédit des mesures prises pour éviter cette instabilité financière ? Quelques éléments de réponse ci-dessous.

   Le FMI a publié en décembre 2013, ce document de travail : « Financial and Sovereign Debt Crises : Some Lessons Learned and Those Forgotten » (Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff). Le résumé est visible à partir de cette page du FMI et l’article téléchargeable . En français cela donne Crises des dettes publiques et financières : quelques leçons appirses et celles oubliées.

À partir des données et du graphique de la page 5, le magazine Alternatives Économiques a reconstruit celui-ci dans son article intitulé Un siècle d’instabilité financière . Reproduit ci-dessous, j’y ai rajouté quelques événements : les deux guerres mondiales (1914-1918, 1939-1945) et deux actes marquant de la régulation et de la dérégulation financière aux USA et en France. Il s’agit du Glass-Steagall Act (1933, USA) établi par Roosevelt et de la loi 45-15 (1945, France) établie par le Conseil National de la Résistance.

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   Parallèlement à la suppression de cette loi fondamentale de la régulation financière, la dérégulation de la finance s’est amplifiée et généralisée depuis 35 ans. Concernant les principaux pays, elle est représentée par ce graphique extrait de l’article 30 ans de dérégulation financière (source : les-crises.fr). Concernant la France, on peut constater que l’alternance UMP/PS n’a rien changé au rythme de dérégulation de la finance. On peut au contraire constater que c’est entre 1984 et 1992, alors que le PS est au pouvoir, que la dérégulation est la plus importante et rejoint le peloton de tête dans lequel la précèdent de peu, les États-Unis et le Royaume-Uni. C’était dans l’air du temps (Reagan, Thatcher, …) me direz-vous !

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Les mêmes allures doivent se retrouver dans nombre d’autres pays du monde, sauf peut-être en Chine devenue capitaliste, où la finance reste sous contrôle de l’État.

   Question : comme le suggère le titre de l’article « Financial and Sovereign Debt Crises : Some Lessons Learned and Those Forgotten », c’est à dire Crises financières et des dettes publiques : quelques leçons apprises et certaines oubliées, saurons-nous reprendre les rènes de la finance avant que ces crises ne se transforment en conflit ?

   La récente loi française de « non-« séparation des activités bancaires ne semble pas abonder en ce sens. Dommage !

TV Lobotomie : LA TÉLÉ ÉTOUFFE L’INTELLIGENCE

 La Télé et les écrans en général : des faits , rien que des faits !

Extraits du livre TV lobotomie
CHAPITRE IlLA TÉLÉ ÉTOUFFE L’INTELLIGENCE

 » Pour écouter TF1 il n’y a pas besoin de cerveau, un tube digestif suffit. « , Didier Daeninckx, écrivain [320].

« Le nombre important d’enfants mauvais lecteurs inquiète à juste titre enseignants et parents. Mais curieusement, on attribue à l’école la seule responsabilité de cet état de fait. Pour ne pas mettre en cause la télévision, on a paradoxalement attribué l’échec aux méthodes traditionnelles d’enseignement de la lecture », Liliane Lurçat, docteur en psychologie, directeur de recherche honoraire au CNRS [25].

«  » On leur donne ce qu’ils veulent  » disent-ils en chœur. Traduisez :  » Ce n’est pas de notre faute s’ils sont aussi débiles. », Alain Bemolila, linguiste, professeur d’université [54]

Cet article est relié  à l’article TV LOBOTOMIE

Cette fois c’est sûr, le niveau baisse

  • En 1987, 87% des élèves conjuguaient correctement le verbe « tombait » dans la phrase « le soir tombait » ; en 2007, ils n’étaient plus que 63 % des élèves [352] ;

  • 45 % des élèves de seconde sont incapables d’exprimer à la troisième personne du pluriel des verbes initialement conjugués au passé simple à la troisième personne du singulier (il ouvrit => ils ouvrirent ; il laissa => ils laissèrent), 85 % de ces mêmes élèves sont inaptes à trouver le sujet du verbe travailler dans la phrase « devant les rangées des machines où travaillaient un grand nombre d’hommes », 60 % de ces élèves (toujours eux) ne savent pas définir une « chaîne » de montage [345] ;

  • 25 % des étudiants en lettres (!) ne maîtrisent pas le terme xénophobie [333, 334] ;

  • Pour nombre de (vrais) spécialistes, l’aptitude de la nouvelle génération à trouver de l’information sur la Toile est passablement limitée [395] et croire que les jeunes sont experts en ce domaine serait même un « mythe dangereux »[391] ;

  • En 1re S, un grand nombre d’élèves ne connaissent pas la différence entre « or » et « donc » [345] ;

Au sujet des présumées capacités de « multitasking » de nos jeunes :

  • Une bonne partie des ressources cérébrales est happée, non par la réalisation de la tâche, mais par la gestion du processus de « multitasking »  [414, 415] ;

  • Les mécanismes d’apprentissage et de mémorisation sont altérés, au niveau neuronal le plus basique, lorsqu’un sujet doit jongler entre deux tâches simples [417] ;

  • Les « multitaskeurs » développent, sur le long terme, de sérieux troubles de l’attention, une grande distractibilité et, de manière assez inattendue, une moindre capacité à jongler entre plusieurs tâches cognitives [418] ;

  • La réalisation de devoirs scolaires est largement dégradée, tant au niveau du temps passé que du degré d’exactitude, chez des élèves de 14 ans lorsque ceux-ci œuvrent avec une télévision allumée en arrière-plan [419, 420, 421, 422] ;

  • Plusieurs voix se sont cependant élevées récemment pour évoquer aussi l’implication possible d’un autre facteur sur la baisse de niveau : la télévision [25, 29, 54, 65, 81] ;

Une entrave majeure à la réussite scolaire

  • L’effondrement du SAT-Verbal (-10%), examen standard de compétence langagière d’entrée à l’Université aux Etats-Unis, reproduit, à une nécessaire période d’incubation près de 17-18 ans, la courbe de pénétration de la télévision sur le territoire américain [29] ;

  • Pour expliquer le phénomène d’effondrement du SAT verbal (cf. supra ), aucune autre hypothèse parmi les suivantes ne se révéla convaincante : moindre financement du système scolaire, incompétence croissante des enseignants, arrivée en masse d’étudiants issus des minorités noires et hispaniques, complexification de l’épreuve, etc. Aucune de ces propositions ne se révéla satisfaisante [362] ;

  • L’affirmation ci-dessus (effondrement du SAT-Verbal lié à l’apparition de la télé) est confirmé dans un énorme travail dont les racines remontent à l’année 1973 au Canada [425] ;

  • « Le temps passé par les enfants et adolescents américains à regarder la télévision est associé négativement avec leurs performances scolaires [… ] La qualité des mesures, la taille et l’exhaustivité des échantillons, ainsi que la cohérence des résultats rend cette conclusion irréfutable. » [429] ;

  • Au plan biologique, par exemple, il apparaît que la télévision agit négativement sur le temps et la qualité du sommeil [440, 441, 442, 443], ce qui a pour effet de perturber le fonctionnement cognitif [444] et donc en bout de chaîne la production scolaire [445]. Quand l’exposition audiovisuelle est réduite expérimentalement, le sommeil se régularise [440, 446], ce qui induit une normalisation du fonctionnement cognitif [444] et ultimement une optimisation de la performance académique [445] ;

Lien causal entre usage de la télévision et résultats scolaires :

  •  » Des recherches longitudinales ont permis d’établir l’existence d’effets lointains peu compatibles avec les thèses de causalités inverses [i.e. les mauvais résultats scolaires qui induisent un usage accru de la télé]. Précisons pour éviter toute ambiguïté que ces recherches reposent sur des procédures statistiques relativement complexes permettant d’identifier l’influence du facteur audiovisuel, indépendamment de la contribution d’autres covariables potentiellement agissantes (âge, sexe, statut socio-économique, QI, nombre de frères et sœurs, niveau d’éducation des parents, niveau scolaire au début de l’étude, etc). En d’autres termes, grâce à des traitements numériques adaptés, le rôle du facteur audiovisuel peut être isolé et, en quelque sorte, extrait de l’influence des autres facteurs causaux. Ce type d’approche a récemment permis de montrer qu’une forte consommation audiovisuelle en fin de maternelle prédisait des difficultés en lecture à l’entrée en CM2 [447]. Cette conclusion rejoint les résultats d’une autre étude ayant établi l’existence d’une relation significative entre le nombre d’heures passées devant le poste avant 3 ans et la réussite à des tests standardisés de lecture et de mémoire à 6-7 ans [233]. La même relation négative a été identifiée entre le niveau d’exposition télévisuelle enregistré à 29 mois et les aptitudes mathématiques démontrées à 10 ans [448]. Dans un autre travail particulièrement impressionnant, près de 1 000 individus furent suivis sur une durée de 2  ans [96]. Il fut alors montré que l’amplitude de la consommation télévisuelle infantile (5-11 ans) était significativement associée à la probabilité d’obtention d’un titre universitaire à l’âge adulte.

  • Un travail comparable mené sur près de 700 familles montra une relation similaire entre consommation télévisuelle adolescente (14 ans) et probabilité de posséder un diplôme post-baccalauréat à 33 ans [438]. Là encore, les substrats biologiques plausibles ne manquent pas pour expliquer ces phénomènes. Par exemple, il est établi que l’usage de la télévision altère lourdement le déploiement du langage [128, 129, 131, 133], le développement de l’intelligence formelle [406, 449] et le temps consacré au travail scolaire [192, 199, 438, 450 ]. « 

  • Des enfants de 8 ans n’ayant pas de télévision dans leur chambre présentent, par rapport à leurs congénères équipés, après prise en compte d’un grand nombre de covariables potentielles (niveau d’éducation des parents, langue parlée à la maison, sexe, âge de l’enfant, etc.), des performances supérieures de 21 % en lecture, 26  % en compétence verbale et 34 % en mathématiques. Soit, pour cette dernière discipline, une note de 12 au lieu de 9 sur 20  [200] ;

  • Chaque heure de télévision supplémentaire consommée à 2,5 ans se traduit par une chute de 6 % des compétences mathématiques de l’enfant à 10 ans [448] ;

  • L’addition ou la soustraction quotidienne d’une heure de télévision peut, après contrôle pour une large matrice de covariables sociodémographiques, psychologiques et personnelles, multiplier ou diviser par DEUX les risques d’échec scolaire [438] ;

  • Après ajustement pour les seuls QI et sexe , chaque heure de télévision consommée quotidiennement, en semaine, lorsque l’enfant est à l’école primaire, accroît de 43 % la probabilité de voir ce dernier quitter un jour le système scolaire sans la moindre qualification [96]. Lorsque sont pris en compte, outre le sexe et le QI, le statut socio-économique de la famille et l’existence potentielle de troubles précoces du comportement chez l’enfant, cette valeur de probabilité diminue pour tendre vers 34 %  ;

Effort, intelligence, lecture, langage, attention, imagination. Tous sont frappés

  • L’action délétère du poste de TV sur les devoirs ne fait plus guère de doute  [132, 192, 199, 245, 438, 450, 464] ;

  • Chaque heure consacrée, en semaine, à la télévision, dépouille le temps consacré aux devoirs de 14 % (4-6 ans) à 18 % (9-12 ans) [132] ;

  • Plusieurs études récentes montrent que plus un enfant regarde la télévision et moins il lit [185, 199, 243, 245, 246, 447, 450, 464, 469] ;

  • Après prise en compte d’un grand nombre de covariables sociodémographiques, psychologiques et personnelles (éducation des parents, revenus, structure familiale, ethnicité, etc.), que les gamins soumis à l’omniprésence audiovisuelle ont 3 fois plus de chances de ne pas savoir lire à la sortie du cours préparatoire ! [470] ;

  • On dispose d’un solide corpus expérimental montrant que le petit écran accroît l’impulsivité comporte- mentale et cognitive des enfants, tout en diminuant leur propension à la persévérance, leur appétence pour les tâches intellectuellement exigeantes et leurs capacités de concentration [29, 58, 65, 437, 450, 492, 493, 494] ;

  • Les élèves les plus téléphages sont invariablement identifiés comme les plus impulsifs et inattentifs par le corps enseignant [495, 496] ;

  • Une consommation cathodique précoce altérait profondément le développement des fonctions attentionnelles  [497, 498] ;

  • Chaque heure de programme non violent avalé quotidiennement avant 3 ans augmente de près de 75 % la probabilité d’occurrence de troubles attentionnels à 8 ans, après prise en compte d’un large spectre de covariables sociodémographiques, psychologiques et personnelles (âge, sexe, place dans la fratrie, lieu de résidence, éducation des parents, stimulation cognitive précoce, etc.) [499] ;

  • Chaque heure passée devant le poste entre 5 et 11 ans augmente de près de 50 % la probabilité d’apparition de troubles de l’attention à 13 ans, après prise en compte d’un grand nombre de covariables potentielles, dont l’existence d’éventuels déficits attentionnels initiaux [234] ;

  • Chaque heure passée devant le poste à 14 ans augmente de 44 % la probabilité d’apparition de troubles de l’attention à 16 ans, après prise en compte, parmi un large spectre de covariables, des éventuels déficits attentionnels initiaux [438] ;

  • L’existence de troubles attentionnels à 16 ans multiplie par presque 4 les risques d’échec scolaire, après prise en compte d’un grand nombre de covariables potentielles (âge, sexe, statut socio-économique, consommation audiovisuelle, etc.) [438] ;

  • le rôle central des formats audiovisuels rapides dans l’émergence de troubles attentionnels chez l’enfant et l’adolescent à été mis en évidence depuis plus de quarante ans [65, 305, 504, 505 ] ;

  • Il est désormais admis qu’il existe deux systèmes attentionnels distincts, portés par des circuits neuronaux différents et sollicités de manière soit automatique-exogène soit volontaire- endogène  [503, 506, 507, 508], l’exposition audiovisuelle aboutissant à hypertrophier le premier de ces systèmes, au détriment du second  ;

  • Au sujet de la série télé DragonBall Z : « Étant donné [que l’enfant] n’a pas compris les relations internes entres les éléments de l’intrigue du récit qu’il a vu à la télévision, et qu’il ne sait pas non plus situer dans le temps et dans l’espace les faits qui surviennent, ni leurs causes, il s’habitue à « penser horizontalement ». Cela veut dire qu’il se limite à un raisonnement par contiguïté et par analogie et lorsque les enfants ne comprennent pas la structure verticale du récit, ils finissent par donner une plus grande importance, non pas aux faits qui structurent l’intrigue, mais aux traits formels qui ont une saillance perceptive, même s’ils ne sont pas importants pour cette intrigue  […] Leur pensée, avec une telle influence, finit par s’alimenter uniquement de ce qui est immédiat, rapide.  […] Ils construisent ainsi un monde de pensée de l’immédiateté, dépendant de la perception et de l’émotion pures, qui leur servira de peu, par exemple, dans de nombreuses tâches scolaires qui requièrent précisément de dépasser la perception et d’utiliser la pensée verticale. En définitive, les séries [comme DragonBall Z], de plus en plus présentes dans la télévision actuelle, conduisent à disloquer la pensée de l’enfant dans la mesure où elles ne contribuent pas à construire de façon adéquate ses structures de connaissances et sa pensée narrative. Elles le font de façon fragmentaire et désarticulée » [264] ;

  • il est probable que l’influence de la télévision résonne avec le délaissement, déjà évoqué, de certaines pratiques intellectuellement structurantes, dont la lecture, le jeu ou lesdevoirs  [29, 132, 461, 463, 509] ;

  • Dans le même temps cependant, plus ces activités s’appauvrissent et plus la structuration de la pensée est remise en cause  [65, 406, 510, 513] ;

  • Au final, les enfants soumis à une présence audiovisuelle d’arrière-plan changeaient de jouets plus fréquemment, présentaient des schèmes ludiques moins riches, affichaient des plages de jeux raccourcies et se révélaient moins concentrés durant ces plages. De façon intéressante, nombre de travaux ont montré que ce genre d’altérations prédisait une évolution peu favorable du QI à long terme [515, 516] et se retrouvait couramment chez les enfants souffrant de retards cognitifs  [500, 517, 518, 519] ;

  • Lorsque le poste est allumé, les adultes sont moins enclins à interagir avec leurs rejetons et donc à enrichir les schèmes ludiques et langagiers de ces derniers [133, 134, 532] ;

  • Un bruit ambiant arythmique pouvait lourdement perturber le développement cérébral  [534, 535] ;

  • Des sujets de 2 ans et moins peuvent passer plus de 70  % de leur temps à fixer l’écran, en présence de contenus ad hoc  [130] ;

  • La proportion d’enfants de moins de 1 an exposés quotidiennement à la télévision a quasiment quadruplé depuis les années 90 pour atteindre aujourd’hui (2011) les 60 %  [185, 194] ;

  • Entre 0 et 2 ans, chaque heure quotidienne passée devant la télévision ampute la durée des interactions parents-enfants de 16 %, la durée des échanges entre enfants de la fratrie de 31 % et le temps consacré aux jeux créatifs (dessins, coloriage, poupée, petites voitures, utilisation de jouets, etc.) de 10 % [simple règle de 3 vis à vis de la durée éveillé disponible pour ces interactions/échanges/activités] ; ???

  •  » La télévision, une enseignante bien peu efficace en matière de langage. Son aptitude didactique exclut totalement les espaces phonologique et syntaxique  » en conclut l’auteur ;

  • L’encéphale ne s’organise pas en observant le réel, mais en agissant sur lui  [65, 528, 567, 568, 569] ;

  • Les jeunes enfants ne parviennent pas, même au niveau phonique le plus basique, à tirer profit des discours cathodiques, y compris si ces derniers y sont spécifiquement dédiés  [144, 585, 586, 587, 588] ;

  • Une heure d’écran «pédagogique » consommée quotidiennement entre 8 et 16 mois coûte aux enfants pratiquement 10  % de leur lexique!  [128] ;

  • 2 heures de télévision quotidienne  » tous publics  » aboutissent à multiplier par 3 la probabilité de voir apparaître des retards de développement du langage. Chez les sujets qui ont commencé à fixer la mire avant 1 an, le risque était multiplié par 6  [129] ;

  • Il a été mis en évidence une corrélation négative entre le degré de réussite à certains tests d’aptitude syntaxique et l’amplitude de la consommation audiovisuelle chez des enfants de 3-4 ans  [572] ;

  • Concernant les apprentissages des langues étrangères à l’aide de sous-titrages, les études ont montré que les sujets parvenaient à apprendre quelques mots mais échouaient lamentablement à acquérir la moindre compétence syntaxique  [590, 591] ;

  • L’aptitude didactique de la télévision se limite, dans le meilleur des cas, au champ lexical et à l’enseignement de quelques mots épars que l’enfant aurait pu apprendre infiniment plus vite et en bien plus grand nombre à travers de vrais échanges interpersonnels  [65, 572] ;

  • Des retards importants du développement linguistique et un lexique plus pauvre sont d’autant plus alarmantes que les dommages langagiers précoces sont à la fois préjudiciables au devenir des enfants et extrêmement difficiles à combler.  [592, 593] ;

  • « le niveau de maîtrise d’une langue dépend crucialement de son âge d’acquisition et contrairement aux affirmations des études plus anciennes, la décroissance des capacités d’apprentissage est constatée très tôt, dès les premières années de la vie » selon Ghislaine Dehaene-Lambertz et deux de ses collègues, spécialistes internationalement reconnus du développement linguistique  [594] ;

  • Quand le poste est allumé, que ce soit au premier ou second plan, l’enfant entend moins de mots, il s’exprime de façon plus parcimonieuse et plus brève et il prend part à un nombre plus limité d’échanges bilatéraux. • Or, le nombre de mots entendus et prononcés avant 3 ans est un indicateur majeur des performances linguistiques et cognitives à venir  [131, 133, 142, 602, 142, 143, 603] ;

  • Un enfant de moins de 4 ans entend chaque jour, en moyenne, 13 500 mots. Si la télévision reste allumée 4 heures dans le foyer, ce chiffre tombe aux alentours de 10 000 mots, soit une chute de 25%, quantitativement équivalente à la totalité des mots prononcés quotidiennement par le père en présence de son enfant  [133] ;

  • «  la pensée créative des enfants est plus stimulée ou moins inhibée par les médias sonores et écrits que par les médias audiovisuels  » selon l’étude de C. Meline  [606] ;

  • «  La télévision capture l’imagination mais ne l’affranchit pas. Un bon livre stimule et libère immédiatement l’esprit.  » selon Bettelheim  [610] ;

  • « Sachant que chaque heure de télévision consommée en semaine alors que l’enfant est à l’école primaire augmente de plus d’un tiers la probabilité de voir ce dernier quitter le système scolaire sans aucun diplôme [96], si l’on prend aujourd’hui, collectivement, des mesures pour diviser par deux la consommation audiovisuelle des écoliers du primaire (légèrement supérieure à 2 heures par jour), ce n’est plus 65% (niveau actuel) mais 74% d’une classe d’âge qui obtiendra le bac dans 10 ans.   »   selon l’auteur ;

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LA TELE TUE l’INTELLIGENCE (Chapitre II TV LOBOTOMIE de M. Desmurget, 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La bombe démographique, une fatalité ?

Fécondité versus PIB ou émancipation des femmes ?

   On entend souvent dire que la population mondiale suit une croissance exponentielle. Est-ce vrai ? OUI et NON car tout dépend de la période d’observation. Très grossièrement, cette croissance démographique est devenue exponentielle dès lors que nombre de pays sont entrés dans la première phase de leur transition démographique et non pas encore entamé et/ou terminé la seconde (voir fin d’article). A savoir une baisse du taux de fécondité des femmes.

   Or, pour un grand nombre de pays, on peut établir une corrélation significative entre l’augmentation de la richesse de leurs habitants et le taux de fécondité (cf. ce graphique). Mais y a-t-il une relation de cause à effet ? Très probablement ! Cependant . . .

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"Bien informés, les hommes sont des citoyens, mal informés ils deviennent des sujets.", Alfred Sauvy.