Macron, les jeunes milliar­daires et la fisca­lité, 2017

Le 6 janvier 2015 Macron décla­rait « Il faut des jeunes Français qui aient envie de deve­nir milliar­daires » (source : Les.echos, 6 janvier 2015).

En 2017, le candi­dat à la prési­den­tielle fait des propo­si­tions pour le moins cohé­rentes avec cette petite phrase, ces mesures fiscales favo­ri­sant les 1% les plus riches.

Bref aperçu ci-dessous ou Quand Macron veut défaire ce que Hollande a (bien) fait (source : Alter­na­tives Écono­miques, mars 2017) :

  • en vidant l’ISF de sa substance en en exoné­rant les actifs finan­ciers qui consti­tuent l’es­sen­tiel du patri­moine des Français les plus riches. L’ISF néces­site certes une réforme mais les effets redis­tri­bu­tifs impor­tants de cette mesure seront réali­sés au profit quasi exclu­sif des 1 % des Français les plus aisés ;

  • en rédui­sant la progres­si­vité de l’im­pôt sur les reve­nus du capi­tal, les actifs finan­ciers (reve­nus du capi­tal) échap­pant à l’ISF et deve­nant impo­sés au taux maxi­mal de 30%,

  • sans augmen­ter la progres­si­vité de l’im­pôt sur les reve­nus du travail,

  • sans toucher aux droits de muta­tions,

    Macron va en effet favo­ri­ser encore plus le retour des héri­tiers ;, qui tels Liliane Betten­court, Martin Bouygues, Serge Dassault, Arnaud Lagar­dère, … devien­dront milliar­daires comme papa, avec peu de mérites. Où comment passer de la méri­to­cra­tie à la médio­cra­tie !

    Nota : Ville­pin puis Sarko avait accru les inéga­li­tés de reve­nus et de patri­moine. À partir de 2011, Sarko puis Hollande les avaient réduites (voir graphique Le réta­blis­se­ment rapide de l’im­pôt progres­sif) ;

Voir ci-dessous trois graphiques illus­trant : l’évo­lu­tion des impôts progres­sifs (ISF, IRPP, droits de succes­sions), la part de l’hé­ri­tage dans les ressources selon les géné­ra­tions, et enfin l’évo­lu­tion du poids du patri­moine.

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Pour mémo, quelques indi­ca­teurs d’iné­ga­li­tés :

  • inéga­li­tés de reve­nus : le ratio des reve­nus des 10 % les plus riches sur ceux des 10 % les plus pauvres a été ramené de 7,4 en 2011 à 6,6 en 2015, soit une baisse de 11 %, hélas encore loin du ratio de 5,5 de 2000 ;

  • inéga­li­tés de patri­moine : 139, c’est le ratio entre le patri­moine des10 % ménages les mieux dotés et celui des 10 % les moins dotés.

Ceci expliquant cela :

  • le patri­moine total des ménages en France repré­sente huit années de revenu dispo­nible net (2015) contre cinq en 1980 ;

  • la part de l’hé­ri­tage dans les ressources totales en fonc­tion de l’an­née de nais­sance en repré­sente près du quart et a été multi­pliée par 2,3 entre 1925 et 2010 (10 % vs 23 %). Notons cepen­dant que la répar­ti­tion est moins inéga­li­taire. Voir graphique « Le retour de l’hé­ri­tage » ;

  • la part du patri­moine finan­cier (livrets d’épargne, contrats d’as­su­rance-vie, etc.) repré­sentent 3,5 fois le revenu des ménages en 2015 contre seule­ment 1,5 fois en 1980.

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    En savoir plus, trois articles de Alter­na­tives Écono­miques (2017) avec d’autres graphiques :

Voir égale­ment :

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