La pollution atmosphérique urbaine et le trafic poids lourds en Ile de France

En 2012 et pour l’île de France, le trafic routier de marchandises par poids lourds contribuait, selon AirParif, à 31% des émissions d’oxydes d’azote (N0x) du trafic routier et à 7% pour les particules fines PM10.

Cela ne constitue-t-il pas un argument supplémentaire pour envisager de réduire le trafic routier de marchandises en réduisant la consommation de biens, en réduisant la distance parcourue par ces biens et, pour ce qu’il restera, en transférant le mode routier vers le mode ferroviaire et/ou fluvial.

  Certains pays européens (Allemagne, Suisse, Autriche, …) ont vu la part du fret ferroviaire augmenter ces dernières décennies alors qu’en France cette part ces réduite. Ainsi si ces parts étaient voisines en France et en Allemagne en 2003 (18%), dix ans plus tard la part du fret ferroviaire allemand, en augmentation de 43%, est presque deux fois supérieure à celle française, en régression de 23% : 23,1% vs 14% (source : Association française du rail selon Eurostat) !!! Et cette part s’élève à 40% en Suisse (2011).

Pour en savoir plus sur l’alternative ferroviaire : Association pour le rail et Fret21.

Faits et constats

Sur la base du rapport d’AirParif de mai 2016 (année de référence 2012), le trafic poids lourd génère, en île de France, 31% des émissions de NOx et 7% des particules fines de la catégorie PM10. Le rapport ne fournit pas de données pour les PM2,5 ou PM1, pourtant les plus dangereuses.

Emissions de NOx

Sur la base du rapport d’AirParif de mai 2016 (année de référence 2012), le trafic poids lourd génère 31% des émissions de NOx contre 43% pour les véhicules particuliers  et 16% pour les véhicules utilitaires (cf. ci-dessous la figure 4 de la p. 6 du rapport).

Pollution_NOx_routier_ile_france_2012Avec 94% des émissions, les motorisations Diesel sont la source quasi unique de NOx.
Rien d’étonnant : on peut établir qu’un véhicule particulier Diesel (VPD) émet 6,5 fois plus de NOx que son équivalent essence (VPE) : 39% des émissions pour un taux de 60% de VPD dans le parc de voitures contre 4% d’émissions pour un taux de 40% de VPE (2012).  Les poids lourds, les bus, les cars et les VU étant exclusivement Diesel, difficile d’établir ce rapport pour ces catégories de véhicules.

Voyons maintenant au niveau des émissions de particules fines.

Emissions de particules

Sur la base du rapport d’AirParif de mai 2016 (année de référence 2012), le trafic poids lourd génère 7% des émissions de PM10 comme l’atteste la figure 4 ci-dessous (p. 6 du rapport) :

Pollution_PM10_routier_ile_france_2012Rien de surprenant au fait que les poids lourds prennent une part moins importante au niveau de ce polluant relativement à la part qu’ils prenaient pour les NOx : le filtres à particules sont plus répandus sur les poids lourds qu’ils ne le sont sur les véhicules particuliers.

Conclusion : ces graves raisons sanitaires se rajoutent à tous les coûts cachés et souvent non convertis en « Euros » : nuisances sonores, congestion du trafic, accidentologie, dégradation des routes gratuites (Merci les bonnets rouges et Hollande !), sous tarifage des péages autoroutier,  gasoil moins taxé que l’essence,  contribution au changement climatique, . . .

N’est-il pas temps de faire voyager les marchandises (non périssables) par voie ferroviaire et/ou fluviale ?

Concernant la réduction des autres causes de pollutions atmosphériques, la question est plus complexe et ne sera pas évoqué ici. Le scénario Negawatt 2017-2050  évoque de nombreuses pistes de solutions pour réduire les activités génératrice de gaz à effet de serre, lesquelles activités sont souvent émettrices de pollutants à effet plus localisés tels : les NOx, les PMx, les COVHM,

Pour connaitre la part que prend le trafic routier dans les émissions atmosphériques de polluants locaux, voir l’article Part des différents secteurs d’activités sur la pollution atmosphérique en île de France (2012) 

Concernant l’ensemble de la France métropolitaine, un article très fouillé avec moult cartes : La pollution de l’air en France sur l’excellent site les Crises.

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