La (bonne) dette privée et la (mauvaise) dette publique !

Pourquoi parle-t-on tant de la dette publique et si peu de la dette privée ?

Depuis l’avè­ne­ment de la crise bancaire et finan­cière de 2008, laquelle à conduit à une augmen­ta­tion des dettes publiques de la quasi tota­lité des états, au nom du too big to fail, il n’est quasi­ment par une jour­née sans que l’on n’en­tende parler de la néces­sité abso­lue de réduire celle-ci. Les très (rigides et stupides) critères de Maas­tricht ne manquant pas d’être rappe­lés. Or, la dette qui a le plus augmenté ces 20 dernières années et plus parti­cu­liè­re­ment ces 10 dernières est la dette privée (+45 pts pour cette dernière contre +45 pts pour la dette publique).
Alors pourquoi cette dernière, pour­tant à l’ori­gine de la crise des subprimes aux USA qui a conduit à la crise systé­mique dont nous ne sommes pas encore sortis et dont nous ne sorti­rons peut-être pas avant la suivante, n’est-elle pas plus souvent évoquée ?
Ma réponse :

  • Parce que le capi­ta­lisme ne supporte pas que soit prélevé sur la richesse produite des « prélè­ve­ments obli­ga­toires » essen­tiel­le­ment desti­nés à la sécu­rité sociale (assu­rances santé, chômage et retraite, minima sociaux, …) et aux services publics (éduca­tion, hôpi­taux, …) des peuples dans un souci de soli­da­rité et de réduc­tion des inéga­li­tés primaires de reve­nus.

  • Parce que, en revanche, le capi­ta­lisme, finan­cier en parti­cu­lier, s’ac­com­mode très bien des dettes privées qui lui rapporte beau­coup et qui, en cas de défaut sera pris en charge par la collec­ti­vité au nom du  [bank] too big to fail. Ce sauve­tage public, qu’on pour­rait nommer « priva­ti­sa­tion des profits, socia­li­sa­tion des pertes », augmen­tera méca­nique­ment la dette publique. Ceci permet­tra ainsi de justi­fier – au yeux des néoli­bé­raux – une réduc­tion des dépenses publiques alors que l’on pour­rait plus juste­ment récla­mer une contri­bu­tion accrue des créan­ciers qui se seront bien enri­chis au passage.

Ci-dessous, illus­tra­tion de l’évo­lu­tion des dettes publiques et privées (ménages et socié­tés non finan­cières) depuis 20 ans en France, extraite de la petite vidéo du Xerfi qui explique l’ori­gine de ces évolu­tions.

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Au sujet de l’ori­gine des « 3% » de défi­cit, moult articles existent sur le web (ICI, ICI, ou LA par exemple).  L’ar­ticle le plus détaillé émane d’un des écono­mistes prota­go­nistes de cette histoire, Guy Abeille, ancien chargé de mission du Minis­tère des Finances, où il fut en fonc­tion d’oc­tobre 1977 à juin 1982, à la Direc­tion du Budget, 1ère sous-direc­tion : A l’ori­gine du défi­cit à 3% du PIB, une inven­tion 100%… française

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