Dispo­ser d’une boite à « écolor­vi­dés », c’est pas compliqué (2)

Ca y est,  vous avez trouvé un endroit perti­nent pour dispo­ser votre boite (voir partie 1) ? Si vous avez répondu OUI aux quatre ques­tions de la partie 1, voyons main­te­nant dans les grandes lignes comment la réali­ser.

Commençons par lister les compo­sants prin­ci­paux pour vous donner une idée de ce qu’il vous faudra vous procu­rer (achat, récup, …) et/ou fabriquer, assem­bler, relier, . . .

La boite est desti­née à conte­nir :

  • les réserves de nour­ri­ture (appât et récom­pense) ;
  • la réserve de déchets : dans notre cas, ils seront exclu­si­ve­ment consti­tués de canettes métal­liques stan­dard de bois­sons 33 cl ;
  • les circuits infor­ma­tiques et élec­tro­niques : ceux-ci ne posent aucun problème ni de fabri­ca­tion, ni d’en­com­bre­ment, ni de fixa­tion. Juste un coût d’achat (récup ou achat d’oc­case peu probable) ;
  • les action­neurs (trois moteurs) et le capteur (chute d’un déchet dans le récep­tacle ad hoc) ;
  • l’alimen­ta­tion élec­trique ;

Y sera adjointe une plate­forme qui suppor­tera la mangeoire-appren­tis­sage, le récep­tacle à déchets et la mangeoire-récom­pense.

Détaillons un peu la compo­si­tion de ces compo­sants (voir photos dispo­nibles  en fin d’ar­ticle) et la manière de les réali­ser.

La boite

Cette boite, paral­lé­lé­pi­pé­dique et étanche à l’eau, aura pour dimen­sions mini­males 700 mm x 350 mm x 35 mm. On peut faire plus petit mais cela réduira l’au­to­no­mie en nour­ri­ture et en déchets d’ap­pren­tis­sage ainsi que l’ac­ces­si­bi­lité aux compo­sants. On peut faire plus grand, c’est même souhai­table, mais cela aura une inci­dence sur le coût en maté­riaux (bois, plexi, …), sur le poids, et bien sûr, sur l’en­com­bre­ment. À vous de voir !

Elle pourra être faite dans le maté­riau de votre choix : bois, plexi, …  Si elle est en bois, atten­tion à la pluie ! Elle parai­tra le plus natu­rel possible.  Une couleur verte ou camou­flage est donc l’idéal. Rien de parti­cu­lier quant à l’ar­chi­tec­ture. Un des côtés sera consti­tué d’une porte (ce peut être le côté supé­rieur) afin d’ac­cé­der à l’in­té­rieur durant la phase d’as­sem­blage des compo­sants mais aussi pour leur main­te­nance.

Les réserves de nour­ri­ture

C’est un point déli­cat et des amélio­ra­tions ou alter­na­tives plus perti­nentes sont probables. En effet, distri­buer avec parci­mo­nie et préci­sion des croquettes pour chat, alimen­ta­tion dont sont parti­cu­liè­re­ment friands nos amis les corvi­dés, n’est pas chose aisée. Les croquettes sont assez rugueuses et pas forcé­ment bien cali­brées. Leur rugo­sité réduit leur flui­dité et des phéno­mènes d’arche peuvent se produire.

On privi­lé­giera donc les croquettes les plus sphé­riques, les moins rugueuses et les mieux cali­brées. À défaut, les corvi­dés aiment aussi les caca­huètes, plus lisses, plus sphé­riques et de taille plus homo­gènes.

Notre choix : nous avons récu­péré une trémie consti­tuée d’un porte filtre à café (0 €). Celui-ci a été percé hori­zon­ta­le­ment à sa base dans le sens de la longueur afin d’y glis­ser une vis sans fin, laquelle, action­née par un moteur, pous­sera la nour­ri­ture vers la mangeoire. Les corvi­dés sont carni­vores et appré­cient parti­cu­liè­re­ment les croquettes pour chat, notre choix.

La vis sans fin est une mèche à bois à spirale unique, de diamètre légè­re­ment supé­rieur au double de celui des croquettes. De longueur supé­rieure à celle de la base de la trémie, d’un cm mini­mum du côté mangeoire, quelques centi­mètres de l’autre pour fixa­tion au moteur. Vu l’usage qui en sera fait, les moins chères feront l’af­faire (en neuf : prévoir 7–8 €).

Le moteur choisi dispose d’un couple assez puis­sant puisqu’il s’agit d’un moteur de tour­ne­broche de barbe­cue alimenté par pile 2×1,5V. On pourra l’ali­men­ter sans risque en 5V car il fonc­tion­nera par inter­mit­tence et durant un bref instant (quelques secondes). Avan­tage : très peu cher, très puis­sant. Incon­vé­nient majeur : très bruyant il effraye les oiseaux. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons ajouté une mangeoire spéci­fique pour récom­pen­ser les oiseaux.

Nous avons utilisé une autre réserve de nour­ri­ture que nous appel­le­rons réserve à récom­pense. C’est à celle-ci que les corvi­dés auront accès pour être récom­pen­sée. En effet, celle décrite ci-dessus ne permet­tait pas de récom­pen­ser les oiseaux de manière satis­fai­sante : trop bruyante, peu précise et au temps de réponse un peu long.

Réserve de récom­pense : celle-ci est obte­nue par un lecteur de CD pour ordi­na­teur. Tout un chacun peut en récu­pé­rer un d’oc­case pour une poignées d’€, voire gratui­te­ment. Il suffira de le dépouiller de tout ce qui est inutile (vidéo et expli­ca­tion à venir). Les corvi­dés à récom­pen­ser mange­ront direc­te­ment dans la réserve, une fois sa porte ouverte.

La réserve de déchets : dans notre cas, nous nous limi­te­rons aux canettes métal­liques de bois­sons stan­dard de 33 cl. L’objec­tif est de faire tomber régu­liè­re­ment une canette sur la mangeoire d’ap­pren­tis­sage, laquelle aura été préa­la­ble­ment alimen­tée en nour­ri­ture.

Elles seront dispo­sées tout au long d’une spire telle celle qui distri­bue les canettes dans les distri­bu­teurs auto­ma­tiques de bois­sons. La fabriquer n’est pas évident (me contac­ter) à moins que vous ayez accès à une impri­mante 3D.

Le(s) circuit(s) infor­ma­tique(s) et élec­tro­niques :

Ceux-ci ne posent aucun problème ni de fabri­ca­tion, ni d’en­com­bre­ment, ni de fixa­tion. Juste un problème de coût. Ils sont compo­sés d’une carte type Arduino Uno (micro­con­trô­leur program­mable en « langage C »), d’une carte d’ali­men­ta­tion de puis­sance des moteurs, de quelques câbles (USB, . . . ) et fils élec­triques ordi­naires. L’uti­li­sa­tion des mini unités centrales Rasp­berry Pi sont égale­ment envi­sa­geables (me contac­ter).

Les action­neurs (trois moteurs + un option­nel)

Ils action­ne­ront respec­ti­ve­ment :

  • la vis sans fin d’ali­men­ta­tion en nour­ri­ture de la mangeoire ;
  • la spirale héli­coï­dale de dépôt de canettes sur la mangeoire ;
  • la trappe d’ac­cès à la mangeoire-récom­pense.

Un quatrième moteur, option­nel, sert unique­ment à obtu­rer le récep­tacle à déchets lorsque le dispo­si­tif n’est pas opéra­tion­nel (plus de récom­pense, dysfonc­tion­ne­ment du détec­teur, panne d’ali­men­ta­tion, . . . ). L’ob­tu­ra­teur peut donc être mis en place manuel­le­ment.

Il y aura très proba­ble­ment des soudures à effec­tuer pour raccor­der ces action­neurs au circuit de commande. Un fer à souder d’élec­tro­ni­cien est  donc à prévoir.

Le capteur

Il permet de détec­ter la chute d’un déchet dans le récep­tacle ad hoc.

Notre choix : nous avons récu­péré un inter­rup­teur bascu­lant. Sur la tige permet­tant de l’ac­tion­ner nous avons soli­da­risé une boucle métal­lique qui sera placée hori­zon­ta­le­ment et centrée sur le centre du trou qui mène au récep­tacle de sorte qu’une canette la bascu­lera inévi­ta­ble­ment vers la posi­tion verti­cale afin de pour­suivre sa chute vers le bas.

L’ali­men­ta­tion élec­trique

Un transfo 220V/5V est l’idéal. À défaut, une batte­rie 5V dont la capa­cité dépen­dra avant tout de la fréquence de vos passages pour la rempla­cer par une rechar­gée. À moins d’en­vi­sa­ger une recharge à l’éner­gie solaire facile à mettre en œuvre sous réserve que le panneau photo­vol­taïque  puisse être suffi­sam­ment exposé au soleil. Le surcoût est tout à fait raison­nable. Si vous ne pouvez récu­pé­rer que des batte­ries de tension supé­rieure (9 ou 12 V), un petit montage simple permet d’ob­te­nir du 5V au prix d’une légère perte d’au­to­no­mie.

À l’ex­té­rieur de la boite mais fixée à elle, une plate­forme rectan­gu­laire va permettre d’ac­cueillir :

  • la mangeoire d’ap­pren­tis­sage d’un côté ;
  • la mangeoire de récom­pense de l’autre ;
  • le récep­tacle à déchets : disposé sous la plate­forme, les déchets passe­ront au travers d’un trou situé entre les deux mangeoires précé­dentes ;

Des canettes seront égale­ment dispo­sées sur cette plate­forme durant les phases d’ap­pren­tis­sage. Celles-ci, permet­tront de créer un conti­nuum spatial entre les canettes « mangeoire » et les canettes les plus proches délais­sées par nos congé­nères peu respec­tueux de la nature ! Elle est consti­tuée d’une simple planche reliée à la boite au moyen d’équerres et dont le pour­tour sera borduré pour éviter que le vent ou les corvi­dés ne fassent tomber les canettes en dehors en contre­bas.

Décri­vons ces éléments (voir aussi les photos repor­tées en fin de l’ar­ticle)

La mangeoire d’ap­pren­tis­sage

Il s’agit ici de la mangeoire d’ap­pren­tis­sage. C’est là que l’oi­seau vien­dra dans un premier temps et par l’odeur allé­ché, manger gratui­te­ment des croquettes (ou caca­huètes). C’est légè­re­ment au-dessus de celle-ci que, dans un 2e temps, une canette en gênera l’ac­cès. L’oi­seau appren­dra vite à l’éva­cuer en la faisant tomber dans le récep­tacle à déchets, les trois autres côtés de la mangeoire ayant des bords trop élevés.

Notre choix : le boîtier du lecteur CD qui nous sert de réserve/mangeoire de récom­pense fait très bien l’af­faire au prix de quelques coups de scie (ou de cisaille) pour en réduire la taille et quelques pliages (avec une plieuse ou à défaut un simple étau d’éta­bli) pour la trans­for­mer en un bac à trois côtés de dimen­sions légè­re­ment supé­rieures à celle d’une canette 33 cl apla­tie. On peut dispo­ser un grillage pour sépa­rer de quelques centi­mètres la canette de la base de la mangeoire sur laquelle seront dépo­sées les croquettes rendues ainsi plus visibles : l’oi­seau pouvant voir les croquettes sous la canette, cela l’in­cite à éjec­ter cette dernière.

Voilà. Y a pu qu’à. Je complé­te­rais au fur et à mesure en fonc­tion des ques­tions qui seront postées en commen­taires. De nombreuses variantes sont possibles. Je n’ai pas mis de prix pour les éléments que vous ne pour­riez récu­pé­rer et devriez ache­ter. Ils peuvent en effet varier du simple au quadruple selon que vous les voulez tout de suite ou que vous accep­tez un délai de livrai­son d’un mois ou plus. Vous n’êtes pas sans savoir qu’en impor­tant direc­te­ment de Chine, via Aliex­press par exemple, plutôt que par Amazon/Ebay ou en allant dans un maga­sin, le prix – port inclus – est divisé par deux MINIMUM, et ce pour EXACTEMENT les mêmes produits (eh oui, nos distri­bu­teurs français se four­nissent eux aussi en Chine), voire plus pour des produits équi­va­lents d’une qualité suffi­sante pour l’usage que l’on va en faire. Si vous ne vous en sortez pas à moins de 100 €, c’est que quelque chose vous a échappé.

Vous pouvez même réduire consi­dé­ra­ble­ment le prix et le brico­lage, si vous êtes en mesure de rempla­cer l’au­to­mate en allant vous même régu­liè­re­ment dispo­ser des croquettes et des canettes sur la mangeoire d’ap­pren­tis­sage. En effet, la mémoire des corvi­dés (pie et corneille en tout cas) n’est pas celle que la croyance popu­laire prête au pois­son rouge. Autre­ment dit quelle que soit la fréquence de vos passages, l’oi­seau n’aura pas oublié ce qu’il aura déjà appris. L’ap­pren­tis­sage sera juste un peu plus long.

A vous de voir !

Prochain épisode : comment fabriquer une boîte d’imi­ta­tion.

Lorsque des corvi­dés auront appris le bon geste, les congé­nères voisins de la même espèce feront de même par simple imita­tion après les avoir obser­vés. Aussi, le proces­sus d’ap­pren­tis­sage ne sera pas néces­saire et les parties du dispo­si­tif corres­pon­dant, qui sont les plus déli­cats, seront inutiles : exit le distri­bu­teur de croquettes, exit le distri­bu­teur de canettes, exit les circuits les gérant.

J’en ai déjà construite une car, comme vous le savez, je dispose de pies ayant passé avec succès l’épreuve d’ap­pren­tis­sage. Prochai­ne­ment à l’es­sai, les connais­sances dont nous dispo­sons sur les capa­ci­tés d’imi­ta­tion des corvi­dés me permettent d’être très opti­miste sur les chances de succès.

Deux ques­tions subsistent :

  1. Quel sera le rythme de trans­mis­sion du savoir ?
  2. Quelle sera la distance maxi­male d’in­te­rac­tion entre les pies savantes et non savantes ?
  3. Quelle sera le rayon maxi­mal de collecte des canettes autour des dispo­si­tifs ?

Quelques photos (cliquez dessus pour les agran­dir)

Le détec­teur de déchetsLe capteur de déchet
La mangeoire d’ap­pren­tis­sage Mangeoire
L’ob­tu­ra­teur de récep­tacle à déchets

Visible à la partie supé­rieure de l’image derrière la plate­forme (en rouge) ou sur la photo suivante.

Vue d'ensemble de la plateformeà obtu­rer IMPERATIVEMENT lorsque le système n’est pas opéra­tion­nel : plus de récom­pense, dysfonc­tion­ne­ment du système de récom­pense ou du détec­teur.

Sans quoi l’oi­seau lors de son appren­tis­sage n’as­so­ciera pas la chute du déchet à l’ac­cès à la récom­pense et, si il est déjà condi­tionné, finira par se décou­ra­ger.

Vu d’en­semble des éléments exté­rieurs

de droite à gauche : la mangeoire d’ap­pren­tis­sage, le récep­tacle à déchet et son obtu­ra­teur, le mangeoire à récom­pense.

Vue d'ensemble des mangeoires et réceptacle

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