Blog_a_la_une_2015-11-10-16-01

Collecter les déchets grâce aux corvidés sauvages

Une vidéo avant de lire ? Cliquez ICI !

.   Ce bref billet a pour objet de soumettre à l’évaluation citoyenne le projet suivant :  faire réaliser par des corvidés (pies, corneilles, corbeaux) sauvages la collecte des déchets domestiques laissées dans la nature, telles les canettes qui jonchent les bords de route. Par cette collaboration pour laquelle ces corvidés seront récompensés, nous espérons redorer l’image des corvidés encore considérés comme nuisibles par nos institutions et nombre de nos congénères.

.   La faisabilité technique et éthologique étant acquise depuis juin 2015, n’hésitez pas à me faire part de vos critiques et commentaires. Et surtout, si vous souhaitez vous associer au projet, n’hésitez pas à m’écrire.

.   Ce projet, qui m’a été suggéré en 2013 par Sébastien Audibert, étudiant à l’Université de Lille1 où je suis enseignant-chercheur, a reçu le prix spécial du jury du concours Génération développement durable organisé par La Recherche  et l’Ademe. Cet étudiant avait été inspiré par Joshua Klein qui proposait de récompenser les corbeaux collectant des pièces de monnaie égarées. À ce jour, il semble cependant qu’aucune des trente « boite à corbeaux » vendues (Crow Box) par M. Klein n’ait obtenu de résultats probants.

Blog_a_la_une_2015-11-10-16-01Cliquez sur l’image pour télécharger la vidéo (format wmv, nov. 2014).

.   Sur la vidéo suivante, acquise le 24 juin 2015, on voit la pie saisir une canette située à environ 5 m du dispositif, l’y amener et la mettre dans le réceptacle avant d’aller se récompenser.

  • Au format wmv : Canette_prise_a_10_metres_2015-06-24
  • En streaming (Dailymotion) :


Canette_prise_a_5_metres_2015-06-24 par Christaufeuv

Mise à jour (1 juillet 2015) : la distance maximale de laquelle la pie a apporté une canette est 60 m.

Mise à jour (2 juillet 2015) : la pie a apporté une canette (25 cl) située un étage plus bas sur un appui de fenêtre. Cela signifie qu’elle a volé avec la canette pour atteindre le niveau supérieur.

Mise à jour (3 juillet 2015) : la pie a apporté la canette (33 cl) qui était au sol, soit 4 niveaux plus bas que le dispositif !

¨Prochaine étape : reproduire le dispositif en mode simplifié (détecteur/récompense) et placer ces exemplaires au voisinage de celui d’apprentissage. Les pies étant capables d’imiter leurs congénères, les phases d’apprentissage ne sont plus nécessaires : de proche en proche (quelle distance ?) les pies se communiqueront leur savoir.

Mise à jour (1er septembre 2015) : après 5 semaines de mise hors service du dispositif (désamiantage du bâtiment), la pie a déposé une canette moins d’une heure après sa remise en service.

Mise à jour (février 2015) : avant de disposer de boite d’imitation à proximité de la boite d’apprentissage, nous aimerions baguer les pies du voisinage pour mieux étudier le phénomène de propagation. Une demande d’autorisation de baguage est en cours auprès du CRBPO (MNHN). En attendant, nous disposons de canette sur la terrasse pour vérifier que la pie savante est toujours là.

En savoir plus :

9 réflexions sur “ Collecter les déchets grâce aux corvidés sauvages ”

  1. C’est une super idée. Pensez-vous que je puisse participer au test d’un dispositif que j’installerais chez moi, sachant qu’un champ jouxte ma propriété et que j’y vois souvent des corneilles, voire des corbeaux ?

  2. Les corvidés de corvée!
    Un animal de plus qui va bosser pour nous, pourquoi pas? Mais avec le bémol de l’établissement d’une dépendance à l’homme d’animaux sauvages. Est-ce que cette piste va donner d’autres idées du même cru? Aucun doute que cette approche recèle une excellente compétitivité.

  3. Oui en effet, Michel, bonne réserve : si l’expérience est appelée à devenir une application, il faudra étudier l’impact de ce nourrissage sur l’avenir de l’espèce (ici pica pica).
    Je ne suis pas éthologue et je cherche désespérement des éthologues francophones qui travaillent sur ces aspects et plus particulièrement sur les oiseaux.
    Cela étant la dépendance à l’homme d’animaux sauvages est loin d’être une première : pour n’en citer qu’un, notre rat brun (rattus norvegicus ou surmulot ou rat d’égouts) se nourrit quasi exclusivement de déchets anthropiques. Quelle différence à part qu’on n’a pas suscité ce comportement (parfois bien utile tel le désencombrement des égouts) ?
    Pourquoi qualifier ce mutualisme de « corvée » ? Un animal qui passe son temps à chercher sa nourriture ne réalise-t-il pas une « corvée ». Il existe par ailleurs une famille d’oiseaux qui naturellement rend service à l’homme en échange de nourriture. Il s’agit des indicatoridés qui indiquent aux humains – et autres animaux – l’emplacement de ruches. Ainsi, après passage de l’homme – ou d’autres prédateurs des abeilles – ils peuvent accéder à la ruche pour se nourrir de la cire et des larves.

  4. C’est très ingénieux !!! :)
    Dommage que l’on ne puisse pas plutôt dresser les pies à piquer les pollueurs dès qu’ils jettent un détritus !
    Bonne continuation.

    1. Ce serait en effet un excellent moyen de prendre le problème à la source.
      Merci pour le compliment mais, comme ce n’est pas écrit explicitement dans l’article, sachez que le projet a été inspiré par Josh Klein qui, soucieux de redorer le blason des corvidés (merci Hitchcock !!!!), propose une machine en kit (300 $) pour faire récupérer les pièces de monnaies perdues (nous sommes bien aux USA !!!). C’était en 2008 et pour l’instant, cela n’a hélas pas donné de résultats. Il est cependant très intéressé pour y reproduire notre expérience.

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