Archives pour la catégorie Liberté d’expression

Ce sont les musul­mans, les juifs, ou les deux qui amènent la merde en France ?

   D’où vient le problème de l’at­teinte à la laïcité, sinon des juifs ? On le dit, ça ? Eh bien moi, je le dis ! Je rêve ou quoi ? C’est ça notre problème actuel­le­ment, ce sont les juifs qui mettent en cause la laïcité ! Ce sont les juifs qui amènent la merde en France aujourd’­hui !

Avoue que, si tu me connais un tant soit peu, tu te dis : il déconne ou quoi ?

Conti­nuer la lecture

Char­lie à tout prix ? par Frédé­ric Lordon, 13 janvier 2015

Article repris du blog de Frédé­ric Lordon sur le site du Monde Diplo­ma­tique et publié ici pour d’éven­tuels commen­taires et débat.
Que vous ayez été Char­lie ou non, si vous êtes un défen­seur de la liberté d’ex­pres­sion, alors je vous invite à vous détour­ner des médias du complexe mili­ta­roin­dus­triel (Bouygues, Lagar­dère, Dassault, Bolloré, Roth­schild, ….) et de soute­nir des médias indé­pen­dants tel Le monde Diplo­ma­tique.
Bonne lecture et au plai­sir d’échan­ger via les commen­taires
Chris­tophe

===================
Ce texte est tiré d’une inter­ven­tion à la soirée « La dissi­dence, pas le silence ! », orga­ni­sée par le jour­nal Fakir à la Bourse du travail à Paris le 12 janvier 2015.
===================

Char­lie à tout prix ? par Frédé­ric Lordon.

Lorsque le pouvoir de trans­fi­gu­ra­tion de la mort, ce rituel social qui commande l’éloge des dispa­rus, se joint à la puis­sance d’une émotion commune à l’échelle de la société tout entière, il est à craindre que ce soit la clarté des idées qui passe un mauvais moment. Il faut sans doute en prendre son parti, car il y a un temps social pour chaque chose, et chaque chose a son heure sociale sous le ciel : un temps pour se recueillir, un temps pour tout dire à nouveau.

Mais qu’on se doive d’abord à la mémoire de ceux qui sont morts n’im­plique pas, même au plus fort du trau­ma­tisme, que toute parole nous soit inter­dite. Et notam­ment pour tenter de mettre quelque clari­fi­ca­tion dans l’inex­tri­cable confu­sion intel­lec­tuelle et poli­tique qu’un événe­ment si extrême ne pouvait manquer, en soi, de produire, à plus forte raison sous la direc­tion éclai­rée de médias qui ne loupe­ront pas une occa­sion de se refaire la cerise sur le dos de la « liberté d’ex­pres­sion », et de poli­tiques experts en l’art de la récu­pé­ra­tion.

Disons tout de suite que l’es­sen­tiel de cette confu­sion se sera concen­tré en une seule phrase, « Je suis Char­lie », qui semble avoir tout d’une limpide évidence, quand tant d’im­pli­cites à problème s’y trouvent repliés.

« Je suis Char­lie ». Que peut bien vouloir dire une phrase pareille, même si elle est en appa­rence d’une parfaite simpli­cité ? On appelle méto­ny­mie la figure de rhéto­rique qui consiste à donner une chose pour une autre, avec laquelle elle est dans un certain rapport : l’ef­fet pour la cause, le contenu pour le conte­nant, ou la partie pour le tout. Dans « Je suis Char­lie », le problème du mot « Char­lie » vient du fait qu’il renvoie à une multi­tude de choses diffé­rentes, mais liées entre elles sous un rapport de méto­ny­mie. Or ces choses diffé­rentes appellent de notre part des devoirs diffé­rents, là où, préci­sé­ment, leurs rapports de méto­ny­mie tendent à les confondre et à tout plon­ger dans l’in­dis­tinc­tion.

Char­lie, ce sont d’abord des personnes humaines, privées – par bonheur, on s’est aperçu rapi­de­ment que dire simple­ment « Char­lie » pour les rassem­bler faisait bon marché de deux poli­ciers, un agent de main­te­nance, un malheu­reux visi­teur de ce jour là, et puis aussi de cinq autres personnes, dont quatre juives, tuées les deux jours d’après. Sauf à avoir rompu avec toute huma­nité en soi, on ne pouvait qu’être frappé de stupeur et d’ef­froi à la nouvelle de ces assas­si­nats.

Mais l’émo­tion n’a été si consi­dé­rable que parce qu’il était percep­tible à tous que ce qui venait d’être attaqué excé­dait évidem­ment les personnes privées. Et voici donc le deuxième sens possible de « Char­lie » : Char­lie comme méto­ny­mie des prin­cipes de liberté d’ex­pres­sion, des droits à expri­mer sans craindre pour sa sécu­rité, tels qu’ils sont au cœur de notre forme de vie.

On pouvait donc sans doute se sentir Char­lie pour l’hom­mage aux personnes tuées – à la condi­tion toute­fois de se souve­nir que, des personnes tuées, il y en a régu­liè­re­ment, Zied et Bouna il y a quelque temps, Rémi Fraisse il y a peu, et que la compas­sion publique se distri­bue parfois d’une manière étrange, je veux dire étran­ge­ment inégale.

On pouvait aussi se sentir Char­lie au nom de l’idée géné­rale, sinon d’une certaine manière de vivre en société, du moins d’y orga­ni­ser la parole, c’est-à-dire au nom du désir de ne pas s’en lais­ser conter par les agres­sions qui entre­prennent de la nier radi­ca­le­ment. Et l’on pouvait trou­ver qu’une commu­nauté, qui sait retour­ner ainsi à l’un de ses déno­mi­na­teurs communs les plus puis­sants, fait une démons­tra­tion de sa vita­lité.

Mais les choses deviennent moins simples quand « Char­lie » désigne – et c’est bien sûr cette lecture immé­diate qui avait tout chance d’im­po­ser sa force d’évi­dence – quand « Char­lie », donc, désigne non plus des personnes privées, ni des prin­cipes géné­raux, mais des personnes publiques rassem­blées dans un jour­nal. On peut sans la moindre contra­dic­tion avoir été acca­blé par la tragé­die humaine et n’avoir pas varié quant à l’avis que ce jour­nal nous inspi­rait – pour ma part il était un objet de violent désac­cord poli­tique. Si, comme il était assez logique de l’en­tendre, « Je suis Char­lie » était une injonc­tion à s’as­si­mi­ler au jour­nal Char­lie, cette injonc­tion-là m’était impos­sible. Je ne suis pas Char­lie, et je ne pouvais pas l’être, à aucun moment.

Je le pouvais d’au­tant moins que cette formule a aussi fonc­tionné comme une somma­tion. Et nous avons en quelques heures basculé dans un régime de comman­de­ment insé­pa­ra­ble­ment émotion­nel et poli­tique. Dès ses premiers moments, la diffu­sion comme traî­née de poudre du « Je suis Char­lie » a fait irré­sis­ti­ble­ment penser au « Nous sommes tous améri­cains » du jour­nal Le Monde du 12 septembre 2001. Il n’a pas fallu une demi-jour­née pour que cette rémi­nis­cence se confirme, et c’est Libé­ra­tion qui s’est chargé de faire passer le mot d’ordre à la première personne du pluriel : « Nous sommes tous Char­lie » — bien­ve­nue dans le monde de l’una­ni­mité décré­tée, et malheur aux réfrac­taires. Et puis surtout célé­brons la liberté de penser sous l’écra­se­ment de tout dissen­sus, en mélan­geant subrep­ti­ce­ment l’émo­tion de la tragé­die et l’adhé­sion poli­tique impli­cite à une ligne édito­riale. Ceci d’ailleurs au point de faire à la presse anglo-saxonne le procès de se montrer hypo­crite et insuf­fi­sam­ment soli­daire (obéis­sante) quand elle refuse de repu­blier les cari­ca­tures. Il fallait donc traver­ser au moins une mer pour avoir quelque chance de retrou­ver des têtes froides, et entendre cet argu­ment norma­le­ment élémen­taire que défendre la liberté d’ex­pres­sion n’im­plique pas d’en­dos­ser les expres­sions de ceux dont on défend la liberté.

Mais cette unani­mité sous injonc­tion était surtout bien faite pour que s’y engouffrent toutes sortes de récu­pé­ra­teurs. Les médias d’abord, dont on pouvait être sûr que, dans un réflexe oppor­tu­niste somme toute très semblable à celui des pouvoirs poli­tiques dont ils partagent le discré­dit, ils ne manque­raient pas pareille occa­sion de s’en­ve­lop­per dans la « liberté de la presse », cet asile de leur turpi­tude. A l’image par exemple de Libé­ra­tion, qui orga­nise avec une publi­cité aussi osten­ta­toire que possible l’hé­ber­ge­ment de Char­lie Hebdo. Libé­ra­tion, ce rafiot, vendu à tous les pouvoirs tempo­rels, auto-insti­tué dernière demeure de la liberté d’ex­pres­sion ! — peut-être en tous les sens du terme d’ailleurs. Et combien de la même farine derrière Libé pour faire de la suren­chère dans le Char­lisme ?

« Si cet homme qui, dit-on, riait de tout reve­nait en ce siècle, il mour­rait de rire assu­ré­ment », écrit Spinoza dans une de ses lettres. Et c’est vrai qu’il y a de quoi rire long­temps à voir ainsi les organes de la soumis­sion à l’ordre social enton­ner avec autant de sincé­rité l’air de l’an­ti­con­for­misme et de la subver­sion radi­cale. Rire long­temps… enfin pas trop quand même, car il faudra bien songer un jour à sortir de cette impos­ture.

Ce sera sans l’aide du pouvoir poli­tique, qui n’a jamais inté­rêt au dessille­ment, et à qui l’union natio­nale a toujours été la plus fidèle des ressources. Union natio­nale, et même inter­na­tio­nale en l’oc­cur­rence, dont une version cara­bi­née nous aura été admi­nis­trée. Fallait-il qu’elle soit incoer­cible la pulsion récu­pé­ra­trice de François Hollande de se faire reluire à la tête de Paris « capi­tale du monde » pour convier, de proche en proche, jusqu’à Orban, Poro­chenko, et puis Neta­nyahu, Lieber­man, etc. de hautes figures morales, connues pour se parta­ger entre défen­seurs de la liberté de la presse et amis du dialogue inter­con­fes­sion­nel [1].

Par bonheur, il s’est déjà trouvé suffi­sam­ment de voix pour s’inquié­ter des usages, ou plutôt des mésusages, que ce pouvoir ne manquera pas de faire d’une mobi­li­sa­tion de masse qu’il s’em­pres­sera de consi­dé­rer comme un mandat.

Espé­rons qu’il s’en trou­vera égale­ment pour recom­man­der à quelques édito­ria­listes un court séjour en cellule de dégri­se­ment, et pour leur appor­ter le café salé. Dans la concur­rence pour être à la hauteur de l’His­toire, et même – pente aussi fatale que grotesque de l’in­for­ma­tion en continu – pour être les premiers à « annon­cer » l’His­toire, il était logique que tous criassent à l’His­toire et à l’His­to­rique à propos de la mani­fes­ta­tion d’hier. S’il est permis d’en rire, on dira que, histo­rique, elle l’a sans doute été sous quelque rapport, au moins pour être la première du genre où le comp­tage de la police avait une chance d’être supé­rieur à celui des orga­ni­sa­teurs. On ne sache pas cepen­dant qu’il soit resté grand-chose des mani­fes­ta­tions monstres de Carpen­tras et du 1er mai 2002, effu­sions collec­tives qui avaient déjà hysté­risé le commen­ta­riat, mais dont on doit bien recon­naître que la produc­ti­vité poli­tique aura été rigou­reu­se­ment nulle.

On aime­rait beau­coup qu’il en aille autre­ment cette fois-ci, mais on ne peut pas s’em­pê­cher de poser en toute géné­ra­lité la ques­tion de savoir s’il n’y a pas un effet de substi­tu­tion entre le degré de l’una­ni­mité et sa teneur poli­tique possible. Par construc­tion, arasant toute la conflic­tua­lité qui est la matière même de la poli­tique, la masse unie est tendan­ciel­le­ment a-poli­tique. Ou alors, c’est que c’est la Révo­lu­tion – mais il n’est pas certain que nous soyons dans ce cas de figu­re…

Il y aurait enfin matière à ques­tion­ner la réalité de l’« union natio­nale » qu’on célèbre en tous sens. Tout porte à croire que le cortège pari­sien, si immense qu’il ait été, s’est montré d’une remarquable homo­gé­néité socio­lo­gique : blanc, urbain, éduqué. C’est que le nombre brut n’est pas en soi un indi­ca­teur de repré­sen­ta­ti­vité : il suffit que soit excep­tion­nel­le­ment élevé le taux de mobi­li­sa­tion d’un certain sous-ensemble de la popu­la­tion pour produire un résul­tat pareil.

Alors « union natio­nale » ? « Peuple en marche » ? « France debout » ? Il s’agi­rait peut-être d’y regar­der à deux fois, et notam­ment pour savoir si cette manière de clamer la réso­lu­tion du problème par la levée en masse n’est pas une manière spécia­le­ment insi­dieuse de recon­duire le problème, ou d’en faire la déné­ga­tion. A l’image des domi­nants, toujours portés à prendre leur parti­cu­la­rité pour de l’uni­ver­sel, et à croire que leur être au monde social épuise tout ce qu’il y a à dire sur le monde social, il se pour­rait que les cortèges d’hier aient surtout vu la bour­geoi­sie éduquée contem­pler ses propres puis­sances et s’aban­don­ner au ravis­se­ment d’elle-même. Il n’est pas certain cepen­dant que ceci fasse un « pays », ou même un « peuple », comme nous pour­rions avoir bien­tôt l’oc­ca­sion de nous en ressou­ve­nir.

Il y a une façon aveu­glée de s’ex­ta­sier de l’his­toire imagi­naire qui est le plus sûr moyen de lais­ser échap­per l’his­toire réelle — celle qui s’ac­com­plit hors de toute fantas­ma­go­rie, et le plus souvent dans notre dos. Or, l’his­toire réelle qui s’an­nonce a vrai­ment une sale gueule. Si nous voulons avoir quelque chance de nous la réap­pro­prier, passé le temps du deuil, il faudra songer à sortir de l’hé­bé­tude et à refaire de la poli­tique. Mais pour de bon.

Notes

[1] Lire Alain Gresh, « D’étranges défen­seurs de la liberté de la presse à la mani­fes­ta­tion pour “Char­lie Hebdo” », Nouvelles d’Orient, 12 janvier 2015.

Conti­nuer la lecture

Action : soutien à un forum sur les instal­la­teurs de photo­vol­taïques

2 MARS 2013 :

 

Résumé des faits :
    Suite à une assi­gna­tion en justice, par un mysté­rieux Syndi­cat des Instal­la­teurs de Photo­vol­taïques Rési­den­tiel (aucun site web, aucune info le concer­nant en dehors de cette attaire) le forum Photo­vol­taïque est fermé depuis le 22 février 2013 et pour une durée indé­ter­mi­née.

    Les faits repro­chés concernent 6 messages sur les 200 000 du forum, mais visent des propos géné­raux ne visant aucun instal­la­teur de panneaux photo­vol­taîques en parti­cu­lier mais pour­raient faire juris­pru­dence et amener à l’ef­fa­ce­ment systé­ma­tique de toutes discus­sions sur les instal­la­teurs de photo­vol­taïques (même les demandes de conseils ou d’avis).

 

   Aussi je vous demande au nom de la liberté d’ex­pres­sion et des éner­gies renou­ve­lables, de signer la péti­tion de soutien . c’est là :

Non à la fermeture du forum Photovoltaïque