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Ce sont les musulmans, les juifs, ou les deux qui amènent la merde en France ?

   D’où vient le problème de l’atteinte à la laïcité, sinon des juifs ? On le dit, ça ? Eh bien moi, je le dis ! Je rêve ou quoi ? C’est ça notre problème actuellement, ce sont les juifs qui mettent en cause la laïcité ! Ce sont les juifs qui amènent la merde en France aujourd’hui !

Avoue que, si tu me connais un tant soit peu, tu te demandes : il déconne ou quoi ?

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Le fantasme de l’islamisation de la France

À ceux qui voient en tout immigré ou descendant d’immigré non européen, un musulman . . .

. . . et qui, percevant une augmentation de la « coloration » de notre population, en déduisent une « islamisation » de la France, laquelle serait en outre une menace.

Que disent les chiffres ?

    Un premier chiffre : 8 % des adultes de 18 à 50 ans se déclarent de religion musulmane, soit 2,1 millions de personnes.
Source :  » Trajectoires et Origines : Enquête sur la diversité des populations en France », p. 124, INED, octobre 2010).

Le fantasme de l'islamisation de la France

    Pour les sceptiques envers les statistiques officielles, selon l’IFOP, ce taux serait de 5,8% de la population des plus de 18 ans (source :  » ANALYSE : 1989-2011, Enquête sur l’implantation et l’évolution de l’Islam de France », p.4, IFOP, juillet 2011). Cette dernière enquête évaluant à 9% la part des plus de 55 ans dans la population musulmane (p. 5), ce chiffre de 5,8% est compatible avec le chiffre de 8% des 18-50 ans de l’enquête de l’INED (Rq : de nombreux immigrés « musulmans » retournent dans leur pays d’origine à l’occasion de leur retraite).

Le fantasme de l'islamisation de la France

    Nous constatons une répartition inégale sur le territoire. Inégalités liées à l’historique des bassins d’emplois des immigrés « musulmans » mais liées aussi à la politique du logement. De nombreuses villes ne respectent pas la loi SRU instituant une proportion de 20% de logements sociaux, les « musulmans » faisant plutôt partie des classes pauvres et modestes.

   Par conséquent, en terme de population religieuse, la population musulmane (8%) n’est pas plus une menace pour notre laïcité que la population catholique qui représente 43% de la population française de plus de 18 ans (cf. tableau 1 supra).

Comment donc une population religieuse aussi réduite pourrait constituer une menace ?

    Si vous préférez écouter que lire, je vous suggère ces deux vidéos de Raphaël Liogier, professeur à l’Institut d’Études Politiques d’Aix en Provence, auteur de l’ouvrage “Le mythe de l’islamisation” (2012) : une courte (8 min.) et une longue (26 min). Ou lire l’article « les paranos de l’islamisation » dans Politis ou encore l’avis de l’éditeur.

    Comme rappelé dans ces documents, d’un point de vue quantitatif, l’islamisation de la France n’est assurément pas en cours, et ce après 50 ans d’immigration « musulmane », importante et encouragée jusqu’en 1975, bien moindre et stable depuis.

    Ainsi de 2005 à 2010, le nombre d’entrées est stabilisé autour des 200.000 entrées (201.500 en 2010) auquel il convient de retrancher les sorties (126.500 en 2010), comme l’illustre le tableau ci-dessous.

Note : le nombre important d’immigrés quittant le territoire s’explique essentiellement par la forte proportion d’étudiants (32,4 % des entrées en 2010) et par le retour au pays pour la retraite, 40-50 ans après l’immigration massive des années 1960-70.

    Donc non seulement l’immigration globale s’est réduite mais en outre la part de l’immigration « musulmane » n’en représente plus qu’un bon tiers comme l’illustre le diagramme ci-dessous.

    L’ensemble des quatre pays à forte population musulmane (82 à 86 %), à savoir la Turquie, la Tunisie, le Maroc et l’Algérie représente 34,5% de l’immigration (2008). En rajoutant l’Afrique subsaharienne (9%), à forte proportion musulmane (80%), l’on arrive à 43%.

Une population « musulmane » stable, voire en diminution.

    La population « musulmane » en France ne peut donc pas s’accroître puisqu’on ne constate pas de conversions, que le flux migratoire « musulman » est stable et que le taux de natalité des immigrés « musulmans » rejoint rapidement celui de la population française.

    On peut même imaginer une réduction de la population « musulmane » dans la mesure où nombre de descendants d’immigrés « musulmans » quitte la religion musulmane au profit du christianisme ou d’aucune religion.

    C’est ce qu’atteste le tableau ci-dessous résumant la situation des quatre principales origines géographiques d’immigrés « musulmans ». Comme on le voit, il y a 10 à 20 % de musulmans de moins chez les descendants d’immigrés que chez les immigrés. En particulier, l’on constate une baisse d’environ 22% pour les trois principaux pays d’immigration « musulmane ».

Source : Trajectoire et Origines (TeO) : Enquête sur la diversité des populations de France, Ch. 16, p 125, INED-INSEE, 2008.

   Ces chiffres de l’INED-INSEE sont confirmés par l’enquête IFOP/La Croix qui atteste que 26% des descendants d’une famille musulmane se déclarent non musulmans (22%), d’une autre religion (1%) ou sans religion (3%) (source :  » ANALYSE : 1989-2011, Enquête sur l’implantation et l’évolution de l’Islam de France », p.7, IFOP, juillet 2011).

   De son côté le Pew Research Center, dans son rapport intitulé «Le futur de la population musulmane globale» (en anglais, 2011), se fondant sur les données du document cité ci-dessus  « Trajectoires et origines » ,  conclut que « pour la France, la projection basse pour 2030 tourne autour de 9,8 % de population de religion musulmane. Et autour de 10,9 % pour la projection haute, les variables essentielles étant le taux de fécondité et le rythme de l’immigration. ».   La projection haute conduit à une part de la population se déclarant musulmane très minoritaire (10,9%), bien inférieure à celle des chrétiens (45% en 2008).

Si la proportion de musulmans en France n’augmente pas, l’aspect qualitatif constituerait-il cette présumée islamisation de la France ?

    En attendant de plus amples développements, voir ce document, cette video et/ou ce livre. Du même auteur, lire l’article Le mythe de l’invasion arabo-musulmane (Raphaël Liogier, Mai 2014).

    Mais je me permets de douter d’un quelconque risque : en 1905, lorsque a été décidé la laïcité de la République Française, la proportion de catholiques en France représentait 90 % de la population.

     En outre, la multiplicité des courants musulmans en France bride toute possibilité d’organisation. D’ailleurs, n’assiste-t-on pas à des guerres entre populations musulmanes, essentiellement sunnites vs chiites, plutôt que vis à vis de  populations non musulmanes ?

    Si l’on établit le nombre d’établissements scolaires confessionnels rapportée à la population de la confession concernée (cf. 1er tableau ci-dessus) , on obtient :

  • 564 établissements de confession juive (282 établissements pour 0,5% de résidents français de 18 à 60 ans se déclarant de confession juive) ;
  • 197 établissements de confession catholique (8485 établissements pour 43% de catholiques) ;
  • 3,75 établissements de confession musulmane (30 établissements pour 8% de musulmans).

…………………

    Difficile d’en déduire une islamisation par l’enseignement, pas plus que par un présumé communautarisme d’ailleurs. Lire à ce propos l’article de janvier 2015 d’Olivier Roy : «La communauté musulmane n’existe pas»

    Une couverture de magazine telle celle de gauche ci-dessous laisse accroire une réalité qui n’est donc que pur fantasme. Celle de droite est un montage (il y en a d’autres ICI) afin de se rendre mieux compte de l’objectif stigmatisant de telles couvertures.

Actualisation (janvier 2015) : quelques courbes et données pertinentes sur le site du Monde : Petites et grandes erreurs factuelles d’Eric Zemmour sur l’immigration

Préjugés sur l’immigration

Les plus petits esprits ont les plus gros préjugés. »,
Victor Hugo, Océan, Tas de pierres, 1842.

Neuvième d’une série d’articles démontant les préjugés sur la pauvreté, l’assistanat, l’immigration, les Roms, les dépenses publiques, . . .

9) Sur l’immigration

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9-1) « L’immigration augmente d’année en année en France »

VRAI et FAUX ! Depuis 1975, le taux d’immigrés est quasi constant : 8,4 % en 2008  contre 7,4 % en 1975  (source: Évolution de la part des populations étrangères et immigrées en 2008,  INSEE).

Le solde migratoire (entrées – sorties) annuel est, en taux, le plus faible de l’U.E. (cf. 9.3). Il a varié selon une tendance baissière de 1,7 en 2004 à 0,7 en 2011 (source : 2e et 6e colonnes de ce tableau, INED 2011).

Si l’on ne tient compte que des entrées, la France compte parmi les pays dont le nombre d’entrées d’étrangers relativement à la population totale est le plus bas comme l’atteste le graphique ci-dessous.

Entrees_etrangers_-_pop_20_pays_en-2011_OCDE.jpg

9-2) « Si on renvoyait les étrangers1 dans leur pays, il y aurait moins de chômage en France »
ou
« Les étrangers prennent des emplois aux Français »
ou
« Les étrangers creusent le trou de la Sécurité sociale »

FAUX ! Globalement, la présence des populations de nationalité étrangère en France crée de la richesse et donc de l’emploi, grâce à l’apport de consommation, d’impôts et de cotisations (voir 9-6.). Les étrangers sont aussi consommateurs, ils créent une demande supplémentaire et des emplois. Les études montrent que les migrants arrivants créent leurs propres emplois.

« En imaginant une augmentation de 10 % du flux d’immigration au Royaume-Uni en 2007, le taux de chômage n’augmenterait alors que de 0,01 point au bout de 13 ans. » (source : Immigrés: une boîte à outils pour répondre à Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, Caroline Fourteau, mai 2011).

9-3) « La France est un des pays d’Europe qui accueille le plus d’immigrés »

FAUX ! En 2001, « avec un taux d’accroissement naturel de 4 pour 1000 et un taux d’accroissement migratoire de 1 pour 1000, la France est le pays d’Europe dont la croissance démographique annuelle dépend le moins de l’immigration ». 1 pour 1000 siginifie 0,1% de la population française ! Grosse catastrophe !!!

    Le solde migratoire (entrées – sorties) ne représente que 20 % de l’accroissement naturel de la population française. Il est en outre le PLUS FAIBLE de l’U.E..
En Allemagne, la totalité de l’accroissement de la population est due au solde migratoire, le solde naturel étant négatif !

   Source : « Cinq idées reçues sur l’immigration », tableau 2, p. 2, INED, 2004.

   Comme l’illustre le graphique ci-dessous, les autres pays d’Europe se trouvent entre ces deux extrêmes :

Bilan démographique Europe en 2001 en taux soldes naturel

   En 2009 et 2010, la situation n’avait pas changé pour la France.

   Comme indiqué dans le graphique ci-dessous (colonne de droite), en 2010, la part des personnes immigrées sur la population totale s’élevait à : Autriche : 16 %, Suède : 14 %, Espagne : 14 %, États-Unis : 13 %, Allemagne : 13 %, France : 11 %2, Pays-Bas : 10 %, Royaume-Uni : 10 %, Belgique : 9 %, Italie : 7 % (source : Le nombre et la part des immigrés dans la population : comparaisons internationales, Gilles Pison, INED, 2010).

Taux-immigres-Monde---2000---2010---INED-2010.jpg

9-4) « Les familles immigrées font beaucoup plus d’enfants que les familles françaises natives »

Pas tant que cela ! « Dans la période 1991-1998, le nombre moyen d’enfants par femme était de 1,65 pour les seules françaises natives. Les femmes immigrées avaient en moyenne 2,2 enfants »  

Source : « Cinq idées reçues sur l’immigration », Population et sociétés, INED, 2004).

Voir également :  » Monde : existe-t-il un lien entre religion et nombre d ‘enfants par femme ? « 

9-5) « La France accueille toute la misère du monde », sous-entendu : « Ce sont les populations les plus pauvres qui immigrent en France »

FAUX ! « Dans l’ensemble, les migrants représentent par rapport aux non-migrants de la société d’origine une population sélectionnée : en meilleure santé, plus instruite, plus entreprenante, dotée d’un minimum de ressources »  (source : « Cinq idées reçues sur l’immigration », p. 4, Population et sociétés, N° 397, INED, 2004).

La part des immigrés diplômés de l’enseignement supérieur est passée de 12 à 25 % entre 1990 et 2007. La moyenne nationale est de 29 % (sources : « L’activité des immigrés en 2007 », INSEE et Immigrés: une boîte à outils pour répondre à Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, Caroline Fourteau, mai 2011).

9-6) « L’immigration coûte 48 milliards d’Euros à la France en prestations sociales »

VRAI ! Mais elle rapporte 60 milliards d’€ en impôts et cotisations sociales chaque année.

Sources : ministère de la Santé et des Affaires Sociales et étude de l’université de Lille-II de juillet 2010, et « Immigrés: une boîte à outils pour répondre à Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy« , Caroline Fourteau, mai 2011.

La population immigrée est en moyenne plus jeune et en bonne santé que les autres habitants de la France. Or dans les prestations sociales la maladie pèse 47 % et la retraite 31 % (les autres dépenses étant les allocations chômage, le RSA, les allocations logement et les allocations familiales). La population immigrée est donc une chance pour aider au paiement des retraites.

En moyenne, la contribution nette de chaque immigré (différence entre ce qu’il verse et ce qu’il reçoit en impôts et cotisations sociales) est de l’ordre de 1500 € par an.

Source : « Migrations et protection sociale : étude sur les liens et les impacts de court et long terme » , rapport pour la DREES-MIRe, auprès des Ministères du travail, du budget et de la Santé.

   « En l’absence de l’immigration, le besoin de financement de la protection sociale en France augmenterait de 2 points de Produit Intérieur Brut (PIB). » (source : Immigration : combien ça coûte, Xavier Chojnicki, Lille 2, laboratoires EQUIPPE et CEPII). 

Bien sûr, l’apport de l’immigration à notre pays ne saurait se limiter à cet aspect comptable : il est aussi et surtout humain, culturel, scientifique, artistique, etc.

9-7) « Les étrangers peuvent profiter facilement des minima sociaux »

FAUX ! Il faut être en possession d’un titre de séjour et d’une carte de travail depuis au moins cinq ans pour bénéficier du RSA si on est natif d’un pays extérieur à l’Union européenne.

9-8) « Les étrangers augmentent la délinquance »

FAUX ! 12,7 % du nombre de condamnés sont étrangers (source : ministère de la Justice), alors qu’ils représentent environ 8 % de la population française (cf. 9-3.). Quel écart trouverions-nous en fonction de critères sociaux et non nationaux ?

9-9) « Les immigrés provoquent la baisse des salaires des natifs »

FAUX ! A en croire cette étude de la banque de France, c’est le contraire. Extrait du résumé : «  Pour comprendre cette asymétrie et l’impact positif de l’immigration sur les salaires, nous explorons le lien entre immigration et distribution des natifs entre emplois « .

9-10) « Il y a 10 à 15 millions de musulmans en France »

FAUX !  En 2010, 2,1 millions des adultes de 18 à 50 ans (7,8% de cette tranche d’âges) se déclarait de confession musulmane (source :  » Trajectoires  et Origines Enquête sur la diversité des populations en France« , p124, INED, octobre 2010).  Si l’on extrapole ce taux à toute la population – donc également les enfants de 0 à 18 ans ! – cela fait 5,1 millions d’individus.

Pour les sceptiques envers les statistiques officielles, selon l’IFOP le taux serait de 5,8% de la population des plus de 18 ans soit 3,5 millions (source :  » ANALYSE : 1989-2009, Enquête sur l’implantation et l’évolution de l’Islam de France », p.4, IFOP, aout  2009).

On retrouve ces chiffres dans l’article wikipedia L’islam en France.

  Pour aller lus loin sur la question de l’immigration  :

Trois petits films d’animation de deux minutes !

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1. Dans la définition de l’ONU, un immigré est une personne née en dehors du territoire concerné. Cela inclut donc les Français nés à l’étranger. En réalité, dans le sens commun adopté par l’INSEE, un immigré est une personne née étrangère à l’étranger.

2. En incluant les Français nés à l’étranger, comme l’ONU le préconise dans ses calculs. La part des immigrés de nationalité étrangère s’élève à 8 % (chiffre présenté par l’INSEE).

Préjugés sur l’islamisation de la France

  À ceux qui voient en tout immigré ou descendant d'immigré non européen, un musulman . . .

  . . . et qui, percevant une augmentation de la "coloration" de notre population, en déduise une "islamisation" de la France, laquelle serait en outre une menace. Aussi voyons d'abord les chiffres.

   Un premier chiffre : 8 % des adultes de 18 à 50 ans se déclarent de religion musulmane, soit 2,1 millions de personnes (source : " Trajectoires  et Origines Enquête sur la diversité des populations en France", p. 124, INED, octobre 2010).

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   Pour les sceptiques envers les statistiques officielles, selon l'IFOP, ce taux serait de 5,8% de la population des plus de 18 ans (source : " ANALYSE : 1989-2011, Enquête sur l’implantation et l’évolution de l’Islam de France", p.4, IFOP, juillet  2011). Cette dernière enquête évaluant à 9% la part des plus de 55 ans dans la population musulmane  (page 5), ce chiffre de 5,8% est compatible avec le chiffre de 8% des 18-50 ans de l'enquête de l'INED (Rq : nombre d'immigrés "musulmans" retournent dans leur pays d'origine à lo'ccasion de leur retraite).

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    Nous constatons une répartition inégale sur le territoire. Inégalités liées à l'historique des bassins d'emplois des immigrés "musulmans" mais liées aussi à la politique du logement. De nombreuses villes ne respectent pas la loi SRU instituant une proportion de 20% de logements sociaux, les "musulmans" faisant plutôt partie des classes pauvres et modestes.  

   Par conséquent, en terme de population religieuse, la population musulmane (8%) n'est pas plus une menace pour notre laïcité que la population catholique qui représente 43% de la population française de plus de 18 ans (cf. tableau 1 supra).

   Comment donc une population religieuse aussi réduite pourrait-elle constituer une menace ?

   Si vous préférez écouter que lire, je vous suggère ces deux vidéos de Raphaël Liogier, professeur à l’Institut d'Études Politiques d’Aix en Provence, auteur de l'ouvrage “Le mythe de l’islamisation” (2012)une courte (8 min.) et une longue (26 min). Ou lire l'article "les paranos de l'islamisation" dans Politis ou  encore l’avis de l’éditeur.

   Comme rappelé dans ces documents, d'un point de vue quantitatif, l'islamisation de la France n'est assurément pas en cours, et ce après 50 ans d'immigration "musulmane", importante et encouragée jusqu'en 1975, bien moindre et stable depuis.

   Ainsi de 2005 à 2010, le nombre d'entrées est stabilisé autour des 200.000 entrées (201.500 en 2010) auquel il convient de retrancher les sorties (126.500 en 2010), comme l'illustre le tableau ci-dessous.

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Note :   le nombre important d'immigrés quittant le territoire s'explique essentiellement par la forte proportion d'étudiants (32,4 % des entrées en 2010) et  par le retour au pays pour la retraite, 40-50 ans après l'immigration massive des années 1960-70.

 

   Donc non seulement l'immigration globale s'est réduite mais en outre la part de l'immigration "musulmane" n'en représente plus qu'un bon tiers comme l'illustre le diagramme ci-dessous.

   L'ensemble des quatre pays à forte population musulmane (82 à 86 %), à savoir la Turquie, la Tunisie, le Maroc et l'Algérie représente 34,5% de l'immigration (2008). En rajoutant l'Afrique subsaharienne (9%),  à forte proportion musulmane (80%), l'on arrive à 43%.

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Une population "musulmane" stable, voire en diminution.

  La population "musulmane" en France ne peut donc pas s'accroitre puisqu'on ne constate pas de conversions, que le flux migratoire "musulman" est stable et que le taux de natalité des immigrés "musulmans" rejoint rapidement celui de la population française.

  On peut même imaginer une réduction de la population "musulmane" dans la mesure où nombre de descendants d'immigrés "musulmans" quitte la religion musulmane au profit du christianisme ou d'aucune religion.

  C'est ce qu'atteste le tableau ci-dessous résumant la situation des quatre principales origines géographiques d'immigrés "musulmans". Comme on le voit, il y a 10 à 20 % de musulmans de moins chez les descendants d'immigrés que chez les immigrés. En particulier, l'on constate une baisse d'environ 22% pour les trois principaux pays d'immigration "musulmane".

Transmission taux musulman selon pays origine

  Si la proportion de musulmans en France n'augmente pas, l'aspect qualitatif constituerait-il cette présumée islamisation de la France ? 

   En attendant de plus amples développements, voir le doc suggéré ci-dessus, video et/ou livre.

   Mais je me permets de douter d'un quelconque risque : en effet en 1905, lorsqu'a été décidé la laïcité de la République Française, la proportion de catholiques en France représentait 90 % de la population.

   En tous les cas, une couverture de magazine telle celle de gauche ci-dessous laisse accroire une réalité qui n'est que pur fantasme. Celle de droite est un montage (il y en a d'autres ICI) afin de se rendre mieux compte de l'objectif stigmatisant de telles couvertures.

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 Couverture originale  Montage

Actualisation (janvier 2015) : quelques courbes et données pertinentes sur le site du Monde   : Petites et grandes erreurs factuelles d'Eric Zemmour sur l'immigration

 

Taux d’immigrés à terme dans une population

Évolution du taux d’immigrés dans une population donnée en fonction du solde migratoire annuel

Un jour quelqu’un m’a dit, si le solde migratoire (nombre d’immigrés entrant moins le nombre d’immigrés sortant) annuel d’un pays est de 0,5%, c’est à dire 5 immigrés en plus pour 1.000 habitants alors, après 20 ans il y aura 10% d’immigrés et après 100 ans 50%. C’est évidemment FAUX, ARCHI FAUX !

Prenons le cas de la France : en 2001, le solde migratoire annuel était de 0,1% tandis que le solde démographique naturel (naissances – décès sur le sol français) annuel de 0,4 %. Source : INED, voir lien sur le point 9.3 de l’article Préjugés sur l’immigration.

Considérons également que le taux de mortalité des immigrés (eh oui, les immigrés ne sont pas immortels !) est le même que celui de la population française, soit 0,086%. Ce qui signifie que le taux de natalité est de 0,126%.

On aboutit alors, par des calculs année après année, à un taux d’immigrés dans la population française se stabilisant à 7,35% au bout de 4 siècles (1,20% après 20 ans, 3,09% après 40 ans, 5,47% après un siècle, … )

Si l’on prend la situation de l’année 2003,  la plus « défavorable » des années de 2003 à 2011 (solde naturel : 0,35%, solde migratoire 0,17%. Source : cette page de l’INED, plus disponible. ), l’on trouve une valeur finale de 12%. Si l’on prend les valeurs de la période 2010-2015 (soldes naturel et migratoire resp. de 0,34% et 0,21%. Source : cette page de l’INED ), on trouve une valeur finale de 14,3%. En 2013, le taux constaté était de 11,6%.

Vous pouvez télécharger le tableur qui l’établit (paramétrable) : cliquez ICI.

 On peut également établir cette limite par calcul formel (cf. ci-dessous).

    Un dernier mot pour ceux qui voient en tout immigré ou descendant d’immigré non européen, un musulman :

   7,8% des adultes de 18 à 50 ans , soit 2,1 millions de personnes, se déclaraient de confession musulmane en France ! (source :  » Trajectoires  et Origines Enquête sur la diversité des populations en France », p. 124, INED, octobre 2010).

   Pour les sceptiques envers les statistiques officielles, selon l’IFOP le taux serait de 5,8% de la population des plus de 18 ans (source :  » ANALYSE : 1989-2011, Enquête sur l’implantation et l’évolution de l’Islam de France », p.4, IFOP, juillet  2011).

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On retrouve ces chiffres dans l’article wikipedia : L’islam en France.

Sur la présumée islamisation de la France, j’en parle ici : Préjugés sur l’islamisation de la France.

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Calcul formel du taux d’immigrés à terme.

Rappelons d’abord quelques définitions :

  • Immigré (selon l’ONU) : il s’agit de toutes les personnes nées en dehors du territoire français et qui entre sur le sol français. Cela inclut donc les français nés à l’étranger (droit du sang) ;
  • Non-immigré : sont non-immigrés les personnes nées sur le sol français, que leurs deux parents soient immigrés ou non (droit du sol) ;
  • Population française : ensemble des immigrés et des non-immigrés vivant à un moment donné sur le territoire français;

Adoptons les notations suivantes :

  • P(t) : population française (non immigrés + immigrés) à l’année t
    I(t) : population immigrée en France à l’année t
    n : taux de natalité (en %)
    d : taux de mortalité (en %)
    i : taux migratoire (en %), solde migratoire rapporté à la population française) ;
    r : taux d’immigré dans la population française (en %)

On a alors, à l’année t+1 :

  • Population française : P(t+1) = P(t)*[ (1+n)*(1-d) + i ] ; // Naissances + nouveaux immigrés – décés ;
  • Population immigrée : I(t+1) = I(t)*(1-d) + P(t)*i ; // Immigrés présents moins ceux qui décèdent durant l’année + nouveaux immigrés ;

On suppose que le taux d’immigrés r, soit I/P, est constant.

Alors : r = I(t+1)/P(t+1) = (r*(1-d)+i) / [(1+n)*(1-d)+i]

D’où : r = i / [n*(1-d)+i]

Exemple (valeurs françaises pour 2001 et considérées constantes par la suite :

n = 1.26%, d = 0.86% (donc accr = 0.4%) et i = 0.1%

On trouve un taux de 7,36% d’immigrés dans la population

C’est la valeur ainsi calculée et affichée en haut à droite du tableur téléchargeable ci-dessus, valeur identique à celle trouvée par calcul itératif (cf. dernières lignes du tableur).