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Les Pays-Bas et les gaz à effet de serre du secteur auto­mo­bile

Cet article fait partie d’une série d’ar­ticles autour de l’uti­lité ou la néces­sité d’un signal prix élevé pour réduire dras­tique­ment la circu­la­tion auto­mo­bile. Eu égard à l’im­por­tance de la part des émis­sions de gaz à effet de serre dues à l’uti­li­sa­tion de l’au­to­mo­bile, une réduc­tion dras­tique est en effet néces­saire pour atteindre l’objec­tif du facteur 4 (réduc­tion par 4 des émis­sions de gaz à effet de serre des pays dit indus­tria­li­sés d’ici 2050).

Les neufs pays sur laquelle nous portons notre atten­tion sont les trois pays scan­di­naves (Dane­mark, Norvège, Suède), la Finlande et les Pays-Bas, tous répu­tés « écolos » ainsi que les trois grands pays euro­péens : Alle­magne, France et Grande-Bretagne.

En atten­dant de plus amples inves­ti­ga­tions sur le cas néer­lan­dais, je vous propose cet article d’At­tac Lille : Une autre monde est possible : étude de cas aux Pays-Bas.

Cet article ne répond hélas pas à la ques­tion suivante : pourquoi la part du diesel reste faible dans ce pays alors que le diffé­ren­tiel de coût des carbu­rants est aussi impor­tant qu’en France, cham­pionne du monde du diesel ? Une réelle aver­sion pour les parti­cules fines émis par les diesels ?

Bonne lecture.

50% de nucléaire en 2025 en France ou pourquoi ce qui est (tech­nique­ment et socia­le­ment) faisable en Alle­magne ne le serait pas en France ?

L’Al­le­magne – suite à l’ac­ci­dent de Fuku­shima – a arrêté subi­te­ment en 2011 HUIT réac­teurs.

La France, six ans après, n’en toujours pas fermé un seul.

L’Al­le­magne aura fermé 17 réac­teurs entre 2011 et 2022, soit en 11 ans.
La France, selon un rapport de la Cour des comptes de 2016 (page 25) doit procé­der à la ferme­ture de 17 à 20 réac­teurs d’ici 2025, soit en 8 ans (c’était 13 ans en 2012 sous Hollande) !

En Alle­magne, les huit réac­teurs qu’il reste à fermer ont été raccor­dés au réseau entre 1987 et 1989 et sont d’une puis­sance 1300–1400 MWe (brut).
En France 21 réac­teurs de 900 MWe encore en fonc­tion­ne­ment ont été raccor­dés au réseau avant 1982 (voir image ci-dessous).

En Alle­magne auront donc été retran­chés du réseau 20,5 GWe  en 11 ans.
En France, il faudrait retran­cher du réseau entre 17–18 GWe pour 17–20 réac­teurs en 8 ans (2025. Initia­le­ment c’était en 13 ans lors de la promesse élec­to­rale de F. Hollande).

Avec des réac­teurs plus vieux repré­sen­tant une puis­sance sensi­ble­ment moindre, on est donc – en France – tout à fait dans le même ordre de gran­deur.
Rappe­lons, que l’Al­le­magne n’a pas vu pour autant ses émis­sions de GES augmen­ter depuis 2011 et que la part du char­bon y a bais­ser (voir par exemple ICI, jan. 2017).

Post scrip­tum : comme l’on entend encore, fin 2017, que l’Al­le­magne relance sa consom­ma­tion de char­bon parce qu’elle sort du nucléaire, cet article du Monde de janvier 2017 remet les pendules à l’heure. Le second graphe de cet article – repro­duit ci-dessous – se suffit à lui même :  la part du char­bon dans la produc­tion d’élec­tri­cité – qui dimi­nue –  dimi­nue aussi ! Le court rebond entre 2010 et 2013 ayant plus à voir avec les cours du gaz et du char­bon sur les marchés que la ferme­ture en 2011 de huit réac­teurs nucléaires. La part du char­bon est en 2016 infé­rieure à celle de 2011 : 40,1% versus 42,9%.

L’Al­le­magne ferme huit réac­teurs du jour au lende­main quand la France met 10 ans pour ne pas en fermer un seul !

Pourquoi la France, 6 ans après l’ac­ci­dent de Fuku­shima, n’ar­rive pas à fermer UN seul réac­teur nucléaire sur 58 alors que l’Al­le­magne en a fermé NEUF sur 17 dans le même temps dont HUIT  du jour au lende­main et ce sans augmen­ter ses émis­sions de gaz à effet de serre ?

En quelques lignes, inven­taire du contexte écono­mique et social, lequel influe indu­bi­ta­ble­ment sur les marges de manœuvre de l’ac­tion poli­tique.  D’autres multiples raisons telles l’his­toire et la culture, sur lesquelles est fait l’im­passe ici, complètent proba­ble­ment les expli­ca­tions. Conti­nuer la lecture