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LA TÉLÉ EN TOUS LIEUX ET À TOUTE HEURE

La Télé et les écrans en général : des faits , rien que des faits !

Extraits du livre TV lobotomie
CHAPITRE I
LA TÉLÉ EN TOUS LIEUX ET À TOUTE HEURE

« La télévision n’exige du spectateur qu’un acte de courage – mais il est
surhumain -, c’est de l’éteindre. »
, Pascal Bruckner, philosophe [161].

« La décision importante consiste à savoir si l’on a une télévision ou pas,
si l’on expose les enfants à presque tout ce que la télévision offre, ou à rien du tout. »,
Qoshua Meyrowitz, professeur de communication à l’université du New Hampshire [162]

« Alors que jusqu’à maintenant, la télévision enchaînait son spectateur [… ]. elle l’accompagnera demain partout où il ira », François Lost, spécialiste des médias, professeur à l’Université de Paris 3-Sorbonne [60]

Cet article est à relier à mon article chapeau TV LOBOTOMIE qui présente le livre éponyme de Pascal Desmurget. Le chapitre II, « LA TÉLÉ ÉTOUFFE L’INTELLIGENCE « , est résumé dans cet autre article.

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TV Lobotomie : LA TÉLÉ ÉTOUFFE L’INTELLIGENCE

 La Télé et les écrans en général : des faits , rien que des faits !

Extraits du livre TV lobotomie
CHAPITRE IlLA TÉLÉ ÉTOUFFE L’INTELLIGENCE

 » Pour écouter TF1 il n’y a pas besoin de cerveau, un tube digestif suffit. « , Didier Daeninckx, écrivain [320].

« Le nombre important d’enfants mauvais lecteurs inquiète à juste titre enseignants et parents. Mais curieusement, on attribue à l’école la seule responsabilité de cet état de fait. Pour ne pas mettre en cause la télévision, on a paradoxalement attribué l’échec aux méthodes traditionnelles d’enseignement de la lecture », Liliane Lurçat, docteur en psychologie, directeur de recherche honoraire au CNRS [25].

«  » On leur donne ce qu’ils veulent  » disent-ils en chœur. Traduisez :  » Ce n’est pas de notre faute s’ils sont aussi débiles. », Alain Bemolila, linguiste, professeur d’université [54]

Cet article est relié  à l’article TV LOBOTOMIE

Cette fois c’est sûr, le niveau baisse

  • En 1987, 87% des élèves conjuguaient correctement le verbe « tombait » dans la phrase « le soir tombait » ; en 2007, ils n’étaient plus que 63 % des élèves [352] ;

  • 45 % des élèves de seconde sont incapables d’exprimer à la troisième personne du pluriel des verbes initialement conjugués au passé simple à la troisième personne du singulier (il ouvrit => ils ouvrirent ; il laissa => ils laissèrent), 85 % de ces mêmes élèves sont inaptes à trouver le sujet du verbe travailler dans la phrase « devant les rangées des machines où travaillaient un grand nombre d’hommes », 60 % de ces élèves (toujours eux) ne savent pas définir une « chaîne » de montage [345] ;

  • 25 % des étudiants en lettres (!) ne maîtrisent pas le terme xénophobie [333, 334] ;

  • Pour nombre de (vrais) spécialistes, l’aptitude de la nouvelle génération à trouver de l’information sur la Toile est passablement limitée [395] et croire que les jeunes sont experts en ce domaine serait même un « mythe dangereux »[391] ;

  • En 1re S, un grand nombre d’élèves ne connaissent pas la différence entre « or » et « donc » [345] ;

Au sujet des présumées capacités de « multitasking » de nos jeunes :

  • Une bonne partie des ressources cérébrales est happée, non par la réalisation de la tâche, mais par la gestion du processus de « multitasking »  [414, 415] ;

  • Les mécanismes d’apprentissage et de mémorisation sont altérés, au niveau neuronal le plus basique, lorsqu’un sujet doit jongler entre deux tâches simples [417] ;

  • Les « multitaskeurs » développent, sur le long terme, de sérieux troubles de l’attention, une grande distractibilité et, de manière assez inattendue, une moindre capacité à jongler entre plusieurs tâches cognitives [418] ;

  • La réalisation de devoirs scolaires est largement dégradée, tant au niveau du temps passé que du degré d’exactitude, chez des élèves de 14 ans lorsque ceux-ci œuvrent avec une télévision allumée en arrière-plan [419, 420, 421, 422] ;

  • Plusieurs voix se sont cependant élevées récemment pour évoquer aussi l’implication possible d’un autre facteur sur la baisse de niveau : la télévision [25, 29, 54, 65, 81] ;

Une entrave majeure à la réussite scolaire

  • L’effondrement du SAT-Verbal (-10%), examen standard de compétence langagière d’entrée à l’Université aux Etats-Unis, reproduit, à une nécessaire période d’incubation près de 17-18 ans, la courbe de pénétration de la télévision sur le territoire américain [29] ;

  • Pour expliquer le phénomène d’effondrement du SAT verbal (cf. supra ), aucune autre hypothèse parmi les suivantes ne se révéla convaincante : moindre financement du système scolaire, incompétence croissante des enseignants, arrivée en masse d’étudiants issus des minorités noires et hispaniques, complexification de l’épreuve, etc. Aucune de ces propositions ne se révéla satisfaisante [362] ;

  • L’affirmation ci-dessus (effondrement du SAT-Verbal lié à l’apparition de la télé) est confirmé dans un énorme travail dont les racines remontent à l’année 1973 au Canada [425] ;

  • « Le temps passé par les enfants et adolescents américains à regarder la télévision est associé négativement avec leurs performances scolaires [… ] La qualité des mesures, la taille et l’exhaustivité des échantillons, ainsi que la cohérence des résultats rend cette conclusion irréfutable. » [429] ;

  • Au plan biologique, par exemple, il apparaît que la télévision agit négativement sur le temps et la qualité du sommeil [440, 441, 442, 443], ce qui a pour effet de perturber le fonctionnement cognitif [444] et donc en bout de chaîne la production scolaire [445]. Quand l’exposition audiovisuelle est réduite expérimentalement, le sommeil se régularise [440, 446], ce qui induit une normalisation du fonctionnement cognitif [444] et ultimement une optimisation de la performance académique [445] ;

Lien causal entre usage de la télévision et résultats scolaires :

  •  » Des recherches longitudinales ont permis d’établir l’existence d’effets lointains peu compatibles avec les thèses de causalités inverses [i.e. les mauvais résultats scolaires qui induisent un usage accru de la télé]. Précisons pour éviter toute ambiguïté que ces recherches reposent sur des procédures statistiques relativement complexes permettant d’identifier l’influence du facteur audiovisuel, indépendamment de la contribution d’autres covariables potentiellement agissantes (âge, sexe, statut socio-économique, QI, nombre de frères et sœurs, niveau d’éducation des parents, niveau scolaire au début de l’étude, etc). En d’autres termes, grâce à des traitements numériques adaptés, le rôle du facteur audiovisuel peut être isolé et, en quelque sorte, extrait de l’influence des autres facteurs causaux. Ce type d’approche a récemment permis de montrer qu’une forte consommation audiovisuelle en fin de maternelle prédisait des difficultés en lecture à l’entrée en CM2 [447]. Cette conclusion rejoint les résultats d’une autre étude ayant établi l’existence d’une relation significative entre le nombre d’heures passées devant le poste avant 3 ans et la réussite à des tests standardisés de lecture et de mémoire à 6-7 ans [233]. La même relation négative a été identifiée entre le niveau d’exposition télévisuelle enregistré à 29 mois et les aptitudes mathématiques démontrées à 10 ans [448]. Dans un autre travail particulièrement impressionnant, près de 1 000 individus furent suivis sur une durée de 2  ans [96]. Il fut alors montré que l’amplitude de la consommation télévisuelle infantile (5-11 ans) était significativement associée à la probabilité d’obtention d’un titre universitaire à l’âge adulte.

  • Un travail comparable mené sur près de 700 familles montra une relation similaire entre consommation télévisuelle adolescente (14 ans) et probabilité de posséder un diplôme post-baccalauréat à 33 ans [438]. Là encore, les substrats biologiques plausibles ne manquent pas pour expliquer ces phénomènes. Par exemple, il est établi que l’usage de la télévision altère lourdement le déploiement du langage [128, 129, 131, 133], le développement de l’intelligence formelle [406, 449] et le temps consacré au travail scolaire [192, 199, 438, 450 ]. « 

  • Des enfants de 8 ans n’ayant pas de télévision dans leur chambre présentent, par rapport à leurs congénères équipés, après prise en compte d’un grand nombre de covariables potentielles (niveau d’éducation des parents, langue parlée à la maison, sexe, âge de l’enfant, etc.), des performances supérieures de 21 % en lecture, 26  % en compétence verbale et 34 % en mathématiques. Soit, pour cette dernière discipline, une note de 12 au lieu de 9 sur 20  [200] ;

  • Chaque heure de télévision supplémentaire consommée à 2,5 ans se traduit par une chute de 6 % des compétences mathématiques de l’enfant à 10 ans [448] ;

  • L’addition ou la soustraction quotidienne d’une heure de télévision peut, après contrôle pour une large matrice de covariables sociodémographiques, psychologiques et personnelles, multiplier ou diviser par DEUX les risques d’échec scolaire [438] ;

  • Après ajustement pour les seuls QI et sexe , chaque heure de télévision consommée quotidiennement, en semaine, lorsque l’enfant est à l’école primaire, accroît de 43 % la probabilité de voir ce dernier quitter un jour le système scolaire sans la moindre qualification [96]. Lorsque sont pris en compte, outre le sexe et le QI, le statut socio-économique de la famille et l’existence potentielle de troubles précoces du comportement chez l’enfant, cette valeur de probabilité diminue pour tendre vers 34 %  ;

Effort, intelligence, lecture, langage, attention, imagination. Tous sont frappés

  • L’action délétère du poste de TV sur les devoirs ne fait plus guère de doute  [132, 192, 199, 245, 438, 450, 464] ;

  • Chaque heure consacrée, en semaine, à la télévision, dépouille le temps consacré aux devoirs de 14 % (4-6 ans) à 18 % (9-12 ans) [132] ;

  • Plusieurs études récentes montrent que plus un enfant regarde la télévision et moins il lit [185, 199, 243, 245, 246, 447, 450, 464, 469] ;

  • Après prise en compte d’un grand nombre de covariables sociodémographiques, psychologiques et personnelles (éducation des parents, revenus, structure familiale, ethnicité, etc.), que les gamins soumis à l’omniprésence audiovisuelle ont 3 fois plus de chances de ne pas savoir lire à la sortie du cours préparatoire ! [470] ;

  • On dispose d’un solide corpus expérimental montrant que le petit écran accroît l’impulsivité comporte- mentale et cognitive des enfants, tout en diminuant leur propension à la persévérance, leur appétence pour les tâches intellectuellement exigeantes et leurs capacités de concentration [29, 58, 65, 437, 450, 492, 493, 494] ;

  • Les élèves les plus téléphages sont invariablement identifiés comme les plus impulsifs et inattentifs par le corps enseignant [495, 496] ;

  • Une consommation cathodique précoce altérait profondément le développement des fonctions attentionnelles  [497, 498] ;

  • Chaque heure de programme non violent avalé quotidiennement avant 3 ans augmente de près de 75 % la probabilité d’occurrence de troubles attentionnels à 8 ans, après prise en compte d’un large spectre de covariables sociodémographiques, psychologiques et personnelles (âge, sexe, place dans la fratrie, lieu de résidence, éducation des parents, stimulation cognitive précoce, etc.) [499] ;

  • Chaque heure passée devant le poste entre 5 et 11 ans augmente de près de 50 % la probabilité d’apparition de troubles de l’attention à 13 ans, après prise en compte d’un grand nombre de covariables potentielles, dont l’existence d’éventuels déficits attentionnels initiaux [234] ;

  • Chaque heure passée devant le poste à 14 ans augmente de 44 % la probabilité d’apparition de troubles de l’attention à 16 ans, après prise en compte, parmi un large spectre de covariables, des éventuels déficits attentionnels initiaux [438] ;

  • L’existence de troubles attentionnels à 16 ans multiplie par presque 4 les risques d’échec scolaire, après prise en compte d’un grand nombre de covariables potentielles (âge, sexe, statut socio-économique, consommation audiovisuelle, etc.) [438] ;

  • le rôle central des formats audiovisuels rapides dans l’émergence de troubles attentionnels chez l’enfant et l’adolescent à été mis en évidence depuis plus de quarante ans [65, 305, 504, 505 ] ;

  • Il est désormais admis qu’il existe deux systèmes attentionnels distincts, portés par des circuits neuronaux différents et sollicités de manière soit automatique-exogène soit volontaire- endogène  [503, 506, 507, 508], l’exposition audiovisuelle aboutissant à hypertrophier le premier de ces systèmes, au détriment du second  ;

  • Au sujet de la série télé DragonBall Z : « Étant donné [que l’enfant] n’a pas compris les relations internes entres les éléments de l’intrigue du récit qu’il a vu à la télévision, et qu’il ne sait pas non plus situer dans le temps et dans l’espace les faits qui surviennent, ni leurs causes, il s’habitue à « penser horizontalement ». Cela veut dire qu’il se limite à un raisonnement par contiguïté et par analogie et lorsque les enfants ne comprennent pas la structure verticale du récit, ils finissent par donner une plus grande importance, non pas aux faits qui structurent l’intrigue, mais aux traits formels qui ont une saillance perceptive, même s’ils ne sont pas importants pour cette intrigue  […] Leur pensée, avec une telle influence, finit par s’alimenter uniquement de ce qui est immédiat, rapide.  […] Ils construisent ainsi un monde de pensée de l’immédiateté, dépendant de la perception et de l’émotion pures, qui leur servira de peu, par exemple, dans de nombreuses tâches scolaires qui requièrent précisément de dépasser la perception et d’utiliser la pensée verticale. En définitive, les séries [comme DragonBall Z], de plus en plus présentes dans la télévision actuelle, conduisent à disloquer la pensée de l’enfant dans la mesure où elles ne contribuent pas à construire de façon adéquate ses structures de connaissances et sa pensée narrative. Elles le font de façon fragmentaire et désarticulée » [264] ;

  • il est probable que l’influence de la télévision résonne avec le délaissement, déjà évoqué, de certaines pratiques intellectuellement structurantes, dont la lecture, le jeu ou lesdevoirs  [29, 132, 461, 463, 509] ;

  • Dans le même temps cependant, plus ces activités s’appauvrissent et plus la structuration de la pensée est remise en cause  [65, 406, 510, 513] ;

  • Au final, les enfants soumis à une présence audiovisuelle d’arrière-plan changeaient de jouets plus fréquemment, présentaient des schèmes ludiques moins riches, affichaient des plages de jeux raccourcies et se révélaient moins concentrés durant ces plages. De façon intéressante, nombre de travaux ont montré que ce genre d’altérations prédisait une évolution peu favorable du QI à long terme [515, 516] et se retrouvait couramment chez les enfants souffrant de retards cognitifs  [500, 517, 518, 519] ;

  • Lorsque le poste est allumé, les adultes sont moins enclins à interagir avec leurs rejetons et donc à enrichir les schèmes ludiques et langagiers de ces derniers [133, 134, 532] ;

  • Un bruit ambiant arythmique pouvait lourdement perturber le développement cérébral  [534, 535] ;

  • Des sujets de 2 ans et moins peuvent passer plus de 70  % de leur temps à fixer l’écran, en présence de contenus ad hoc  [130] ;

  • La proportion d’enfants de moins de 1 an exposés quotidiennement à la télévision a quasiment quadruplé depuis les années 90 pour atteindre aujourd’hui (2011) les 60 %  [185, 194] ;

  • Entre 0 et 2 ans, chaque heure quotidienne passée devant la télévision ampute la durée des interactions parents-enfants de 16 %, la durée des échanges entre enfants de la fratrie de 31 % et le temps consacré aux jeux créatifs (dessins, coloriage, poupée, petites voitures, utilisation de jouets, etc.) de 10 % [simple règle de 3 vis à vis de la durée éveillé disponible pour ces interactions/échanges/activités] ; ???

  •  » La télévision, une enseignante bien peu efficace en matière de langage. Son aptitude didactique exclut totalement les espaces phonologique et syntaxique  » en conclut l’auteur ;

  • L’encéphale ne s’organise pas en observant le réel, mais en agissant sur lui  [65, 528, 567, 568, 569] ;

  • Les jeunes enfants ne parviennent pas, même au niveau phonique le plus basique, à tirer profit des discours cathodiques, y compris si ces derniers y sont spécifiquement dédiés  [144, 585, 586, 587, 588] ;

  • Une heure d’écran «pédagogique » consommée quotidiennement entre 8 et 16 mois coûte aux enfants pratiquement 10  % de leur lexique!  [128] ;

  • 2 heures de télévision quotidienne  » tous publics  » aboutissent à multiplier par 3 la probabilité de voir apparaître des retards de développement du langage. Chez les sujets qui ont commencé à fixer la mire avant 1 an, le risque était multiplié par 6  [129] ;

  • Il a été mis en évidence une corrélation négative entre le degré de réussite à certains tests d’aptitude syntaxique et l’amplitude de la consommation audiovisuelle chez des enfants de 3-4 ans  [572] ;

  • Concernant les apprentissages des langues étrangères à l’aide de sous-titrages, les études ont montré que les sujets parvenaient à apprendre quelques mots mais échouaient lamentablement à acquérir la moindre compétence syntaxique  [590, 591] ;

  • L’aptitude didactique de la télévision se limite, dans le meilleur des cas, au champ lexical et à l’enseignement de quelques mots épars que l’enfant aurait pu apprendre infiniment plus vite et en bien plus grand nombre à travers de vrais échanges interpersonnels  [65, 572] ;

  • Des retards importants du développement linguistique et un lexique plus pauvre sont d’autant plus alarmantes que les dommages langagiers précoces sont à la fois préjudiciables au devenir des enfants et extrêmement difficiles à combler.  [592, 593] ;

  • « le niveau de maîtrise d’une langue dépend crucialement de son âge d’acquisition et contrairement aux affirmations des études plus anciennes, la décroissance des capacités d’apprentissage est constatée très tôt, dès les premières années de la vie » selon Ghislaine Dehaene-Lambertz et deux de ses collègues, spécialistes internationalement reconnus du développement linguistique  [594] ;

  • Quand le poste est allumé, que ce soit au premier ou second plan, l’enfant entend moins de mots, il s’exprime de façon plus parcimonieuse et plus brève et il prend part à un nombre plus limité d’échanges bilatéraux. • Or, le nombre de mots entendus et prononcés avant 3 ans est un indicateur majeur des performances linguistiques et cognitives à venir  [131, 133, 142, 602, 142, 143, 603] ;

  • Un enfant de moins de 4 ans entend chaque jour, en moyenne, 13 500 mots. Si la télévision reste allumée 4 heures dans le foyer, ce chiffre tombe aux alentours de 10 000 mots, soit une chute de 25%, quantitativement équivalente à la totalité des mots prononcés quotidiennement par le père en présence de son enfant  [133] ;

  • «  la pensée créative des enfants est plus stimulée ou moins inhibée par les médias sonores et écrits que par les médias audiovisuels  » selon l’étude de C. Meline  [606] ;

  • «  La télévision capture l’imagination mais ne l’affranchit pas. Un bon livre stimule et libère immédiatement l’esprit.  » selon Bettelheim  [610] ;

  • « Sachant que chaque heure de télévision consommée en semaine alors que l’enfant est à l’école primaire augmente de plus d’un tiers la probabilité de voir ce dernier quitter le système scolaire sans aucun diplôme [96], si l’on prend aujourd’hui, collectivement, des mesures pour diviser par deux la consommation audiovisuelle des écoliers du primaire (légèrement supérieure à 2 heures par jour), ce n’est plus 65% (niveau actuel) mais 74% d’une classe d’âge qui obtiendra le bac dans 10 ans.   »   selon l’auteur ;

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Références

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LA TELE TUE l’INTELLIGENCE (Chapitre II TV LOBOTOMIE de M. Desmurget, 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que penser du classement PISA ?

 

    En attendant plus amples développements, méditez sur ce graphique qui visualise les différences de scores pour les pays étudiés dans l’article Résultats PISA 2012 et influence de la télévision.

 

    La différence de scores entre le « meilleur » pays et le moins « bon » pour chacune des trois dimensions étudiées (culture mathématique, compréhension de l’écrit et culture scientifique) est-il relativement important ? Quantitativement, pour ces 30 pays, l’écart relatif maximal est de -20% (culture scientifique). La France présente quant à elle un écart de -8,5% en culture scientifique, de -3,6% en compréhension de l’écrit et de -6,4% en culture mathématique. La Finlande détient les scores maximaux pour les deux premières dimensions, la Suisse pour la troisième.
   

Scores_SL-M_PISA_2012_for_30_countries.jpg

Graphique réalisé par Christophe Vieren à partir de la source suivante : base de données PISA-2012

 

Sur les limites de ce programme d’évaluation, lire en quelques lignes les principales critiques sur wikipedia.

TV LOBOTOMIE

TV lobotomie

les terribles impacts de la télévision

sur la cognition, la santé, la sociabilité et la violence,

des adultes et surtout des enfants

  TV Lobotomie est le titre de l’ouvrage de Michel Desmurget, chercheur français spécialisé en neurosciences cognitives.

   Informé par mon neveu, docteur en psychologie cognitive et doté d’une particulière rigueur scientifique, j’ai visionné la conférence donnée par M. Desmurget sur le thème de son livre TV Lobotomie. Avant de rédiger ce billet, je me suis enquis de regarder de plus près qui était ce chercheur, quelles études scientifiques il citait, qu’en disaient ses détracteurs, . . . Enfin, bref, quelle crédibilité pouvait-on lui accorder. N’ayant trouvé aucune faille à sa crédibilité, je vous fais part de l’information qui me semble la plus importante quant aux impacts MESURÉS de la télévision sur la cognition, la santé, la sociabilité et la violence, des adultes mais surtout des enfants, êtres en développement par définition.

   Cette information, importante car aux conséquences IR-RÉ-VER-SI-BLES, concerne l’impact de la télévision – et plus largement des « écrans » – sur la réussite scolaire de nos chères têtes blondes. Comme l’ouvrage et la conférence relatent moult études scientifiques et données chiffrées, je ne vous propose que les deux les plus « parlantes ». Vous pourrez approfondir en regardant la conférence et/ou en lisant le livre. Eventuellement, cet interview sur France-Info (13′) permet de se faire une idée.

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Remarque importante : quand il est écrit «  c’est l’effet de la télé « , c’est parce que «  c’est l’effet de la télé «  Autrement dit ce facteur a été isolé parmi les nombreux paramètres pouvant jouer un rôle et EN PARTICULIER les facteurs socioéconomiques. C’est la base de tout article scientifique.

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Première illustration

   Elle concerne l’évolution des résultats des bacheliers étasuniens à un test d’entrée à l’Université portant sur les aptitudes au langage (SAT-Verbal). Sur le graphe ci-dessous cette évolution (courbe bleue et échelle de droite) est mise en regard du taux de pénétration des téléviseurs dans les foyers étasuniens (courbe orange et échelle de gauche).

TV_Lobotomie_SAT_vs_TV_p91.jpg

    Question légitime : comment être certain que la télé est la principale responsable ?

   Réponse courte : selon vous, quel autre événement pourrait être survenu afin d’avoir une influence évoluant de manière aussi proche ? Selon l’auteur, AU-CUN !

   Réponse longue : lire le livre et l’étude à laquelle il y est fait référence !

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Deuxième illustration : le test du bonhomme

   Pour cette étude, 2.000 élèves de 5-6 ans furent soumis à une version remaniée de « l’épreuve du bonhomme ». Est-il besoin de commenter ?

TV_Lobotomie_Test_du_bonhomme_p136.jpg

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   Pour finir, tout de même UN chiffre se passant de tout commentaire :

TV_Lobotomie_effets-cumulatifs_27e_min_Conf-copie-1.jpg

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   Maintenant, si cela vous interpelle et que vous tenez à la réussite scolaire de vos enfants, passez à la vidéo (c’est ici ou ci-dessous) ou mieux au livre (c’est ici en téléchargement ou là pour l’acheter).
  Pour la partie consacrée à l’impact sur la cognition des enfants, démarrez à 18’06 » en cliquant ICI et tenez 32 mn ! Vous pouvez également consulter l’ensemble des données avérées (références incluses), sur cet article :
CHAPITRE II : LA TÉLÉ ÉTOUFFE L’INTELLIGENCE

 

   Vous pouvez également consulter, accompagnées de leurs références scientifiques,  la liste des données les plus marquantes concernant l’usage de la télévision : CHAPITRE I : LA TÉLÉ EN TOUS LIEUX ET À TOUTE HEURE 

   Note : eu égard à la parution du classement PISA 2012, j’ai également réalisé une étude sommaire sur les relations entre les résultats du PISA 2012 et l’influence de la télévision.

   Quelques informations qui m’ont conduit à accorder toute ma crédibilité à l’auteur de TV lobotomie :

Deux résumés du livre par des particuliers :

  Et maintenant, n’hésitez pas à commenter ci-dessous. Surtout si vous êtes sceptique !

Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous

 Parce qu’un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, tout d’abord cinq graphiques se passant de tout commentaire. Pour une vingtaine de pays de l’OCDE, ils mettent en évidence une corrélation significative entre le niveau d’inégalités (abscisse) et un indicateur (ordonnée) pris dans les cinq domaines suivants : éducation, santé, insécurité, innovation, écologie.

ÉDUCATION : niveau en maths et en lecture/écriture et inégalités de revenus

inegaeduc

SANTÉ : taux d’adolescents en surpoids et inégalités de revenus

inegasurpoids

CRIMINALITÉ : taux d’incarcération et inégalités de revenus

inegaprisons

INNOVATION : taux de brevets et inégalités de revenus

inegabrevets

ÉCOLOGIE : taux de recyclage et inégalités de revenus inengarecyclage

   Ces graphiques, reproduits et commentés ci-dessous, sont tirés de l’ouvrage Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous (2013) de Kate Pickett et Richard Wilkinson, professeurs et chercheurs en épidémiologie dans des universités anglaise et étasunienne. Ils y défendent la thèse originale selon laquelle les inégalités sont néfastes pour tous, y compris pour les riches, à cause des tensions et des stress qu’elles causent.

   La relation de cause à effet n’y est pas démontrée mais un faisceau de corrélation permet de l’imaginer comme très probable : ainsi il est démontré que le PIB par habitant pèse bien moins que le niveau des inégalités au sein d’une société sur l’allongement de l’espérance de vie, le niveau de la criminalité, le taux de maternité précoce ou même la consommation d’eau. Le niveau des inégalités pèse en revanche énormément dans des domaines aussi variés que l’éducation, le surpoids des adolescents, l’emprisonnement, mais aussi, plus surprenant, l’innovation ou encore le recyclage. C’est ce qu’illustre ci-dessous les cinq graphiques les plus significatifs de l’ouvrage  mettant en évidence certaines corrélations surprenantes.

   Que vous en soyez convaincu d’avance ou pas, ces quelques graphiques d’interprétations aisés interpelleront, il faut l’espérer, vos connaissances réfractaires à la redistribution qui serait de l’assistanat, lequel serait la cause principale du chômage, entre autres maux qui rongent notre société.

   À la suite de ces graphiques dont nous précisions les sources, vous trouverez de larges extraits de la préface.

Sources des cinq graphiques les plus marquants de l’ouvrage : relation entre inégalités de revenus et, éducation, surpoids, criminalité, innovation, et recyclage

    Pour les cinq graphiques présentées ci-dessus et repris ci-dessous, les inégalités de revenus (abscisse) sont mesurées à l’aune du rapport entre les revenus des 20% les plus riches et ceux des 20% les plus pauvres (source : Rapport sur le développement humain, programme des Nations unies pour le développement, 2003-2006).

Éducation : niveau en maths et en lecture/écriture et inégalités de revenus

inegaeduc
Figure 8.1, page 168 Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous , © Les Petits matins.

Source : rapport PISA 2003. Les données internationales harmonisées sur les niveaux d’instruction proviennent du Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves (PISA), créé pour faire passer des tests harmonisés à des élèves de 15 ans dans divers pays.

Santé : taux d’adolescents en surpoids et inégalités de revenus

inegasurpoids
Figure 7.2, page 149 Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous , © Les Petits matins.

Source : les pourcentages d’adolescents de 13 et 15 ans souffrant de surpoids ont été publiés dans le rapport 2007 de l’UNICEF« La pauvreté des enfants en perspective, vue d’ensemble du bien-être des enfants dans les pays riches ».

Criminalité : taux d’incarcération et inégalités de revenus

inegaprisons
Figure 11.1, page 222 Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous , © Les Petits matins.

Source : les taux de détenus proviennent des « Enquêtes des Nations Unies sur les tendances de la criminalité et le fonctionnement des systèmes de justice pénale » (2000).

Innovation : taux de brevets et inégalités de revenus

inegabrevets
Figure 15.3, page 329, Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous , © Les Petits matins.

Source : le taux de brevet provient de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, Statistiques de propriété intellectuelle, publication A, Genève, OMPI, 2001

Écologie : taux de recyclage et inégalités de revenus

 inengarecyclage
Figure 15.5, page 340, Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous, © Les Petits matins.

Source : les taux de recyclage proviennent de l’Australia’s Planet Ark Foundation Trust

  Certes, cinq graphiques – ou plutôt des dizaines, sur cinq cents pages – ne font pas une démonstration. Sensible à l’objection, Pascal Canfin répond dans sa préface : « Prises séparément, ces corrélations ne montrent en réalité pas de rapport de cause à effet. Si les sociétés les plus égalitaires sont aussi celles où le taux de criminalité est le plus faible, c’est peut-être le fait du hasard. ». « Mais, ajoute-t-il, si les sociétés les plus égalitaires sont en même temps celles où l’état de santé est le meilleur, où la mobilité sociale est la plus forte … le hasard n’est plus possible ».

 Nota : autre présentation de ces cinq graphiques sur le site de France Télévisions.

Préface de Pascal Canfin, extraits :

   Plus les riches sont riches, plus la société dans son ensemble est prospère. Voilà l’un des piliers de l’idéologie néolibérale. C’est ce que les économistes appellent « l’effet ruissellement » : la richesse des plus aisés descend progressivement dans toute la société grâce à la consommation et à la richesse supplémentaire qu’ils produisent. L’égalité est peut-être désirable, mais ce sont les inégalités qui sont productives et qui, au bout du compte, permettent à tous de vivre mieux.

   Tel est le cœur du raisonnement qui a pu – et peut toujours – rendre légitime aux yeux de la majorité l’accroissement de la richesse d’une minorité. Les inégalités peuvent paraître immorales, mais elles constituent un mal pour un bien.

   Page après page, statistique après statistique, c’est cette thèse centrale du néolibéralisme que ce livre met en pièces. Le PIB par habitant pèse bien moins sur l’allongement de l’espérance de vie, le niveau de la criminalité, le taux de maternité précoce ou même la consommation d’eau que le niveau des inégalités au sein d’une société. Autrement dit, la meilleure politique contre la délinquance – y compris la délinquance financière – est de réduire les inégalités.

Un livre très influent

   Publié au Royaume Uni en mars 2009, six mois après la chute de la banque Lehman Brothers qui a déclenché la crise financière, il rencontre un succès inattendu. Trois ans plus tard, 150.000 exemplaires ont été vendus et le livre est disponible dans 23 pays. Mais il aura fallu attendre 2013 pour disposer d’une traduction en français. […] !!!

   Compte tenu de la montée des inégalités en France depuis une décennie, le lecteur français trouvera dans ce livre matière à de nombreuses réflexions. […]. Après la crise financière dévastatrice que le monde a connue en 2008, les zélateurs de la finance débridée ont perdu la bataille des idées. Ce livre vient élargir la perspective et donne une force supplémentaire à notre combat.

   Au Royaume-Uni, en 2009, après trois décennies de domination idéologique du thatchérisme à droite puis du blairisme à gauche, ce livre est évidemment salué par la gauche social-démocrate traditionnelle. The New Statesman, la revue intellectuelle de la gauche britannique, le ­ couronne en décembre 2009 comme l’un des dix livres les plus importants de la décennie. Son influence a été considérable dans le monde anglophone. Ed Miliband, le leader du Parti travailliste, s’y réfère… ainsi que David Cameron, le Premier ministre conservateur, mais aussi l’OCDE et le mouvement des indignés américains Occupy Wall Street. Aux États-Unis, le discours médiatique permanent, expliquant que la richesse des plus aisés est bonne pour tous, a conduit à retrouver des niveaux d’inégalités équivalents à ceux qui existaient avant la grande crise financière de . . . 1929. […]

   On pourrait objecter que la multiplication des statistiques montrant le lien entre le niveau d’inégalités et l’état de santé ou le bien-être social ne permet pas d’établir une causalité mais, au mieux, une corrélation. Prises séparément, ces corrélations ne montrent en réalité pas de rapport de cause à effet. Si les sociétés les plus égalitaires sont aussi celles où le taux de criminalité est le plus faible, c’est peut-être le fait du hasard. Mais si les sociétés les plus égalitaires sont en même temps les plus sûres, celles ou l’état de santé est le meilleur, où la mobilité sociale est la plus forte, … le hasard n’est plus possible. Une fois que vous aurez lu ce livre, il sera difficile de vous convaincre que plus les riches sont riches plus les pauvres vivent mieux.

   Un argument souvent avancé pour défendre les inégalités est l’esprit d’entreprise : peut-être que l’on vit mieux dans une société plus égalitaire, mais on innove moins et, à long terme, on s’appauvrit. Les exemples de Google, Apple et autre Twitter aux États-Unis peuvent venir confirmer cette idée. Pourtant, le nombre de brevets par habitant y est plus faible qu’au Japon, une société également très innovante sur le plan technique et beaucoup plus égalitaire que les États-Unis. En Europe, il y a beaucoup plus d’innovations en Finlande et en Allemagne qu’en Italie et au Portugal, des pays pourtant plus inégalitaires. L’esprit d’initiative n’a donc en rien besoin d’un terreau inégalitaire pour prospérer.

   Si les inégalités sont finalement assez largement acceptées comme un « mal inéluctable », c’est aussi parce qu’elles sont cachées. Car les inégalités sont beaucoup plus fortes qu’on ne le croit généralement. Paradoxalement, plus elles sont fortes, moins elles se voient : en effet, plus la société est inégalitaire, plus elle est fragmentée et moins les personnes de niveaux sociaux différents se croisent dans l’espace public comme privé. Qui sait vraiment qu’en France 50 % du patrimoine est possédé par les 10 % des Français les plus riches ?

   Dans cet ouvrage, les auteurs font référence à une étude marquante publiée en 2011 aux États-Unis. Un échantillon de plus de cinq mille Américains se voit présenter trois niveaux théoriques d’inégalités dans une société : aucune inégalité ; des inégalités correspondant, de facto et sans qu’ils ne le sachent, à la Suède ; et un troisième scénario correspondant à la société américaine. Près de 92% des répondants ont exprimé une préférence pour la répartition « à la suédoise », et ce quelle que soit leur couleur politique : démocrate ou républicain.

   Bien que le livre laisse ouvert le débat sur le « bon » niveau d’inégalités à atteindre et qu’il ne soit pas ­ prescriptif en termes de politiques publiques, il réhabilite l’objectif de réduction des inégalités de revenus comme un objectif structurant des politiques publiques pour obtenir des effets positifs en matière de santé, de lutte contre la délinquance, de meilleur fonctionnement de l’ascenseur social, …

   La première dimension d’une politique redistributive reste bien sûr la fiscalité. On le sait, les taux d’imposition des plus riches comme des grandes entreprises sont inférieurs à ceux des classes moyennes et des PME. D’où la nécessité de taxer les revenus du capital au même niveau que ceux du travail et de lutter plus efficacement contre les paradis fiscaux et l’évasion fiscale. Toutefois, si les inégalités sont massives, l’impôt sur les personnes comme sur les entreprises est insuffisant pour les combattre. Car il faut alors atteindre des taux d’imposition très importants, politiquement difficiles à instaurer dans des sociétés qui ont accepté en amont des niveaux d’inégalités massifs. Ainsi, les sociétés où les taux d’imposition sont les plus élevés, comme les pays du nord de l’Europe, sont aussi les sociétés les plus égalitaires, non pas tant parce que l’impôt permet de rétablir l’égalité, mais parce que des sociétés qui valorisent des taux d’impôts élevés sont aussi celles qui produisent le moins d’inégalités avant impôt. Le rôle de l’impôt est alors moins de réduire les inégalités de revenus par la redistribution que de socialiser la production des biens publics qui bénéficient à tous de manière égale, comme l’éducation, la santé, les transports collectifs, …

Inégalités et écologie

   Ce livre intègre [aussi] la question écologique au cœur de son analyse. Il dépasse ainsi la vision social-démocrate traditionnelle, qui consiste à produire le plus possible sans s’interroger sur la nature de ce qui est produit, pour redistribuer ensuite.

   Les auteurs montrent ainsi qu’à partir d’un certain niveau de richesse collective, l’augmentation supplémentaire de cette richesse produit beaucoup moins d’effets positifs que dans les pays plus pauvres, où la croissance du PIB est une des conditions de l’amélioration du bien-être. Un tel débat sur la croissance peut paraître décalé tant la recherche de la croissance du PIB semble faire l’objet d’un consensus absolu et constituer l’alpha et l’oméga de toute politique. Moins la croissance est là, plus elle apparaît désirable. Pourtant, même si cela reste un débat souvent difficile à faire entendre pour le responsable politique que je suis, je crois, en tant qu’écologiste, qu’il est plus que jamais nécessaire de le faire vivre. Compte tenu de notre évolution démographique comme des gains de productivité de plus en plus faibles réalisés chaque année, ce que les économistes appellent notre « croissance potentielle », c’est-à-dire la croissance que nous pourrions réaliser si tout allait bien, ne dépasse plus les 1,5 à 2 % par an, bien loin des niveaux atteints pendant les fameuses Trente Glorieuses. L’économie française entre donc durablement dans une ère de croissance faible. Le lecteur pourra objecter que des pays européens connaissent une croissance plus forte, et citer – nécessairement – l’Allemagne. Pourtant, à y regarder de près, l’Allemagne connaît, elle aussi, une croissance faible, de 0,7 % en 2012 et de 0,3 % prévu en 2013.

   Plutôt que de masquer cette réalité, il nous faut l’affronter. Tim Jackson, auteur d’un ouvrage de référence, Prospérité sans croissance*, résume bien la situation : « La croissance est insoutenable, la décroissance est instable. » En effet, notre modèle de croissance ignore les limites de la planète, et si tous les êtres humains vivaient comme les Français il nous faudrait 2,5 planètes. Or – je crois que c’est un fait établi – nous n’en avons qu’une ! La Banque mondiale, qui n’est pas à proprement parler une officine écologiste, parle des « effets cataclysmiques » du changement climatique dans les décennies à venir. Et il ne s’agit plus du bien-être des générations futures mais bien des générations présentes qui vivront tout au long de ce siècle. La croissance du PIB selon le modèle actuel est donc insoutenable.

   Mais la décroissance du PIB est politiquement et socialement instable. Malheureusement, la Grèce expérimente actuellement cette décroissance : le PIB y a reculé de plus de 25 % depuis 2008. Cela engendre une telle souffrance et une telle déstabilisation de la société que c’est la démocratie elle-même qui en est fragilisée.

   Le seul projet politique réaliste pour la décennie qui vient est donc à mes yeux le suivant : comment rendre notre modèle de croissance plus soutenable pour éviter de devoir décroître face aux limites de la planète, et comment rendre plus stable socialement un état de croissance très faible pour éviter d’avoir à rechercher en permanence une croissance insoutenable ?

   Pour réaliser ce nouveau projet pour la gauche, il faut justement réduire les inégalités. On le sait depuis les travaux du sociologue Thorstein Veblen en 1899, le modèle de consommation des plus riches sert de référence pour l’ensemble de la société. Les médias et la publicité nous renvoient une norme idéale de consommation qui n’est en fait accessible qu’à une toute petite minorité. Faire d’un modèle de consommation insoutenable sur le plan environnemental une référence tout en sachant que ce modèle est réservé à une infime minorité relève d’une forme de torture psychologique collective qui n’est pas sans expliquer, je le crois, une partie de nos souffrances. La réduction des inégalités possède donc un double bénéfice : elle diminue la consommation ostentatoire des plus aisés et améliore le bien-être, matériel et psychologique, d’un nombre beaucoup plus important de personnes, rendant ainsi la société plus stable.

   Une vision écologique de la lutte contre les inégalités de revenu conduit nécessairement à se poser la question de la différenciation sociale. Comme le rappellent les auteurs de cet ouvrage, la consommation de produits ne répond pas d’abord à une logique de besoin mais à une logique de différenciation sociale. La consommation est un signe extérieur de richesse et de transfert des qualités du produit consommé sur la personne qui consomme (si je consomme un produit exceptionnel, c’est parce que je le suis aussi). Nos sociétés de consommation font justement de cette consommation le mode de différenciation par excellence. Or, le désir de différenciation individuelle est aussi un héritage positif de la Renaissance et de l’humanisme. Ainsi, les formes d’organisation qui cherchent à refouler ce désir sont loin d’être des modèles. Je pense bien sûr aux sociétés totalitaires des années 1930 mais aussi à tous les fondamentalismes religieux qui font de la ressemblance la norme. Il nous reste donc à inventer au XXIe siècle un modèle de société qui reconnaît le désir de différenciation mais qui le réalise en dehors de la consommation de biens matériels, dont la multiplication à l’échelle de la planète est proprement insoutenable. Voilà un beau défi pour tous ceux qui s’intéressent à la Politique avec un P majuscule !

À propos des auteurs

   * Richard Wilkinson a joué un rôle majeur dans les recherches internationales consacrées aux déterminants de la santé. Il a étudié l’histoire de l’économie à la London School of Economics avant de se former en épidémiologie. Il est aussi professeur émérite à l’école de médecine de l’université de Nottingham, professeur honoraire de l’University College de Londres et professeur invité de l’université de York (Angleterre).
* Kate Pickett est professeur d’épidémiologie à l’université de York et membre du personnel scientifique du National Institute for Health Research. Elle a étudié l’anthropologie physique à Cambridge, les sciences nutritionnelles à Cornell et l’épidémiologie à l’université de Californie-Berkeley (États-Unis).

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* Prospérité sans croissance. La transition vers une économie durable, Tim Jackson, 2010.