Archives pour la catégorie Ecologie

Les Pays-Bas et les gaz à effet de serre du secteur auto­mo­bile

Cet article fait partie d’une série d’ar­ticles autour de l’uti­lité ou la néces­sité d’un signal prix élevé pour réduire dras­tique­ment la circu­la­tion auto­mo­bile. Eu égard à l’im­por­tance de la part des émis­sions de gaz à effet de serre dues à l’uti­li­sa­tion de l’au­to­mo­bile, une réduc­tion dras­tique est en effet néces­saire pour atteindre l’objec­tif du facteur 4 (réduc­tion par 4 des émis­sions de gaz à effet de serre des pays dit indus­tria­li­sés d’ici 2050).

Les neufs pays sur laquelle nous portons notre atten­tion sont les trois pays scan­di­naves (Dane­mark, Norvège, Suède), la Finlande et les Pays-Bas, tous répu­tés « écolos » ainsi que les trois grands pays euro­péens : Alle­magne, France et Grande-Bretagne.

En atten­dant de plus amples inves­ti­ga­tions sur le cas néer­lan­dais, je vous propose cet article d’At­tac Lille : Une autre monde est possible : étude de cas aux Pays-Bas.

Cet article ne répond hélas pas à la ques­tion suivante : pourquoi la part du diesel reste faible dans ce pays alors que le diffé­ren­tiel de coût des carbu­rants est aussi impor­tant qu’en France, cham­pionne du monde du diesel ? Une réelle aver­sion pour les parti­cules fines émis par les diesels ?

Bonne lecture.

50% de nucléaire en 2025 en France ou pourquoi ce qui est (tech­nique­ment et socia­le­ment) faisable en Alle­magne ne le serait pas en France ?

L’Al­le­magne – suite à l’ac­ci­dent de Fuku­shima – a arrêté subi­te­ment en 2011 HUIT réac­teurs.

La France, six ans après, n’en toujours pas fermé un seul.

L’Al­le­magne aura fermé 17 réac­teurs entre 2011 et 2022, soit en 11 ans.
La France, selon un rapport de la Cour des comptes de 2016 (page 25) doit procé­der à la ferme­ture de 17 à 20 réac­teurs d’ici 2025, soit en 8 ans (c’était 13 ans en 2012 sous Hollande) !

En Alle­magne, les huit réac­teurs qu’il reste à fermer ont été raccor­dés au réseau entre 1987 et 1989 et sont d’une puis­sance 1300–1400 MWe (brut).
En France 21 réac­teurs de 900 MWe encore en fonc­tion­ne­ment ont été raccor­dés au réseau avant 1982 (voir image ci-dessous).

En Alle­magne auront donc été retran­chés du réseau 20,5 GWe  en 11 ans.
En France, il faudrait retran­cher du réseau entre 17–18 GWe pour 17–20 réac­teurs en 8 ans (2025. Initia­le­ment c’était en 13 ans lors de la promesse élec­to­rale de F. Hollande).

Avec des réac­teurs plus vieux repré­sen­tant une puis­sance sensi­ble­ment moindre, on est donc – en France – tout à fait dans le même ordre de gran­deur.
Rappe­lons, que l’Al­le­magne n’a pas vu pour autant ses émis­sions de GES augmen­ter depuis 2011 et que la part du char­bon y a bais­ser (voir par exemple ICI, jan. 2017).

Post scrip­tum : comme l’on entend encore, fin 2017, que l’Al­le­magne relance sa consom­ma­tion de char­bon parce qu’elle sort du nucléaire, cet article du Monde de janvier 2017 remet les pendules à l’heure. Le second graphe de cet article – repro­duit ci-dessous – se suffit à lui même :  la part du char­bon dans la produc­tion d’élec­tri­cité – qui dimi­nue –  dimi­nue aussi ! Le court rebond entre 2010 et 2013 ayant plus à voir avec les cours du gaz et du char­bon sur les marchés que la ferme­ture en 2011 de huit réac­teurs nucléaires. La part du char­bon est en 2016 infé­rieure à celle de 2011 : 40,1% versus 42,9%.

L’Al­le­magne ferme huit réac­teurs du jour au lende­main quand la France met 10 ans pour ne pas en fermer un seul !

Pourquoi la France, 6 ans après l’ac­ci­dent de Fuku­shima, n’ar­rive pas à fermer UN seul réac­teur nucléaire sur 58 alors que l’Al­le­magne en a fermé NEUF sur 17 dans le même temps dont HUIT  du jour au lende­main et ce sans augmen­ter ses émis­sions de gaz à effet de serre ?

En quelques lignes, inven­taire du contexte écono­mique et social, lequel influe indu­bi­ta­ble­ment sur les marges de manœuvre de l’ac­tion poli­tique.  D’autres multiples raisons telles l’his­toire et la culture, sur lesquelles est fait l’im­passe ici, complètent proba­ble­ment les expli­ca­tions. Conti­nuer la lecture

Sommaire écolo­gie chris­tophe vieren

La Pollu­tion de l’air en Nord pas de Calais,

Part des diffé­rents secteurs d’ac­ti­vi­tés sur la pollu­tion atmo­sphé­rique en île de France (2012),

La pollu­tion atmo­sphé­rique urbaine et le trafic poids lourds en Ile de France,

Le capi­ta­lisme, seule cause de la crise écolo­gique. Vrai­ment ?,

Chan­ge­ment clima­tique de Philippe de Larmi­nat : espert ou excroc ?,

Le signal prix dans l’usage de la voiture,

Le Royaume Uni, bon élève en terme d’émis­sions de gaz à effet de serre du secteur trans­port,

Rela­tion(s) entre richesse d’un pays et les émis­sions de gaz à effet de serre de son secteur trans­port,

La Norvège et les émis­sions de gaz à effet de serre dans les trans­ports,

Au sujet du prix du carbone,

La taxe carbone en Suède : pour ou contre un prix du carbone ?,

La crois­sance verte est-elle soute­nable ?,

Bais­ser ou couper le chauf­fage ?,

Le décou­plage entre PIB et Empreinte écolo­gique est-il possible ?,

Pourquoi l’éga­lité est meilleure pour tous,

Échange d’em­ploi et écolo­gie,

Après Fuku­shima, Tcher­no­byl et Three Miles Island, l’ac­ci­dent nucléaire en France est devenu impos­sible !!!,

La crois­sance est termi­née !,

Pourquoi j’ai lâché EelVA !

Quel rapport entre la tran­si­tion éner­gé­tique et le chan­ce­lier alle­mand Brüning (1930–1932)

Le 17 mars 2015 dans une inter­view de 25′ sur Media­part,  l’éco­no­miste Gaël Giraud fait un lien entre les mesures qu’au­rait dû prendre le chan­ce­lier Brüning pour éviter l’as­cen­sion d’Hit­ler sur fond de chômage lié à la défla­tion que sa poli­tique budgé­taire et moné­taire a induite et les mesures qu’il faudrait prendre dans la zone euro afin d’évi­ter une histoire simi­laire en France (très ?) prochai­ne­ment, et peut-être ailleurs dans cette euro­zone.

Pour les abon­nés à Media­part c’est Là : Gaël Giraud: « La tran­si­tion éner­gé­tique est un idéal de société »

Sinon direct sur Youtube , c’est ICI. 
Et si vous n’avez qu’une minute ou deux, extraits verba­tim ci-dessous
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La Pollu­tion de l’air en Nord pas de Calais

Juste un tableau et quelques cartes repris pour la plupart de l’ar­ticle très fouillé : La pollu­tion de l’air en France sur l’ex­cellent site les Crises .

Dans le tableau ci-dessous, on constate que parmi ces 18 villes du Nord Pas de Calais, toutes dépassent les 10 µg/m3, plafond préco­nisé par l’OMS quant à la moyenne annuelle accep­table en parti­cules fines PM2,5. Et seules trois villes sont sous le plafond des PM10.
L’OMS envi­sa­geait en 2017 de rabais­ser ce seuil, comme c’est déjà le cas dans certains pays.
Concer­nant les PM10 et le dépar­te­ment du Nord, nombre de villes sont au-delà du plafond préco­nisé par l’OMS de 20 µg/m3  en moyenne annuelle.
L’Union Euro­péenne préco­nise des plafonds d’une valeur deux fois plus élevée, soit 20 µg/m3 pour les PM2,5 et 40 µg/m3 pour les PM10 !
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Part des diffé­rents secteurs d’ac­ti­vi­tés sur la pollu­tion atmo­sphé­rique en île de France (2012)

Nous nous conten­tons ici de repro­duire les « camem­berts » concer­nant les diffé­rentes sources de polluants atmo­sphé­riques en île de France,. La source de ces « camem­berts » est le rapport d’AirPa­rif 2016 (32 pages) établi à partir de mesures 2012.

La part du trans­port routier va de 66% à 1% . Par ordre décrois­sant : 66% (carbone suie), 56% (NOx), 50% (HAP), 37% (PM1), 35% (PM2,5), 28% (PM10), 14% (COVNM), 10% (NH3), 1% (SO2)

Oxydes d’azote (NOx)Pollution_NOx_par_secteur_ile_france_2012
Parti­cules fines PM10Pollution_PM10_par_secteur_ile_france_2012
Parti­cules fines PM2,5Pollution_PM2.5_par_secteur_ile_france_2012
Parti­cules fines PM1 Pollution_PM1_par_secteur_ile_france_2012
Dioxyde de soufre (SO2)Pollution_SO2_par_secteur_ile_france_2012
Carbone suiePollution_carbone-suie_par_secteur_ile_france_2012
HAP (Hydro­car­bures Aroma­tiques, Poly­cy­liques)

Pollution_HAP_par_secteur_ile_france_2012

Ammo­niac (NH3)Pollution_NH3_par_secteur_ile_france_2012

Compo­sés Orga­niques Vola­tiles Non Orga­niques (COVNM)

Pollution_COVNM_par_secteur_ile_france_2012

Et sans effet parti­cu­liers sur la santé locale, les émis­sions de gaz à effet de serre  tous confon­dus en  équi­valent CO2 :

 Pollution_GES_par_secteur_ile_france_2012

Chan­ge­ment clima­tique de Philippe de Larmi­nat : espert ou excroc ?

Au sujet de « Chan­ge­ment clima­tique : iden­ti­fi­ca­tion et projec­tions », le livre de Philippe de Larmi­nat, 2014.
Résumé

En 2014, Philippe de Larmi­nat publie l’ou­vrage Chan­ge­ment clima­tique : iden­ti­fi­ca­tion et projec­tions dont l’ori­gi­na­lité réside en la méthode d’iden­ti­fi­ca­tion des fonc­tions qui relient la tempé­ra­ture à la surface de la Terre à trois para­mètres : l’ir­ra­dia­tion solaire, l’ef­fet de serre et l’ac­ti­vité volca­nique. L’iden­ti­fi­ca­tion, outil bien connu des auto­ma­ti­ciens, semble n’avoir jamais été appliquée au climat de la Terre. Conti­nuer la lecture

Dispo­ser d’une boite à « écolor­vi­dés », c’est pas compliqué (1)

Pour dispo­ser d’une boite à écolor­vi­dés (= corvidé écolo, cf. présen­ta­tion et état d’avan­ce­ment ICI) et faute de trou­ver un modèle commer­cia­lisé, il vous faudra de l’huile de coude, de l’en­vie de brico­ler, quelques notions de menui­se­rie, d’élec­tro­nique, d’in­for­ma­tique et d’élec­tri­cité. A priori si vous dispo­sez d’un bac scien­ti­fique, mis à part la menui­se­rie, cela devrait suffire. Mais il vous faudra aussi débour­ser très proba­ble­ment quelques dizaines d’€, très proba­ble­ment moins d’une centaine selon vos capa­ci­tés à faire de la récup, de l’achat d’oc­ca­sion et de votre empres­se­ment. Conti­nuer la lecture

Le signal prix dans l’usage de la voiture

La taxa­tion du carbone pour la réduc­tion de l’usage de la voiture parti­cu­lière : utile ou néces­saire ?

Cet article fait suite à l’ar­ticle Au sujet du prix du carbone ques­tion­nant de l’uti­lité ou de la néces­sité du prix à donner au carbone afin de réduire les émis­sions de gaz à effet de serre pour atteindre l’objec­tif des +2°C maxi­mal, le fameux facteur 4 concer­nant les pays riches dont la France fait partie. Dans ce précé­dent article nous avions survolé les diffé­rents impacts du prix du carbone sur les choix de consom­ma­tion : sur l’ali­men­ta­tion, sur l’éner­gie (chauf­fage ou élec­tri­cité rési­den­tielles), sur les trans­ports de personnes. Nous allons ici nous foca­li­ser sur ce dernier aspect : l’im­pact du signal prix sur les émis­sions de gaz à effet de serre dues à l’usage de la voiture parti­cu­lière.
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Le Royaume Uni, bon élève en terme d’émis­sions de gaz à effet de serre du secteur trans­port

   De huit pays euro­péens parmi les plus riches, le Royaume-Uni est celui qui a le plus réduit « l’in­ten­sité carbone » [1] du secteur trans­port entre 1990 et 2012. Avec une réduc­tion de 35,74%, juste talonné par la Suède (-34,8%), il fait beau­coup mieux que la France de ce point de vue (-24,9%).

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Rela­tion(s) entre richesse d’un pays et les émis­sions de gaz à effet de serre de son secteur trans­port

Dans ce billet nous faisons l’hy­po­thèse que, « natu­rel­le­ment », la part des reve­nus des ménages consa­crés aux trans­ports ne croît pas linéai­re­ment, voire baisse, avec l’im­por­tance de ces reve­nus. En effet, en France et à partir du 7e décile cette part décroît. Si ceci est véri­fié pour d’autres pays, alors cela peut expliquer une baisse « natu­relle » de « l’in­ten­sité carbone » [1] du secteur trans­port de ces pays. Nous consta­tons en effet pour les 9 pays étudiés une très forte corré­la­tion (R2=0,84) entre niveau de vie et niveau d’émis­sions de GES du secteur trans­port rapporté à la richesse du pays. C’est ce que nous appe­lons « inten­sité carbone » avec des guille­mets.
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Au sujet du prix du carbone

La taxa­tion du carbone, utile ou néces­saire ?

Si il ne fallait qu’un argu­ment pour justi­fier l’ef­fi­ca­cité de la taxe carbone, ce serait ce graphique. Il met en rela­tion le prix du carbu­rant (abscisse) avec la consom­ma­tion annuel de carbu­rant par habi­tant (ordon­née) de 13 pays « riches ».

Conso_carburant_1998_vs_prix_du _litre_Manicore_2004Consom­ma­tion de carbu­rants par habi­tant en 1998 (en Gigajoules, ordon­née) en fonc­tion du prix des carbu­rants ($/litre, abscisse). Source 30 Years of Energy Use in IEA Coun­tries, IEA, 2004.

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La taxe carbone en Suède : pour ou contre un prix du carbone ?

Le débat autour de la perti­nence d’une taxe carbone s’est ravivé à l’ap­proche de la COP21. Ainsi notre prix « Nobel », Jean Tirole en est un ardent promo­teur. Dans sa tribune « Pour un accord effi­cace sur le climat »  (5 juin 2015, Le Monde) il la défend bec et ongles : « La stra­té­gie d’en­ga­ge­ments volon­taires est large­ment insuf­fi­sante [et] n’a pas l’ef­fi­ca­cité écono­mique que procure la fixa­tion d’un prix unique du carbone. ».

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Collec­ter les déchets grâce aux corvi­dés sauvages

Une vidéo avant de lire ? Cliquez ICI !

.   Ce bref billet a pour objet de soumettre à l’éva­lua­tion citoyenne le projet suivant : faire réali­ser par des corvi­dés (pies, corneilles, corbeaux) sauvages la collecte des déchets domes­tiques lais­sées dans la nature, telles les canettes qui jonchent les bords de route. Par cette colla­bo­ra­tion pour laquelle ces corvi­dés seront récom­pen­sés, nous espé­rons redo­rer l’image des corvi­dés encore consi­dé­rés comme nuisibles par nos insti­tu­tions et nombre de nos congé­nères. Bien à tort !
Notons que, contrai­re­ment à une opinion commune, la popu­la­tion des pies est globa­le­ment en régres­sion comme l’at­teste ces résul­tats du programme STOC du Centre de Recherches sur la Biolo­gie des Popu­la­tions d’Oi­seaux (CRBPO). 

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La crois­sance verte est-elle soute­nable ?

On nous dit souvent, conti­nuons à nous déve­lop­per car cela nous permet­tra d’être écono­mique­ment plus riche et tech­no­lo­gique­ment plus perfor­mant, et donc cela nous permet­tra de résoudre les problèmes écolo­giques. Parfois, ceux qui disent cela, pour faire sérieux, évoquent la courbe envi­ron­ne­men­tale de Kuznets, dont la vali­dité est, hélas, contes­tée.

Tentons de poser le problème en deux graphiques montrant les faits, dont ont sait qu’ils sont têtus !

La corré­la­tion Empreinte écolo­gique / PIB par habi­tant d’un pays est mani­feste

correlation_empreinte_ecologique_pib.png

Atten­tion : les échelles sont loga­rith­miques afin de permettre de visua­li­ser sur un même graphique la plupart des grands pays dont les PIB et les empreintes écolo­giques par habi­tant varient d’un facteur 1 à 10 !

  L’Empreinte écolo­gique d’un habi­tant d’un pays est donc forte­ment corré­lée au PIB/habi­tant de ce pays (2003). Diffi­le­ment contes­table !

   Mais ce qui est globa­le­ment vrai aujourd’­hui peut-il être faux demain et/ou pour certains pays ? Autre­ment dit peut-on décou­pler, la crois­sance du PIB de la crois­sance de l’em­preinte écolo­gique, en parti­cu­lier pour les pays dont cette dernière est IN-SOU-TE-NABLE ? Ces pays sont tout ceux dont l’em­preinte est supé­rieure à 2 ha envi­ron.

  L ‘ Alle­magne, « l’ex­cep­tion » ?

   Prenons le cas de l’Al­le­magne, un des rares pays qui a vu son empreinte écolo­gique par habi­tant se réduire depuis 1980 alors que son PIB par habi­tant crois­sait. Sur le graphique ci-dessous, sont repré­sen­tés le PIB (courbe bleue) et l’em­preinte écolo­gique (courbe pourpre) d’un Alle­mand entre 1960 et 2005. L’Al­le­magne a mani­fes­te­ment réussi à décou­pler l’em­preinte écolo­gique du PIB de ses habi­tants. Mais est-ce suffi­sant ?

   Pour statuer, nous avons prolongé la tendance de l’évo­lu­tion de leur empreinte écolo­gique (droite rouge) jusqu’à ce que qu’elle croise la valeur soute­nable (droite verte). Soute­nable signi­fie l’em­preinte écolo­gique à laquelle chaque être humain peut prétendre si l’on admet qu’elle doit être égale pour tous, Alle­mands, Français, Chinois, Brési­liens, …

Projection_evolution_empreinte_ecologique_allemands_WWF-200.png

  Source : Supplé­ment France du Rapport Planète Vivante 2008, WWF.

  Que consta­tons-nous ?

   L’em­preinte écolo­gique d’un alle­mand devient soute­nable à partir de . . . 2067 (envi­ron 1 ha pour chacun des 10 probables milliards d’hu­mains).

  Que pouvons-nous en conclure ?

   Au vu de ces tendances, la DETTE ECOLOGIQUE qui conti­nuera à s’ac­cu­mu­ler jusqu’à cette date sera-t-elle rembour­sable ? Et si la charge de cette DETTE, sur laquelle il ne sera pas possible de faire défaut, augmente ?.

   La charge de cette DETTE, c’est à dire le coût crois­sant qu’il faudra consen­tir à payer pour la rembour­ser, ne conduira-t-il pas à un moment donné à rendre inéluc­table le « défaut de paie­ment », c’est à dire l’ef­fon­dre­ment de nos socié­tés, inca­pables de restau­rer l’en­vi­ron­ne­ment sur lequel s’ap­puie pour­tant leur fameuse crois­sance ?

   L’avè­ne­ment du pic de produc­tion du pétrole ainsi que celui de bien d’autres ressources ne consti­tuent-ils pas déjà des obstacles à la restau­ra­tion de notre envi­ron­ne­ment duquel on prélève des quan­ti­tés sans cesse crois­santes de matières premières néces­saires à notre « PIB » ?

   Vers la fin de cette video Sans lende­main l’on peut voir les courbes de consom­ma­tion de nombreuses ressources natu­relles NON RENOUVELABLES. C’est vers la 24e minute !

   Ques­tion sans réponse : pour que l’em­preinte écolo­gique décroisse à un rythme suffi­sam­ment vite pour que la dette soit rembour­sable, ne faut-il pas que le PIB croisse moins vite, voire DECROISSE ?

   Mais est-ce la bonne ques­tion ? N’est-elle pas plutôt : étant donné que la décrois­sance la plus rapide possible de notre empreinte écolo­gique est un impé­ra­tif, un objec­tif vital, la ques­tion de l’évo­lu­tion du PIB qui s’en­sui­vra n’est-elle pas dénuée d’in­té­rêt, ou tout au moins secon­daire ?

   Mais si la ques­tion du décou­plage de la crois­sance et de l’em­preinte écolo­gique vous travaille, alors je vous invite à lire cet article de Jean Gadrey : Alain Lipietz et le « décou­plage » entre crois­sance du PIB et réduc­tion de l’em­preinte écolo­gique.

Le cas de la France et nos voisins Belges et Espa­gnols

Evolution EE & PIB par habitant France-Belgique-Espagne-All

Ces courbes sont issues du rapport précé­dem­ment cité :
Supplé­ment France du Rapport Planète Vivante 2008, WWF.

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Bais­ser ou couper le chauf­fage ?

   L’autre jour, un collègue me dit : « Il vaut mieux bais­ser le chauf­fage que le couper lorsqu’on n’est pas là car l’on dépen­sera plus d’éner­gie pour rechauf­fer la maison au retour ». Me voyant scep­tique, pour renfor­cer sa convic­tion il rajoute :  » C’est un ami, ingé­nieur chez Dalkia, qui me l’a dit ! ». Et pour­tant, c’est évidem­ment faux. Pourquoi ? La démons­tra­tion est très, très, très simple.

Un fait : l’éner­gie à appor­ter par le système de chauf­fage doit être égale aux pertes d’éner­gie vers l’ex­té­rieur de la maison. Or, on sait que l’éner­gie dissi­pée entre l’in­té­rieur de la maison et l’ex­té­rieur est propor­tion­nelle à la diffé­rence de tempé­ra­ture entre ces deux milieux. Certains autres facteurs peuvent influer (vent, soleil, humi­dité, aéra­tion, …) mais puisqu’il s’agit ici de faire une compa­rai­son sur le même loge­ment et sur le long terme, l’on consi­dé­rera que ces facteurs sont les mêmes pour les deux méthodes. Il s’agit par consé­quent d’évauer l’éner­gie dissi­pée dans les deux cas sur une période repré­sen­ta­tive des périodes de présence et d’ab­sence des occu­pants du loge­ment.

Consi­dé­rons que, , la tempé­ra­ture exté­rieure est de 10°C, que lors de leur présence les occu­pants souhaitent avoir 19°C et, lorsqu’ils sont absents ou qu’ils dorment, n’im­porte quelle tempé­ra­ture. Suppo­sons qu’ils sont présents de 6h30 à 8h40 puis de 16h30 à 22h30. Consi­dé­rons main­te­nant deux atti­tudes : la première consis­tant à couper tota­le­ment le chauf­fage lors des périodes d’ab­sence (graphique du haut), et la deuxième consis­tant à ne bais­ser le chauf­fage que de 3°C (graphique du bas).

Dans les deux cas, l’éner­gie qui a été dissi­pée vers l’ex­té­rieur est celle que la chau­dière devra four­nir pour obte­nir la tempé­ra­ture souhai­tée. Pas consé­quent, il suffit d’es­ti­mer, pour chacun des deux cas, la surface déli­mi­tée par la courbe repré­sen­tant la tempé­ra­ture exté­rieure et celle repré­sen­tant la tempé­ra­ture inté­rieure durant ces 24h puisque l’éner­gie perdue est propor­tion­nelle dans les deux cas à cette surface. La courbe en poin­tillée rouge repré­sente la consigne, c’est à dire la tempé­ra­ture déman­dée au niveau du ther­mo­stat d’am­biance

Le premier graphique corres­pond au cas où le chauf­fage est complè­te­ment coupé (Tcon­signe = Texté­rieur), le second corres­pond au cas où l’on se contente de bais­ser (ici de 3°) la consigne.

Couper_ou_baisser_le_chauffage_rempli.png

On constate que la diffé­rence est nette­ment en faveur de la première solu­tion, à savoir ne pas chauf­fer du tout lorsque l’on en a pas besoin. Sur le graphique suivant, l’éner­gie écono­mi­sée est repré­sen­tée par les zones vert pomme auxquelles il convient de sous­traire l’éner­gie supplé­men­taire four­nie lors  des dépas­se­ments (zones rouges dans le cas de la coupure totale du chauf­fage et mauvais régu­la­teur).

   La tota­lité des zones vert sombre et vert pomme repré­sente l’éner­gie à four­nir dans le cas d’une simple baisse de 3°C lors des absences, les zones vert sombre et rouges repré­sente l’éner­gie à four­nir dans le cas d’un coupure totale lors de ces absences.

Couper_ou_baisser_le_chauffage_difference.png

Et cela restera vrai quelle que soit l’iner­tie de la maison et autres para­mètres. Et ce, même avec des  dépas­se­ments de tempé­ra­tures impor­tants lors de la phase de remon­tée (phéno­mène d’os­cil­la­tions amor­ties dans le cas d’un régu­la­teur ancien). On voit bien qu’il faudrait envi­sa­ger des dépas­se­ments très impor­tants et nombreux pour que ceux-ci présentent une surface (en rouge) équi­va­lente aux surfaces vert pomme.

   La seule ques­tion qui se pose reste : comment faire en sorte que lorsque je rentre chez moi ou que je me lève, je ne me les caille pas durant la phase de remon­tée de la tempé­ra­ture exté­rieure (ou presque) à la tempé­ra­ture ambiante. Il va en effet de soit que l’on plus on laisse la tempé­ra­ture descendre, plus le temps pour retrou­ver la tempé­ra­ture souhai­tée sera long. En outre, si l’on veut une remon­tée en tempé­ra­ture rapide on risque de réduire le rende­ment de la chau­dière, surtout si elle est à conden­sa­tion durant ce temps.

Ce problème peut être aisé­ment résolu si vous connais­sez vos heures de rentrée ou de levée. Dans ce cas, un ther­mo­stat program­mable (j’en ai trouvé un très bon pour 11 € livré sur le bon coin) bien réglé vous permet­tra d’évi­ter ce fâcheux incon­vé­nient. Et d’au­tant plus faci­le­ment qu’une sonde exté­rieure four­nira au régu­la­teur l’in­for­ma­tion permet­tant d’es­ti­mer la quan­tité d’éner­gie devant être four­nie pour avoir une remon­tée de tempé­ra­ture suffi­sam­ment rapide : la sonde exté­rieure permet en effet de connaître l’écart de tempé­ra­ture entre l’ex­té­rieur et l’in­té­rieur et donc l’éner­gie à four­nir en un temps t, la tempé­ra­ture de l’eau de sortie chau­dière étant alors la variable d’ajus­te­ment dont les chau­dières actuelles disposent toutes ou presque.

Le décou­plage entre PIB et Empreinte écolo­gique est-il possible ?

On entend encore dire :  » conti­nuons à nous déve­lop­per car cela nous permet­tra d’être écono­mique­ment plus riche et tech­no­lo­gique­ment plus perfor­mant, et donc cela nous permet­tra de résoudre les problèmes écolo­giques « .

Parfois, ceux qui disent cela, pour faire sérieux, évoquent la courbe envi­ron­ne­men­tale de Kuznets, dont la vali­dité est, hélas, contes­tée.

Tentons de poser le problème en deux graphiques montrant les faits, dont ont sait qu’ils sont tétus !

La corré­la­tion Empreinte écolo­gique / PIB par habi­tant d’un pays est mani­feste

correlation_empreinte_ecologique_pib.png

Atten­tion : les échelles sont loga­rith­miques afin de permettre de visua­li­ser sur un même graphique la plupart des grands pays dont les PIB et les empreintes écolo­giques par habi­tant varient d’un facteur 1 à 10 !

L’Empreinte écolo­gique d’un habi­tant d’un pays est donc forte­ment corré­lée au PIB/habi­tant de ce pays (2003). Diffi­le­ment contes­table !

Mais ce qui est globa­le­ment vrai aujourd’­hui peut-il être faux demain et/ou pour certains pays ? Autre­ment dit peut-on décou­pler, la crois­sance du PIB de la crois­sance de l’em­preinte écolo­gique, en parti­cu­lier pour les pays dont cette dernière est IN-SOU-TE-NABLE ? Ces pays sont tous ceux dont l’em­preinte par personne est supé­rieure à 2 ha envi­ron, c’est à dire TOUS les pays dits déve­lop­pés, France incluse bien sûr.

  L’ Alle­magne, l’ex­cep­tion ?

Prenons le cas de l’Al­le­magne, un des rares pays qui a vu son empreinte écolo­gique par habi­tant se réduire depuis 1980 alors que son PIB par habi­tant crois­sait. Sur le graphique ci-dessous, sont repré­sen­tés le PIB/alle­mand (courbe bleue), l’em­preinte écolo­gique/alle­mand (courbe pourpre) entre 1960 et 2005. L’Al­le­magne a mani­fes­te­ment réussi de décou­pler l’em­preinte écolo­gique du PIB de ses habi­tants.

Est-ce suffi­sant ?

Pour cela nous avons prolongé la tendance de l’évo­lu­tion de l’Em­preinte écolo­gique (droite rouge) jusqu’à ce que qu’elle croise la valeur soute­nable (droite verte). Soute­nable signi­fie celle à laquelle chaque être humain à droit si l’on admet qu’elle doit être égale pour tous, Alle­mands, Français, Chinois, Brési­liens, …

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  Source : Supplé­ment France du Rapport Planète Vivante 2008, WWF.

  Que consta­tons-nous ?

L’em­preinte écolo­gique d’un alle­mand devient soute­nable à partir de . . . 2067 (envi­ron 1 ha pour chacun des 10 probables milliards d’hu­mains).

  Que pouvons-nous en conclure ?

Au vu de ces tendances, la DETTE ECOLOGIQUE qui conti­nuera à s’ac­cu­mu­ler jusqu’à cette date sera-t-elle rembour­sable ? Et si la charge de cette DETTE, sur laquelle il ne sera pas possible de faire défaut, augmente ?

La charge de cette DETTE, c’est à dire le coût crois­sant qu’il faudra consen­tir à payer pour la rembour­ser, ne conduira-t-il pas à un moment donné à rendre inéluc­table le « défaut de paie­ment », c’est à dire l’ef­fon­dre­ment de nos socié­tés, inca­pables de restau­rer l’en­vi­ron­ne­ment sur lequel s’ap­puie pour­tant leur fameuse crois­sance ?

L’avè­ne­ment du pic de produc­tion du pétrole ainsi que celui de bien d’autres ressources ne consti­tuent-ils pas déjà des obstacles à la restau­ra­tion de notre envi­ron­ne­ment duquel on prélève des quan­ti­tés sans cesse crois­santes de matières premières néces­saires à notre « PIB » ?

Vers la fin de cette vidéo Sans lende­main l’on peut voir les courbes de consom­ma­tion de nombreuses ressources natu­relles NON RENOUVELABLES. C’est vers la 24e minute !

Ques­tion sans réponse : pour que l’em­preinte écolo­gique décroisse à un rythme suffi­sam­ment vite pour que la dette soit rembour­sable, ne faut-il pas que le PIB croisse moins vite, voire DÉCROISSE ?

Mais est-ce la bonne ques­tion ? N’est-elle pas plutôt : étant donné qu’une rapide décrois­sance de notre empreinte écolo­gique est un impé­ra­tif, un objec­tif vital, la ques­tion du sens de l’évo­lu­tion du PIB qui s’en­sui­vra n’est-elle pas dénuée d’in­té­rêt, ou tout au moins secon­daire ?

Cepen­dant, si la ques­tion du décou­plage de la crois­sance et de l’em­preinte écolo­gique vous travaille, alors je vous invite à lire cet article de Jean Gadrey : Alain Lipietz et le « décou­plage » entre crois­sance du PIB et réduc­tion de l’em­preinte écolo­gique.

Le cas de la France et de nos voisins Belges et Espa­gnols

Evolution EE & PIB par habitant France-Belgique-Espagne-All

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Pourquoi l’éga­lité est meilleure pour tous

 Parce qu’un petit dessin vaut mieux qu’un long discours, tout d’abord cinq graphiques se passant de tout commen­taire. Pour une ving­taine de pays de l’OCDE, ils mettent en évidence une corré­la­tion signi­fi­ca­tive entre le niveau d’iné­ga­li­tés (abscisse) et un indi­ca­teur (ordon­née) pris dans les cinq domaines suivants : éduca­tion, santé, insé­cu­rité, inno­va­tion, écolo­gie.

ÉDUCATION : niveau en maths et en lecture/écriture et inéga­li­tés de reve­nus

inegaeduc

SANTÉ : taux d’adoles­cents en surpoids et inéga­li­tés de reve­nus

inegasurpoids

CRIMINALITÉ : taux d’in­car­cé­ra­tion et inéga­li­tés de reve­nus

inegaprisons

INNOVATION : taux de brevets et inéga­li­tés de reve­nus

inegabrevets

ÉCOLOGIE : taux de recy­clage et inéga­li­tés de reve­nus inengarecyclage

Conti­nuer la lecture

Échange d’em­ploi et écolo­gie

Quand on y pense, c’est un peu c..

Circu­lant aux heures où les gens vont ou reviennent du boulot, ne vous êtes-vous jamais posé la ques­tion suivante : n’y a-t-il pas au volant de ces véhi­cules deux secré­taires, deux vendeurs, deux serveurs, deux ortho­pho­nistes, deux infir­mières, deux coif­feuses, . . . qui se croisent tous les jours ? Et si l’un travaillait là où réside l’autre et réci­proque­ment ? Et si Domi­nique rési­dait à Trifouilly-les-Arras et travaillait à Douai, tandis que Claude réside à Pétaouch­nok-lès-Douai et travaille à Arras ?

Convaincu que la réponse est OUI, pourquoi ces personnes n’échan­ge­raient-elles pas leur job ?

C’est pourquoi ne serait-il pas oppor­tun de propo­ser un service web de mise en rela­tion de ces personnes. Un seul service web simi­laire existe (PermutJob). Il ne procède cepen­dant pas selon un schéma de mise en rela­tion dont le critères prin­ci­pal serait, outre les lieux de rési­dences et de travail, les code ROME des métiers de pôle emploi.

Si vous n’êtes pas convaincu des enjeux, je vous invite à prendre connais­sance de quelques éléments factuels ci-dessous.     Dépla­ce­ments routiers domi­cile/travail et écolo­gie : quels enjeux ?

Quelques chiffres (France, 2010) :

  • Distance moyenne domi­cile/travail par la route : 26,4 km en province (hors Ile de France).

  • Part de l’au­to­mo­bile dans les dépla­ce­ments domi­cile/travail : entre 72% et 81% selon les régions (43% en Ile de France). Cf. graphique et source ci-dessous ;

  • Part des trans­ports routiers pour neuf polluants atmo­sphé­riques : de 13% (COV) à 66% (cuivre). Cf. graphique et source ci-dessous ;

  • Part des trans­ports routiers dans les émis­sions natio­nales de CO2 : 32% ;

Part_transports_routiers_polluants_2010.jpg

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Source des données :

Après Fuku­shima, Tcher­no­byl et Three Miles Island, l’ac­ci­dent nucléaire en France est devenu impos­sible !!!

  Grâce à « Fuku­shima », l’ac­ci­dent nucléaire devient impos­sible dans le monde jusqu’en l’an 4211 et en France jusqu’en l’an . . . 19011 !

   Démons­tra­tion :  les centrales nucléaires ont un objec­tif de sûreté de l’ordre d’un acci­dent par million d’an­nées de fonc­tion­ne­ment. Si l’on multi­plie par les quelques 442 réac­teurs en fonc­tion­ne­ment dans le monde, cela fait un acci­dent tous les 2.200 ans. Si l’on se limite à l’ac­ci­dent français, cela fait un acci­dent tous les 17.000 ans. Outre que nous n’avons déjà pas eu de chance à TMI (1979, USA) et Tcher­no­byl (1986, URSS), Fuku­shima vient donc de rendre statis­tique­ment impos­sible l’ac­ci­dent en France avant l’an 19.011 ! C.Q.F.D. 

   Aussi aujourd’­hui, je crie Vive l’éner­gie nucléaire ! Avec 442 réac­teurs en fonc­tion­ne­ment dans le monde, cette éner­gie permet de satis­faire 2,4 % de l’éner­gie finale consom­mée (5 % dans l’Eu­rope à 27 !) et donc d’évi­ter 2,4 % de rejets de CO2, gaz contri­buant au chan­ge­ment clima­tique.

   Bon, comme je suis ouvert d’es­prit, voici un lien sur un avis diffé­rent de B. Laponche et B. Dessus. Le premier a été ingé­nieur nucléaire au Commis­sa­riat à l’éner­gie atomique (CEA) et publie une revue de qualité, Global Chance. Le second, poly­tech­ni­cien d’ori­gine, a égale­ment travaillé dans la physique des réac­teurs au CEA, puis a occupé divers postes de haute respon­sa­bi­lité à l’agence qui a précédé l’Ademe. Voici l’ar­ticle : Acci­dent nucléaire : une certi­tude statis­tique.

Cons­trui­sons vite les 8.400 réac­teurs manquants

Par consé­quent, main­te­nant que tout risque d’ac­ci­dent est écarté, et pour enter­rer défi­ni­ti­ve­ment le problème du chan­ge­ment clima­tique et autres effets délé­tères des éner­gies fossiles, vite, construi­sons, d’ici 2050 au plus tard, les quelques 8.400 réac­teurs supplé­men­taires néces­saires pour réduire de moitié les émis­sions mondiales de CO2 ! Reste juste à stocker les déchets en atten­dant une solu­tion pour les élimi­ner. Une paille !

Si ceci ne vous a pas convaincu, je vous invite à re-voir ce docu­men­taire de 2012 :

Fuku­shima, une popu­la­tion sacri­fiée

Fukushima une population sacrifiee

Diffusé sur LCP en mars 2013, on le retrouve en strea­ming sur de nombreux sites au cas où le précé­dent serait défec­tueux.

La crois­sance est termi­née !

Pourquoi la crois­sance, c’est fini ?

Lorsque le mot « crois­sance » est cité 84 fois dans le commu­niqué du G20 de juin 2012, on peut penser que la ques­tion mérite d’être posée. Aussi, si vous avez une petite heure à consa­crer au sujet, je vous recom­mande vive­ment cet article en quatre parties de Jean Gadrey, profes­seur émérite d’éco­no­mie à l’Uni­ver­sité de Lille1, membre de la commis­sion Stiglitz sur les nouveaux indi­ca­teurs de richesse.

L’ar­ticle «  La baisse tendan­cielle du taux de crois­sance » (oct. 2009) se décom­pose ainsi :

Et si l’ar­ticle vous a plu, je ne saurais que vous recom­man­der la lecture de son livre « Adieu à la crois­sance »(192 p. 14 €, déc. 2011).

   Je vous invite égale­ment à lire l’in­ter­view de Dennis Meadows, co-auteur du rapport « Halte à la crois­sance ? » établi en 1972. Une actua­li­sa­tion« The limits to Growth – The 30-year update », sortie en 2004, a été traduite en français « Les limites à la crois­sance » en . . . 2012 ! L’ac­tua­li­sa­tion conforte les projec­tions faites en 1972. Lire l’in­ter­view :Nous n’avons pas mis fin à la crois­sance, la nature va s’en char­ger et La crois­sance mondiale va s’ar­rê­ter (juin 2012).

Sinon, prenez 5–10 mn pour lire ci-dessous un court résumé de l’ar­ticle de J.Gadrey sus-cité.

   L’ar­ticle « la baisse tendan­cielle du taux de crois­sance » de Jean Gadrey en quelques lignes et graphiques.

Premier constat, la baisse tendan­cielle du taux de crois­sance de 1950 à 2014 est UN FAIT :taux_croissance_france_1950-2014Source : Taux de crois­sance française de 1950 à 2014, INSEE,

    Remarque : Le taux de crois­sance est géné­ra­le­ment fourni sans tenir compte de l’aug­men­ta­tion de la popu­la­tion. Or ce qui importe ce n’est pas la taille du gâteau (PIB) mais la taille des parts (PIB/habi­tant, cf. Bonus en fin d’ar­ticle). Ce qui conduit à accen­tuer sensi­ble­ment la pente, la popu­la­tion française augmen­tant.

   Ce constat réalisé, Jean Gadrey fait l’in­ven­taire des causes struc­tu­relles :

  1. Impor­tance du secteur des services où les gains de produc­ti­vité sont de fait limi­tés : on ne peut obte­nir des gains de produc­ti­vité aussi impor­tants que ceux qui ont permis de réduire l’em­ploi dans l’agri­cul­ture (méca­ni­sa­tion, remem­bre­ment) et l’in­dus­trie (robo­ti­sa­tion). D’au­tant qu’en 2012, des gains substan­tiels ont déjà été atteints grâce à l’in­for­ma­ti­sa­tion et la mise en réseau (collecte de l’in­for­ma­tion). Comment augmen­ter la produc­ti­vité d’un ensei­gnant, d’un soignant, d’un travailleur social, d’un conseiller, . . . Plus crûment : à quand l’en­sei­gnant ou le méde­cin robot ?

  2. Renché­ris­se­ment du coût de l’éner­gie (hydro­car­bures) et des ressources natu­relles (mine­rais, …) : le prix du pétrole a été multi­plié par un facteur deux à trois depuis 1975 pour des raisons poli­tiques (OPEP). Le pétrole a passé son pic de produc­tion autour du milieu des années 2000. Ce fait physique conduit à une tendance haus­sière durable du prix du baril jusqu’à un niveau voisin des autres sources d’éner­gies, renou­ve­lables (photo­vol­taïque, renou­ve­lable, biomasse, …) ou non (pétrole non conven­tion­nel, sables bitu­mi­neux, gaz de schistes …) ;Prix pétrole 1861-2005 BP-2007

   Ainsi il faut désor­mais faire mieux avec moins alors que durant les trente glorieuses l’on a fait mieux avec plus : de 1945 à 1980, multi­pli­ca­tion par CINQ de la quan­tité de pétrole par habi­tant au niveau mondial puis, après une dimi­nu­tion de 20%, le niveau stagne depuis 1985. Proba­ble­ment bais­sera-t-il encore étant donné l’ac­crois­se­ment de la popu­la­tion mondiale.

   Rajou­tez à tout cela 40 ans de vie à crédit (dettes publiques et privées) et une dette écolo­gique (chan­ge­ment clima­tique, effon­dre­ment de la biodi­ver­sité, . . . ) sur laquelle nous ne pour­rons faire défaut, et il n’y a plus qu’à espé­rer le retour de Jésus !

   Et à ceux qui pense­raient que la France décline(rait) à cause des 35 h, des dépenses publiques, de l’immi­gra­tion, des minima sociaux, des allo­ca­tions fami­liales, des fraudes aux pres­ta­tions sociales, de trop-de-fonc­tion­naires, des grèves, de la fisca­lité, des allo­ca­tions chômage, des rigi­di­tés du contrat de travail, de la retraite à 60 ans, . . . ,  je propose le graphique suivant : il met en évidence la baisse tendan­cielle du taux de crois­sance de quatorze pays repré­sen­ta­tifs de l’OCDE de 1962 à aujourd’­hui. Notons que certains ne sont pas des exemples en terme de justices, sociale et écono­mique.

 

   Au point de vue mondial, l’OCDE dans son rapport Hori­zon 2060 : pers­pec­tives de crois­sance écono­mique globale à long terme (2012), écrit à la page 8 :  » De plus de 7 % par an pendant les dix dernières années, la crois­sance des pays hors OCDE tombera aux alen­tours de 5 % dans les années 2020 puis à envi­ron la moitié de ce taux à l’ho­ri­zon 2050, tandis que la crois­sance tendan­cielle de la zone OCDE s’éta­blira autour de 1,75% à 2,25% par an en moyenne. »

   Si ce résumé person­nel ne vous convainc pas alors lisez les quatre parties de l’ar­ticle « La baisse tendan­cielle du taux de crois­sance » (J. Gadrey, oct. 2009) :

Le graphique ci-dessous synthé­tise les tendances prédites dans le rapport Meadows en 1972 (courbes en poin­tillés) et obser­vées depuis (courbes conti­nues) sur la période 1970–2000.

   Confon­dant, non ?

Espé­rons que l’hu­ma­nité réagira avant l’ef­fon­dre­ment prévi­sible d’ici 10 à 20 ans.À moins qu’il n’ait commencé en juillet 2007 avec la crise des subprimes, la chute de Lehman Brothers , . . .

À la date de cet article le sommet de la Terre Rio+20 vient de se termi­ner en retrait sur les enga­ge­ments du premier sommet de la Terre de Rio en 1992, c’est à dire sur . . . RIEN !

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Bonus 
: autre présen­ta­tion de la baisse tendan­cielle du taux de crois­sance, par décen­nie et par habi­tant, par Olivier Berruyer de l’ex­cellent blog Les Crises :

Et main­te­nant, si vous y croyez encore un peu, je vous invite à enton­ner avec La Pari­sienne Libé­rée, cette prière à la crois­sance :

Pourquoi j’ai lâché EelVA !

Ils sont rares ceux qui remarquent que l’éco­lo­gie est la grande absente de cette campagne élec­to­rale. Tout le monde semble s’en foutre, en fait !

Corinne Lepage, écolo­giste de droite, n’a pas pu se présen­ter et la pauvre Eva Joly a été aban­don­née à son triste sort, errant à la dérive au milieu de sujets de campagne surréa­listes. Jamais on ne lui parle d’éco­lo­gie.

Mais soyons rassu­rés, l’éco­lo­gie est sauvée : EELV a paraît-il assuré 3 minis­tères dans le futur gouver­ne­ment de l’ami Molette !!!!!! Enfin si Molette ne revient pas sur ses enga­ge­ments eu égard au score probable d’Eva.

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