Archives pour la catégorie Dette publique

La (bonne) dette privée et la (mauvaise) dette publique !

Pourquoi parle-t-on tant de la dette publique et si peu de la dette privée ?
Depuis l’avènement de la crise bancaire et financière de 2008, laquelle à conduit à une augmentation des dettes publiques de la quasi totalité des états, au nom du too big to fail, il n’est quasiment par une journée sans que l’on n’entende parler de la nécessité absolue de réduire celle-ci. Les très (rigides et stupides) critères de Maastricht ne manquant pas d’être rappelés. Or, la dette qui a le plus augmenté ces 20 dernières années et plus particulièrement ces 10 dernières est la dette privée (+45 pts pour cette dernière contre +45 pts pour la dette publique).
Alors pourquoi cette dernière, pourtant à l’origine de la crise des subprimes aux USA qui a conduit à la crise systémique dont nous ne sommes pas encore sortis et dont nous ne sortirons peut-être pas avant la suivante, n’est-elle pas plus souvent évoquée ?
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Quel rapport entre la transition énergétique et le chancelier allemand Brüning (1930-1932)

Le 17 mars 2015 dans une interview de 25′ sur Mediapart,  l’économiste Gaël Giraud fait un lien entre les mesures qu’aurait dû prendre le chancelier Brüning pour éviter l’ascension d’Hitler sur fond de chômage lié à la déflation que sa politique budgétaire et monétaire a induite et les mesures qu’il faudrait prendre dans la zone euro afin d’éviter une histoire similaire en France (très ?) prochainement, et peut-être ailleurs dans cette eurozone.

Pour les abonnés à Mediapart c’est Là : Gaël Giraud: «La transition énergétique est un idéal de société»

Sinon direct sur Youtube , c’est ICI. 
Et si vous n’avez qu’une minute ou deux, extraits verbatim ci-dessous
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Trou de la sécu : 83% des dépenses sont liées aux maladies chroniques dont le nombre explose

Le « trou » de la sécu on en parle depuis longtemps. Chaque année ou presque des rustines permettent de limiter ce trou. Mais, hélas, cela ne conduira qu’à réduire les soins pour un nombre de personnes modestes de plus en plus important. Le 1 € de participation forfaitaire lors d’une consultation chez un médecin fait partie de cet arsenal de rustines visant les plus modestes d’entre-nous.

Or 83% des dépenses de la sécu sont destinées à des soins liées au maladies chroniques dont le nombre explose : depuis 1990, les maladies cardiovasculaires ont progressé 5 fois plus vite que la population, le cancer 4 fois plus, les affections psychiatriques 3 fois plus, le diabète 6 fois plus (depuis 2000), …

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La partie illégitime de la dette publique

France : qui paye la dette et à qui profite le crime ?
Environ 70 % des créances sur les dettes publiques sont possédées par les 10 % les plus riches de la population qui perçoivent donc 70 % des intérêts.

   Le budget 2011 de la France c’est en gros 200 Md€ de recettes, 290 Md€ de dépenses dont près de 60 Md€ d’intérêts de la dette publique (Merci Giscard et ta loi dite Rothschild de 1973 !).

   Si vous n’aimez pas lire, je vous propose cette récente video (Marianne, mai 2014). Revenez éventuellement lire la suite de l’article après.

  L’impôt étant assez peu redistributif, on comprend donc que le système de la dette publique enrichit les plus riches au détriment des plus pauvres, lesquels payent des impôts – TVA à 20% en particulier – sans avoir de patrimoine financier rémunéré.

  Ce premier graphique, illustre le fait que ce sont les 90% les plus pauvres (barres rouges) qui globalement remboursent la dette au 10% les plus riches (les trois barres vertes) :

charge-nette-dette-par-decile-france-2010-O-Berruyer-perte.jpg
   Selon que l’on est dans une des trois parties de ce dernier décile (90-95%, 95-99% ou 99-100%), bien évidemment l’on y gagne plus ou moins.

   Dans ce deuxième graphique, est estimé le pourcentage des revenus consacrés par chacun au remboursement de la dette.

charge-nette-dette-en---revenus-par-decile-france-2010-O-B.jpg  Comme indiqué, les 90% les plus pauvres perdent 2,5% de leur revenus (de -3,9% à -1,5%) pour améliorer de 3,5% les revenus des 5% les plus riches !

   En résumé : baisse des impôts des plus riches depuis 30 ans => plus d’épargne pour les plus riches => plus de revenus financiers pour ces derniers qui s’enrichissent => encore plus d’épargne pour ces encore plus riches => encore plus de revenus financiers …. Voir en fin d’article le graphique représentant le taux d’épargne médian en fonction des revenus : -20% (= dette) pour les 20% les moins riches à +40% pour les 20% les plus riches !

   Durant ce temps là les pauvres sont toujours plus pauvres, et comme crise et inégalités sont indubitablement liées cela risque donc de durer, un moment je vous le dis ! Au moins tant que, a minima, la loi Rothschild ne sera pas abrogée, c’est à dire les Traités de Maastricht et de Lisbonne qui la consacre.

   Cela ne saurait évidemment être suffisant : il faut mettre en oeuvre d’autres solutions. Et chaque jour qui passe, c’est notre argent qui disparaît au profit de qui vous savez maintenant.

Pour en savoir plus lire l’article d’Olivier Berruyer : Perte du Triple A : origine et conséquences

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Taux d’épargne médian par quintile de revenu disponible

Taux_epargne_median_selon_quintile_2010Source du graphique : Les hauts revenus épargnent‐ils
davantage ?, p.55, ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 472-473, 2014, Insee.
Note : Le revenu disponible comprend les revenus d’activité et de remplacement, les prestations sociales et les revenus du patrimoine. Il est net des impôts directs (impôt sur le revenu, CSG, CRDS et taxe d’habitation).

En 2003, les 20 % de ménages les plus aisés (soit 5 millions de foyers) disposaient de 40 % du revenu disponible (993,4 milliards d’euros), quand les 20 % les moins aisés n’en recevaient que 8 %. Autrement dit le niveau de vie des 20 % des ménages les plus aisés est en moyenne 5 fois plus élevé que celui des 20% les plus modestes.

Instabilité financière, crises & conflits

   Au vu de l’instabilité financière depuis 1900, mesurée selon un indice proposé par deux chercheurs du FMI, on peut légitimement se poser la question de l’impact de cette instabilité financière mondiale sur les crises économiques et conflits armés qu’a connu le monde depuis cette date.
   Concernant l’Europe, à feu entre 1914 et 1945, on peut aussi se poser la question : la paix qu’elle connait depuis depuis est-elle à porter au crédit de la construction européenne ou au crédit des mesures prises pour éviter cette instabilité financière ? Quelques éléments de réponse ci-dessous.

   Le FMI a publié en décembre 2013, ce document de travail : « Financial and Sovereign Debt Crises : Some Lessons Learned and Those Forgotten » (Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff). Le résumé est visible à partir de cette page du FMI et l’article téléchargeable . En français cela donne Crises des dettes publiques et financières : quelques leçons appirses et celles oubliées.

À partir des données et du graphique de la page 5, le magazine Alternatives Économiques a reconstruit celui-ci dans son article intitulé Un siècle d’instabilité financière . Reproduit ci-dessous, j’y ai rajouté quelques événements : les deux guerres mondiales (1914-1918, 1939-1945) et deux actes marquant de la régulation et de la dérégulation financière aux USA et en France. Il s’agit du Glass-Steagall Act (1933, USA) établi par Roosevelt et de la loi 45-15 (1945, France) établie par le Conseil National de la Résistance.

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   Parallèlement à la suppression de cette loi fondamentale de la régulation financière, la dérégulation de la finance s’est amplifiée et généralisée depuis 35 ans. Concernant les principaux pays, elle est représentée par ce graphique extrait de l’article 30 ans de dérégulation financière (source : les-crises.fr). Concernant la France, on peut constater que l’alternance UMP/PS n’a rien changé au rythme de dérégulation de la finance. On peut au contraire constater que c’est entre 1984 et 1992, alors que le PS est au pouvoir, que la dérégulation est la plus importante et rejoint le peloton de tête dans lequel la précèdent de peu, les États-Unis et le Royaume-Uni. C’était dans l’air du temps (Reagan, Thatcher, …) me direz-vous !

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Les mêmes allures doivent se retrouver dans nombre d’autres pays du monde, sauf peut-être en Chine devenue capitaliste, où la finance reste sous contrôle de l’État.

   Question : comme le suggère le titre de l’article « Financial and Sovereign Debt Crises : Some Lessons Learned and Those Forgotten », c’est à dire Crises financières et des dettes publiques : quelques leçons apprises et certaines oubliées, saurons-nous reprendre les rènes de la finance avant que ces crises ne se transforment en conflit ?

   La récente loi française de « non-« séparation des activités bancaires ne semble pas abonder en ce sens. Dommage !

Évolution de la dette publique hors service de 1979 à 2009 : sans les intérêts, elle représenterait 9 % du PIB en 2009

   Sur ce graphique, établi par l’économiste A.-J. Holbecq*, l’on visualise :

  • En trait noir gras continu : la dette publique réelle. 
  • En rouge, l’évolution de la dette publique hors service, c’est à dire en considérant un taux d’intérêt des emprunts à taux nul !
  • En pointillé mauve, la partie de la dette correspondant aux intérêts.

Autrement dit l’augmentation de la dette entre 1979 et 2009 est uniquement lié aux taux d’intérêt. Sans ces intérêts, elle serait de 9% du PIB !!!!

Le rebond qui apparait à partir de mi 2008 est l’effet de la crise financière.

Evolution-Dette-constatee-et-sans-interets-1979-2009_HolbecCe graphique est paru dans l’article  » Un billet important de André-Jacques Holbecq sur la dette publique  » sur le blog de Jean Gadrey, Professeur émérite d’économie.

* A.J. Holbecq est l’auteur avec Étienne Chouard et Philippe Derruder de l’ouvrage : La dette publique, une affaire rentable : A qui profite le système ?

Étienne Chouard explique bien tout ceci dans une courte video de 6’15 ».

Séparation des activités bancaires de dépôt, d’affaire et de crédit en France : l’équivalent du Glass-Steagall Act étasunien en France

  Source principale de l’article : Mettre les banques au pas et redonner le LA (le Glass-Steagall global et le précédent français)

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  ACTION URGENTE : pour contrer la parodie de séparation des activités proposée dans le projet de loi soumis au conseil des ministres du 19 décembre 2012,
signez l’appel pour une VRAIE séparation des banques d’affaires et des banques de dépôt.

Vous pouvez préalablement lire les déclarations de 130 personnalités (banquiers, financiers, chef d’état, directrice du FMI, économistes, traders, …) s’étant prononcées en faveur d’une VERITABLE scission entre banque d’affaire et banque de dépôts.

Lagarde_scission-banques.jpg

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  L’équivalent du Glass-Steagall Act étasunien de 1932 (président Roosevelt) séparant les banques en deux catégories (banque de dépôt et banque d’affaire) est la loi 45-15 (2 décembre 1945)

   Cette loi française – issue du programme du Conseil National de la Résistance – définit non pas deux mais trois types de banques : les banques de dépôt, les banques d’affaires et les banques de crédit. Elle a été abolie en 1984, par le gouvernement . . . Mitterrand/Mauroy/Delors au nom de la modernité. La banque universelle d’avant 1945 est alors rétablie !!!!!!

    En 2012, le système bancaire française est devenu un véritable oligopole contrôlé par les « quatre gros » (ils ont tout avalé) : BNP-Paribas, Société générale, Crédit agricole et Caisse d’épargne-Banque populaire. Le Glass-Steagall act étasunien ne sera aboli aux USA qu’en 1999, sous Clinton !

    Notons que jamais une si longue période sans crise financière mondiale n’avait prévalue : de 1929 jusqu’à 2007 soit près de 8 décennies !

   Le gouvernement britannique prévoit de contraindre, les banques à isoler leur banque de détail des activités de marché d’ici 2019. Avant les Britanniques, le conseiller du président américain Barack Obama, Paul Volcker, avait prôné l’idée en 2009, sans succès.

  En 2012, nombreux politiques et économistes se prononcent pour son rétablissement. Rocard par exemple est catégorique sur le sujet.

  La proposition 7 de Hollande (présidentielle 2012) y fait une timide allusion : « Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives. ».

  Le Front de gauche propose sur ce sujet : L’  » Adoption d’une loi portant création d’un pôle public financier transformant notamment la politique et les critères du crédit «  tout en imposant « la séparation des banques de dépôt et des banques d’investissement. ».
Ci-dessous extrait – très légèrement remanié – de l’article de Bertrand Buisson évoqué en sous-titre.

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[…] 1945, le Glass-Steagall français issu du programme du Conseil National de la Résistance

    « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine », le gouvernement provisoire avait les coudées franches pour mettre à bas la « dictature professionnelle » qui avait dominé l’économie, donc la politique française. Le 2 décembre 1945, la loi 45-15 relative à la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques et à l’organisation du crédit, venait concrétiser les résolutions prises sous l’occupation par le Conseil National de la Résistance.

Cette loi définit clairement « trois catégories de banques : les banques de dépôt, les banques d’affaires, les banques de crédit à long terme et à moyen terme » ; institue un Conseil national du Crédit, représentatif des forces vives de la nation, aux pouvoirs réglementaires et non simplement consultatifs ; établit un dispositif sérieux de « contrôle des banques d’affaires » en nommant pour chacune d’elles un commissaire du gouvernement, muni de pouvoirs d’investigation et chargé de veiller à la régularité de leurs opérations et à leur conformité avec « l’intérêt national ».

    Ce Glass-Steagall français est à l’opposé de ce qu’on appelle aujourd’hui « régulation ». Il ne s’agit pas d’une simple surveillance a posteriori des organismes de crédit, comme il est d’usage aujourd’hui, mais d’une réglementation intégrale des activités bancaires afin que l’allocation du crédit privé s’adapte aux lignes fixées par le Plan.

Les pouvoirs magiques du Glass-Steagall

Pris comme une simple mesure technique, séparer les banques ne sert à rien. Si le dispositif créé par la loi du 2 décembre 1945 a pu engendrer les Trente Glorieuses, c’est qu’il a créé les conditions d’un véritable système de crédit productif, implicitement anti-monétariste. En nationalisant la Banque de France, le gouvernement a pu déclencher une politique de crédit public sans précédent, en utilisant pour l’équipement à long terme la capacité du Trésor public de présenter ses effets à l’escompte de la Banque de France à des taux préférentiels. Il s’agit pour le Trésor (au nom du gouvernement), dans le cadre de la planification et d’une politique cohérente de développement du territoire, d’obtenir en création monétaire auprès de la Banque de France, l’équivalent des richesses futures que créera l’utilisation de ce crédit. Pour la première fois dans notre histoire, l’État put devancer le développement économique, assurant ainsi un cycle long de croissance physique.

D’ailleurs, nous devons bien avoir conscience que ce mécanisme vertueux ne pouvait avoir lieu que dans le cadre du système de taux de change fixe établi à la conférence de Bretton Woods, en juillet 1944. Des taux de changes flottant au bon gré des spéculateurs ne permettent pas de politique d’investissement à long terme. Le Glass-Steagall global de demain ne peut qu’aller de pair avec un nouveau Bretton Woods protégeant les systèmes de crédit au sein de chaque économie nationale.

1984, l’esbroufe de la banque « universelle » du gouvernement Mauroy (présidence Mitterrand)

Aux États- Unis, la loi Glass- Steagall instituée en juin 1933 sous l’impulsion du Président Roosevelt, fut abrogée en 1999 sous la présidence Clinton.

   La France, quant à elle, avait déréglementé bien plus tôt : c’est sous l’égide de Jacques Delors, ministre de l’Économie et des Finances de François Mitterrand, que la loi bancaire 84-46 du 24 janvier 1984 (dite de « modernisation » !) abrogea la loi du 2 décembre 1945. Elle fit disparaître la distinction fondamentale des activités bancaires sous un titre unique, les « établissements de crédit » , les libérant ainsi de toute contrainte sur l’origine et l’investissement de leurs ressources. C’est ce qu’ils nomment fièrement « banque universelle ».

   A la tribune de l’Assemblée nationale, Delors avait prétexté la nécessité de s’adapter à l’environnement international pour justifier la création d’une véritable « communauté bancaire » au nom de « la liberté d’association » (sic). La séparation « entrave le développement d’une saine concurrence », disait-il. On a vu le résultat. Aujourd’hui, la banque française est devenue un véritable oligopole contrôlé par les « quatre gros » (ils ont tout avalé) : BNP-Paribas, Société générale, Crédit agricole et Caisse d’épargne-Banque populaire.

[…]

    Texte intégral : Mettre les banques au pas et redonner le la : LE GLASS-STEAGALL GLOBAL et le PRÉCÉDENT FRANCAIS.

Y a-t-il une corrélation entre dette publique, dépenses publiques et prélèvements obligatoires ?

   Ce 1ergraphique représente le niveau de dettes publiques en fonction du niveau de dépenses publiques dans l’Union Européenne à 27, relativement au PIB. Il s’agit de l’année 2008. La crise bancaire et financière de 2008 a modifié quelque peu la donne mais pas significativement sur l’ensemble des pays.

Corrélation dettes publiques 2008 vs Dépenses publiques 2
La corrélation semble peu significative. On constate en particulier que la Suède et le Danemark présentent les niveaux de dépenses publiques les plus élevés et les dettes publiques parmi les plus faibles. À l’inverse, la Grèce présente un niveau de dépenses publiques relativement faible et une dette particulièrement élevée. Les pays aux plus faibles niveaux de dette et de dépenses publiques sont, à l’exception du Luxembourg, paradis fiscal, des pays peu développés (Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie). 

   Le 2egraphique représente le niveau de dettes publiques en fonction du niveau de prélèvements obligatoires dans l’Union Européenne à 27, relativement au PIB. La crise bancaire et financière de 2008 a modifié quelque peu la donne mais pas significativement sur l’ensemble des pays. Les prélèvements obligatoires représentent l’essentiel des recettes publiques.

Corrélation dettes publiques 2008 vs TPO 2007 UE27 - Euros
La corrélation semble peu significative également. On constate, là encore, que la Suède et le Danemark présentent les niveaux de prélèvements obligatoires les plus élevés et les dettes publiques parmi les plus faibles. À l’inverse, la Grèce présente un niveau de prélèvements obligatoires relativement faible et une dette particulièrement élevée. Les pays aux plus faibles niveaux de dette et de dépenses publiques sont, à l’exception du Luxembourg, paradis fiscal, des pays peu développés (Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie)). 

   Rien de bien surprenant à ces constats : la dette publique représente la somme des dettes annuelles cumulées. Les dettes annuelles sont la différence entre recettes – essentiellement constituées des prélèvements obligatoires – et dépenses publiques. Elles sont donc indépendantes des niveaux de recettes et dépenses publiques mais uniquement de l’égalité entre ces deux quantités.

   Concernant les recettes publiques, si la TVA en constitue la principale, l’impôt sur les revenus, du travail et du capital, n’en est pas moins négligeable lorsque la progressivité est effective. Hélas, ce n’est plus une réalité dans nombre de pays, dont la France, depuis une trentaine d’années.

   Concernant la France, l’ensemble des prélèvements obligatoires est très légèrement progressif (90% les revenus les plus faibles), voire franchement dégressif pour les très hauts revenus (1% des revenus les plus élevés), comme l’atteste les travaux de Piketty &Co résumés par ce graphique reproduit ci-dessous.

Systeme imposition peu progressif decomposition par impotsSource du graphique : http://www.revolution-fiscale.fr/le-systeme-actuel/des-impots-progressifs-/12-un-systeme-faiblement-progressif-decomposition-par-impots-

   Et pourtant, la plupart des pays de l’OCDE ont connu, durant les Trente glorieuses, une imposition sur les revenus bien plus progressive, comme l’atteste le graphique de ce billet : Cassez-vous, très riches cons !

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Mots-clés : corrélation, lien, relation cause à effet

IMPÔTS : faudrait savoir !

Impôts : inversion de tendance européenne !

Comme c’est bizarre, comme c’est étrange !

On nous martèle depuis plus de dix ans, de la droite dure à la gauche molle, que les impôts plombent la compétitivité de nos entreprises, favorisent les délocalisations, et, pour les particuliers, brisent les initiatives et favorisent l’exil de nos « élites ».

Et soudainement, après avoir peu ou prou tenté l’option de réduire les consommations publiques (oui, une dépense publique est une consommation collective de bien ou de service), nombre de pays européens retrouvent les vertus des impôts.

Comme c’est bizarre, comme c’est étrange et quelle coïncidence !!!!

Coïncidant avec la survenue de la crise financière (sept 2008), laquelle a induit la crise des dettes publiques, on constate un ralentissement, voire une inversion de tendance du taux d’imposition, dans l’Eurozone (union à 17) et l’Union à 27.

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Figure 1 : Taux d’imposition moyens dans l’Union européenne (TVA) et dans la zone euro (taux marginal de l’impôt sur les revenus et taux d’imposition sur les bénéfices des entreprises), en %. Source : Eurostat.

Graphique tiré de l’article : Fiscalité : la tendance s’inverse, Guillaume Duval, Alternatives Économiques, n° 314 – juin 2012

    

Comme quoi, quand on veut, il n’est pas nécessaire d’attendre une décision européenne !

Cela étant, à quand une réglementation européenne d’harmonisation sociale et fiscale  en lieu et place du dumpingauquel on nous avait habitués ?

Préjugés sur les dépenses publiques

17) Préjugés sur les dépenses publiques

17-1)« Il y a trop de dépenses publiques ! »

FAUT VOIR ! Qui dit « trop », signifie qu’il faut en supprimer. Pourquoi pas ! Mais lesquelles et selon quels critères ?

Un constat : les dépenses publiques représentent une part croissante du PIB .

Pourquoi ?

600x450-ct249 De 1978 à 2010 (33 ans), le poids des dépenses publiques dans le PIB s’est accru de 11,9 points de PIB. Comment une telle progression se justifie-t-elle ?

Si l’on compare l’évolution entre l’année 1978 et l’année 2010, la décomposition de la progression est la suivante :Evolution_entre_1978_et_2010_depenses_publiques_par_nature

De 1978 à 2010, l’augmentation des dépenses de fonctionnement (+1,3 pt) ne représente que 11% de l’augmentation totale (+11,9 pt).

Peut-on, en réduisant le nombre d’emplois publics (santé, éducation, travailleurs sociaux, recherche, …) réduire ces dépenses sans entamer la qualité des services publics ?

Pas sûr !

N’est-il pas légitime que le coût de la santé s’accroisse parallèlement au développement de nouvelles thérapies ?

L’on peut cependant se poser la question de la prévention : ne serait-il pas moins coûteux de prévenir certaines maladies. Non seulement celles liées à notre mode de vie individuel (sédentarité, alimentation, …) mais aussi à notre environnement collectif (polluants chimiques , …).

N’est-il pas légitime que l’éducation et la formation prennent une part croissante ? Doit-on déléguer ces fonctions à des établissements privés ?

Concernant les rémunérations des emplois publics (fonctions publiques d’état, territoriale et hospitalière), voir : Préjugés sur les fonctionnaires.

L’essentiel de l’augmentation est due aux dépenses de transfert (+9,3 pts) et principalement celles de prestations sociales (+7,5 pts) qui représentent 63% de l’augmentation totale.

 Faut-il réduire ces prestations sociales qui représentent 45% des dépenses publiques ?

Ces prestations concernent : la santé (maladie, accidents du travail, invalidité), la vieillesse et survie, la maternité  et la famille, le chômage, le logement, la pauvreté et l’exclusion sociale.

Sur la pauvreté et l’exclusion, voir : Préjugés sur les minima sociaux.

Sur la maternité et la famille, voir : Préjugés sur les prestations familiales.

Sur le chômage, voir : Préjugés sur le chômage.

Sur la protection sociale (santé et retraites ) : patience !

Hormis ces deux gros postes de dépenses (fonctionnement et prestations) qui représentent 80% de la dépense publique, il reste 20% se décomposant en : charges d’intérêts de la dette (4%), subventions et autres transferts courants (10%), et enfin investissement (6%) comme l’illustre ce graphique pour l’année 2010 :Repartition-depense-publique-2010_Gouv-2012

Source : Rapport sur la dépense publique et son évolution, p. 11, graphique 1, Ministère du budget, des comptes publics et de la réforme de l’Etat, 2012.

En savoir plus : « La France a-t-elle trop de dépenses publiques ? » (C. Chavagneux, Alternatives économiques, juin 2012). L’article réalise une comparaison intéressante avec l’Allemagne qui serait plus vertueuse en la matière et qu’il faudrait imiter selon certains !

17-2)  » Les charges pèsent trop sur les entreprises et pénalisent leur compétitivité ! »

FAUX ! Les « charges », que l’on devrait appeler cotisations sociales, sont des prélèvements obligatoires sur votre salaire « super-brut ». Ils sont partie intégrante de votre salaire « super-brut », lequel est la somme de votre salaire brut et des « charges » patronales. Les « charges » salariales sont prélevées de votre salaire brut et conduise au salaire net. L’ensemble de ces « charges » contribuent pour l’essentiel à votre propre protection sociale (retraite, chômage, maladie). Les autres prélèvements contribuent à des objectifs collectifs ciblés tel le logement,  les transports, la formation, ….Il s’agit donc en fait d’une partie des salaires qui est, soit différé (retraite, chômage, …) , soit socialisé (santé, éducation, recherche, …).

    Notons au passage que les cotisations maladie, famille et retraite, sont gérées par la Sécurité Sociale, organisme de droit privé (ses employés ne sont donc pas des fonctionnaires !).

Une part plus réduite (CSG, …) de ces « charges » contribue au budget de l’état afin de procéder à une redistribution des richesses et/ou d’assurer le fonctionnement des pouvoirs régaliens (ordre, sécurité, justice, …) de l’état . Voir graphique ci-dessus répartition de la dépense publique.

En résumé, ces « charges » correspondent donc à des dépenses collectives et ne pèsent donc pas plus sur les entreprises que le salaire net. Il va de soit que baisser, l’un, l’autre ou les deux, fait baisser le coût du travail et peut donc augmenter la compétitivité  des entreprises si celles-ci répercutent cela sur leur prix plutôt que sur leur profits.

Cependant, si ces « charges » n’existaient pas, ce serait à chacun d’entre-nous de les réaliser individuellement en prenant des assurances privées pour nous protéger des accidents de la vie : chômage, maladie, vieillesse, …

Ce système serait-il plus juste ? Moins coûteux ? Pas sûr ! Un bon exemple sont les dépenses de santé dans les pays de l’OCDE. Les Etats-Unis est un des rares pays où la part les dépenses privées (complémentaires santé, reste à charge) de santé sont plus importantes que celle des dépenses publiques (sécu, …). Et c’est pourtant le pays où la part des dépenses de santé dans le PIB est de loin le plus important : 15,3% contre 11,1% en France et 10,6% en Allemagne. Pour quel résultat ? Concernant l’Allemagne relativement à la France, lire Santé : maîtrise des dépenses en France, financement pragmatique en Allemagne (Alternatives économiques, avril 2012).

Un seul indicateur : l’espérance de vie en 2010 était de 3,2 ans moins élevée aux Etats-unis qu’en France, l’Allemagne et le Royaume-Uni se situant entre les deux (resp. 80 et 80,4 ans)

Au Royaume-Uni,  les dépenses totales de santé sont inférieures de 2,7 pts de PIB par rapport à la France. Cependant, la part publique y est plus importante qu’en France (87% contre 79,5% ). Notons qu’une spécificité du système de santé britannique réside dans le fait que les médecins sont des employés du public.

Le graphique ci-dessous fait état des dépenses de santé dans divers pays de l’OCDE.Depenses_sante_privees_et_publiques_en_part_de_pib

 17-3)   » Les prélèvements obligatoires limitent le pouvoir d’achat et pénalisent donc l’emploi ! »

FAUX ! Les prélèvements obligatoires correspondent à des dépenses collectives qui de fait se traduisent par des achats (collectifs) de biens ou de services. S’agissant des services, tels l’éducation et la formation, la santé, la recherche, l’aide au retour à l’emploi, . . . elles se retrouvent dans la consommation des employés du public. S’agissant de biens, tels les infrastructures routières, ferroviaires, les établissements scolaires, les logements sociaux, les équipements sportifs ou culturels,  …. elles génèrent de l’emploi, non délocalisable, dans le bâtiment, le génie civil, …

Si ces dépenses collectives n’existaient pas, ce serait à chacun d’entre-nous de réaliser individuellement certaines d’entre-elles auprès d’opérateurs privés (complémentaire santé, complémentaire retraite, établissement scolaire et universitaire privés, cliniques privées, ….). Ce système serait-il moins coûteux ? Pas sûr : quid du coût de la communication des entreprises pour attirer des clients ? Quid de la rémunération des actionnaires ?

En outre, ce système serait-il plus juste ? Un coup d’oeil outre-atlantique suffit à se rendre compte du contraire : ne peuvent prendre des assurances que ceux qui en ont les moyens. L’on voit ainsi des gens ne pouvant se soigner ou devant travailler jusqu’à la mort !

Préjugés sur la dette publique

Douzième d’une série d’articles démontant les préjugés sur la pauvreté, le chômage, l’assistanat, l’immigration, les Roms, les impôts, la dette, . . .

12) Sur la Dette publique

12-1) « La dette publique, c’est la gauche »

FAUX ! Sans commentaires

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 Pour une courbe de la dette publique : ICI (wikipedia selon Insee). 

12-2) « Pour sortir de la crise de la dette, il faut réduire les dépenses publiques »

FAUX !  C’est une possibilité mais certainement pas une obligation : on peut aussi choisir de maintenir les recettes, voire de les augmenter !

Pour cause de modification de la législation fiscale (bouclier fiscal, …) les recettes sont passées de 44,3 % à 42,5% du PIB entre 1999 et 2008. Si cette législation n’avait pas été modifiée, les recettes représenteraient 45,3 % en 2008, soit 3 points de PIB en plus !

La dette publique aurait alors été inférieure de 20 points de PIB car la charge des intérêts annuels eut été réduite de 0,5 point de PIB  et serait alors à peine supérieure aux 60% du PIB autorisés par le Traité de Maastricht. 

Source : « Rapport sur la situation des finances publiques », Jean-Philippe Coris & Paul Champsaur, resp. directeur et ex-directeur de l’INSEE, mai 2010. « Rapport d’information 2689 », Gilles Carrez, député UMP, juillet 2008. Commentés tous deux dans cet article : « Ces dix années de cadeaux fiscaux qui ont ruiné la France », L. Mauduit, juil. 2010. (pour les non abonnés, me demander).

Rappelons que la moitié des allègements fiscaux provient de la baisse de l’impôt sur le revenu : 2 % de PIB contre 0,6 % pour la baisse de TVA et 0,5 % pour la baisse de l’impôt sur les sociétés.

Source : « Rapport d’information 2689 », pp. 9-12, Gilles Carrez, député UMP, juillet 2008.

Ce qui a profité aux plus riches : le taux marginal de l’impôt sur le revenu est passé de 53 % à 40 % entre 2002 et 2007 (mandat de N. Sarkozy). 

Source : rapport d’information « Quels changements d’assiette pour les prélèvements fiscaux et sociaux ? », Sénat, 2012. Ou ICI (wikipedia).

Si vous pensez qu’indépendamment de la question des recettes, il faut réduire les dépenses publiques, je vous invite à lire les articles sur la question : préjugés sur les dépenses publiques .

Deux Prix Nobel d’économie étatsuniens parlent de l’Europe et de sa politique d’austérité.

 Paul Krugman fait le bilan de la crise en zone euro dans le New-York Times : Le suicide économique de l’Europe, (Europe’s Economic Suicide), 15 avril 2012.

« Il est donc difficile d’éviter un sentiment de désespoir. Plutôt que d’admettre qu’ils ont eu tort, les dirigeants européens semblent déterminés à conduire leur économie – et leur société – au bas de la falaise. Et le monde entier en paiera le prix. »

(de l’anglais : « So it’s hard to avoid a sense of despair. Rather than admit that they’ve been wrong, European leaders seem determined to drive their economy — and their society — off a cliff. And the whole world will pay the price. »)

Joseph Stiglitz, « l’Europe va droit dans le mur » dans une interview dans la Tribune de Genève, 16 avril 2012

« La seule bonne chose de l’année 2011, c’est qu’elle a été meilleure que ne le sera 2012 », estime le prix Nobel d’économie.

Si l’Europe poursuit ses programmes de restriction, « les années à venir seront vraiment dures ».

« La situation en Europe préoccupe Joseph Stiglitz : « Les chances de résoudre le problème par de nouvelles économies sont proches de zéro », relève-t-il dans une interview donnée au Tages-Anzeiger. L’Europe est même « menacée à court terme d’une deuxième récession ».

 « La plupart des gouvernements européens épargnent, ce qui accentue le ralentissement économique » constate le chercheur et économiste américain.

Et contrairement aux promesses faites, « on ne voit toujours pas poindre la lumière au bout du tunnel ».

 « Il n’y a au monde pas un seul exemple qui montre qu’il est possible d’assainir un État malade en réduisant les salaires, les rentes et les prestations sociales », poursuit l’ancien prix Nobel.

« La croissance ralentit, les recettes fiscales baissent et la question de l’endettement n’est pas résolue » ajoute-t-il en substance.

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Post scriptum : ces citations ne signifient pas que je considère les paroles de ces prix (de la Banque centrale de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred) Nobel, comme vérités incontestables. Sur ce prix : Le « prix Nobel d’économie » : une habile mystification.

Qu’est ce que la partie illégitime de la dette ?

  France : qui paye la dette et à qui profite le crime ?

  Environ 70 % des créances sur les dettes publiques sont possédées par les 10 % les plus riches de la population, qui touchent donc 70 % des intérêts.

Le budget 2011 de la France c’est en gros 200 Md€ de recettes, 290 Md€ de dépenses dont près de 60 Md€ d’intérêts (Merci Giscard et ta loi « Rothschild de 1973 !)

  L’impôt étant assez peu redistributif (nettement moins que l’écart de patrimoine), on comprend donc, que le système de la dette publique enrichit les plus riches au détriment des plus pauvres, lesquels payent des impôts sans avoir de patrimoine financier rémunéré.

  Ce premier graphique, illustre le fait que ce sont les neuf premiers déciles (barres rouges) qui globalement remboursent la dette au dernier décile (les trois barres vertes)

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Selon que l’on est dans une des trois parties de ce dernier décile (90-95%, 95-99% et 99-100%), bien évidemment l’on y gagne plus ou moins.

Dans ce deuxième graphique, est estimé le pourcentage des revenus consacrés au remboursement de la dette.

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Comme indiqué, les 90% les plus pauvres perdent 2,5% de leur revenus (de-3,9% à -1,5%) pour améliorer de 3,5% les revenus des 5% les plus riches !

En résumé : baisse des impôts des plus riches depuis 30 ans => plus d’épargne pour les plus riches => plus de revenus financiers pour ces derniers qui s’enrichissent = > encore plus d’épargne pour ces encore plus riches => encore plus de revenus financiers ….

Durant ce temps là les pauvres sont toujours plus pauvres, et comme crise et inégalités sont indubitablement liées.

Cela risque donc de durer, un moment je vous le dis ! Au moins tant que la loi Rothschild ne sera pas abrogée, c’est à dire le Traité de Maastricht et de Lisbonne.

Mais cela ne saurait être suffisant : il faut mettre en oeuvre d’autres solutions . Et chaque jour qui passe, c’est notre argent qui disparaît au profit de qui vous savez maintenant.

Pour en savoir plus lire l’article d’Olivier Berruyer : Perte du Triple A : origine et conséquences

crisenuls

DETTE PUBLIQUE : L’addition, service non compris, s.v.p. !

Que serait notre dette publique si nous avions pu continuer à emprunter à la Banque de France ?

Outre l’effet de la crise financière débutée en septembre 2008, la croissance de la dette publique de la France entre 1973 et 2012 a deux causes principales :

  • L’accroissement des inégalités : sur ce point voir Crise et inégalités, y a-t-il un rapport ?
  • La loi de dite « Rothschild » de 1973 en France, généralisée au pays de l’Eurozone depuis le Traité de Maastricht ;

En vertu de cette loi, le Trésor public ne peut plus emprunter à la Banque de France à faible taux, voire à taux zéro, ce qu’il faisait depuis toujours.

De quel montant serait la dette publique aujourd’hui si cette loi n’existait pas ?

Dans un billet important de André-Jacques Holbecq* sur la dette publique , ce dernier nous a produit ce graphique (cliquez pour agrandir) :Evolution-Dette-constatee-et-sans-interets-1979-2009_Holbec
   L’on constate que malgré le rebond depuis 2008, début de la crise financière, la dette publique reste très faible. Inférieure même à ce qu’elle était en 1979, 5 ans après la loi « Rothschild » de VGE (1973). Soit 9% du PIB !

Autrement dit, sans ces intérêts – qui représentent chaque année la totalité de l’impôt sur le revenu, 25% du budget de l’état – il n’y aurait pas de déficit public ! L’accroissement des dépenses publiques hors remboursement des intérêts de la dette n’y est donc pour rien dans notre endettement croissant puisque ces dépenses publiques ne s’accroissent pas depuis 30 ans. Seules les recettes baissent !

Rappel au sujet de la crise débutée en 2008 qui a accru la dette publique : la séparation des activités bancaires de dépôt et d’investissement, l’équivalent du Glass-Steagall Act étasunien de 1932 (voir mon billet : Le Glass-Steagall Act français) est votée en décembre 1945 et sera abrogé par le gouvernement Mitterrand-Mauroy, sous l’impulsion de J. Delors en 1984 ! Bien avant les USA qui ne l’aboliront que 15 ans plus tard, en 1999. Huit ans après, la crise des Subprimes faisait entrer le monde dans une crise mondiale.

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* A.-J Holbecq , économiste travaillant plus particulièrement sur la monnaie et la dette publique, a écrit plusieurs ouvrages dont en 2002 Un regard citoyen sur l’économie.

Évolution de la dette publique hors service de 1979 à 2009 : sans les intérêts, elle représenterait 9 % du PIB en 2009

   Sur ce graphique, établi par l’économiste A.-J. Holbecq*, l’on visualise :

  • En trait noir gras continu : la dette publique réelle. 
  • En rouge, l’évolution de la dette publique hors service, c’est à dire en considérant un taux d’intérêt des emprunts à taux nul !
  • En pointillé mauve, la partie de la dette correspondant aux intérêts.

Autrement dit l’augmentation de la dette entre 1979 et 2009 est uniquement lié aux taux d’intérêt.Sans ces intérêts, elle serait de 9% du PIB !!!!

Le rebond qui apparait à partir de mi 2008 est l’effet de la crise financière.

Evolution Dette constatee et sans interets 1979-2009 Holbec

Ce graphique est paru dans l’article : Un billet important de André-Jacques Holbecq sur la dette publique

sur le blog de Jean Gadrey, Professeur émérite d’économie.

* A.J. Holbecq est l’auteur avec  Étienne Chouard et Philippe Derruder de l’ouvrage : La dette publique, une affaire rentable : A qui profite le système ?

Étienne Chouard explique bien tout ceci dans une courte video de 6’15 »