Tous les articles par Christophe Vieren

Les économistes multicartes !

      Jean Gadrey, professeur émérite d’économie de l’Université Lille1, juge leurs liaisons dangereuses.
Laurent Mauduit
, journaliste à Médiapart, les appelle les imposteurs de l’économie.
    Gilles Balbastre
, réalisateur, les appelle Les nouveaux chiens de garde (dispo en DVD mais aussi visible ICI).
     Daniel Mermet, journaliste à France-Inter, les appelle Les économistes de garde.
En fait, ils sont nos sauveurs !

    On conviendra qu’aucun des candidats à la Présidence française 2012 n’est satisfaisant. C’est pourquoi je fais appel à vous pour soutenir la candidature de Marc Ladreit de Lacharrière.
    Vous savez sûrement que Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos, respectivement Président de la BCE, Président du Conseil italien et Premier Ministre grec, sont tous trois d’anciens de la banque Goldman Sachs. Rien de plus normal puisque, outre-atlantique, M. Paulson, secrétaire aux Finances US de 2006 à 2009, dirigeait antérieurement Goldman Sachs. Rappelons qu’en 2008, et à la différence de Lehman brothers, Goldman Sachs avait était jugée par ce M. Paulson too big to fail et il l’avait donc sauvée.

Mais quel rapport avec M. Ladreit de Lacharrière ?

      Bon, avec un nom pareil, nous trouverions surprenant qu’il s’agisse d’un ouvrier licencié d’ArcelorMittal ou de Conti. En effet : M. Ladreit De Lacharrière est Président de l’agence de notation FitchRiting, administrateur du groupe Casino, de l’Oréal, de Renault, membre du Conseil consultatif de la Banque de France, . . . . Il est entré en 2007 dans le cercle des milliardaires en Euros. Reste juste à s’assurer qu’il avait bien une Rolex à 50 ans ! Sinon il semble avoir toutes les qualités pour être notre Président, n’est-ce pas ?

      D’ailleurs François Baroin, Ministre de l’Économie du gouvernement Fillon/Sarkozy, ne s’y trompait pas puisque mi-décembre il a remis, en les locaux du Ministère, le Prix du livre de l’économie dont notre M. Ladreit de Lacharrière en est le Président de jury ! Ce prix est une initiative du think tank le Cercle des économistes, lequel compte, parmi ses 30 membres, nombre de représentants de banques et institutions financières.

      Et, heureux hasard, les trois nominés étaient Alain Minc, Jean-Marie Messier et le très médiatique Daniel Cohen, lauréat. Autrement dit trois économistes chantres de la promotion de la « main invisible des marchés ». Inutile de dire qu’aucun de ces nominés , contrairement à Frédéric Lordon et Jean Gadrey, entre autres économistes atterrés, ne propose la mise en place d’un pôle public bancaire. Il faut dire que le lauréat, D. Cohen donc, est infiniment plus « talentueux » que ces deux derniers. La preuve ? En 2011, il a eu droit à 52 passages dans Le Monde tandis que les seconds n’en ont eu droit qu’à 2 ! Démonstration de leur incommensurable compétence en 2’52 » (extrait du film Les nouveaux chiens de garde) :

Alain Minc et Hervé De Boissieu, deux économistes multicartes se plantent lamentablement !

      Pour info, Daniel Cohen et Alain Minc sont membres du Conseil de surveillance de ce même journal. Ce dernier en fût même le président jusqu’en 2008. Pure coïncidence ! Circulez, y a rien à voir ! En 2015, dans ce journal, rien n’a changé : Europe : quels économistes s’expriment dans Le Monde (suite) ? Toujours les banquiers !, Acrimed, juin 2015.

      Pour en savoir plus sur ces connivences et dépendances dans le petit monde des experts médiatiques et des oracles multicartes, je vous suggère le sujet « Les économistes de garde » de l’émission « Là-bas si j’y suis » qui fût diffusé sur France-Inter jusqu’en 2014 (cf. lien infra).

      Si vous êtes lecteur du Monde, un conseil, arrêtez. À moins qu’à 50 ans vous n’aurez ou n’aviez une Rolex !

En tous les cas « NOUS ne paierons pas LEUR dette » !


Aller plus loin :

* L’émission Là-bas si j’y suis, émission poil à gratter, désormais disparu de France-Inter. Elle avait déjà failli disparaître en 2006 avant d’être avancée de 17h à 15h, heure de moindre écoute. Elle n’existe plus désormais qu’en média web indépendant ;

 * L’analyse du prix Nobel d’économie P. Krugman dans Alternatives économiques (janvier 2012) : Crise : pourquoi les économistes ont failli

 * Quelques documents sur Goldman Sachs :
+ La pieuvre Goldman sacKs (article, 1 page) ;
+ Le putsch de Goldman Sachs sur l’Euro (vidéo, 1 mn) ;
+ Goldman Sachs, analyse d’une pieuvre financière mondiale (vidéo 53′)
+ La banque, Marc Roche, journaliste du monde, Albin Michel, 2011 ;
+ Comment Goldman Sachs dirige le monde, 53′, Arte, 2013 ;

* Sur Alain Minc : conseiller de N. Sarkozy, administrateur de nombreuses grandes entreprises et PDG de sa société de communication AM Conseil. Quelques mois avant la crise des subprimes,  il vantait encore  » l’incroyable plasticité de l’auto-régulation des marchés « .

* Le documentaire Inside Job : Inside Job est le premier film qui s’essaye à une analyse exhaustive de la crise financière mondiale qui a émergé en 2008, et qui, selon le réalisateur, était évitable.

Le film éclaire en particulier le lien incestueux d’universitaires prestigieux qui, du fait de la réputation de sérieux scientifique, ont fourni une garantie mais ont été rémunérés (grassement) et on fait, ou font encore, partie des conseils d’administration de grandes entreprises financières mises en cause : banques d’affaires (Merrill Lynch, Morgan Stanley, Lehman Brothers), assurances (AIG), agences de crédit immobilier (y compris gouvernementales: Freddie Mac & Fannie Mae) et agences de notation financière (Standard & Poor’s, Fitch Ratings, Moody’s).

La mainmise du complexe militaro-industriel 2009

Y a trop de fonctionnaires en France ! Vraiment ?

La France souffrirait de son obésité administrative qui serait une des causes de l’ampleur de ses dépenses publiques. Voyons voir !

     Certes, si l’on peut réduire la bureaucratie, faisons-le. Mais ne lui prêtons pas non plus des vertus exceptionnelles, une solution à tous nos problèmes !

     Qui dit bureaucratie pense, à tort, fonctionnaires.

     D’où la première précision utile : il ne faut pas confondre « fonctionnaires » et « emplois publics ». Les premiers sont des agents d’une des 3 fonctions publiques (d’état,  territoriale ou hospitalière). Si ils ont la chance d’être titulaire de leur  poste, ils ont alors le statut de fonctionnaire, et le privilège de la sécurité de l’emploi. En effet, comme le privé, la fonction publique est grande pourvoyeuse de CDD et emplois précaires (près de 20%).

     Cela dit, comparons le taux d’emplois publics et leur coût dans les pays de l’OCDE.

     En 2008, l’Allemagne avec 55 emplois publics pour 1.000 habitants, se situe avec le Japon, dans le bas de la fourchette des pays de l’OCDE, avec 6 points de PIB sous la moyenne.

      En 2008, la France, avec un point au dessus de la moyenne des pays de l’OCDE, se situe avec 88 emplois publics pour 1.000 habitants, dans le haut du tableau, au même niveau que le Royaume-Uni. Loin derrière les quatres pays scandinaves dont les trois premiers sont entre 140 et 160, le 4e à 115.

Taux d administration pays OCDE-1993-2008 CAS-2010-copie-1
L’écart entre ces deux pays “extrèmes” représente 7 points de PIB, soit 2.100 € par français et par an. Certains jugeront que c’est trop, certains que c’est acceptable. Tout dépend de la manière dont chacun estime le service rendu par ces employés.

Part remuneration publique dans PIB-pays OCDE-2008 CAS-2010

     Pour mémo : en 2010, le revenu moyen avant impôt des Français était  de 33.000€ par adulte et par an (2.800€ par mois).

     Et bien sûr, tous ces emplois sont loin d’être des emplois « bureaucratiques » :  les enseignants, des bureaucrates ? Les personnels soignants des hopitaux publics, des bureaucrates ? Et les conseillers de pôle emploi ? Et les chercheurs du CNRS ? ….

     Quoiqu’il en soit  » En France, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, les dépenses de rémunération du personnel représentent entre 10 % et 12 % du PIB « , précise le Conseil d’Analyse Stratégique.

     Bonus : La vérité sur les fonctionnaires et les enseignants en 5 points et 10 lignes !

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Note : En 2008, 5,2 millions d’emplois publics dont 2 millions de fonctionnaires d’Etat  et 1,4 millions de fonctionnaires territoriaux (conseil régionaux, généraux, municipalité, …). Le reste, 1,8 millions, se ventile sur les Etablissements publics administratifs (EPA) non marchands ou de droit particulier : hôpitaux publics, ANPE, CNRS, Caisses nationales de Sécu, … 4,4 millions, soit 80% sont titulaires et disposent donc de la sécurité de l’emploi.

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Sources :

* Les dépenses publiques en Allemagne : d’où proviennent les écarts avec la France ? (VI et fin). Eléments de synthèse, Arnaud le Chevalier, Alternatives Economiques, 2011.

* Tableau de bord de l’emploi public : situation de la France et comparaisons internationales, Synthèse, CAS, 2010.

Pourquoi j’ai lâché EelVA !

Ils sont rares ceux qui remarquent que l’écologie est la grande absente de cette campagne électorale. Tout le monde semble s’en foutre, en fait !

Corinne Lepage, écologiste de droite, n’a pas pu se présenter et la pauvre Eva Joly a été abandonnée à son triste sort, errant à la dérive au milieu de sujets de campagne surréalistes. Jamais on ne lui parle d’écologie.

Mais soyons rassurés, l’écologie est sauvée : EELV a paraît-il assuré 3 ministères dans le futur gouvernement de l’ami Molette !!!!!! Enfin si Molette ne revient pas sur ses engagements eu égard au score probable d’Eva.

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