Tous les articles par Christophe Vieren

Quel est le PIB-PPA moyen par Humain ?

De nombreux huma­nistes pensent, et j’en suis, que tous les êtres humains méritent peu ou prou le même bonheur et que le pouvoir d’achat (ou niveau de vie) y contri­bue. C’est d’ailleurs pour cela que parmi les para­mètres de l’IDH d’une popu­la­tion donnée  (géné­ra­le­ment les habi­tants d’un pays) se trouve le loga­rithme du PIB-PPA par habi­tant (PIB-PPA/h) de cette popu­la­tion.

Ques­tion, que devien­drait le PIB-PPA/h de la France si l’on répar­tis­sait le PIB-PPA/h du Monde entre tous les Humains ?

Selon la banque mondiale, en 2017 le PIB-PPA/h français s’éle­vait à 42.850 ($ PPA inter­na­tio­naux courants) contre 16.940 au niveau mondial. Autre­ment dit, le PIB-PPA moyen d’un français serait réduit d’un facteur 2,55 si l’on accor­dait à chaque popu­la­tion le PIB-PPA/h mondial.

Les huma­nistes favo­rables à l’im­mi­gra­tion sans limite en France, seraient-ils, du seul point de vue de l’éga­lité entre les humains, prêt à voir réduire leur pouvoir d’achat d’un facteur 2,55 ?

Suppo­sons un huma­niste qui gagne 3.000 € net mensuel, serait-il prêt à gagner 1.176 € net (montant d’un Smic mensuel net  de 2018), sous réserve que l’on conserve le système de répar­ti­tion actuel des reve­nus, coti­sa­tions sociales et accès aux services publics ? Si en outre, toujours dans le même souci du droit au même bonheur via le pouvoir d’achat, on souhaite réduire l’écart de reve­nus dispo­nibles, ce serait par plus de 2,55 qu’il faudrait réduire ce salaire de 3.000 € net mensuel se situe large­ment au dessus du revenu moyen : avec 3.000 € net, soit 3.800 € brut, on fait partie des 10 % des Français les plus riches (valeur 2011, voir simu­la­teur sur Pour une révo­lu­tion fiscale de T. Piketty & Co, avril 2012). A la base de ces 10% les plus riches, certes, mais tout de même !

Si cette immi­gra­tion devait donc être limi­tée, quels seraient les restric­tions à mettre en place ? Quels seraient les critères (huma­nistes) permet­tant à tel ou tel humain de s’ins­tal­ler sur le terri­toire français ou pas ?

 

Censure ?

Ci-dessous, une liste de jour­na­listes, anima­teurs, chro­niqueurs ayant sévi dans les médias français, publics et privés,  et s’étant un jour retrouvé.e.s soit licen­cié.e.s, soit avoir vu leur.s émis­sion.s suppri­mée.s., soit avoir préféré partir.
Il s’agit de Daniel Mermet, Daniel Schnei­der­mann, Stéphane Guillon, Didier Porte, Hervé Kempf, Nata­cha Polony, Raphaël Glucks­mann, …

Sur l’in­dé­pen­dance des médias, je vous recom­mande cet excellent – et long – article sur Basta­mag : Le pouvoir d’in­fluence déli­rant des dix milliar­daires qui possèdent la presse française (

Censure ou incom­pé­tence ?

Pour chacun des cas, je vous laisse esti­mer la véri­table raison de ces « éloi­gne­ments ». Vous pouvez bien sûr la justi­fier en commen­taires.

En 2018, RSF a classé la France au 33e rang, entre la Slové­nie et la Répu­blique Tchèque. À l’ex­cep­tion de l’Es­pagne (31e), tous les pays de l’Eu­rope occi­den­tale et nordique sont clas­sés aux 17 premières places.

La liste des « écar­tés » par ordre (plus ou moins) chro­no­lo­gique :

  • Daniel Mermet, jour­na­liste.
    Il crée et anime la (trop « gauchiste » ? ) émis­sion Là-bas si j’y suis sur France-Inter durant 25 ans (1989–2014). Après un dépla­ce­ment à un créneau moins porteur  (17h -> 15h) en 2006 , il est fina­le­ment licen­cié et l’émis­sion suppri­mée.
    Juge­ments judi­ciaires : en novembre 2017, Radio France est condam­née en appel pour licen­cie­ment sans cause réelle ni sérieuse.
    Retrou­vez-le Là-bas si j’y suis
  • Daniel Schnei­der­mann, jour­na­liste.  Il quit­tera France 5 suite à la suppres­sion de l’émis­sion Arrêt sur images qu’il animait depuis 12 ans (1995–2012). Il fût licen­cié du Monde en 2003.
    Il a long­temps écrit des chro­niques hebdo­ma­daires consa­crées  l’ana­lyse des images télé­vi­suelles, d’abord dans Le Monde puis dans Libé­ra­tion. Un passage de son livre étant jugé « atten­ta­toire à l’en­tre­prise pour laquelle il travaille », il fût licen­cié du Monde (2003). Juge­ments judi­ciaires : Les  prud’­hommes de Paris lui donne­ront gain de cause en 2005, juge­ment confirmé en appel en 2007.
    Retrou­vez-le dans sa version web d’Arrêt sur Images ;
  • Stéphane Guillon, chro­niqueur humo­riste à la Mati­nale de France-Inter. Il sera licen­cié en juin 2010. Quelques semaines avant il s’était moqué d’Eric Besson, alors ministre de l’im­mi­gra­tion de N. Sarkozy.
    Le 22 mars 2010, dans sa chro­nique,  il assi­mile Éric Besson à un suppôt du nazisme œuvrant, « en taupe », à l’ins­tau­ra­tion d’une France « pure et blanche » avec « Marine Le Pen comme prési­dente »
    Juge­ments judi­ciaires (Prud’­hommes et Cour d’ap­pel) : le , France Inter est condamné par le conseil de prud’­hommes de Paris à lui verser 212.011,55 € de dommages et inté­rêts pour licen­cie­ment abusif. La cour d’ap­pel de Paris confirme cette déci­sion , ajou­tant à la déci­sion précé­dente 23.000 euros au titre du préju­dice moral(2013).
  • Didier Porte, chro­niqueur humo­riste. En 2010, quelques jours après le licen­cie­ment de Stéphane Guillon (cf. supra), il est licen­cié de La Mati­nale et du Fou du Roi.
    Juge­ments judi­ciaires : la justice condamne la station de radio à lui verser 250.000 euros pour licen­cie­ment abusif (2012).
    Retrou­vez-le chez Media­part ;
  • Hervé Kempf, ancien jour­na­liste de Cour­rier inter­na­tio­nal, La Recherche et du Monde 1, actuel rédac­teur en chef de Repor­terre.
    Août 2013, il justi­fie son départ du quoti­dien Le Monde par le refus répété de la direc­tion du jour­nal de le lais­ser réali­ser des repor­tages sur le projet d’aé­ro­port de Notre-Dame-des-Landes;
    Retrou­vez le chez Repor­terre ;
  • Aude Ance­lin,  direc­trice adjointe de la rédac­tion de Marianne de 2011 à 2014,  puis de la rédac­tion de L’Obs de 2014 à 2016 dont elle sera licen­ciée.
    Au sujet de L’Obs
     : propriété à 66 % des action­naires du Groupe Le Monde, Xavier Niel (Free) et Matthieu Pigasse (banque Lazard)
    Juge­ments judi­ciaires : Le conseil des prud’­hommes condam­nera l’heb­do­ma­daire à lui verser 90.000 euros d’in­dem­ni­tés pour licen­cie­ment « sans cause réelle et sérieuse » ;
    Retrou­vez-la : chro­niqueuse au 1 hebdo, anima­trice sur le site Là-bas si j’y suis. Elle devient direc­trice du Média où elle anime l’émis­sion Entre­tien libre ;
  • Nata­cha Polony, jour­na­liste
    En 2017, Paris Première (famille Mohn) lui signi­fie l’ar­rêt de son émis­sion Polo­nium, et Europe 1 (Lagar­dère SCA) celui de sa revue de presse dans la mati­nale, ainsi que sa parti­ci­pa­tion à deux autres émis­sions, Média­po­lis, et Le débat d’Eu­rope Soir.
    Juge­ments judi­ciaires : Le conseil des prud’­hommes saisi par Nata­cha Polony pour « licen­cie­ment sans cause réelle sérieuse »., n’a pas tran­ché (2018) et renvoie l’af­faire devant le juge dépar­ti­teur.
    Retrou­vez là dans Polony TV
  • André Glucks­mann, essayiste,
    De décembre 2017 à août 2018, il est direc­teur de rédac­tion du Nouveau Maga­zine litté­raire qu’il quitte pour raison de disso­nances internes au sujet du trai­te­ment réservé au président de la Répu­blique E. Macron que l’ac­tion­naire majo­ri­taire (C. Perdriel) juge trop critique  [Les raisons d’un départ, NML, 2018] ;
  • . . .

Pour aller plus loin

Liberté d’in­for­ma­tion

- Collec­tif Infor­mer n’est pas un délit ;

Milliar­daires et liberté d’in­for­ma­tions

- Acri­med, « Les grandes manœuvres de concen­tra­tion multi­mé­dia : comment et pourquoi ? », 2016
- Acri­med, « Concen­tra­tion des médias : conver­gences et dépen­dances », 2016
- Le Monde diplo­ma­tique, « Médias français : qui possède quoi », 2018
- Laurent Mauduit, « Main basse sur l’in­for­ma­tion ! », Média­part, 2015
- Laurent Mauduit, Main basse sur l’in­for­ma­tion, Éditions Don Quichotte, 2016
- Aude Lance­lin, Le monde libre, Editions Les liens qui libèrent, 2016Liste citée en fin de l’ar­ticle Le pouvoir d’in­fluence déli­rant des dix milliar­daires qui possèdent la presse française, Basta­mag, 2017.

 

Diesel & Essence : infor­­ma­­tions diverses rela­tives au chan­ge­ment clima­tique

Infor­ma­tions diverses sur la problé­ma­tique clima­tique rela­ti­ve­ment à l’usage des moteurs diesel vs essence, et plus parti­cu­liè­re­ment pour les véhi­cules parti­cu­liers.

Lorsque qu’un consom­­ma­­teur privi­­lé­­gie l’achat d’un véhi­­cule diesel, plus bruyant et plus onéreux que son équi­­valent essence, y a-t-il d’autres déter­­mi­­nants que les seuls diffé­­ren­­tiels de coûts d’achat (prix du véhi­­cule) et d’usage (consom­­ma­­tion de carbu­­rant, coût des carbu­­rants) entre ces deux types de moto­­ri­­sa­­tion. En effet, jusqu’en 2016 a minima, dans quasi­­ment tous les pays la part des diesels progresse !

L’IFP a réalisé une étude pour évaluer l’im­pact de ces trois diffé­ren­tiels de coût (prix du véhi­cule, consom­ma­tion de carbu­rant, coût des carbu­rants) inti­tulé : Analyse des tendances et des ruptures sur le marché auto­mo­bile français. Modé­li­sa­tion du taux de diesé­li­sa­tion dans le parc, IFP, 2010. L’au­teur y explique, pp. 6–7, l’évo­lu­tion tendan­cielle du taux de ventes annuel de diesel en France à partir des deux seuls para­mètres : l’évo­lu­tion du diffé­ren­tiel de prix entre l’es­sence et le gasoil et l’évo­lu­tion du diffé­ren­tiel de consom­ma­tion entre moto­ri­sa­tion essence et diesel.

Le prix au jour le jour des carbu­rants dans la plupart des pays nous est donné ici pour le Diesel et là pour l’es­sence. Ces valeurs instan­ta­nées ne permettent pas d’éta­blir une corré­la­tion avec le taux de péné­tra­tion du parc (mais peut-être des ventes ?). En effet, le taux de diesé­li­sa­tion du parc est l’in­té­grale en fonc­tion du temps du taux annuel de ventes qui, lui, dépend du diffé­ren­tiel de prix sur périodes plus longues (quelques années). C’est pourquoi le diffé­ren­tiel de prix à un moment donné ne dit pas grand chose sur le diffé­ren­tiel qui préva­lait durant les années précé­dentes, et ce même si les varia­tions présentent rare­ment des sauts impor­tants.

Ci-dessous un graphique faisant état des écarts de taux de taxa­tion entre l’es­sence et le gasoil.

Ecart_taux_taxation_essence_vs_gazole_vehicule_9_pays_europe-ocde_2013Source : p.96, Aligner les poli­tiques au service de la tran­si­tion vers une écono­mie bas carbone, OCDE, 2015.

Ainsi, si les Pays-Bas présen­taient en 2015 le plus fort diffé­ren­tiel de taxes et donc de prix en faveur du Diesel (-0,25€/l), il reste un des 9 pays présen­tant le taux de péné­tra­tion du diesel le plus faible (cf. graphique ci-dessous) : 17% en 2012, taux en légère augmen­ta­tion depuis 1993 où il était déjà de 10,8%. La France était déjà au double (34%) cette année là. Proba­ble­ment cet écart était bien moindre durant la, voire les, décen­nies précé­dentes.

A l’in­verse, la Norvège qui présen­tait un des plus faibles diffé­ren­tiels (-0,12 €/l en 2015), connait depuis 2004 une accé­lé­ra­tion de son taux de péné­tra­tion diesel qui attei­gnait en 2012, 42% (+29 pts depuis 2004) ! Il est désor­mais en 2e place loin derrière la France mais loin dernier ses premiers succes­seurs, le Royaume-uni et l’Al­le­magne (avec ses extra­or­di­nai­re­ment propres Volks­wa­gen, Audi, Porsche, ;-) ).

Evolution_Diesel_9_pays_1990-2012_EurostatSource : Voitures parti­cu­lières par type d’éner­gie utili­sée, Euro­stat 2015.

Concer­nant ce pays, on constate que l’écart de prix en faveur du diesel s’est accru depuis 2001 (cf. graphique ci-dessous). Ceci pouvant donc expliquer cela !Carburants_Norvege_prix_&_taxes_1995-2009_0CDE-2011Outre le prix à la pompe, hors taxe et taxes comprises, les diffé­ren­tiels de consom­ma­tion des véhi­cules n’ont pas non plus été constants. Comme l’at­teste pour la France la courbe orange du graphique ci-dessous : elle repré­sente la diffé­rence de consom­ma­tion moyenne entre moto­ri­sa­tion essence et diesel (en l/100 km ; 1985–2008). On voit en parti­cu­lier un accrois­se­ment entre 2003 et 2008 (pas de données au-delà de 2008 hélas).

Evolution_ecart_prix_&_conso_essence_vs_diesel_1985-2008Source du graphique : p. 7 de Analyse des tendances et des ruptures sur le marché auto­mo­bile français. Modé­li­sa­tion du taux de diésé­li­sa­tion dans le parc (IFP, 2010).

Sur le graphique suivant, l’OCDE a mis en évidence la rela­tion entre le niveau de taxa­tion du gasoil (diesel) rela­ti­ve­ment à celui de l’es­sence (gaso­line) et la propor­tion d’éner­gie consom­mée à partir du gasoil versus à partir d’es­sence.

Donc :

  • En abscisse (axe X) : 100% signi­fie qu’au­tant d’éner­gie est consom­mée à partir de gasoil que d’es­sence ;
  • En ordon­née (axe Y) : 100% signi­fie un taux de taxa­tion iden­tique pour les deux carbu­rants, une valeur supé­rieure à 100% signi­fie un taux de taxa­tion du gasoil supé­rieur à celui de l’es­sence, et une valeur infé­rieure à 100% signi­fie un taux de taxa­tion du diesel supé­rieur à celui de l’es­sence.

Utilisation_et_taxation_diesel_relativement_a_essence_41 pays_2012_OCDE-2015Source : Taxing energy use in the 41 coun­tries, Chap. 3 of Taxing Energy Use 2015 : OECD and selec­ted Part­ner Econo­mies, OECD Publi­shing Paris.

Il appa­raît clai­re­ment que plus le diffé­ren­tiel de taxes est impor­tant en faveur du diesel plus sa part dans la consom­ma­tion est impor­tante. La disper­sion est proba­ble­ment liée à la valeur de ce diffé­ren­tiel durant les années précé­dentes auquel peut se rajou­ter l’ef­fet bonus/malus éven­tuel à l’achat (un modèle diesel émet­tant moins de CO2 que son équi­valent essence).

Quelques pays (Nouvelle-Zélande, Chili, Inde, Canada, Pays-Bas, …) semblent en effet échap­per à cette rela­tion. Il faudrait remon­ter un peu dans le temps pour véri­fie que le diffé­ren­tiel de taxes a toujours été aussi favo­rable au diesel ou si, comme en Norvège, c’est assez récent.

En terme de chan­ge­ment clima­tique, reste à déter­mi­ner si l’ef­fet rebond « mon km roulé coûte moins donc je peux rouler plus et/ou ache­ter un modèle plus puis­sant » est béné­fique ou pas sur la quan­tité de CO2 émis au final par l’en­semble du parc. Mesure diffi­cile à effec­tuer car il faudrait savoir si, à reve­nus iden­tiques – et toutes choses égales par ailleurs (besoins profes­sion­nels) – , un auto­mo­bi­liste roule plus ou achète un modèle plus éner­gi­vore lorsqu’il fait le choix d’un diesel. Ce que l’on appelle l’ef­fet rebond.

Les « mauvaises » herbes, pomme de discorde de la Jonchère ?

Qu’on les appelle adven­tices, herbes folles ou encore flore spon­ta­née, la présence de ce qui est appelé (trop) commu­né­ment « mauvaises » herbes consti­tue une pomme de discorde au sein de l’As­so­cia­tion syndi­cale de La Jonchère.

Même si elles ne seront que tempo­rai­re­ment présentes, le temps du chan­ge­ment d’af­fec­ta­tion des parcelles, certains ne veulent pas voir la moindre d’entre-elles. Ces derniers souhaitent les voir rasées a minima lors des dix passages contrac­tuels de l’en­tre­prise en charge de la tonte de la pelouse. Inutile de dire qu’entre deux passages, certaines ont bien repous­sées car libé­rées de leurs concur­rentes à déve­lop­pe­ments moins viru­lents.

C’est ce qui se pratiquait depuis 38 ans et qui conti­nue à se pratiquer sur certaines parcelles (bordure de pelouses).

D’autres, dont je fais partie, pense qu’afin d’ac­cé­lé­rer la tran­si­tion, tout en en rédui­sant consi­dé­ra­ble­ment le coût, il est plus perti­nent de se conten­ter de déra­ci­ner de manière privi­lé­giée celles qui freinent le plus le déve­lop­pe­ment des nouveaux plants et de lais­ser, tempo­rai­re­ment, les autres en place : cette méthode permet – par manque de place et de lumière – de limi­ter la repousse des premières, les plus encom­brantes car à fort enra­ci­ne­ment et/ou à crois­sance rapide. Parmi celles-ci figurent indu­bi­ta­ble­ment le rumex, les pissen­lits et les orties.  C’est cette méthode qui a été entre­prise sur le talus Est (r. Noyelle/Anstaing) depuis deux ans, suite à l’im­pos­si­bi­lité d’un désher­bage « au bull­do­zer » (passage de la débrous­sailleuse) et du manque de sérieux et de discer­ne­ment dans la réali­sa­tion de la méthode propo­sée (désher­bage manuel avec déra­ci­ne­ment et discer­ne­ment) par une entre­prise. Sauf à y mettre le prix !

Aujourd’­hui, pour ne citer qu’un exemple, le rumex (Rumex Cris­pus), aux racines très profondes, une plante exotique enva­his­sante (en anglais : inva­sive species), a quasi­ment disparu de la Jonchère (voir cette courte vidéo Elimi­ner le Rumex).

Concer­nant les bords de pelouse, inac­ces­sible à la tondeuse, l’idéal est la créa­tion d’our­lets consti­tués de massifs de fleurs lais­sant peu de place à ces « mauvaises » herbes. Nous allons prochai­ne­ment nous atte­ler à cette tâche.

Mais qu’est-ce donc qu’une « mauvaise » herbe ? Cliquez ici

Qu’est-ce qu’une « mauvaise » herbe ?

Nous propo­sons ici un inven­taire, non par ordre alpha­bé­tique, mais selon l’« impo­pu­la­rité » décrois­sante des « mauvaises » herbes présentes à la Jonchère.

Sur le podium nous trou­ve­rons donc : la grande ortie, le pissen­lit et le rumex. Puis quasi ex-aequo : la bour­rache, le laite­ron rude, le char­don des champs, le chéno­pode poda­graire, . . .

Et proba­ble­ment mieux accep­tées : le séneçon, la digi­tale pourpre, …

La grande ortie, le pissen­lit et le rumex :

Je ne m’éten­drais pas sur la grande ortie, le pissen­lit et le rumex car, en effet, pour d’autres raisons que la valeur esthé­tique que je leur octroie, leurs encom­bre­ment et enra­ci­ne­ment profond incitent à se débar­ras­ser de celles-ci en premier. Et ce, malgré leurs valeurs écolo­giques. Un seul exemple: la grande ortie est la SEULE plante hôte de la chenille de la Vanesse de l’or­tie (Aglais urti­cae), alias la Petite Tortue. Cepen­dant la grande ortie étant abon­dam­ment présente dans le bois de la Noyelle voisin (et dans une moindre mesure dans la parcelle « natu­relle » de mon jardin), l’éli­mi­ner à La Jonchère ne devrait pas porter à consé­quences sur la popu­la­tion de ce papillon dan,s les envi­rons. Il n’en va pas de même pour le séneçon.

Le séneçon

Comme son nom l’in­dique, le Séneçon consti­tue la plante hôte unique de l’Ecaille du . . . séneçon, alias le Carmin (Tyria jaco­baeae) papillon dont je vous laisse seul juge de l’in­té­rêt que vous lui portez. Sachez juste que, si il ne fait pas (encore ?) partie de la liste rouge des 16 espèces de papillons mena­cées de dispa­ri­tion en France métro­po­li­taine(UICN, 2012), sa popu­la­tion s’est consi­dé­ra­ble­ment réduite dans la métro­pole lilloise et bien au-delà.

D’ailleurs, quand avez-vous vu le ou les derniers ? Où ? Répon­dez dans les commen­taires, s’il vous plaît !

Person­nel­le­ment, alors que j’en voyais régu­liè­re­ment dans le jardin fami­lial de mon enfance, après en avoir aperçu un seul depuis dans le coin sauvage de mon jardin il y a quinze jours, j’en ai trouvé une douzaine de chenilles sur . . . . quelques pieds de séneçons présents. Proba­ble­ment, venait-il d’y pondre.
En voici la preuve en images (pour qui recon­naît mon jardin) :