Préju­gés sur les fonc­tion­naires

15) Préju­gés sur les fonc­tion­naires

15.1) « Il y a trop de fonc­tion­naires ! » *

FAUT VOIR ! On ne peut en effet répondre sans connaître le critère à l’aune duquel les fonc­tion­naires seraient jugés en « trop » grand nombre.

    Toujours est-il qu’ avec 88 emplois publics pour 1.000 habi­tants, la France se situe au 6e rang des 19 pays de l’OCDE, au même niveau que le Royaume-Uni. À l’ex­cep­tion de la Finlande qui se situe avec le Canada avec un taux voisin de 100, les pays scan­di­naves – qui se portent très bien, merci – culminent aux alen­tours de 150, soit 70% de plus. Le taux des États-Unis (peu soupçon­nables de collec­ti­visme) est de 75. Enfin, en bas de l’échelle, se trouvent le Japon et la Grèce (dont on envie le niveau de dette publique !!!!) avec un taux voisin de 40–45.

    Le graphique ci-dessous illustre le taux d’ad­mi­nis­tra­tion pour 19 pays de l’OCDE pour 4 années sur 15 ans (1993, 1998, 2003 et 2008) :

Taux d administration pays OCDE-1993-2008 CAS-2010-copie-1
Source : p.8 de Tableau de bord de l’em­ploi public , Centre d’Ana­lyse Stra­té­gique, déc.2010.

Et combien ça coûte ?

    Comme l’illustre le graphique ci-dessous, la part des rému­né­ra­tions publiques est d’en­vi­ron 10–12% pour nombre de ces pays.

Part-remuneration-publique-dans-PIB-pays-OCDE-2008_CAS-2010.jpg
Le nombre de fonc­tion­naires, répar­tis au sein des trois fonc­tions publiques (d’État, terri­to­riale et hospi­ta­lière) est de 5,3 millions dont 4,4 millions de titu­laires, les seuls dispo­sant de la sécu­rité de l’em­ploi (source : Chiffres clés de la fonc­tion publique, DGAFP, Minis­tère de la fonc­tion publique, 2011) et repré­sen­tant 14% des emplois français. Le nombre total d’emplois publics (voir ci-dessous) est de 6,1 millions, soit 20% des emplois.

Diffé­rence entre le fonc­tion­na­riat et l’em­ploi public :

     La notion de « fonc­tion­naire » étant très diffé­rente d’un pays à l’autre, afin de réali­ser une compa­rai­son inter­na­tio­nale, le Centre d’Ana­lyse Stra­té­gique préfère la notion d’« emploi public », qui inclut les sala­riés d’or­ga­nismes payés sur fonds publics. Comme par exemple des agents de la Sécu­rité sociale (contrat de droit privé) ou des ensei­gnants en école privée sous contrat.

Et à quoi servent-ils, ces emplois publics ?

     Dans tous ces pays, les secteurs de l’édu­ca­tion, de la santé et de la protec­tion sociale, repré­sentent à eux seuls entre 45 et 75% des emplois publics. Pour plus de détail sur la venti­la­tion des dépenses et leurs évolu­tions depuis 50 ans, voir  » Il y a trop de dépenses publiques « 

Source : tableau de Bord de l’em­ploi public : situa­tion de la France et compa­rai­sons inter­na­tio­nales, Synthèse, CAS, 2010.

__________________

* L’énoncé « Il y a trop de fonc­tion­naires ! » est géné­ra­le­ment asso­cié à (choix non exclu­sif) :

  1. « il faut réduire les dépenses publiques » suivi de « afin de réduire la dette publique »

  2. « ils ne foutent rien » ou « ils ne sont pas produc­tifs ».

4 réflexions sur “ Préju­gés sur les fonc­tion­naires ”

  1. Salut Christophe, je ne te promets pas de venir trop souvent sur tes pages, mais tes sujets sont intéressants et
    m’interpelle. Je vais essayer d’être le plus direct possible, le but n’est pas de noircir tes pages de mes tic-tic-tic …

    Le rôle de l’Etat n’est pas d’être pourvoyeur d’emplois, mais donner un cadre à sa population (ne pas trop me
    répéter…). Un Etat qui se veut efficace avec peu de moyens définis ses tâches avec soin et les mets en application avec sagesse et réserve (ni trop ni trop peu, ni trop lentement ni trop vite).
    Les tâches administratives sont presque toujours mieux gérées quand elles peuvent se faire à échelle humaine, soit avec possibilité interne ou externe, de partager des avis de pouvoir en
    discuter, les synthétiser et prendre des décisions communes, toujours avec l’optique de simplifier et améliorer sans excès.

    Exemple pour l’école publique: Premier point , penser global et agir local. Donc discussions et décisions dans les
    grandes lignes au niveau National mais mise en application au niveau local (par sous-groupe de Communes puis par groupe Régionaux). L’efficacité de l’enseignement dans l’école publique devrait
    s’obtenir par un programme simple, varié et adaptable aux situations, un programme sans cesse évalué et amélioré (ou simplifié), ainsi que par une attitude dans les écoles ou les élèves sont
    co-responsables 1° de leur propre bien-être et ambiance de classe & 2° en prenant aussi conscience et soin des autres. Les heures d’enseignements n’ont pas besoin d’être excessives, à mon
    avis avoir classe tous les jours de toutes les semaines est contre-productif, l’école peut aussi avoir d’autres activités pratiquées un groupe plus important, qui ne coûte quasiment rien et qui
    ne nécessitent pas d’encadrement lourd. Ne me parle pas de programme d’éducation surchargé, c’est encore une aberration contre-productive. Quatre exemples : La langue écrite. On obtient des
    élèves qu’ils sachent correctement lire en une année. Neuf ans continus de Français ne sert à rien, mieux vaut 1 année pleine puis 2 à 3 période de 2 à 3 mois par an. La musique ne nécessite pas
    de programme hebdomadaire, mais 3 périodes annuelles de mise en application musicale serait plus valorisant et plus efficace. Bouger est important, mais un programme gymnastique plusieurs fois
    par semaine, c’est vraiment du temps perdu. Mieux vaut quelques cours concentrés de sensibilisation à une vie saine (qui peut intégrer d’autres notions) ou mieux qu’un cours, des camps d’une
    semaine avec deux ou trois thèmes (physique + nature + étude sérieuse). Dernier exemple, pourquoi séparer histoire, géographie et sciences ? Dans les programmes actuels, les enfants ne retiennent
    quasiment rien. Mieux vaut en faire un ensemble qui permette d’évoluer, par exemple le thème du pétrole permet de travailler histoire + géographie + sciences + chimie + environnement + mécanique
    etc. Tout ceci s’applique déjà dans certaines écoles privées, avec des résultats étonnants pour beaucoup moins de moyens que les écoles publiques. Autre exemple, une école avait fait un programme
    pilote « technologie », qui incluait dessin technique + statique + mécanique (pneumatique + hydraulique + électricité) le cours (facultatif) était ouvert aux 9 à 14 ans (toutes classes
    confondues) et durait 2 ans au maximum avec un programme à suivre librement et au rythme de chacun. Il y avait entre 25 et 35 élèves pour un seul professeur. Certains élèves (ou groupes d’élèves
    super motivés) faisaient le tour du programme en moins de six mois … Allez, bonne réflexion et à une prochaine.

  2. Je suis globalement d’accord avec les inflexions que tu proposes aux contenus et modalités scolaires. De ces points de vue il devrait y avoir un socle commun défini nationalement -au nom de la république une et indivisible) et pluriannuel et des options locales annuelles (enfonction des sensibilités des citoyens et décideurs locaux ainsi éventuellement, pour les formations professionnelles, du bassin d’emplois).
    Si c’était de moi, il est clair que je mettrais plus de contenu Politique (avec un grand P) à parti du second cycle en particulier. Plutôt que des fondamentaux tel l’équation d’oxydo réduction
    du permanganate de potassium sur le sulfate d’ammonium (exemple bidon !). L’aprentissage de la science (protocole, statistiques, …). Cela afin de faire de nos petites têtes blondes autre chose que des producteurs/consommateurs. Quoique qu’enseignant (du supérieur et donc plutôt formateur) et père, je n’ai hélas pas de réflexion très profonde sur la question qui est assez éloignée du sujet et de l’objectif de l’article.
    Si tu souhaites poursuivre, n’hésites pas à user de mon @dresse. 

  3. Bonjour Christophe,

    je vois qu’on a ici tous les habitués de chez OB. ^^

    En comparant les deux graphiques je remarque deux singularités :
    – la Norvège qui se classe au sommet du classement par le nombre d’APU, mais dans la moyenne pour les dépenses (12%)
    – la Grèce, où il y a peu de fonctionnaires (2° au classement entre 40-50), mais avec un pourcentage approchant les 12% du PIB.
    Peut-on conclure qu’en Norvège les fonctionnaires sont mal payés, et qu’en grèce ils le sont grassement, ou alors, faut-il prendre en compte d’autres paramètres comme les avantages en nature, la
    composition du PIB, … ?

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