La bombe démo­gra­phique, une fata­lité ?

Fécon­dité versus PIB ou éman­ci­pa­tion des femmes ?

   On entend souvent dire que la popu­la­tion mondiale suit une crois­sance expo­nen­tielle. Est-ce vrai ? OUI et NON car tout dépend de la période d’ob­ser­va­tion. Très gros­siè­re­ment, cette crois­sance démo­gra­phique est deve­nue expo­nen­tielle dès lors que nombre de pays sont entrés dans la première phase de leur tran­si­tion démo­gra­phique et non pas encore entamé et/ou terminé la seconde (voir fin d’ar­ticle). A savoir une baisse du taux de fécon­dité des femmes.

   Or, pour un grand nombre de pays, on peut établir une corré­la­tion signi­fi­ca­tive entre l’aug­men­ta­tion de la richesse de leurs habi­tants et le taux de fécon­dité (cf. ce graphique). Mais y a-t-il une rela­tion de cause à effet ? Très proba­ble­ment ! Cepen­dant . . .

  Le PIB/habi­tant est-il le seul facteur ?

   Le graphique ci-dessous montre que ce qui est égale­ment impor­tant est la poli­tique « fémi­niste ». Comprendre par là une poli­tique qui vise à donner les mêmes droits aux femmes qu’aux hommes et plus parti­cu­liè­re­ment le droit à l’édu­ca­tion et donc à l’éman­ci­pa­tion (emploi). Ainsi qu’une poli­tique permet­tant aux femmes de dispo­ser libre­ment de leur corps, gesta­tion comprise (contra­cep­tion, IVG, …).

Relation_fecondite_vs_PIBper-capita_Iran-Libye-Tunisie-Cu.jpg

Figure 1 : Ferti­lité des femmes (nombre d’en­fants par femme) vs PIB-PPA/habi­tant
de 1959 à 2012.

Cliquez sur le graphique pour rejouer l’ani­ma­tion à partir de l’an­née qui vous inté­resse, et la person­na­li­ser le cas échéant.

   Ceci est parti­cu­liè­re­ment visible dans les poli­tiques des quelques pays sélec­tion­nés pour réali­ser le graphique : Iran, Libye, Russie, Tuni­sie, Cuba, et, à titre de compa­rai­son, la France. J’y ai rajouté l’In­do­né­sie et l’Inde quoique n’ayant aucune idée de leur poli­tique à l’égard des femmes. Ces deux derniers illus­trent cepen­dant qu’il n’est pas besoin que le PIB/habi­tant augmente autant que par le passé pour faire chuter le taux de fécon­dité des femmes : ainsi l’In­do­né­sie et l’Inde sont passées sous la barre des 2,5 enfants par femme avec un PIB/hab près de quatre fois infé­rieur à celui de la France lorsque cette dernière est passée sous cette valeur.

   On retrouve bien la marque des poli­tiques « fémi­nistes » mises en place (dans les cas suivants après une “révo­lu­tion”) au niveau du taux de fécon­dité : Iran à partir de 1985, Tuni­sie à partir de 1966, Libye à partir de 1970, Cuba à partir de 1970, Russie à partir de 1928, . . .

   Notons que dans les pays déve­lop­pés le seuil de renou­vel­le­ment (ou de rempla­ce­ment), i.e. entrai­nant la stabi­lité démo­gra­phique, corres­pond à un taux de fécon­dité de 2,1. Un peu plus ailleurs à cause d’une surmor­ta­lité infan­tile.

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   La tran­si­tion démo­gra­phique en deux lignes et un graphe : le taux de crois­sance démo­gra­phique (courbe verte) croit dans un premier temps suite à une chute du taux de morta­lité (prophy­laxie, méde­cine, ….) (courbe rouge), géné­ra­le­ment suivi d’une chute du taux de nata­lité (courbe bleu). Il en résulte la courbe noire : la popu­la­tion augmente de façon »expo­nen­tielle » puis se stabi­lise (courbe noire).

Transition démographique

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