Évolu­tion des très hauts reve­nus en Suède (1945–2010)

     La Suède n’échappe pas au phéno­mène de l’aug­men­ta­tion des très hauts reve­nus depuis les années 1980 constaté dans de très nombreux pays déve­lop­pés. En Suède, cela corres­pond égale­ment au début de la déré­gu­la­tion finan­cière qu’a connu ce pays dés 1987 alors qu’il était alors un des plus régulé au monde.

     Ce premier graphique repré­sente l’évo­lu­tion rela­tive de la part prise dans les reve­nus totaux suédois de sept tranches compo­sant les plus hauts reve­nus, à savoir le « Top 10% ».

Suède - Evolution des parts de 7 fractiles du TOP 10% - ba

Légende : les reve­nus sont ceux du travail et du capi­tal. La base est 100 pour chacun des six frac­tiles en 1980. Le « Top 10–5% » est consti­tué des 5 % de la popu­la­tion situés entre les 89% les moins riches (le « Bottom 90% ») et les 5% les plus riches (le « Top 5% »).

Lecture : la part des reve­nus du « Top 0,05–0, 01% » (en bleu ciel) a été multi­plié par 3,5 entre 1980 et 2010, avec un maxi­mum de 5,3 en 2000. La part des reve­nus du « Top 10–5% » (en bleu marine) est stable depuis 1980.

      Ce deuxième graphique repré­sente l’évo­lu­tion de la part prise par ce « Top 10% » dans la tota­lité des reve­nus suédois.

Suède - Evolution de la part cumulée de 7 fractiles du To

Légende : les reve­nus sont ceux du travail et du capi­tal. La courbe supé­rieure (haut de la zone brune) repré­sente la part du « Top 10% » dans les reve­nus de l’en­semble de la popu­la­tion. Ce « Top 10% » est décom­posé en sept zones repré­sen­tant, du bas vers le haut, les « Top 10–5% », « Top 5–1% », « Top 1–0,5% », « Top 0,5–0,1% », « Top 0,1–0,05% », « Top 0,05–0,01% » et le reste, le « Top 0,01% ».

Lecture : la part des reve­nus du « Top 10% » est passé d’un mini­mum de 22 % en 1980 à 31 % en 2010, soit +9 %. Les 5% les moins riches de ce « Top 10% », c’est à dire la tranche « Top 10–5% » ont vu leur reve­nus stag­ner.

     On constate que la part des reve­nus prise aux 90% les plus pauvres est le fait des 5% les plus riches, la part de la tranche 90–95% étant stable depuis les années 80.

     Ces accrois­se­ments proviennent autant de l’aug­men­ta­tion des reve­nus du travail (courbes rouge, bleu marine et vert pomme) que ceux du capi­tal (courbes orange, fuschia et bleu turquoise) comme l’at­teste le graphique ci-dessous établi pour trois tranches du « Top 5% ».

     Revenus du travail & du capital Top 5-1 1-05 05 Suede 1980-Ces 

     Ces évolu­tions sont iden­tiques à celles consta­tées en France et aux États-Unis, à des échelles cepen­dant diffé­rentes. C’est ce qu’illus­trent les deux graphiques ci-dessous emprun­tés à l’ar­ticle Les inéga­li­tés de reve­nus en France du site Les Crises.

     Si, de 1980 à 2010, la part du « Top 10% » Suédois est passée de 22 à 31 % (+9%), celles des « Top 10% » français et étasu­niens sont passées respec­ti­ve­ment de 30 à 33% (+3%) et de 33 à 47% (+26%) aux États-Unis.

 

France-parts-cumulees Top10 1910-2006

Nota bene : les tranches sont rangées à l’in­verse du 2e graphique de la page !

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   L’évo­lu­tion aux États-Unis présente les mêmes allures mais avec des distor­sions d’au­tant plus impor­tantes que l’on se rapproche des plus hauts reve­nus comme l’illustre le graphique suivant.

Etats-Unis-parts-cumulees Top10 1910-2006

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     L‘« explo­sion » de ces très hauts reve­nus a accru consi­dé­ra­ble­ment les inéga­li­tés de reve­nus en Suède (cf. courbe verte du graphique ci-dessous).

Evolution Gini revenus disponibles France-Suède-Allemagne-

      Cepen­dant, partant en 1976 d’un excellent coef­fi­cient de Gini (0,17), la Suède, reste le pays le plus égali­taire en terme de reve­nus moné­taires dispo­nibles ainsi qu’en terme de reve­nus élar­gis aux services publics (santé, éduca­tion loge­ment, …). C’est ce qu’illustre le graphique ci-dessous.Gini & gini étendu pays 0CDE-27 en 2007 OCDE-2011 sans c

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     Conclu­sion : rela­ti­ve­ment aux autres pays de l’OCDE, la Suède se porte plutôt bien écono­mique­ment (dette publique, taux de crois­sance et de chômage, indice de déve­lop­pe­ment humain corrigé des inéga­li­tés, . . . ). On est en droit de conclure qu’un haut niveau de dépenses publiques, un des plus élevés au monde, asso­cié à un écart de reve­nus « raison­nable » pour­rait être une des clés de la réus­site. A suivre . . .

 Voir égale­ment le match France-Suède : Trop de prélè­ve­ments obli­ga­toires et de dépenses publiques tuent-ils la compé­ti­ti­vité et la crois­sance ?

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Sources des données :

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Mots clés 
: inéga­li­tés, explo­sion des hauts reve­nus, augmen­ta­tions.

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