DETTE PUBLIQUE : L’ad­di­tion, service non compris, s.v.p. !

Que serait notre dette publique si nous avions pu conti­nuer à emprun­ter à la Banque de France ?

Outre l’ef­fet de la crise finan­cière débu­tée en septembre 2008, la crois­sance de la dette publique de la France entre 1973 et 2012 a deux causes prin­ci­pales :

  • L’ac­crois­se­ment des inéga­li­tés : sur ce point voir Crise et inéga­li­tés, y a-t-il un rapport ?
  • La loi de dite « Roth­schild » de 1973 en France, géné­ra­li­sée au pays de l’Eu­ro­zone depuis le Traité de Maas­tricht ;

En vertu de cette loi, le Trésor public ne peut plus emprun­ter à la Banque de France à faible taux, voire à taux zéro, ce qu’il faisait depuis toujours.

De quel montant serait la dette publique aujourd’­hui si cette loi n’exis­tait pas ?

Dans un billet impor­tant de André-Jacques Holbecq* sur la dette publique , ce dernier nous a produit ce graphique (cliquez pour agran­dir) :Evolution-Dette-constatee-et-sans-interets-1979-2009_Holbec
   L’on constate que malgré le rebond depuis 2008, début de la crise finan­cière, la dette publique reste très faible. Infé­rieure même à ce qu’elle était en 1979, 5 ans après la loi « Roth­schild » de VGE (1973). Soit 9% du PIB !

Autre­ment dit, sans ces inté­rêts – qui repré­sentent chaque année la tota­lité de l’im­pôt sur le revenu, 25% du budget de l’état – il n’y aurait pas de défi­cit public ! L’ac­crois­se­ment des dépenses publiques hors rembour­se­ment des inté­rêts de la dette n’y est donc pour rien dans notre endet­te­ment crois­sant puisque ces dépenses publiques ne s’ac­croissent pas depuis 30 ans. Seules les recettes baissent !

Rappel au sujet de la crise débu­tée en 2008 qui a accru la dette publique : la sépa­ra­tion des acti­vi­tés bancaires de dépôt et d’in­ves­tis­se­ment, l’équi­valent du Glass-Stea­gall Act étasu­nien de 1932 (voir mon billet : Le Glass-Stea­gall Act français) est votée en décembre 1945 et sera abrogé par le gouver­ne­ment Mitter­rand-Mauroy, sous l’im­pul­sion de J. Delors en 1984 ! Bien avant les USA qui ne l’abo­li­ront que 15 ans plus tard, en 1999. Huit ans après, la crise des Subprimes faisait entrer le monde dans une crise mondiale.

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* A.-J Holbecq , écono­miste travaillant plus parti­cu­liè­re­ment sur la monnaie et la dette publique, a écrit plusieurs ouvrages dont en 2002 Un regard citoyen sur l’éco­no­mie.

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