En 2016, les 1 % les plus riches du monde possè­de­ront plus que les 99% restant

Je publie ici l’ar­ticle du même nom posté par Jean Gadrey sur son blog ce mardi 20 janvier 2015. N’hé­si­tez pas à commen­ter ci-dessous.

En 2016, les 1 % les plus riches du monde possè­de­ront plus que les 99% restant puisqu’il possè­de­ront plus de la moitié de la richesse mondiale !

C’est l’un des résul­tats d’une étude d’Ox­fam, « Insa­tiable richesse », qui vient d’être mise en ligne. La part du patri­moine mondial déte­nue par les 1 % les plus riches est passée de 44 % en 2009 à 48 % en 2014, et dépas­sera selon toute proba­bi­lité les 50 % en 2016. En 2014, les membres de cette élite inter­na­tio­nale possé­daient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte. Vive la crise !

Les esti­ma­tions utilisent les meilleures sources mondiales dispo­nibles sur les patri­moines, dont celles du Crédit Suisse. D’autres chiffres renforcent le vertige devant la déme­sure, dont ce graphique, qui montre que si, en 2010, 388 milliar­daires (le haut du clas­se­ment Forbes) étaient aussi riches que la moitié la plus pauvre de la popu­la­tion mondiale, en 2014, il « n’en faut plus » que 80.

La concen­tra­tion de la richesse vers le haut produit le dénue­ment « en bas » et même aux étages inter­mé­diaires de la hiérar­chie. C’est ainsi que les 80 % les moins riches ne détiennent que 5,5 % de la richesse mondiale totale des ménages.

Cette étude consacre d’im­por­tants déve­lop­pe­ments aux méca­nismes écono­miques, poli­tiques, fiscaux, etc. de cet insa­tiable enri­chis­se­ment, et en parti­cu­lier à l’in­tense et très coûteux (mais hyper rentable) lobbying de cette oligar­chie de taille infime mais au pouvoir immen­se… tant que les pouvoirs poli­tiques s’en rendent complices ou, dans « le meilleur des cas », ne font rien de sérieux.

Extrait :
« En 2013, le secteur de la finance a dépensé plus de 400 millions de dollars dans des acti­vi­tés de lobbying aux États-Unis, soit 12% du montant total consa­cré aux acti­vi­tés de lobbying dans le pays cette même année, tous secteurs confon­dus. Par ailleurs, dans le cadre des élec­tions de 2012, les entre­prises de ce secteur ont dépensé 571 millions de dollars pour finan­cer certaines campagnes élec­to­rales. D’après le Centre for Respon­sive Poli­tics, c’est le secteur de la finance qui a apporté la plus grande contri­bu­tion aux partis et aux candi­dats fédé­raux. Les milliar­daires améri­cains repré­sentent envi­ron la moitié des milliar­daires de la liste Forbes ayant des inté­rêts dans le secteur finan­cier. Ce nombre est passé de 141 à 150 aux États-Unis, et leur fortune cumu­lée de 535 à 629 milliards de dollars, soit une augmen­ta­tion de 94 milliards de dollars (17%) en l’es­pace d’un an. »

L’en­semble du patri­moine net des milliar­daires ayant des inté­rêts dans le secteur phar­ma­ceu­tique et de la santé a augmenté de 47 %. Eux aussi avaient dépensé 500 millions de dollars pour faire pres­sion sur les respon­sables poli­tiques à Washing­ton et à Bruxelles, en 2013.

Oxfam craint que la force de lobbying de ces secteurs ne soit un obstacle majeur à la réforme du système fiscal inter­na­tio­nal et n’im­pose des règles de propriété intel­lec­tuelle qui empêchent les plus pauvres d’ac­cé­der à des médi­ca­ments vitaux.

Oxfam appelle les États à adop­ter un plan en sept points pour lutter contre les inéga­li­tés :

– Mettre un frein à l’éva­sion fiscale des entre­prises et des grandes fortunes
– Inves­tir en faveur de la gratuité et de l’uni­ver­sa­lité de services publics comme la santé et l’édu­ca­tion
– Répar­tir équi­ta­ble­ment la charge fiscale, l’al­lé­geant du côté du travail et de la consom­ma­tion tout en taxant davan­tage le capi­tal et les richesses
– Instau­rer un salaire mini­mum et oeuvrer à un salaire décent pour l’en­semble des travailleuses et travailleurs
– Instau­rer une légis­la­tion en faveur de l’éga­lité sala­riale et promou­voir des poli­tiques écono­miques assu­rant le trai­te­ment équi­table des femmes
– Mettre en place une protec­tion sociale suffi­sante pour les plus pauvres, notam­ment la garan­tie d’un revenu mini­mum
– Adop­ter l’objec­tif commun de lutter contre les inéga­li­tés à l’échelle inter­na­tio­nale

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